
5ème chimio, 2ème taxotère et comme d'habitude, 3 premiers jours sans encombre. Puis dès dimanche soir, j'ai commencé à sentir les fameuses douleurs musculaires : dos, jambes, pieds. Grâce au Topalgic, ça se gère ; en revanche, phénomène nouveau la fatigue est beaucoup plus intense que d'habitude et chaque effort donne lieu à de longues siestes ; des siestes de plus en plus longues mais de moins en moins réparatrices…
Hier je parviens, véritable exploit, à me rendre sans encombre à mon premier rendez-vous chez le radiothérapeute ; un homme charmant, visiblement humain. Il est très positif dans l'approche des choses. Mon mari entend et retient que les séances de radiothérapie sont un "traitement de sécurisation". Le bout du tunnel serait-il en vue ? On y croit.
En revanche, quelques jours (heures) à peine après ce rendez-vous, le ballon (c'est à dire "moi") s'est un petit peu plus dégonflé… Juste eu le courage de me vêtir et de me maquiller pour honorer un rendez-vous avec France 3 Baie de Seine qui m'avait sollicitée pour un reportage sur mon blog ; rendez-vous qui a eu lieu ce mercredi. Et puis dans la foulée, patatras, le ballon a fini de se vider… 8 de tension et une prise de sang pas fameuse qui montre une anémie, entre autre dysfonctionnement. J'ai comme qui dirait l'hospitalisation qui me pend au nez… Mon savant généraliste se met en contact avec mon Oncle O'Logue, qui, pas plus affolé que cela, lui indique qu'effectivement, les taux sont faibles mais dans la "norme à ce stade du traitement". Préconisations : repos, dodo, repos, re-dodo et ce sans discontinuer.
Ménager les efforts
Vendredi soir, après environ 40 heures de sommeil consécutives (ouhou, Madame la Ministre Bertinotti, regardez-moi, je suis une grosse feignasse qui roupille au lieu d'aller bosser, nananère), je me rends à un dîner chez des amis et je gère plutôt bien la soirée en ménageant mes petits efforts. C'est dur de manger tout un tas d'excellents mets en bonne compagnie, le tout arrosé de p'tites coupettes de champagne (je suis dans les temps : exactement comme l'a dit mon Oncle O'Logue, 0 alcool minimum 5 jours avant ou 5 jours après l'injection et moi, j'obéis au doigt et à l'œil).
Digression : c'est marrant, les différences de consignes entre les établissements. La majeure partie de mes camarades crabolottes n'ont eu aucune consigne concernant l'alcool ou même le paracétamol qui m'a été formellement interdit… Les voies de la médecine sont impénétrables…
Bon bien sûr, cette petite excursion m'a coûté deux jours à ramper de mon lit à mon canapé ou vice-versa. Je déteste l'impotence bien que j'adore le farniente. Rien faire, ok, mais quand c'est moi qui décide ! En ce lundi 17 février, veille de l'anniversaire de ma prunelle adorée (12 ans, ma beauté surnaturelle, déjà), il me reste 32 jours de traitement de cheval avant de pouvoir regaloper. "Si si", affirme-je, impérative !
Ma petite tension remonte et tourne autour des 10 et ma petite flamme semble crépiter un peu plus. Souffle Doris, souffle Doris, gentiment mais sûrement, dessus. Reste dans ton lit, c'est pour la bonne cause. Dans 768 heures, tu feras un beau bras d'honneur à cet enfoiré de cancer pour la partie chimio. Certes, y'aura les rayons mais ils iront de paire avec le soleil, les bourgeons et tes petits cheveux qui remontreront le bout de leurs bulbes. Tiens bon la barre et tiens bon le vent Doris. Si tu veux, toujours droit devant, tu retourneras à San Francisco.
Illustration : Donato Giancola