(Fil-Fax 03/02/14)
Le conseil général de l’Eure a émis lundi un avis défavorable par 24 voix contre 17 et 2 abstentions au projet de décret délimitant les nouveaux cantons du département en vue des élections de 2015. Comme prévu les quatre élus communistes ont rejoint les 19 élus de droite. Parmi les 20 élus socialistes, radicaux de gauche et divers gauche, il y a eu un vote contre (Anne Mansouret, DVG) et deux abstentions. Un débat identique avec le vote sur un avis transmis au gouvernement aura lieu jeudi au conseil général de la Seine-Maritime.
Dans l’Eure, le nombre de cantons va passer de 43 à 23 et comme dans tous les départements chaque canton sera représenté par un ticket femme -homme qui se présentera ensemble devant les électeurs. La parité de la nouvelle assemblée départementale sera donc garantie. La droite étant fermement opposée au projet, il a suffi de l’appoint des communistes pour battre la majorité du socialiste Jean Louis Destans lors du vote de l’avis, intervenu après 4 heures de débat. Présentée et expliquée par le préfet Dominique Sorain, la nouvelle carte a été jugée « dangereuse et lourde de conséquences pour l’avenir » par Jean-Paul Legendre (UMP), président du groupe d’opposition Eure-Avenir.
Le ton avait été donné dès l’ouverture de la séance, les élus de droite posant sur leur pupitre un panonceau représentant la carte du département entaillé par une paire de ciseaux et une légende : « Non aux cantons redécoupés, Non à la ruralité sacrifiée ». Le conseil général de Louviers sud, Guy Auzoux (DVD) a ajouté de la solennité à son hostilité en déposant au pied de la tribune du président, une couronne exprimant « la reconnaissance » au département disparu.
« Tout ce projet est un habillage pour tenter d’empêcher des départements de basculer à droite », s’est insurgé Ladislas Poniatowski (UMP) alors que Jean-Paul Legendre a martelé que « les ruraux n’auront plus de canton. A un moment où jamais autant de nos concitoyens ont besoin de vivre en secteur rural, ç’est à ce moment qu’on le remet en cause ».
L’opposition est également venue des élus communistes. Comme ses camarades de Seine-Maritime le développeront sans doute jeudi à Rouen, le conseiller général de Gisors, Marcel Larmanou, a manifesté sur son « désaccord total » avec l’ensemble de la loi de décentralisation qui réforme notamment le mode de scrutin des assemblées départementales. « Elle est injuste et antidémocratique » a tonné M. Larmanou en prédisant une volonté de faire disparaître les départements au profit des métropoles. A la place, il aurait souhaité que l’élection des conseillers départementaux soit faite à la proportionnelle sur le même principe que les élections régionales. Le front des adversaires à la nouvelle carte cantonale a donc reçu l’appui de Anne Mansouret qui a dénoncé « un bricolage incohérent sur le fond. L’élue d’Evreux en rupture avec le PS, s’est réjouie publiquement « d’avoir été débarquée » de la majorité, « ce qui lui permet de dire à haute voix ce que beaucoup pensent tout bas ».
Pour défendre le projet, le socialiste Gérard Silighini a insisté sur les mutations des fonctions du conseil général qui s’occupe moins de territoires particuliers et de kilomètres carrés que « de la vie de tous les jours » de ses habitants. Sa collègue Janick Léger (PS) s’est émue d’entendre les partisans du statu-quo parler de leur canton d’élection« comme d’une baronnie ».
• Projet de décret des nouveaux cantons du département de l’Eure