Le maire communiste de Dieppe joue la carte de la “résistance“

(fil-fax 19/09/14)

La ville de Dieppe va se doter d’une Charte de démocratie locale qui sera examinée lors du prochain conseil municipal, a indiqué jeudi le maire communiste, Sébastien Jumel lors d’une rencontre avec la presse. Elle a été élaborée lors de réunions publiques et deviendra « une feuille de route » pour la ville où le principe de la « co-élaboration »  des projets avec les habitants sera la règle. Pour le maire de Dieppe qui vient d’être reconduit à l’hôtel de ville avec une double opposition de droite et socialiste, il s’agit de « montrer que l’on peut faire de la politique autrement ». Un principe qu’il justifie par sa volonté de construire à Dieppe « un point de résistance aux coups portés à la France qui souffre ».

Il faut d’abord se défendre contre une « gauche gouvernementale qui a oublié la France populaire, les villes moyennes, les communes rurales. Chaque jour a son lot de déclarations ministérielles où on insulte le peuple qui souffre ». Aussi, « le maire doit d’interroger sur le rôle de la collectivité et la manière dont il doit servir et protéger ses habitants ». En plus de la Charte de démocratie locale, la « résistance » se concrétise aussi par une application « de haut niveau » de la réforme des rythmes scolaires avec des activités « gratuites pour tous ».  La ville a engagé 450.000 € qui ont été complétés par des aides de l’Etat (250.000 €) et de la CAF (150.000 €). La ville va encore mettre en place un dispositif « anti-coupure » avec une cellule de veille de précarité énergétique. Le maire de Dieppe dit aussi redouter l’impact de la baisse des dotations de l’Etat. Il n’écarte pas l’hypothèse d’une diminution par deux des investissements de la ville (18 M€). L’économie locale seraitalors « balayée ».

La « résistance » concerne encore les relations exécrables entre la ville (33.000 habitants) et l’agglomération Dieppe-Maritime (51.000 habitants). Privée de la présidence par un conseil communautaire qui lui a préféré le divers droite Jean-Jacques Brument, à l’écart du bureau alors que trois élus de sa propre opposition de droite y ont accédé, la municipalité de Dieppe lâche ses flèches sur une « agglo à l’arrêt, qui s’est constituée contre la ville ». Sébastien Jumel déplore « son incapacité » à s’engager dans les projets économiques comme le Transmanche, ou sur l’avenir de Dieppe Scène Nationale (DSN), à vocation communautaire par l’origine de son public, mais qui reste majoritairement portée par la commune de Dieppe. Une rencontre pourrait avoir lieu prochainement entre le président de Dieppe-Maritime et le maire de Dieppe. « Nous devons caler nos agendas », glisse Sébastien Jumel pour annoncer ce qui devrait être un rituel dans une agglomération fonctionnant normalement. « Ce qui est bon pour Dieppe, on le défendra. Ce qui est mauvais, on le combattra », résume pour l’instant Nicolas Langlois, premier adjoint au maire.

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