L’extension de la zone Natura 2000 du bassin de l’Arques irrite la FNSEA

(fil-fax 05/11/14)

Le projet d’extension de la zone Natura 2000 du bassin de l’Arques dans le pays de Bray provoque de l’inquiétude voire l’hostilité des milieux agricoles. Une « aberration » clame même François Fihue, président de la commission environnement de la FNSEA de Seine-Maritime, ancien président de la Chambre d’agriculture de la Seine-Maritime, agriculteur installé à Osmoy Saint-Valéry.

L’objectif est de préserver les espèces et les habitats menacés sur le site du large “Bassin de l’Arques », résume Dany Minel, président du comité de pilotage mis en place par le ministère de l’Ecologie. Pour ce maire de Mesnières en Bray, et conseiller général (DVG) du canton de Neufchâtel en Bray, il s’agit d’abord « d’obtenir un périmètre cohérent » pour protéger l’ensemble du bassin. Début 2015, sur la base du volontariat des exploitants agricoles, insiste le Comité, le périmètre du site sera élargi aux zones humides et aux lits majeurs des cours d’eau, en particulier des rivières Varenne, Béthune et Eaulne, affluents de l’Arques, court fleuve côtier de 1,6 km qui se jette dans l’arrière port de Dieppe. Les trois cours d’eau qui forment l’Arques sont sur des bassins versants ruraux avec une agriculture intensive sur les plateaux et coteaux, mais pastorale dans le lit majeur.

L’extension du site sur près de 3.000 hectares de terres en théorie cultivables était prévue pour la fin 2014. Le DOCOB (Document d’Objectifs) établi en 2012 était sans ambiguïté. Il notait que « le périmètre défini ne garantit pas la pérennité des populations », la préservation de la faune, de la flore et de la qualité de l’eau classée « médiocre à mauvaise » en raison des nombreux rejets, domestiques, industriels et agricoles par ruissellements.

Dans sa conclusion, Alexandre Sofianos, ingénieur agronome et rapporteur de l’étude, recommandait clairement l’étendue du site au lit majeur du bassin, La zone Natura 2000 passerait ainsi de 128 ha à quelque 3.800 ha.

Du côté des agriculteurs les 13 réunions de concertation n’ont guère convaincues. L’extension ainsi définie « pénaliserait lourdement l’élevage dans le Pays de Bray » d’autant qu’elle sera accompagnée de « contraintes inacceptables », craint François Fihue. Environ 340 agriculteurs sont installés sur cette zone. L’exploitant candidat sera volontaire et signera un contrat Mesure Agro Environnementale et Climatique (MAEC) sur 5 ans en échange d’une contrepartie financière. Cette aide serait insuffisamment attractive et peu rémunératrice selon François Fihue qui table sur un faible taux de contractualisation. Les agriculteurs craignent encore que ce qui se contractualise aujourd’hui sur la base du volontariat devienne demain obligatoire.

« Aucun périmètre n’est encore à ce jour arrêté. Les communes n’ont pas toutes été consultées », répond Aurélie Legoix, chargée de mission Natura 2000. Pour preuve, les premières estimations tablaient sur une extension de 4.318 hectares. Le dernier chiffre annoncé était début octobre de 3.800 hectares.

• www.bassin-arques-n2000.fr

Natura 2000

En Haute-Normandie, les zones Natura 2000 couvrent 4% du territoire. En France 1.753 sites sont référencés. Ils couvrent 12,6% des surfaces terrestre. Le réseau européen s’étend sur 18% de l’Union Européenne.

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