Le Monde.fr | | Par Marie-Béatrice Baudet (avec AFP)
Le naufrage du cargo espagnol Luno, qui s’est encastré mercredi 5 février dans une digue de la plage d’Anglet (Pyrénées-Atlantiques), ne devrait pas provoquer de pollution majeure sur les côtes françaises.
Le cargo de 100,65 mètres de long et 14,80 m de large, pesant 3 446 tonnes, était vide lorsqu’il s’est brisé, mais il contenait 127 m3 de fioul, soit à peu près l’équivalent de quatre camions citerne.
Si une fuite de gasoil a été constatée dans la matinée, le maire d’Anglet Jean Espilondo a assuré que « la majorité du carburant est contenue dans la coque et ne s’est pas échouée », ajoutant « pollution massive écartée » dans un message sur son compte Twitter. Le ministre des transports Frédéric Cuvillier a confirmé que « les risques de pollution massive sont a priori écartés»
Le premier niveau du plan de lutte contre les pollutions maritimes (Plan Polmar) a tout de même été déclenché, mercredi matin. « Pour l’instant, il s’agit d’une pollution encore limitée. La priorité a été donnée au sauvetage des membres d’équipage », expliquent les autorités locales.
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UNE RÉCENTE RÉVISION
En milieu de journée, les onze membres de l’équipage ont été évacués par hélicoptère, malgré les fortes vagues et les rafales de vent. Un pilote du port de Bayonne venu à leur rescousse a également été sauvé. « Tous sont sur pied. Ils sont choqués. Ils ont froid », a déclaré le sous-préfet de Bayonne, Patrick Dallennes, qui a estimé qu’un des marins blessé n’était que légèrement touché.
« Il y avait une prise de risque calculée » a témoigné au micro de France Bleu le pilote de l’hélicoptère de l’Armée de l’air qui, aidé d’autres militaires, a réussi à hélitreuiller les 12 personnes bloquées dans le cargo après une première tentative avortée.
Selon Naviera Murueta, la société de transport maritime propriétaire du cargo, celui-ci « était sorti de la révision quinquennale, où l’on remet en état général tant le moteur que la coque, et en était sorti en parfait état ». Elle a nié que le cargo, construit en 1994, ait connu d’autres problèmes techniques avant son accident de mercredi.
Le Luno a été coupé en deux, avec une portion du navire proche de la plage, l’autre à l’extrémité de la digue, au milieu d’une mer très agitée. A la mi-journée, une moitié du navire était fracassée contre une digue de la plage des Cavaliers à Anglet – un des spots préférés des surfeurs en France– et l’autre moitié était quasiment échouée sur le rivage, frappé par une très forte houle avec des vagues d’au moins six mètres.
Marie-Béatrice Baudet (avec AFP)
Journaliste au Monde