La droite aborde les élections sénatoriales en ordre dispersé

(fil-fax 03/09/14)

A 27 jours du scrutin des sénatoriales, branle-bas de combat dans l’opposition. En Seine-Maritime. Hasard du calendrier ou pas, deux conférences de presse, bien différentes, se tenaient ce lundi. Entourée de tous ses co-listiers, Catherine Morin-Desailly (UDI), sénatrice sortante tête de la liste (UDI-UMP-DVD Centre et Indépendants) La Force de nos territoires, c’est Vous !, lançait sa campagne à Montivilliers « ville emblématique de la reconquête » de la droite aux municipales. De son côté, dans sa petite mairie fleurie de Sainneville-sur-Seine, Denis Merville (DVD), entouré de deux co-listières, a justifié sa candidature qui vient concurrencer celle de l’UMP-UDI. Il a promis d’annoncer d’ici le 12 septembre, à douze jours du scrutin, la composition de sa liste. Avec la troisième candidature d’Alfred Trassy-Paillogues (UMP), la droite aborde ce scrutin en ordre dispersé.

Liste bouclée, bilan de son action menée depuis neuf ans avec les sénateurs sortants Patrice Gélard et Charles Revet envoyé sur un document de vingt pages aux 3.160 grands électeurs, programme de rencontres quasi quotidiennes proposées sur tout le territoire d’ici le 26 septembre : Catherine Morin-Desailly part en campagne. Et affiche son ambition : gagner quatre sièges sur les six en lice et contribuer à faire tomber à droite la Haute assemblée. « L’enjeu est de retrouver avec une nouvelle majorité au Sénat un axe de stabilité, une première force de reconstruction. » Car celle qui était soutenue lundi soir par le maire UMP du Havre Edouard Philippe devant une centaine d’élus présents à sa première réunion, s’est livrée à une attaque bien rodée de la politique gouvernementale. Côté bilan, la sénatrice a insisté sur les « exigences d’assiduité, rigueur, proximité » du travail au Sénat et sur le terrain : les trois sénateurs sortants de droite ont cumulé « plus de 6.202 interventions sur cette mandature, soit dix fois plus que les socialistes (600 interventions dont 568 pour le seul Marc Massion) ».

Pour Denis Merville, la liste n’est pas bouclée. Elle sera « de sensibilités diverses », a assuré le maire de Sainneville-sur-Seine depuis 1977, conseiller général du canton de Saint-Romain-de-Colbosc depuis 1982. Sans étiquette politique mais d’inspiration gaulliste, avec à ses côtés Brigitte Brière, animatrice de Debout la République (DLR) et Corinne Levillain, adjointe du maire UMP de Montivilliers Daniel Fidelin, l’ex-UMP affirme avoir répondu aux sollicitations de nombreux élus, à leur « refus de certains jeux et querelles partisanes ». Il vient d’écrire aux grands électeurs, fustige « le manque de concertation avec les élus du terrain » et plaide pour « l’intercommunalité choisie et librement pratiquée ».

Le troisième candidat,Alfred Trassy-Paillogues s’est aussi lancé dans la bataille, malgré l’absence de soutien de son parti. Le maire de Yerville, ancien secrétaire départemental de l’UMP, est candidat de la liste de la Droite républicaine et du centre, une « véritable liste d’opposition à la gestion socialiste » pour « proposer une alternative de droite qui tienne compte de la réalité que vivent les Français au quotidien ». Lui aussi mise sur la « proximité », « le soutien de la ruralité et des communes », dans une « démocratie apaisée ».

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