
La vie est faite de jolies blagues vous ne trouvez pas ? Blagues qui me comblent d'aise, moi la reine de la chambre (dans le sens "chambrer". Même si je me démerde pas mal dans l'autre registre non plus, faut pas croire !).
Je vendrais père et mère pour un bon mot (bien qu'avec ses 20 ans d'absence, mon papa ne soit plus très coté…) et là, deux inconnus viennent de me servir en terrasse, au soleil, deux petites liqueurs d'humour que j'ai sirotées avec délectation. Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager ma jubilation.
L'autre jour, je me balade tranquille mémère avec mon joli turban noir et gris perle du côté de la Galerne (fameuse librairie havraise qui nique sa race à la Fnac, devenue chez nous grâce à mon fiston l'acronyme F.N.A.C. (Faut Nous Attraper Connard)).
Bref.
Je me balade gentiment quand tout à coup; j'entends "Salâm Aleykoum". Je ne prête pas plus attention que cela à ces paroles qui ne semblent pas me concerner. J'ai tort.
– "Salâm Aleykoum", entends-je de nouveau.
Là, il y a insistance. Je me retourne donc et j'aperçois, de fait, un homme, noir, vêtu d'une djellaba, d'une sorte de keffieh, de babouches et d'un improbable anorak. Il est sénégalais je pense. Il s'adresse à moi sans doute rapport à mon turban qui peut passer pour un voile… Je m'en gourrais que cela m'arriverait un jour !
Je me souviens donc des quelques enseignements de mes amis africains et répond, donc, avec politesse à mon interlocuteur comme il se doit : "Aalaykoum salâm".
L'homme ne parle pas français. Il me dit alors :
– You, muslim ?
Et moi, de lui répondre :
– Non, moi, cancer.
L'homme comprend son erreur, s'emberlificote dans ce que je prends pour des excuses ou tout du moins une contenance. Et moi, de lui adresser mon plus large sourire (pour ne pas dire mon plus large "fou-rire") en le rassurant : "Don't worry, I'm fine" !
Dans un autre registre, tout aussi savoureux, de l'art de casser, voire de fracasser quelqu'un qui vous tend plus qu'un bâton, un énorme gourdin, pour se faire battre. J'étais bénévole un soir de concert rock très récemment. Je porte cette fois un autre turban noir et blanc avec une tresse en tissus qui surplombe le bonnet. Un homme, toujours, se croît malin de m'adresser un tonique "Alors, madame Irma, tu vois quoi dans ta boule de cristal ?". Et moi de lui rétorquer prestissimo : "Bah, la fin de mon cancer j'espère !"
Là, le visage de l'inconnu glisse vers le sol, se décompose. L'homme se confond en excuses, me disant "qu'il a l'air bien con sur ce coup". Je lui confirme qu'il a l'air bien con avec mon deuxième plus large "fou-rire" et me délecte de le mettre mal l'aise en me foutant clairement de lui, superposant les couches de moqueries. Ah, la méchanceté, tout un art. Des années d'entraînements mesdames et messieurs !
Jolies pépites, non ?
Moi des comme ça, j'en veux tous les jours !
Miam !