Le Département aide des éleveurs à s’affranchir des grands groupes laitiers

(fil-fax 24/04/14)

Le Département de la Seine-Maritime va apporter un soutien financier à la construction d’une unité de transformation de produits laitiers, la Laiterie Brin d’Herbe, une entreprise créée par Aldric Vandermeersch et Benoit Decultot, deux producteurs installés dans la pointe de Caux à Bréauté et Saint-Jouin-Bruneval. A l’unanimité malgré des réticences à droite, le conseil général a décidé de subventionner le projet à hauteur de 50.000 € soit 25% du montant total de la construction de l’atelier de fabrication de yaourt, beurre et crème. Les deux éleveurs envisagent de transformer un total de 320.000 litres les trois premières années. Leur production totale annuelle est de 1 million de litres. La montée en puissance serait progressive : 70.000 litres la première année, 110.000 la deuxième, 140.000 la troisième. La particularité de leur démarche : s’appuyer sur un élevage à l’herbe. Mais aussi, attirer d’autres éleveurs tentés par la transformation et la commercialisation et souhaitant faire appel à de petits ateliers à la ferme. Leur objectif est de pouvoir produire en se libérant de la pression des grands groupes qui sont parfois d’origine coopératives mais se sont écartés depuis longtemps des valeurs qui en faisaient l’originalité. Les éleveurs en question le revendiquent.

Le rapport que le conseil général a voté en a donné une description détaillée, citant nommément les groupes Senoble, Danone, et a expliqué son « choix de cibler son action » sur les petits ateliers à la ferme. « Plus que des volumes, les producteurs sont demandeurs d’un prix juste », revendique le rapport qui souligne « une demande croissante de produits laitiers locaux avec une forte identité au détriment d’un produit plus classique ».

Tout en approuvant le soutien financier au projet de la Laiterie Brin d’Herbe, l’opposition Alternance 76 (UMP, UDI, DVD) du conseil général s’est émue de la teneur d’un rapport qui jetterait l’opprobre sur de grandes entreprises qui contribuent à l’activité économique et agricole du département. « Nous donnons une mauvaise image de nous-mêmes », s’est indigné Patrick Chauvet (UMP, Buchy) inquiet de la défiance exprimée par le président PS du conseil général, Nicolas Rouly, à l’égard des grands groupes agro industriels. « Nous avons le droit de donner des motivations comme nous l’entendons », a répondu en substance M. Rouly en précisant que la délibération s’en tient strictement à l’attribution de la subvention.

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