A Rouen, le regroupement de services de l’Etat ajourné par la fusion normande

(fil-fax 06/11/14)

Le déménagement de plusieurs administrations de l’Etat en Haute-Normandie, ainsi que de l’ARS dans un seul site du quartier Saint-Sever à Rouen, vient d’être suspendu, et le projet peut-être même abandonné. Il s’agissait de regrouper au sein des 12.000 m2 de l’immeuble Concorde, qui fut le siège régional de France Telecom, les services de la DIRECCTE, de la DRJSCS, de la DDPP (*) ainsi que de l’ARS (Agence régionale de santé) aujourd’hui disséminés dans la ville. L’opération avait été lancée en 1999, après le départ de France Telecom vers de nouveaux locaux. La grande tour, un des marqueurs de la vocation tertiaire du quartier Saint-Sever, avait été reprise par une SCI qui la loue à l’Etat. D’abord désamianté aux frais du propriétaire, puis réaménagé aux frais de l’Etat, le Concorde devait accueillir les services au printemps 2014 et quelque 550 fonctionnaires. Côté syndical, ces transferts ont provoqué de nombreuses réserves « dès le début », souligne Gérald Le Corre, élu CGT au CHSCT de la DIRRECTE. Il évoque des « locaux inadaptés à l’accueil du public, des plateaux de bureaux pas optimum pour les conditions de travail ».

Officiellement, c’est la réforme territoriale en cours de discussion au Parlement qui suspend les transferts. Dans une circulaire adressée aux fonctionnaires le 28 octobre, la préfecture de Région indique que, avant même le vote définitif de la réforme, « la probabilité est forte que les besoins immobiliers après le rapprochement des deux régions soient différents des besoins estimés lors du démarrage du projet en 2009 ». D’où une suspension du déménagement « dans l’attente d’une meilleure visibilité » sur l’organisation des services déconcentrés de l’Etat à compter de 2016.

« Enfin une bonne nouvelle », réagit Gérald Le Corre qui reste hostile à ce déménagement, non seulement pour l’inadaptation du lieu mais aussi en raison de « la gabegie » qui aurait jusqu’ici plombé le chantier par la mauvaise coordination entre les travaux du propriétaire et ceux de l’Etat – locataire. Plus grave, un contrôle avant l’emménagement a révélé des traces persistantes de poussière d’amiante. La note serait salée : aux 7 M€ de travaux s’ajoute maintenant une location d’un million d’€ par an, avec un bail de 12 ans, et un risque de contentieux pour déterminer les responsabilités de la pollution résiduelle. « Le vrai problème, c’est d’avoir voulu aller trop vite » analyse Gérald Le Corre. Et s’il y a un nouveau projet immobilier, il faudra, prévient-il, tirer « tous les enseignements de l’échec du Concorde pour éviter une nouvelle gabegie ».

(*) Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi, Direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale, Direction départementale de la protection des populations.

Articles créés 1109

Articles similaires

Commencez à saisir votre recherche ci-dessus et pressez Entrée pour rechercher. ESC pour annuler.

Retour en haut