Tandis que le 11 décembre au matin, une partie des élus stéphanais s'étaient retrouvés devant la préfecture de région avec d'autres élus communistes, des représentants syndicaux et associatifs et de simples citoyens pour défendre un service public de proximité, le soir même le conseil municipal se réunissait pour voter le budget de la commune avec l'ambition de consolider les actions déjà entreprises en faveur des habitants. Si les débats ont été riches et les échanges argumentés, l'ensemble des tendances politiques représentées au sein du conseil municipal se sont accordées à reconnaître que la politique d'austérité imposée par le gouvernement ne cessait de grever le budget des communes et limitait leur marge d'action. David Fontaine, au nom du groupe PS, a dénoncé lui-aussi cette orientation. « Nous préférerions que le gouvernement s'implique en faveur d'une vraie réforme fiscale, d'un plan de relance et d'une allocation d'autonomie pour la jeunesse. » Philippe Brière pour le groupe Saint-Étienne Vraiment à gauche soutenu par le NPA a lui aussi critiqué « les mesures anti-sociales du trio Hollande, Valls, Macron ». Et Michelle Ernis représentant les élus Droit de cité, mouvement Ensemble a confirmé que les communes étaient prises « en otage par les choix du gouvernement ».
Dans ce contexte d'unanimité sur les orientations de la politique gouvernementale, le premier adjoint, Joachim Moyse a souhaité développer à son tour le contexte dans lequel l'équipe municipale a dû constituer un budget de résistance. « La politique d'austérité mise en place par le gouvernement prolonge effectivement les effets de la crise. Le Premier ministre ne renonce pas à maintenir des prélèvements injustes sur les ménages tandis qu'il fait un cadeau de 40 milliards aux entreprises ». Et de regretter la liquidation de « la réforme fiscale qui devait s'appuyer sur une baisse de la TVA, un impôt sur le revenu progressif, une lutte contre l'évasion fiscale et une taxation des actifs financiers ». Joachim Moyse a ensuite rappelé que « l'impôt demeure l'outil essentiel contre les inégalités sociales. Un outil de solidarité et de cohésion sociale ». L'urgence demeure selon lui de préserver le service public qui est mis en danger par des suppressions de postes qui s'additionnent chaque année à l'échelle nationale et par une baisse du pouvoir d'achat des agents avec le gel du point d'indice effectif depuis 2010.
À l'échelle des services publics locaux, la baisse programmée des dotations de l'État de 11 milliards jusqu'en 2017 pèse comme une épée de Damoclès sur les collectivités locales qui sont parfois tentées voire obligées de transférer la gestion de certains services vers des entreprises privées. Sans oublier, la réforme territoriale qui présente des dangers pour les communes en les privant d'une partie de leurs compétences alors que « l'intercommunalité doit rester au service des communes ».
Malgré tout, le premier adjoint a défendu un budget consolidé qui s'appuie sur une gestion responsable et sérieuse afin d'assurer la continuité des engagements pris en 2014. Sur tous les fronts, la Ville entend maintenir son action en faveur de tous les Stéphanais dans des domaines aussi divers que l'enseignement, la formation, l'accès aux soins, l'aménagement urbain, l'action économique, l'accès à la culture et au sport ou encore l'intervention sociale pour les familles et les seniors.
Dans cette perspective, une augmentation de 3,5% de la fiscalité sur le foncier bâti et non bâti et sur la taxe d'habitation a été adoptée. Seuls les élus du groupe Saint-Étienne Vraiment à gauche ont voté contre au motif qu'ils n'acceptaient pas « de voter pour un budget qui ne remet pas en cause la dette illégitime imposée par les banques et qui accepte les transferts de compétence vers la métropole », a explique Philippe Brière. Dans le même temps, David Fontaine a rappelé, au nom du groupe PS, qu'il regrettait cette augmentation d'impôt. « 3,5%, c'est encore trop élevé pour les Stéphanais qui ont déjà subi de nombreuses hausses de taxation », imputées au gouvernement. Michelle Ernis, pour le groupe Droits de cité, Mouvement Ensemble a voté « pour la hausse des taux en pleine conscience car nous n'avons pas le choix ».
Joachim Moyse a alors précisé que cette décision s'appuie notamment sur une volonté de ne pas « rogner sur la masse salariale des agents qui s'engagent au service des habitants ». Hubert Wulfranc, le maire, a conclu en rappelant que selon lui « le pacte de confiance est rompu entre le gouvernement et les communes. Les crédits accordés aux grandes entreprises entretiennent un chantage libéral auquel nous serons confrontés au moins jusqu'en 2017. Néanmoins, il s'agit de résister pour mener une action singulière et résolument progressiste ».
Parallèlement au vote du budget, le conseil municipal réuni le 11 décembre a également adopté à l'unanimité un vœu exprimé en faveur de la défense de l'emploi à UPM-Chapelle Darblay. Hubert Wulfranc a rappelé que la direction de la société finlandaise a annoncé récemment sa volonté de mettre fin à l'activité de sa machine PM3 sur son site de Grand-Couronne. « Une décision qui porterait un coup dur à l'emploi avec potentiellement 196 emplois directs supprimés et une menace à court terme concernant l'existence même du site du production de Grand-Couronne.»
Dans un autre registre, le conseil municipal a voté une demande de subventions d'investissement dans l'attente des résultats de programmation du Nouveau programme national de renouvellement urbain. « Nous espérons être retenu dans ce cadre afin de poursuivre et d'accélérer la modernisation des équipements publics dans le périmètre qui pourrait relever de ce programme », a expliqué le maire Hubert Wulfranc. À l'horizon 2015-2016, ce vaste chantier engloberait à la fois des équipements communaux comme les écoles mais aussi le développement de zones d'activités, le soutien à des équipements culturels et sportifs.