Dans le prolongement des élections municipales et du basculement à droite de 151 villes de plus de 10 000 habitants, je ne me faisais guère d’illusions sur le résultat des élections européennes. De fait, la formation politique à laquelle j’appartiens obtient, avec 13,98% des suffrages exprimés, son plus mauvais score depuis 1979, en recul de 2,5 points par rapport à 2009. Cette défaite était prévisible au regard du résultat des dernières municipales et du contexte national, lequel n’a pas fondamentalement évolué en 2 mois. Il faudra encore du temps pour redresser la barre. Nous savons que le temps presse et que les Français attendent des résultats concrets. Ils nous l’ont redit dimanche. Ce message doit être entendu.
Si le recul du Parti socialiste était prévisible, ceux de l’UMP (-7,33 points) et d’Europe écologie (-7 points) apparaissent plus inattendus, en tout cas dans ces proportions. D’autant que ni le Front de Gauche, en légère régression (-0,15 points), ni le Centre-Droit, dont le score cumulé est inférieur à celui de 2009, ne profitent de cette situation.
Au final, le fait marquant de cette élection réside dans le score très élevé du Front national (+18,51 points) qui confirme son ancrage territorial en arrivant en tête au niveau national, régional, départemental et dans l’immense majorité des communes de ma circonscription.
Avec 24 Députés européens, contre 3 sous la précédente mandature, le Front national constitue désormais la première délégation politique française au Parlement européen. Il ne faut pas se voiler la face ni s’abriter derrière l’abstention, qui est d’ailleurs légèrement en deçà du scrutin de 2009. Le résultat est là, et il est de mon point de vue extrêmement préjudiciable pour l’image de la France en Europe et la défense des intérêts de notre pays au sein des institutions européennes, ainsi que j’ai eu l’occasion de l’expliquer aux journalistes de France 3 Baie de Seine qui m’ont interrogée à ce sujet.