(fil-fax 26/06/14)
Le futur écoquartier Flaubert porté par la future Métropole Rouen Normandie, a désormais le statut de ZAC (Zone d’aménagement concerté) après le vote du conseil de la CREA qui l’a déclarée « d’intérêt communautaire ». Rive gauche de la Seine, elle s’étend sur 68 ha d’un seul tenant sur les territoires de Rouen et de Petit-Quevilly. Le programme prévisionnel des constructions comprend la réalisation d’environ 450.000 m2 de surface de plancher qui se répartiront entre une offre résidentielle de 2.500 à 2.900 logements qui occuperont la moitié de la ZAC, et des fonctions économiques. Sa réalisation pourrait s’étendre sur une vingtaine d’années.
« C’est en quelque sorte la naissance officielle du quartier », résume Frédéric Sanchez, président (PS) de la CREA. La majorité PS, Front de gauche, EELV et DVG du conseil communautaire l’a approuvée, alors que l’opposition de droite (Union démocratique du Grand Rouen) s’est abstenue. Celle-ci maintient une position constante de désaccord depuis le lancement de ce projet en arguant des « contraintes fortes du site », selon Franck Meyer (UDI) maire de Sotteville-sous-le Val, notamment en raison des sols fortement pollués (anciennes friches industrielles), des risques d’inondation, et de la présence de sites Seveso à proximité, usine Lubrizol et silos portuaires.
« Il y a évidemment des problèmes à résoudre, des questions posées depuis 10 ans », convient le président de la CREA, demandant si l’alternative proposée ne serait pas alors « de ne rien faire ou… de ne rien faire ». « Quel territoire admettrait qu’à 800 mètres de son centre, en bord de Seine, subsiste une friche ». Les élus écologistes (EELV) partagent cette vision, partisans d’une “reconstruction de la ville sur la ville“, plus économe en espace que l’urbanisation périphérique. « On partage les inquiétudes sur les risques, mais la vraie question est : A-t-on besoin d’aménagement urbain en centre urbain ? », interroge l’élu EELV, Cyrille Moreau. Pour autant, les écologistes réfutent l’appellation “écoquartier“ accolée à la ZAC Flaubert qui leur semble usurpée.
Lors de cette même réunion, le conseil de la CREA a entériné le marché de maîtrise d’œuvre intervenu avec le groupement Jacques-Ferrier Architecture, C&E Ingénierie, Sogeti et AVC pour la construction du futur bâtiment des services de la Métropole qui sera le premier chantier immobilier de la ZAC. Le marché s’élève à 2,2 M€ (ht) pour un projet fixé à 18,6 M€ (ht). L’opposition de droite s’est vigoureusement opposée à ce qu’elle surnomme déjà le « palais de la CREA », inutile dans la perspective d’une réutilisation possible des locaux de l’hôtel du département lorsque celui sera supprimé. Pour le président de la CREA, il s’agit plutôt de bonne gestion par la rationalisation des implantations des services de la future Métropole. L’UMP Marie-Hélène Roux, rapporteur de ce dossier devant le conseil de la CREA a salué « le geste architectural tant dans sa modernité que dans sa dimension écologique » mais a voté contre.
Une hostilité que ne partagent pas les cercles économiques notamment dans le BTP et l’immobilier de bureaux qui surveillent d’un œil attentif et intéressé les premiers pas de la ZAC. On devrait les observer dès 2016 le long de l’avenue Jean-Rondeaux et en bordure est de la zone, et sur l’enceinte du stade de rugby Jean-Mermoz.