(fil-fax 18/02/14)
La dégradation de la ligne ferroviaire entre les gares de Bréauté-Beuzeville et Fécamp a conduit la SNCF et RFF à décider une « limitation temporaire » de la vitesse de circulation des trains à 40 km/h sur l’ensemble de l’axe. La SNCF qui l’exploite pour les TER Haute-Normandie et RFF qui en est le propriétaire ont fait part de leurs intentions vendredi pour une mise en application dès le lendemain. Les 19 kilomètres de cette ligne à voie unique seront parcourus à 40 km/h maximum au lieu de 60 km/h ce qui va porter le temps de trajet de 30 à 40 minutes en moyenne entre Bréauté et Fécamp, et de 1h à 1h10 le trajet direct Fécamp-Le Havre. Des circulations vont être reportées vers la route par bus.
RFF et la SNCF expliquent que la décision a été prise « suite aux tournées de surveillance de la voie ferrée ». Le communiqué précise que « cette limitation temporaire de vitesse (LTV) a pour but de garantir le transport des voyageurs en toute sécurité. Parallèlement, RFF continue à étudier avec ses partenaires les conditions de réalisation de travaux de régénération de la ligne (renouvellement des composants de la voie : rail, ballast, traverses) ».
La nouvelle est tout sauf une surprise pour qui suit l’actualité de cette ligne. Des alertes avaient été lancées par les élus, les usagers regroupés au sein de l’association Défense du fer en Caux et des syndicats de cheminots. Ce fut déjà le cas sur la ligne Serqueux – Gisors dans les années 2000 jusqu’au moment où, contrainte de limiter les vitesses des trains à 40 km/h, la SNCF a décidé avec la Région Haute-Normandie de reporter la relation du fer à la route. On sait que depuis, la rénovation a été entreprise et a permis en décembre 2012 de rétablir un service ferroviaire.
Des travaux lourds de régénération du ballast sont donc devenus indispensables. Ils pourraient être inscrits dans le prochain contrat de plan Etat-Région en 2014 pour des travaux réalisables pas avant 2016. Le président (PS) du conseil régional, Nicolas Mayer-Rossignol, a saisi par courrier la SNCF, RFF ainsi que le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, à qui il demande que Fécamp – Bréauté figure parmi « les lignes du quotidien » et soit « prioritaire » dans le Grand Projet de Modernisation du Réseau mené par RFF. D’ici là, une expertise de deux mois doit permettre de calibrer les travaux urgents. Ce qui n’écarte pas une fermeture totale qui s’imposera de toute façon dans les deux ans à venir, le temps de rénover cette ligne.
• Informations sur www.ter-sncf.com/haute_normandie, au téléphone : AléoRégion 0 825 000 276 (0,15 € / mn).
Fermée en 1970, réouverte en 1981
La ligne de Fécamp avait été ouverte en 1856 dans la foulée de la construction de l’axe historique, Paris – Rouen – Le Havre. Fécamp était alors régulièrement desservie en direct depuis Paris. Après la seconde guerre mondiale, elle connut le sort de nombreuses lignes dites “secondaires“ où la route apparut comme la seule voie du modernisme. En 1970, la SNCF décide la fermeture du service voyageur transféré sur la route par un bus. Elle fut réouverte en 1981 sous l’impulsion du maire de Fécamp et conseiller général centriste, Jean-Pierre Deneuve, qui réussit à convaincre le conseil général de la Seine-Maritime et son président, Jean Lecanuet, à prendre en charge le déficit entre Bréauté et Fécamp. Longtemps inscrite au budget du département, la ligne en correspondance avec les trains Le Havre – Rouen, a été basculée dans le réseau TER lorsque les régions sont devenues autorité organisatrice des transports ferroviaires. En 2004, une étape a été franchie avec la création de relations directes entre Le Havre et Fécamp. Depuis, son succès ne s’est jamais démenti.