(fil-fax 03/10/14)
Le nouveau campus rouennais de l’Ecole Supérieure d’Art et Design le Havre/Rouen (ESADHaR) accueille depuis lundi 175 étudiants dans les locaux de l’ancien collège réhabilité Jean-Giraudoux sur les Hauts-de-Rouen. Né de la volonté commune des villes de Rouen et du Havre l’ESADHaR réunit depuis sa création en 2010 l’école régionale des Beaux-Arts de Rouen et l’école supérieure d’art du Havre. L’ESADHaR dispose de deux campus : l’un à Rouen, le second au Havre.
Depuis sa création les cours étaient dispensés sur Rouen en centre ville dans l’Aître Saint Maclou aujourd’hui vétuste et hors normes pour l’accueil des publics. « Ce nouveau campus représente une occasion unique de développer, maintenir et consolider, l’ESADHaR sur le territoire rouennais », s’est jeudi félicité Yvon Robert maire (PS) de Rouen.
Dans le quartier de la Grand-Mare, l’établissement, propriété de la ville de Rouen, offre après 9 mois de travaux de restructuration 6.000 m2 d’ateliers divers. L’ancienne école truffée d’anciens escaliers en bois s’étendait sur 4.500 m2. Chaque étudiant dispose ainsi en moyenne de 34m2 pour mener à bien ses travaux. Un record dont « les enseignants et les 170 étudiants du campus havrais de 2.600 m2 sont loin de bénéficier » au point que « certains aimeraient venir sur Rouen », explique le directeur général des deux sites Thierry Heynel.
Dans les locaux abandonnés par le Conseil général de la Seine-Maritime, faute d’élèves, ont été aménagées une grande salle de conférence et une salle dite de contextualisation en lieu et place du restaurant scolaire. Les anciennes salles de classes ont été également ouvertes pour faciliter la synergie entre les étudiants. Une multitude d’ateliers vient compléter l’ensemble (terre, menuiserie, métallerie, gravure, photos, vidéo, informatique, etc). « C’est une école au carrefour des pensées. L’invention se fait dans le métissage, celui des cultures et celui des techniques d’hier et d’aujourd’hui mêlées les unes aux autres », explique le directeur. La bibliothèque en demi-cercle avec vue sur le jardin rassemble un joli fonds de 15.000 ouvrages sur les arts L’accès aux personnes à mobilité réduite est garanti. L’Aître Saint Maclou était sur ce point interdit aux étudiants en fauteuil. Des travaux de remise en état des systèmes de sécurité incendie, électricité et ventilation ont également été réalisés. Le coût du projet porté par la ville a été de 900.000€.
Les querelles d’hier semblent oubliées
L’annonce en 2013 de la nouvelle implantation de l’école avait été vivement décriée par une partie des enseignants rouennais, fachés à l’idée d’abandonner le centre ville et de rejoindre les Hauts de Rouen. « Ils sont arrivés ici un peu crispés », reconnaît le directeur. Mais, ajoute Stéphane Carrayrou, professeur de théorie des arts, « ils n’ont d’abord pas reconnu le bâtiment. Très vite ils se sont mis à plaisanter ».