(fil-fax 24/01/14)
Alors que les militants de la section socialiste de Dieppe doivent se prononcer ce jeudi 23 janvier sur la stratégie en vue des élections municipales de mars, les relations se sont brusquement tendues entre les fédérations du PS et du PCF de la Seine-Maritime, chacune accusant l’autre de provoquer la division. Qui a commencé ? Côté communiste, la secrétaire de la fédération, Céline Brulin s’est déclarée stupéfaite que son homologue socialiste, Christophe Bouillon, déclare qu’il n’y aura pas d’accord vue la décision des communistes de Sotteville-les-Rouen de soutenir la maire sortant Pierre Bourguignon, ex-PS, contre la candidate désignée par les socialistes, Luce Pane.
Le jeu de billard n’est pas circonscrit aux bandes dieppoise et sottevillaise. La boule a rebondi à Montivilliers où le maire DVG désavoué par le PS local bénéficie du soutien des communistes.
Mais c’est à Dieppe que le climat est particulièrement délétère. En rupture totale avec le maire communiste Sébastien Jumel, les socialistes devraient se prononcer en faveur d’une participation à la liste Unis pour Dieppe qui sera emmené par l’adjoint au maire divers gauche, Bernard Brébion avec la participation de centristes et de personnalités dites “socio-économiques“. Elle a été lancée en octobre 2013 sous l’impulsion d’Alain Le Vern qui venait de démissionner de ses mandats au Conseil régional et au Sénat, et de la députée Sandrine Hurel. Officiellement, des négociations se poursuivaient au plus haut niveau départemental et national mais une réconciliation était difficile envisageable localement. Lors d’une cérémonie des vœux le 16 janvier, Mme Hurel a d’ailleurs enfoncé le clou vertement dénoncé les pratiques et la gestion de Sébastien Jumel pour appeler à la réussite « d’une équipe d’union moderne, refusant l’intolérance, le clientélisme et le mensonge, [qui] associera les forces vives de toute la société dieppoise ».
Ces propos ont été interprétés comme une provocation. « Difficile de d’admettre que les dirigeants socialistes puissent cautionner une liste avec la droite », s’offusquait jeudi Céline Brulin. Quant à la décision de ne pas participer à la liste officielle du PS à Sotteville-les-Rouen, « c’est d’abord l’affaire des communistes sottevillais », réplique Céline Brulin.
Au PS, Christophe Bouillon ne fait évidemment pas la même analyse : « Luce Pane a été désignée à Sotteville par les militants. On choisit qui on veut, au PS ». Il invoque un état de division à Dieppe « qui n’est un secret pour personne ». Mais il ouvre la porte : « En cas d’accord départemental, nous serions amenés à soutenir le maire sortant [Sébastien Jumel, ndlr] ». Et de rappeler qu’en 2008 déjà, les socialistes dieppois étaient opposés à une liste avec les communistes mais qu’ils s’y étaient finalement conformés.
Dieppe et Sotteville seront-ils à l’origine d’une rupture générale entre le PS et le PCF en Seine-Maritime ? « Dans 95% des cas on a le rassemblement », évalue, optimiste, Christophe Bouillon. Il restera tout de même à trouver un terrain d’entente à Darnétal (10.000 habitants) face à un maire sortant de droite. « Le conseiller général socialiste Jacques-Antoine Philippe est le mieux placé », soutient Christophe Bouillon qui glisse qu’à Bolbec où Céline Brulin est candidate, les socialistes qui s’estiment en droit d’être tête de liste « sont prêts à regarder. Pourquoi pas ? ». L’exemple pourrait venir de Rouen où un ralliement des communistes à la liste du socialiste Yvon Robert « est bien parti », estime le 1er fédéral socialiste. Au PCF, Céline Brulin l’assure avec gravité et solennité : « Malgré la politique nationale, les communistes ne renoncent jamais au rassemblement ».
Etienne Banzet