(fil-fax 19/06/14)
La Métropole Rouen Normandie disposera au début de 2017 d’un nouveau siège construit sur la rive gauche de la Seine, un bâtiment aux lignes spectaculaires signées par l’architecte Jacques Ferrier qui prendra le nom du hangar portuaire qu’il remplacera, le 108. Autant qu’une future rationalisation des charges immobilières et des services de la collectivité aujourd’hui éclatés sur trois sites, le 108 a la fonction de germe du futur éco-quartier Flaubert. Pour Frédéric Sanchez, président (PS) de l’actuelle CREA qui prendra le statut de métropole en janvier 2015, ce projet « envoie le signal puissant d’une volonté collective ». Il s’agit en effet de créer une dynamique pour l’urbanisation de quelque 70 ha d’anciennes friches industrielles et portuaires. Le maire (PS) de Rouen, Yvon Robert, décrit l’immeuble comme « une porte ouverte, une vitrine ». Le 108 ne sortira pas pour autant de terre dans un désert puisque le bord de Seine qui accueille déjà le 106, la Scène de musiques actuelles (Smac), a été réaménagé en promenade, particulièrement la presqu’île Rollet, ancien dock aux charbons.
D’un coût de 25 M€ (ht), ce bâtiment se dédouble en deux demi-nefs orientées l’une vers la cathédrale et l’autre vers le pont levant Gustave-Flaubert. Avec 90 mètres sur 28 au sol et 33 mètres à son faîte, il offrira 8.000 m2 de surface utile. Il répond à deux labels européens : PassivHaus pour la limitation des puissances de chauffage et de consommations d’électricité, et BEPOS, comme bâtiment à énergie positive en électricité. Les volumes inclinés que verra le promeneur sont en fait une enveloppe – « une double peau », illustre Jacques Ferrier -, composée de panneaux photovoltaïques (2.000 m2) qui produiront 300.000 kw/h. Des éoliennes incorporées dans des cheminées fourniront plus modestement 15.000 kw/h. Au total, l’économie sur les coûts de fonctionnement par rapport à un bâtiment traditionnel est évaluée à 260.000 € par an.
En présentant le futur 108 dont la première pierre devrait être posée en mars 2015, Frédéric Sanchez a anticipé les critiques sur l’opportunité et le coût de l’opération, déjà exprimées à droite comme par des élus du Front de gauche. « C’est de la saine gestion de se doter d’un patrimoine immobilier plutôt que de louer d’autres bureaux ou d’en conserver que l’on peut vendre », insiste le président de la CREA, « ce serait du gaspillage que de continuer ». Il invoque une réduction globale des coûts d’exploitation de 50% et des charges immobilières de plus de moitié. En 20 ans, la réalisation du nouveau bâtiment fera faire des économies à la Métropole à la hauteur de 2 M€ par an.
L’opposition de droite au sein de la CREA rétorque que la nouvelle organisation territoriale avec la disparition programmée des conseils départementaux permettrait de reprendre une partie de l’Hôtel du Département à Rouen. Une possibilité que réfute le président de la CREA : « On gagnerait au mieux les bureaux des élus et un hémicycle ».
