(fil-fax 15/03/14)
La persistance de la pollution aux particules sur toute la Haute-Normandie et notamment l’agglomération de Rouen, a conduit la CREA à décider la gratuité du vendredi 14 au dimanche 16 mars dans les transports publics du réseau Astuce et la ville de Rouen celle du stationnement résidentiel.
Selon le réseau de contrôle Air Normand, la qualité de l’air du vendredi 14 mars est au niveau 10 sur une échelle de 1 à 10, 10 étant l’indice “très mauvais“. L’épisode de pollution aux particules fines a débuté le 6 mars, Air Normand et l’ARS émettant un avis pour les seules personnes sensibles (personnes âgées, présentant des pathologies respiratoires ou cardio-vasculaires). Depuis le 12 mars, le seuil d’alerte qui concerne toute la population a été atteint chaque jour. Au Havre, à Rouen, Petit-Quevilly et Grand-Couronne, le seuil des 80 µg/m3 a été dépassé sans discontinuer. Vendredi après-midi, Air normand prévoyait un nouveau dépassement du seuil d’alerte pour la journée de samedi.
A la direction de la CREA, on indique que la mesure de gratuité est « exceptionnelle », et qu’une évaluation sera menée afin de vérifier l’efficacité du dispositif tant sur la fréquentation des transports en commun que sur l’évolution de la pollution atmosphérique.
Outre l’offre gratuite de transport pour tout le week-end, le préfet de Région a pris un arrêté pour la Seine-Maritime, abaissant la vitesse maximum de 20 km/h pour les portions à 130 km/h, 110 km/h et 90 km/h. Le rectorat a demandé aux chefs d’établissements « d’éviter, pour les élèves, pendant l’épisode de pollution, les activités physiques et sportives intenses (qui obligent à respirer par la bouche), en plein air ou à l’intérieur ». Au CHU de Rouen, on indiquait vendredi après-midi ne pas avoir enregistré d’incidence sur les admissions aux services des urgences et de pneumologie.
La pollution elle-même et les décisions prises par les pouvoirs publics suscitent des réactions et commentaires, notamment d’EELV. Le parti écologiste rappelle que selon l’étude européenne Aphekom, 110 décès anticipés sont à déplorer chaque année en raison de la pollution atmosphérique. « C’est dans la durée qu’il convient d’agir », ne se prive pas d’alerter le candidat aux municipales EELV, Jean-Michel Bérégovoy, alors que son camarade tête de liste à Mont-Saint-Aignan, Pascal Magoarou, suppose qu’en cette période électorale, « la population suffocante (…) saura reconnaître les candidats écologistes qui seuls, depuis des années voire des décennies, prennent ce sujet de la pollution de l’air vraiment au sérieux ».
Reprenant au bond l’offre de gratuit des transports en commun, les Jeunes communistes clament que « cette décision était une évidence » et demandent une étude de faisabilité « que la CREA a toujours refusé » assure leur coordinateur départemental Benoït Paimparé.
« Mais pourquoi ne pas appliquer la gratuité toute l’année comme le propose la liste Alternative à gauche, Place au Peuple ? » s’empresse d’ajouter sa candidate Raphaëlle Brangier.