En septembre dernier, la Ville mettait trois packs à disposition des jeunes avec l’objectif de favoriser l’accès à l’autonomie et aux droits pour la santé, le logement, les loisirs et la citoyenneté. Six mois plus tard, comment ce dispositif a-t-il été reçu par les 16-25 ans?
"Un élan de curiosité, d’écoute et de réflexion." C’est en ces termes que Leeroy Edvige, animateur au Périph’, qualifie l’effet produit par les packs jeunes auprès du public qu’il peut croiser tous les jours. Dans les faits, à la fin du mois de janvier 2014, ce sont 117 packs jeunes qui avaient été distribués sur l’ensemble des 8 structures municipales impliquées parmi lesquelles La Station, la Maison de l’information pour l’emploi et la formation (Mief) et les centres socioculturels Georges-Brassens, Georges-Déziré et Jean-Prévost.
Globalement, si chacun des thèmes associés aux trois packs a retenu l’attention des jeunes, âgés en majorité de 16 à 19 ans, c’est la thématique santé qui arrive en tête. "Il faut bien admettre que le bonus qui permet d’activer une prestation de 20€ (2×10€) dans les pharmacies partenaires a souvent servi à amorcer le dialogue. Parmi les sujets abordés lors des entretiens, on trouve la nutrition, la consommation d’alcool ou les bonnes attitudes de prévention", explique Marie-Blandine Couette, en charge de l’accompagnement individualisé des jeunes Stéphanais. Ainsi, pour Karim (le prénom a été changé), 19 ans, la consultation du pack santé a été rapidement suivie d’effets. "J’ai décidé de prendre davantage soin de moi-même et j’ai programmé un rendez-vous chez le dentiste et dans un laboratoire pour un bilan sanguin."
Du côté des pharmaciens, Sébastien Grosley, installé avenue Saint-Yon, témoigne que "les bonus de 20 € ont le plus souvent été consommés en une seule fois, tantôt pour de la contraception, tantôt pour des produits de soin contre l’acné. C’est une formule intéressante pour celles et ceux qui n’ont pas de gros moyens et qui souhaitent préserver leur anonymat. Enfin, la délivrance de ces produits s’accompagne toujours d’un conseil comme pour n’importe quel autre médicament". Seul regret exprimé par les garçons et les filles qui ont récupéré leur pack santé au Périph’, l’obligation de descendre jusqu’à La Station pour activer le bonus. La plupart ont préféré alors s’abstenir. À l’écoute de ces remarques, le service jeunesse de la Ville réfléchit à faire évoluer les conditions de délivrance de ces bonus afin que chacun puisse y accéder plus simplement.
De la même manière, les packs loisirs et citoyenneté ainsi que les packs logement n’ont pas manqué de trouver leur public avec souvent des questions précises liées par exemple aux conditions de passage du Bafa (Brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur) ou aux meilleures méthodes pour dénicher un appartement agréable et pas trop cher. "Par la suite, le service logement de la Ville a effectivement enregistré davantage de demandes d’informations. Néanmoins, aucun bonus comprenant la prise en charge d’ouverture du compteur d’eau n’a été activé à ce jour. Sans doute parce que les démarches ne sont pas suffisamment avancées et que ces projets prennent du temps", précise Marie-Blandine Couette.
Enfin, la mise en place des packs jeunes a aussi permis de sensibiliser un public qui, jusqu’alors, n’avait pas l’habitude de fréquenter des lieux d’accueil et d’information jeunesse. À La Station en particulier, de nouveaux contacts ont été établis, des besoins ont pu être identifiés et des solutions apportées notamment pour les allocations cursus et bonus, des aides financières municipales, destinées à favoriser la réussite scolaire des jeunes Stéphanais.