Le maire UMP d’Evreux veut redonner vie au commerce de centre-ville

(fil-fax 12/09/14)

Le maire UMP d’Evreux Guy Lefrand a le souci de la formule qui fait mouche. « J’aime bien les associations et les sports mais aujourd’hui c’est le développement économique qui m’importe », a-t-il dit mercredi en présentant à la presse ses priorités en matière de développement commercial, tertiaire, industriel et touristique.

Sur le premier point, il fait un constat accablant : la ville compterait une cinquantaine de pas-de-porte disponibles contre seulement 18 en 2008 au moment de l’arrivée aux commandes de Michel Champredon (PRG), qui sera étrillé à plusieurs reprises. Pour remédier à cette désertification il a ses recettes : construire un parking sous la place du marché pour faciliter la vie des automobilistes, couvrir certains trottoirs pour les protéger de la pluie, confier des boutiques tests à des commerçants le temps qu’ils vérifient que la clientèle existe, mettre en place un portail électronique pour faciliter l’achat par internet via les commerçants locaux, remembrer les surfaces pour en proposer de plus grandes, créer un office du commerce associant privé et public, développer les rues à thèmes, coloriser les façades…

Pour autant il ne veut pas opposer le commerce de centre ville aux grandes surfaces de la périphérie. S’il refuse toute nouvelle zone commerciale, il veut « dynamiser » celles qui existent. Leclerc a déjà investi 15 M€ pour se remettre à niveau et Carrefour serait prêt selon lui à engager 50 M€ pour réhabiliter sa galerie marchande vieillissante et accueillir de nouvelles enseignes liées à l’habitat. Avec à la clé 300 emplois nouveaux. En revanche il fustige le développement du pôle commercial de Tourville la Rivière, au sud-est de Rouen, et les projets de Mantes la Jolie. « Il est hors de question que les habitants de l’Eure fassent leurs courses dans le 76 ou le 78 », assène Guy Lefrand. Il se montre moins sévère sur le vieux projet de village de marques à Douains, à l’Est de l’Eure, qui pourrait avoir son agrément à condition  qu’une plate-forme de recrutement du personnel soit ouverte à Evreux et que la ville ait un droit de regard sur les marques accueillies.

Côté tertiaire, le maire d’Evreux veut un quartier d’affaires autour de la gare sans attendre la reconstruction de celle-ci qui n’interviendra pas « avant 2025/2030 », assure-t-il.  Avec un argument massue : « A Paris le m2 de bureau se loue 1.500 à 2.000 euros par mois et à Evreux de 480 à 500, trois à quatre fois moins cher ». Pour avancer il a demandé à un franchiseur d’étudier la faisabilité d’un tel projet. Côté industrie, deux clusters, l’un orienté cosmétique et l’autre santé, aux contours assez nébuleux, et côté tourisme un projet de parc ludo-pédagogique complètent sa panoplie. Avantage subsidiaire de tous ces projets : ils seraient financés essentiellement par le privé. Une prudence alors que la ville devrait perdre six M€ de dotations d’Etat d’ici 2016 et l’agglomération cinq.

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