(fil-fax 05/12/14)
Depuis son lancement en 2012, le Temps des collections valorise les collections des musées de la Ville de Rouen. Des œuvres souvent dispersées dans le parcours permanent sont ainsi réunies, exposées et rassemblées autour d’un thème. La scénographie et la mise en lumière de ces œuvres à (re)découvrir est confiée chaque année à une personnalité. La journaliste et ancienne directrice de France Culture, Laure Adler, relève cette année le défi. Sa subjectivité pour sélectionner les œuvres succède à celles toutes aussi parisiennes du couturier Christian Lacroix et de l’architecte d’intérieur Olivia Putman. L’invitée d’honneur, qui dans l’une de ses vies antérieures a soutenu une thèse d’histoire consacrée aux féministes du XIXème siècle, invite le visiteur à « une fête et à une réflexion sur le désir féminin ». « C’est avec une très grande humilité et une excitation certaine que j’ai accepté la proposition » du musée, confesse-t-elle. « Regardeuse » comme elle aime à se définir, elle a rassemblé tableaux et dessins où la mort et le deuil côtoient la volupté ou le licencieux. Le choix des œuvres est chronologique. L’interprétation est libre. Elle « déteste » les explications et les audio guides et préfère « rester dans le flou de mes sensations et de mes impressions ». Le thème “de la tentation à l’effroi“ relie néanmoins les œuvres entre elles. « De la tentation à l’effroi… une vieille histoire qui n’est pas terminée », confie-t-elle. La tentation est bien éternelle quand on observe cette Femme nue allongée peinte par Eugène Carriere, parti dans l’à côté en 1906. Une toile tout en clairs-obscurs divinement monochromes.
Six expositions
Au-delà de cette salle, Laure Adler a imaginé un parcours dans le musée mettant en valeur cinq autres collections plus hétéroclites. Il y a les dessins de Charles Maurin (1856-1914) et ceux beaucoup plus récents du Rouennais Gilles Marrey. Le Centre d’Art Contemporain de la Matmut à Saint-Pierre-de-Varengeville lui consacrera une exposition Le grand Salon Noir du 10 janvier au 29 mars 2015. L’inclassable Pierre Garcette avec ses “rébus d’art“ côtoie un peu plus loin les peintures d’un autre Rouennais partagé entre le fauvisme et le cubisme, Pierre Hodé. Enfin, au musée Le Secq des Tournelles, une vingtaine d’œuvres métalliques et inattendues dialoguent avec les collections permanentes. Elles sont signées du talentueux Vladimir Skoda.
• Le Temps des collections ouvert jusqu’au 18 mai 2015. Plein tarif 5€. Gratuit pour les moins de 26 ans.