Le groupe pétrolier ExxonMobil passe dans le rouge en 2013

(fil-fax 03/04/14)

Les dirigeants d’ExxonMobil qui compte deux sites en France, à Port-Jérôme et Fos-sur-mer, ont tiré la sonnette d’alarme en présentant ce mercredi les résultats du groupe. Selon eux, les marges du raffinage sont tombées à 18 euros la tonne en 2013 et 15 début 2014 alors qu’il faudrait atteindre les 30 pour simplement équilibrer l’activité. Résultat : la partie raffinage regroupée sous l’enseigne Esso SAF a accusé une perte opérationnelle de 199 M€ contre un excédent de 122 M€ en 2012. Pour la première fois de son histoire, la société dont le chiffre d’affaires s’est élevé à 16,3 Md€ (-8%) ne versera pas de dividendes à ses actionnaires.

Le groupe explique ces difficultés qui touchent aussi la partie chimie par la concurrence de productions moins chères venues du Moyen-Orient et d’Asie du sud-est mais aussi des Etats-Unis qui bénéficient de l’essor du gaz de schiste. Mais il met en cause aussi le gouvernement : « Il faut qu’il arrête son hyper réglementation et ses pénalités diverses et variées », demande Francis Duseux, PDG d’Esso-SAF. Ce changement d’attitude attendu des pouvoirs publics est l’une des conditions qui doit permettre au groupe de pouvoir « résister » dans cet environnement difficile, l’autre étant « une restructuration majeure du raffinage européen » qui assainirait le marché.

Francis Duseux dit croire toutefois en l’avenir de la plate-forme de Port-Jérôme qui, avec ses 2.300 salariés, est la quatrième du groupe dans le monde après celle de Singapour et les deux de Houston (Texas). Cet outil industriel qui est complétement intégré (raffinage, lubrifiants et chimie) a bénéficié d’un volume de 600 M€ d’investissements de 2007 à 2012. Ceux-ci ont notamment permis de réaliser « la connexion » entre les deux distillations « historiques » issues l’une de Mobil et l’autre d’Esso. « Cela nous permet de vraiment optimiser le raffinage en étant en capacité de traiter un spectre plus large de bruts », assure Erik Van Beek directeur de la partie raffinage de la plate-forme.

Feu sur le projet de dépôt pétrolier à Petit-Couronne

La direction d’ExxonMobil a dit tout le mal qu’elle pensait du projet d’implantation d’un dépôt pétrolier dans l’enceinte de l’ex-raffinerie Petroplus de Petit-Couronne. « C’est une attaque frontale contre les raffineries », s’est emporté Francis Duseux, PDG d’Esso-SAF en dénonçant « une approche démagogique » à un moment où l’outil industriel n’est pas au mieux. Selon le dirigeant, s’il s’agit d’un dépôt commercial, il favorisera les importations de produits raffinés et s’il s’agit d’un dépôt stratégique, il se constituera en réduisant ceux gérés aujourd’hui par les raffineurs et pour lesquels ils sont rémunérés. Cette prise de position rejoint celle, maintes fois développée, des syndicalistes de l’ex-raffinerie.

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