Les policiers rouennais, qui avaient minutieusement préparé leur opération, sont passés à l’action à 6 heures du matin, heure légale. Portes enfoncées, ouvertes si le besoin s’imposait avec un explosif, les forces de l’ordre, puissamment armées, ont créé l’effet de surprise en interpellant les suspects au saut du lit.
14 « cibles » au départ, 9 à l’arrivée
Un mode opératoire classique lorsqu’il s’agit de trafiquants, de terroristes ou de malfaiteurs chevronnés. Les policiers avaient 14 « cibles », ils sont revenus avec neuf. Que des jeunes gens bien « installés » semble-t-il dans le trafic de stupéfiants et dont la plaque tournante était le quartier Hartmann à Saint-Etienne-du-Rouvray.
Les perquisitions effectuées le matin même confirmeraient que ces jeunes gens ne sont pas des enfants de choeur, si l’on en croit les informations que les hautes autorités parisiennes de la police ont laissé volontairement filtrer et dont s’est fait l’écho, sur son site, Le Parisien. « Près de 6000 euros en argent liquide, une carabine de calibre 22 long rifle avec une lunette, un pistolet automatique de calibre 7,65mm, une réplique de pistolet automatique 9 mm, un pistolet à grenaille, 300 gr d’héroïne et 400 gr de résine de cannabis ont été saisis », détaille notre confrère, citant une source proche de l’affaire.
Un dessin d’enfant de 5 ans
Le Parisien indique également que l’un des jeunes gens interpellés, âgé de 20 ans, s’est « converti recemment à l’lslam ». Et chez lui, les policiers auraient découvert « un croquis représentant un dispositif de mise à feu d’un engin explosif ». Qu’en est-il exactement ?
Selon une source judiciaire, il ne s’agirait en fait que d’un « dessin d’enfant », « un grossier croquis digne d’un enfant de 5 ans », sur lequel ont été apposés, en lettres, « des batonnets, mais rien qui pourrait laisser penser à un dispositif de mise à feu ».
En l’état actuel des investigations, ces arrestations – une vingtaine au total dont des consommateurs – s’inscrivent dans ler cadre d’une « enquête locale » qui dure depuis plusieurs mois mettant en évidence un trafic de drogue, selon cette même source.
Garde à vue prolongée pour 4 des suspects
Si de l’argent (environ 5000 euros) a bien été saisi ainsi que 800 grammes de résine de cannabis et une petite quantité d’héroïne, les quelques armes retrouvées n’ont rien à voir avec un arsenal, d’autant que certaines d’entre elles seraient ni plus ni moins que des jouets.
Ce mercredi soir, le parquet de Rouen devait signifier le prolongement de la garde à vue de quatre des neuf présumés trafiquants. S’agissant d’une affaire de stupéfiants, les suspects peuvent être retenus pendant 96 heures, auquel cas ils seraient déférés à un magistrat pas avant vendredi en vue de leur mise en examen.
« Il faut attendre de savoir ce qui va sortir de ces auditions et des investigations policières pour connaître la nature des poursuites qui pourraient être engagées » : ouverture d’information judiciaire ou comparution immédiate devant le tribunal correctionnel.
A Rouen, la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP), en charge de l’enquête, ne souhaitait pas s’exprimer sur cette affaire tant que les suspects sont toujours en garde à vue.