La très coquine Redoute sur le point de tirer sa révérence…
Le catalogue de la Redoute est né en 1928, il proposait déjà à cette époque seize pages pour le tricot. En 1964, la société entre en bourse et
tire à 14 millions d’exemplaires. En octobre 2013 Kering cède à ses dirigeants, Nathalie Balla et Éric Courteille l’entreprise. Le 9 janvier 2014, les nouveaux patrons envisagent la suppression
de 3437 postes… L’entreprise a pourtant été pionnière dans la vente par correspondance. Elle a su un temps s’affranchir de la concurrence d’internet
pour survivre sur un marché en pleine explosion.
Joseph Pollet n’imaginait certainement pas que son entreprise deviendrait un des leaders du marché du vêtement et de l’intime pour femmes. Le
catalogue de la Redoute est probablement l’ouvrage le plus lu et le plus consulté de la littérature française. Fort de ses créateurs et photographes, l’ouvrage offre depuis plus de trente ans une
mine rare sur l’évolution de notre société et de son rapport à la sexualité.
L’intrusion des sites spécialisés sur la toile a mis fin au monopole dont
jouissait l’entreprise. C’est une réalité incontournable, il est aujourd’hui plus aisé de commander en quelques clics des chaussures sur une page puis d’aller sur un autre site pour commander un
Jean. La toile a donné aux distributeurs l’opportunité de l’hyperspécialisation. Pour le site concurrent de la Redoute : Amazon, La gestion informatique des stocks et son traitement
mathématique a donné un avantage de taille au géant de la distribution en ligne.
On se souvient que La Redoute attendait que ses clients lui achètent en ligne une certaine quantité de produits pour mettre en fabrication. Il
n’était pas rare alors de recevoir un bonnet commandé en décembre au mois de mai. Aujourd’hui le catalogue de la Redoute devrait être classé au patrimoine, pour continuer, tels un dictionnaire
sociétal à répertorier la mode et les pratiques sociales des Français. On imagine assez bien son acquisition par le Ministère du redressement productif afin d’y consigner l’ensemble de la
production française…
Igor Deperraz
photo igor deperraz