(fil-fax 04/11/14)
Emplois stables, bien rémunérés et requérant peu de diplômes… Le profil traditionnel et avantageux des postes de travail sur le complexe industrialo-portuaire (CIP) de Rouen pourrait bien changer dans les prochaines années. L’Insee qui vient de se pencher sur la question estime que le départ des effectifs actuels vieillissants va conduire à l’arrivée d’une « jeune génération plus diplomée ».
Selon l’institut, la moitié des salariés du CIP qui s’étend sur la vallée de la Seine de Rouen au Havre, rive droite et rive gauche, sont des ouvriers contre un tiers pour l’ensemble de la Haute-Normandie. La plupart de ces ouvriers sont qualifiés (79%), soit neuf points de plus que la moyenne régionale. Ces salariés sont à 83% des hommes alors que dans la population active de la région les deux sexes sont représentés à parts égales. Ils sont plus âgés que la moyenne régionale en particulier dans la tranche d’âge 40-55 ans. Ils ne sont que peu mobiles : seuls 4% d’entre eux habitaient une autre région – principalement l’Ile-de-France – cinq ans plus tôt.
Ces salariés bénéficient d’emplois en CDI à 93% (contre 70% dans la région) et à temps plein (94% contre 76%). Leur salaire net mensuel médian compte parmi les plus élevés : 2.350 euros dans la partie industrielle du CIP et 2.050 dans la partie maritime contre 1.675 euros en Haute-Normandie. Cet avantage financier se retrouve à tout âge y compris parmi les jeunes.
En revanche ces salariés sont moins diplômés. Le constat est particulièrement vrai chez les cadres de la partie maritime dont 23% n’ont pas le bac contre 13% en moyenne régionale. Pour ces salariés, la promotion interne a joué à plein ces dernières décennies. Ce schéma pourrait changer. Avec les départs en retraite, les jeunes en place dans les entreprises vont les remplacer et pourront espérer « valoriser leurs diplômes » alors qu’ils sont aujourd’hui « en situation de déclassement ».
• Des conditions d’emploi favorables pour les 18.000 salariés du complexe industrialo-portuaire de Rouen. Insee analyses Haute-Normandie n°3, octobre 2014.