Les Crazy Girls stéphanaises organisent pour la deuxième fois sur la commune les championnats de France de leur discipline. Deux cent cinquante majorettes de tout le pays lanceront le bâton au Madrillet. Quand on pense majorette, on imagine la
fanfare, les confettis, les coiffes stylisées et autres marches militaires. Mais les temps changent, les majorettes aussi. Elles évoluent désormais en salle et, alliant techniques sportives et inspirations artistiques, le lancer de bâton est devenu le cœur même de leur art. En somme, le profil martial de la majorette s’est adouci. « Il n’y a plus de marches, on est davantage sur des chorégraphies, affirme Pascaline Guizier, la capitaine des Crazy Girls. Les expressions du visage, les costumes et les musiques, tout compte. »
La majorette s’est également complexifiée. Le lancer de bâton, le cœur même de son art, est devenu une affaire de haute technicité. Et de ce côté, les Crazy Girls stéphanaises n’ont guère de rivales dans l’Hexagone. Peut-être faut-il encore craindre les Cristal twirl de Wattignies, dans le Nord, celles qui ont ravi aux Stéphanaises, l’an dernier à Thorigny-sur-Marne, le très convoité Challenge, ce titre qui récompense l’équipe remportant le plus de podiums en individuel. « Elles nous ont volé la place de très peu », regrette la capitaine des Crazy Girls.
Il y a deux ans, les Stéphanaises, qui concourraient à domicile, avaient raflé pas moins de treize podiums sur seize Crazy Girls en lice, remportant ainsi le Challenge si convoité. Titre de gloire qu’elles devront néanmoins disputer âprement avec leurs autres rivales, les majorettes de Mainvilliers, qui les talonnent habituellement sur les podiums. « Mais grâce à notre connaissance du terrain, on espère recouvrer notre titre… »
En effet, la connaissance du terrain est loin d’être une métaphore militaire. Les caractéristiques du gymnase où se déroule la compétition peuvent à elles seules changer la donne, explique Pascaline, « la hauteur sous plafond est très importante, dit-elle, un bâton qui cogne et c’est raté ».
Si la topographie compte pour beaucoup, l’art de la majorette ne tient pas tout entier à cette connaissance intime du terrain. « On ne sait pas qui on a en face, prévient la capitaine, il y a toujours des clubs qui créent la surprise, comme les Fleurs de Lys d’Eysine, près de Bordeaux. On ne les connaissait pas du tout, elles venaient de la fédération de twirling. »
Car il ne faut pas confondre, il y a majorette et twirling, deux disciplines qui sans être fondamentalement différentes, appartiennent à deux fédérations bien distinctes, « les majorettes sont davantage dans l’artistique, le twirling est plus technique », affirme la capitaine des Crazy Girls.
En attendant le grand jour, les majorettes stéphanaises peaufinent leurs lancers de bâton, sous l’œil attentif de Fanny Morel, la présidente du club, maman de la capitaine et cheville ouvrière de cette troupe de quatorze compétitrices stéphanaises. C’est elle, affairée devant sa machine à coudre, qui confectionne chacun des costumes, accessoires et éléments de décors des Crazy Girls.