La centrale EDF de Paluel affiche un bon bilan tant sur le plan de la sûreté que de la production
La centrale de Paluel est en ordre de marche pour son grand carénage. A quatorze mois du démarrage de ce gigantesque lifting à plus de 3 Mds€, elle affiche des résultats 2013 bons tant sur le plan de la production que de la sûreté. Elle a produit 34,9 milliards de kWh (+ 2,3%), soit 8,6% de la production électrique nationale, malgré trois arrêts pour maintenance. Sur le plan de la sûreté, EDF a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) quatre incidents de niveau 1 contre 13 en 2012, 5 en 2011, 8 en 2010 et 2 en 2009. « Il s’agissait d’écarts de qualité sans impact sur la sûreté », assure Jean-Jacques Létalon directeur du site en indiquant que la centrale avait aussi connu 33 inspections de l’ASN.
Avec l’année 2013, la centrale est entrée dans le vif du sujet de la préparation du grand carénage qui vise à prolonger sa durée de vie au delà de 40 ans. Première en France a engagé de tels travaux, elle a commencé à améliorer ses capacités d’accueil des intervenants en engageant l’agrandissement d’un parking et la construction d’un nouvel accès. Elle s’est engagée à aider les collectivités et les propriétaires à créer un millier de lits supplémentaires. « Il en faut mais pas trop pour ne pas se retrouver avec des logements sur les bras après le grand carénage », modère Jean-Jacques Létalon. Elle a enfin débuté à s’adapter aux prescriptions post-Fukushima avec la constitution de la première des quatre équipes de la Force d’action rapide du nucléaire (Farn) capables d’intervenir en moins de 24 heures en cas d’accident sur un site dans l’Hexagone.
Les dirigeants de la centrale visent dès maintenant l’après grand Carénage en envisageant de conclure un partenariat de long terme avec la Communauté de communes de la Côte d’Albâtre où elle est implantée. Avec l’idée que ces deux acteurs sont appelés à cohabiter « pendant quelques dizaines d’années encore ».
Dominique Aubin
La centrale de Penly va vivre au rythme de deux chantiers majeurs en 2014
La centrale EDF de Penly a atteint en 2013 un niveau record de disponibilité de 99,5% hors arrêt pour simple rechargement (ASR) en produisant 19,21 milliards de kWh, soit l’équivalent de la consommation annuelle de la Normandie. A eux seuls, les deux réacteurs de 1.300 MW ont assuré 4,75% de la production nucléaire française. Ces résultats précèdent une année 2014 « assez particulière avec une moindre disponibilité », prévoit déjà le directeur du site, Alban Verbecke, avec deux chantiers de grande ampleur qui vont interrompre la production : la visite décennale de l’unité 2 de février à avril puis la visite partielle de l’unité 1 de la fin août à la fin octobre. La première va mobiliser quelque 3.000 intervenants pour un montant de travaux de 40,2 M€. La seconde, 2.500 personnes environ pour un montant de travaux de 25 M€. Ces chantiers sont également le prélude au grand carénage des réacteurs qui repoussera leur durée d’exploitation de 40 à 60 ans.
Très performante pour son niveau de production en 2013, la centrale de Penly aura présenté « un niveau de sûreté satisfaisant », estime Alban Verbecke qui est pourtant confronté à un plainte d’associations anti-nucléaires à la suite d’un défaut d’étanchéité sur des bacs de rétention en dehors des bâtiments réacteurs. « Pour nous c’était un non événement. A aucun moment, l’Autorité de sûreté nucléaire a considéré qu’il avait eu un impact environnemental », observe le directeur du site. Il s’en remet d’ailleurs au rapport du “gendarme du nucléaire“ sur l’état de sûreté de la centrale qui présente « des performances (…) globalement satisfaisantes et se distinguent de manière positive ».
En revanche, l’accidentologie au travail n’est absolument pas satisfaisante pour moi », prévient Alban Verbecke qui a relevé un relâchement des comportements au quotidien. Un signal qui peut être significatif à la veille d’une année de grands chantiers, avec de nombreux intervenants extérieurs.
Etienne Banzet