Disponible sur Dailymotion grâce aux bons soins de maître Alexis qui, pour une fois, fut à l'heure, d'où l'épisode caniculaire qui a envahi la France ces jours derniers, le reportage que France 3 Baie de Seine a consacré à mon blog est désormais visible par tous. Retour et auto-critique sur une prestation télévisuelle spontanée.
Le journalisme, quel beau métier. Quand on a le temps de prendre connaissance du sujet. Quand Isabelle Ganne de France 3 m'a contactée pour me proposer un reportage sur mon blog, comme tout être humain un tantinet narcissique, j'en ai été d'abord flattée puis ensuite quelque peu angoissée. Qui a eu un jour affaire à la presse, sait que ce milieu compte ses pros, honnêtes et travailleurs, ses j'm'en-foutistes plus intéressés par leur propre mise en valeur que par celle de leur sujet, mais aussi ces journalistes citrons, ceux que l'on presse jusqu'à la pulpe pour ramener du jus acide le plus rapidement possible, le côté "investigation et déontologie" ne faisant pas partie du cocktail commandé.
Du coup, je me suis dit : cette fille, je le sens est une bonne journaliste mais si… par hasard, comme c'est à la mode, elle cherchait à faire chialer du routier sur le compte de Bibi traînant son "cancer" comme les Daltons traînent leur boulet… Car s'il y a une chose dont je serais fort fâchée, ce serait de susciter larmoiements et compassion. Tu m'as bien regardée ? Je suis la vie et pas la mort, les jérémiades c'est pas vraiment le genre de la maison ; je suis dans le "fighting basic instinct" et ce blog, j'espère que vous l'avez tous bien capté, est une ôde à la foi. Pas celle en un supposé être au-delà des humains, celle en l'humain tout court. L'humain et son pouvoir de guérir, l'humain et son pourvoir de guérison.
Donc au début, j'ai eu un petit peu peur puis une longue conversation téléphonique avec Isabelle m'a rassurée. Elle avaiit compris ce que mon blog voulait dire et c'est bel et bien une image positive qui devait en ressortir. Nous étions d'accord.
Je regrettais le jour J de ne pas être plus en forme que cela. Cela s'entend à ma voix légèrement déraillante, signe que je suis en faiblesse orl. Mais bon, j'ai chargé la mule en termes de ravalement pour donner du relief à mon visage et j'ai fait comme si tout roulait. Le premier tournage eut lieu à la plage, un endroit très emblématique pour moi en ces temps de traitement. C'est là que je suis allée souvent voir l'horizon ; mon propre horizon ouvert sur l'avenir. Sombre parfois mais qui, grâce à cette magie havraise, fait que les noirceurs sont souvent fendillées d'une lumière exceptionnelle. Les lumières de l'espoir. C'est là aussi que je viens me promener avec mon ami Sylvain. Nous y dissertons de choses et d'autres en parcourant un aller-retour digue-bout du monde soit un peu plus de 7 km et deux heures et demi de pas. Le Havre est une ville exceptionnelle ; il faut y vivre pour le savoir.
Le temps n'était pas très clément mais Isabelle, la journaliste, Karima, la camerawoman et moi-même nous sommes adapté. Puis rendez-vous fut pris après déjeuner pour se retrouver chez moi pour continuer l'entretien in situ de "blogueuse". Nous avons longuement bavardé et le temps a passé vite. Je me demandais comment ils (C'est Alexis Delahaye qui a fait le montage me dira plus tard Isabelle) feraient pour mettre en deux minutes ce qui a duré plusieurs heures ! Mais ils l'ont fait ! C'est ça leur job.
J'ai redouté la découverte du reportage car je suis assez mal à l'aise, contrairement aux apparences, avec ma propre image et puis, on a toujours peur de l'erreur, celle que l'on commet comme ça de façon spontanée ou inconsciente.
Dans le cas présent, je suis plutôt satisfaite du résultat car le côté positif est à mon avis celui qui ressort le plus. La différence entre un reportage comme celui-là et un clip issu d'un service communication, c'est qu'on ne peut pas lisser les petits détails. C'est donc beaucoup moins policé. De fait, aléas du direct, se sont glissées plusieurs petites maladresses, de ma part, notamment.
Par exemple, je n'ai pas dit que je marchais deux heures par jour pour assurer 40% de récidive en moins du cancer. Je marche en règle générale deux à trois heures par semaine et tous les jours une demi-heure de sport (sauf en moment) et c'est cette demi-heure qui, selon, les spécialistes, garantiraient 40% de récidive en moins. Une petite confusion pas très importante mais je souhaitais apporter cette précision. Ce qui est important, c'est de retenir que le sport sera un des alliés d'une guérison durable. Et pour moi, autant dire, que ce n'était pas gagné…
De mon côté, je regrette d'avoir affirmé que l'on "guérissait" du cancer. Par égard et respect pour ceux qui, malheureusement, n'en n'ont pas guéri, j'aurais dû dire, "on en guérit de plus en plus et pour le cancer du sein, le plus souvent". Par cette phrase, je voulais dire que j'étais confiante, que je croyais fermement en la guérison et bien sûr, je parlais de mon cas et de celui de mes sœurs de lutte. Mais je n'oublie pas dans mon cœur, ceux plus gravement touchés, par d'autres cancers notamment. D'où ce bémol. Idem pour l'histoire des effets secondaires, et également par égard pour ceux et celles qui en ont beaucoup souffert, j'aurais dû employer le terme "peu" plutôt que "pas". Voilà pour le petit mea culpa. Rien de bien méchant.
Bref quoi qu'il en soit, ce reportage a été fidèle à ma conversation avec Isabelle Ganne. Il a très bien su montrer l'idée générale que je me fais de la chose. Je vous le laisse découvrir pour ceux qui ne l'ont pas encore vu (après la pub de merde). Et profite de ces quelques lignes pour remercier chaleureusement l'équipe de France 3 Baie de Seine qui a pris son temps avec moi, avec beaucoup de respect et d'enthousiasme. Bravo !
Ps : concernant les statistiques, nous en sommes à 8010 visiteurs uniques !
