(fil-fax 29/03/14)
L’agriculteur qui souhaite céder son exploitation doit anticiper très tôt cette cession et le candidat à l’installation doit préparer son projet très tôt en amont, ont insisté les dirigeants des chambres d’agriculture de la Seine-Maritime et de l’Eure lors d’une session exceptionnelle organisée vendredi à Mont-Saint-Aignan, consacrée au thème de l’installation.
L’installation de nouveaux agriculteurs, particulièrement des jeunes, est devenu un des sujets majeurs pour l’avenir de la profession, notamment la question foncière. « Il faut de la terre pour être paysan », a rappelé, Jean-Pierre Delaporte, président de la Chambre d’agriculture de l’Eure. Mais cette évidence se heurte à une réalité : la disparition moyenne de 2.100 hectares chaque année en Haute-Normandie du fait de l’urbanisation galopante, soit l’équivalent de 20 jeunes à installer. A cela s’ajoute une « concurrence rude entre l’installation et l’agrandissement ».
Le nombre de jeunes qui s’installent chaque année en Haute-Normandie, environ 180, est pourtant « loin d’être ridicule, comparé à celui d’autres régions », soulignent les chambres d’agriculture, même si la tendance semble inexorablement à la baisse sur une longue période.
En plus du rôle du foncier, les jeunes agriculteurs déplorent la complexité des mécanismes administratifs pour pouvoir s’installer. L’époque est totalement révolue de la transmission familiale de l’exploitation. Une occasion pour le président de la chambre d’agriculture de la Seine-Maritime, Sébastien Windsor, d’insister sur leur rôle « de conseil et d’accompagnement technique ».
La Normandie au 4ème rang
La Normandie, avec 405 installations aidées en 2012, se place en 4è position derrière la Bretagne (460 installations), les Pays de la Loire (445 installations) et Midi Pyrénées (405 installations). Après le creux de 2009 et 2010, les installations aidées sont à la hausse depuis 2 années consécutives et surtout en progression de 12% par rapport à l’année dernière. Les règles de gestion de quotas par le bassin laitier normand et la hausse du prix des céréales et de la viande bovine constatées en 2012 ont encouragé le lancement de projets et expliquent en partie ces tendances encourageantes. La Normandie est le berceau d’une diversité de projets même si l’élevage laitier domine (maraîchages, caprins…). Ce qui a été souligné par des jeunes agriculteurs lors de la session extraordinaire des chambres de Seine-Maritime et de l’Eure. (Source Agreste)