(fil-fax 25/01/14)
Les communistes renoncent à la constitution d’une liste Front de Gauche à Rouen et participeront à la liste conduite par le maire sortant socialiste Yvon Robert « sur la base d’un accord programmatique ». Le chef de file du PCF pour cette élection, Mathieu Charlionnet, adjoint au maire de la municipalité sortante, l’a annoncé vendredi à quelques heures du dernier conseil municipal de la mandature où devait être examiné le budget primitif 2014. Le groupe communiste le votera. Un acte politique qui illustre le désaccord avec les autres partenaires du Front de gauche, et plus particulièrement le Parti de gauche, qui écarte toute participation à une majorité conduite par un maire socialiste. « S’inscrire dans une opposition permanente sur la politique municipale et avant même le début des élections nous apparaît stérile, et conduit à privilégier la dénonciation à la construction », analyse Matthieu Charlionnet alors que son camarade Didier Chartier, également conseiller municipal, défend le bilan de la municipalité sortante, même s’il a pu y avoir des divergences pendant la mandature. Alors, pour lui, « dire que le budget qui sera présenté est un budget d’austérité est un mensonge », comme l’affirme le Parti de gauche.
Très concrètement, entre la décision d’autonomie prise par la section communiste de Rouen en décembre et cette fin janvier, des « divergences » sont apparues au grand jour au sein du Front de gauche, pendant que les socialistes et Yvon Robert manifestaient leur intérêt pour plusieurs chapitres du programme des communistes. Numériquement, la proposition socialiste n’était pas négligeable : sept places en position éligible en cas de victoire au lieu de quatre aujourd’hui, deux postes d’adjoints et trois conseillers délégués. « Ce qui correspond à l’influence actuelle du PCF lors des dernières élections », explique Matthieu Charlionnet. Son raisonnement se tient en se basant sur les résultats de la présidentielle de 2012 qui avait vu le président du PG, Jean-Luc Mélenchon, auquel s’était rallié le PCF, réunir 14% des suffrages. Mais en considérant la dernière élection où le PCF s’est présenté seul, la présidentielle de 2007, avec une Marie-George Buffet à moins de 2%, les places attribuées au PCF à Rouen paraissent bien chères payées par le PS.
Un calcul qui renforcera la fureur du Parti de gauche. « Après tant de batailles communes, nous sommes déçus, voire atterrés de ce revirement », réagit Jean-Luc Varin, porte-parole du Parti de gauche qui se déclare « plus que jamais déterminés à bâtir rapidement une liste Front de Gauche à Rouen ouverte aux autres organisations qui luttent contre l’austérité ».
La liste conduite par Yvon Robert devrait maintenant être publiée dans les prochaines jours. A Rouen, en l’état actuel des déclarations on devrait compter huit listes : celle de la gauche (PS, PCF, PRG), des écologistes et citoyens (EELV), du Front de gauche, du NPA et de Lutte ouvrière. A droite, deux listes se disputent la droite et le centre : celle conduite par Jean-François Bures (UMP) et celle de Patrick Chabert (UDI). Le FN doit présenter Guillaume Pennelle.
Etienne Banzet