(fil-fax 11/10/14)
En cette fin d’été, les équipes de Faurecia et celles de Terranere se croisent dans des bâtiments devenus trop grands. L’équipementier automobile aura quitté définitivement les lieux à la mi-2015 tandis que le fabricant de composants pour cycles aura monté en puissance d’ici là. Nous sommes sur la zone industrielle de Nétreville à la périphérie d’Evreux où Faurecia exploite depuis 2000 une ancienne usine Sommer-Allibert. L’équipementier a annoncé à l’été 2013 la fermeture du site et le transfert de l’activité de textiles acoustiques à Bains-sur-Oust en Bretagne. Depuis, il est parvenu à convaincre Terranere, plus connu sous le nom de sa marque Ixow, de prendre le relai en échange d’une aide financière et d’une assistance technique. De son côté, Terranere s’est engagé à reprendre la moitié de la centaine de salariés de Faurecia.
Cette implantation est une opportunité pour Christian Gauthier, le PDG de Terranere, qui cherche depuis plusieurs années à développer des innovations dans le domaine du cycle. Il possède déjà en portefeuille des antivols de selle et de roue, des freins réglables facilement, une manette unique pour les dérailleurs avant et arrière et une potence autorisant l’alignement du guidon sur le cadre pour faciliter le rangement. Ces produits représentent des marchés de niche délaissés par les grands fabricants de composants comme Shimano, Sram ou Compagnolo. « Les équipementiers aujourd’hui réfléchissent dans une logique industrielle mais pas selon l’usage du vélo par le cycliste », analyse-t-il. Mais Christian Gauthier estime que ses produits ont un avenir dans la mesure où le cycle n’a pas connu, ces dernières années, « les ruptures technologiques » qui ont révolutionné le monde du ski, par exemple. Signe de l’attente du marché : les produits inventés par Terranere emporteraient « spontanément » l’adhésion des adeptes du vélo.
Pour développer ses produits, Christian Gauthier a misé sur le plastique injecté renforcé à la fibre de verre qui enrobe les mécanismes. Ce matériau élégant et solide est fabriqué par une entreprise de Rennes et non en Asie comme beaucoup de composants pour cycles. Terranere qui a déjà séduit Canyon et BMC vise le marché des 578 fabricants écoulant chaque année quelque 147 millions de bicyclettes. « C’est deux fois et demi la production d’automobiles », assure Christian Gauthier. Ce marché est d’emblée mondial : c’est pourquoi Terranere a créé quatre directions commerciales qui se partagent la planète. Et se veut ambitieux : il espère réaliser en 2018 un chiffre d’affaires de 45 à 50 M€ pour un effectif de 150 à 200 salariés et occuper une partie significative des 12.000 m2 laissés par Faurecia.