C’est assez étonnant que la ville de Dunwich, en Grande-Bretagne, ne soit jamais évoquée en ce qui concerne l’histoire de Sainte-Adresse. Pourtant cette commune britannique a subi plusieurs fois, notamment au 14 e siècle, comme Sainte-Adresse, une inondation maritime qui recouvra ses églises… Dunwich est considérée comme l’Atlantide de Grande-Bretagne.
La légende, comme à Sainte-Adresse, veut qu’on entende parfois des cloches lors de certaines marées…
A la différence de Sainte-Adresse, des recherches archéologiques récentes semblent montrer qu’il reste des vestiges des édifices engloutis à Dunwich. Il reste, bien entendu, illusoire aujourd’hui de retrouver une trace sous la mer de l’ancien Saint-Denis-Chef-de-Caux (ancien nom de Sainte-Adresse)… Toutefois, en 1865, le célèbre Camille Flammarion, « à la grande marée basse de 1865″, en visite dans notre région, raconte : » un vieux pêcheur me conduisit à 1400 mètres environ du rivage, et me montra des fonds qui représentaient pour lui des vestiges de l’ancien pays, Saint-Denis-Chef-de-Caux, submergé par une tempête en 1372, longtemps avant l’existence du Havre. On appelle ces fonds le banc de l’Eclat et on croyait bien, en effet, y distinguer des ruines » ( mémoires d’un astronome, 1912, page 316 ).
La notion de village englouti près de la mer reste peu étudiée. De même l’existence de « plage sacrificielle » demeure quasiment sans aucune référence. On sera surpris à ce sujet d’apprendre dans notre région que, dans l’Antiquité, il exista des noyades rituelles sur le littoral de la Manche. Lors de la marée montante, une ou des victimes étaient destinées à mourir noyées. C’est assez sinistre mais cela a été rapporté en Frise. On ne sait pas très bien ce qui se passe dans la tête des humains mais, de mémoire, dans les années 2010 un faits-divers, passé inaperçu, consista en la mort par noyade, à la marée montante, dans une région française, de plusieurs chiens par un maître très cruel. On ne peut alors éviter de penser à ces croyances antiques, presque enfouies dans l’inconscient.
La pratique des noyades rituelles très anciennes existait en Italie et en Grèce. D’une certaine manière cela concerne un peu Le Havre. En effet, la traversée d’un fleuve était considérée là-bas par les Anciens comme un sacrilège et on tuait des humains pour calmer les dieux. Le caractère divin du cours d’eau résidait dans son courant et le fait de traverser, de couper celui-ci était une sorte d’offense au sacré… Rien ne dit que des personnes ne furent pas sacrifiées sur les bords de Seine !
N’y-a-t-il pas un caractère sacré, comparable dans la légende de cette tête de Saint-Denis qui fut tranchée à Paris pour parcourir toute la Seine et arriver à Sainte-Adresse ? De même, Sainte-Honorine dont le corps transporté par la Seine arriva à Graville, suivant la légende, n’est-elle pas, en quelque sorte, la prolongation (chrétienne) de ces sacrifices humains liés au fleuve ?
A mon père qui vit à Sainte-Adresse.
