Patrice Quéréel explore le rapport « matriciel » entre Marcel Duchamp et la Normandie

(fil-fax 14/10/14)

Alors que s’ouvre à Paris une rétrospective sur l’œuvre de Marcel Duchamp, le Rouennais Patrice Quéréel publie un livre sur l’inventeur des « ready-made ». Et il l’affirme haut et fort : « Duchamp, dès l’enfance, s’est imprégné du regardé et ce champ des découvertes a formé le terreau de son œuvre future ». En clair, dans son « interprétation libre » l’auteur « démontre » que l’œuvre de Duchamp est un produit du terroir normand. Il fallait oser et saluer ici le pari de l’éditeur !

Toute l’œuvre du pape de l’art moderne découlerait ainsi des prémices absorbées dans ses années d’adolescence à Blainville-Crevon, à Rouen, à Veules-les-Roses ou à Yport. « J’ai découvert certaines de ses intentions », se risque l’auteur. Toutes les sources de l’œuvre emblématique du Grand verre autrement dénommé La mariée mise à nu par ses célibataires, même auraient été ainsi butinées à Rouen sur le trajet de la ligne de tramway N°5 reliant la route de Neufchâtel au Madrillet. « Une explication qui frise l’évidence », se hasarde l’auteur.

Le livre objet est soigné. Intriguant et facile à lire. Les illustrations sont précises et d’excellente qualité. La couverture est massive et vient border trois tranches en noir de jais. Ce livre vient « transformer une idée en objet », se félicite la conceptrice de l’ouvrage Maddalena Marin. Une idée à mille lieux des interprétations trop souvent ronflantes des critiques patentés.

• Duchamp la peinture même, Centre Georges Pompidou, Paris jusqu’au 5 janvier.

• Marcel Duchamp l’indigène, Editions des Falaises, 160 p, 39€. www.editionsdesfalaises.fr

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