(fil-fax 19/09/14)
Au nom d’un « bon équilibre », Laurent Fabius s’est prononcé (L’express du 3 septembre) en faveur de l’installation de la capitale administrative de la Normandie fusionnée à Rouen tandis que la préfecture devrait revenir à Caen. Le président PS de la Haute-Normandie Nicolas Mayer-Rossignol a depuis abondé dans son sens tout comme des élus rouennais. Tous font valoir l’érection prochaine de Rouen au statut de métropole qui conférerait à la capitale haut-normande une légitimité particulière.
Ces prises de positions ont passablement agacé le président PS de la Basse-Normandie Laurent Beauvais qui a regretté sur son blog que « les Rouennais montent seuls à la charge ». Il se dit « contrarié » tant par la méthode que sur le fond. « Je ne vois pas du tout les choses ainsi », déclare-t-il. Dans un entretien à Ouest-France il revient à la charge ce jeudi en appelant à ne pas « opposer » les deux capitales. A ses yeux, aborder la question ainsi est « une vision du siècle dernier », à l’heure d’un monde qui vit « en réseaux ». Il se prononce pour « une super métropole normande rassemblant les agglomérations de Caen, Rouen et Le Havre, 900.000 habitants au total ».
De son côté, Joël Bruneau, le maire UMP de Caen, va dans le même sens jeudi dans un entretien à Paris-Normandie en proposant la création d’un pôle métropolitain associant les grandes agglomérations de la région. « La Normandie a la particularité de ne compter aucune agglomération pouvant légitimement revendiquer à elle seule le statut de métropole de dimension européenne », argumente-t-il. En juillet dernier, sept parlementaires de droite de Basse-Normandie avaient déjà alerté le Premier ministre sur les risques de « dévitalisation » qui pèseraient sur Caen si elle perdait sa fonction de capitale au profit de Rouen.