(fil-fax 14/11/14)
Coup de massue sur l’usine Chapelle Darblay de Grand-Couronne : le papetier finlandais UPM-Kymmene auquel elle appartient veut réduire ses capacités et supprimer 196 de ses 390 emplois. La machine à papier numéro 3 d’une capacité de 130.000 tonnes devrait être arrêtée dès la fin du premier trimestre 2015 au terme de ce plan qui vise à réaliser 150 M€ d’économie en Europe. L’objectif est d’améliorer les résultats du groupe après de premiers efforts engagés ces douze derniers mois.
« Notre nouvelle structure a montré ses capacités à produire des résultats et nous avons pu identifier de nouveaux potentiels d’amélioration des bénéfices dans nos activités », a indiqué Jussi Pesonen, PDG d’UPM. Il estime qu’une réduction des capacités est d’autant plus urgente que les faibles taux d’opération actuels sont « inacceptables » et qu’aucune « embellie » n’est attendue en 2015. Il espère un impact de cette restructuration dans les comptes dès la fin de l’année prochaine.
Au total, le groupe veut réduire de 800.000 tonnes sa capacité de fabrication de papier journal et supprimer 552 emplois en Europe. Trois autres usines sont concernées : à Shotton au Royaume-Uni, Jämsänkoski et Kaukas en Finlande. A Grand-Couronne, seules la machine numéro 6 d’une capacité de 210.000 tonnes et la centrale biomasse seront conservées. Mais les conséquences pourraient dépasser le cadre du site et avoir un impact sur la filière de retraitement des vieux papiers dont l’usine est un des principaux débouchés dans le nord de la France.
Sur le site qui fut le théâtre d’un important conflit social dans les années 1980, le syndicat CGT s’est indigné de cette annonce qui devrait être détaillée au cours d’une réunion du Comité central d‘entreprise (CCE) le 27 novembre prochain. « Nous allons nous arcbouter contre cette décision qui jette à la rue des centaines de salariés uniquement pour favoriser des actionnaires », a déclaré Gérard Sénécal, délégué CGT. Le syndicaliste craint que la mesure ne conduise à terme à la fermeture pure et simple de l’usine. « Un tel site avec seulement 194 salariés n’est pas viable dans la durée », assure-t-il. Il rappelle que ce plan survient après un premier PSE qui a concerné 30 personnes en 2013. Gérard Sénécal qui qualifie la décision de « trahison » envers les équipes qui se sont investies dans les projets de l’usine assure que les salariés sont prêts à en « découdre ». Un arrêt de travail est programmé le 28 novembre dans l’après-midi avec l’organisation d’une assemblée générale consacrée à la réunion du CCE qui se sera tenue la veille.