(fil-fax 17/04/14)
Ces informations circulaient depuis plusieurs semaines. Le ministre de l’économie Arnaud Montebourg les a confirmées mardi soir : Deux offres d’implantation d’activités sur le site de l’ex-raffinerie Petroplus de Petit-Couronne ont été déposées auprès de la liquidatrice, respectivement par Bolloré et Brownfields. Selon le ministre, ces projets de « réindustrialisation » permettraient de créer « à très court terme » de 140 à 180 emplois.
Bolloré utiliserait les bacs et la logistique portuaire associée pour stocker des produits pétroliers dont une partie pour le compte de l’Etat. Le groupe a déjà repris à l’automne dernier Petroplus marketing France, aux actifs composés de plusieurs dépôts pétroliers.
Quant à Brownfields, il ouvrirait un chantier de démolition de la raffinerie proprement dite avant de réhabiliter cette partie du site et la revendre. Cette entreprise française avait déjà cherché à participer à la reconversion du site de l’ex-raffinerie de Reichstett, arrêtée en 2011, mais n’avait finalement pas donné suite. Elle est aussi connue pour avoir engagé la réhabilitation du site Aspocomp d’Evreux, qui deviendra un quartier d’habitations.
Ces perspectives sont loin de satisfaire les anciens syndicalistes de la raffinerie qui comptait 450 salariés lors de sa fermeture. « Si le gouvernement appelle cela de la réindustrialisation il se fiche de nous car ni Bolloré ni Brownfields ne sont des industriels », assène Yvon Scornet ex porte-parole des salariés. Ce militant de la CGT qui défend toujours l’hypothèse d’une reprise de la raffinerie par un pétrolier ne croit pas au nombre d’emplois annoncé qui s’élèverait « au mieux », selon lui, à trente, côté Bolloré et quarante, côté Brownfields. Il ne croit pas non plus que Brownfields assurera la dépollution de sa partie estimé à 80 M€ dont la charge reviendra, selon lui, « au contribuable ». Enfin, il estime que les produits pétroliers stockés par Bolloré viendraient en concurrence de ceux fabriqués dans les raffineries Esso et Total de la vallée de la Seine. Un point de vue partagé par Francis Duseux le PDG d’Esso France qui a récemment qualifié ce projet « d’attaque frontale » contre ces raffineries.