(fil-fax 18/12/14)
Le conseil général de la Seine-Maritime a livré mercredi matin une séance passionnée lors de la dernière réunion de la mandature avant qu’une nouvelle assemblée ne revienne en mars sous le nom de “conseil départemental“. A trois mois de l’échéance, l’exécutif avait à cœur de montrer qu’il était bien en place. « Nous sommes au travail jusqu’au dernier moment » avait prévenu devant la presse le président du conseil général, Nicolas Rouly (PS). Au menu de la séance, le budget primitif 2015 d’un montant de 1.736 M€ en repli de 1,47% par rapport à 2013, la plus grande part (47,13%) étant consacrée comme chaque année au budget des solidarités (818,2 M€), le RSA, l’enfance, le handicap, l’autonomie, les personnes âgées. Un budget qui fait du Département de la Seine-Maritime la plus importante collectivité et l’un des premiers donneurs d’ordre public de Normandie. Sujet sensible, l’endettement de 1,25 milliards d’euros commence à se réduire de -10 M€ en 2014 après -5 M€ en 2013, et surtout la réduction des dotations de l’Etat, (-15 M€ en 2014) qui font converger les critiques de la droite et du PCF contre le gouvernement. Seule, le groupe d’opposition Alternance-76 (UMP, UDI, DVD) a voté contre le budget primitif. Comme au conseil régional, lundi, ou à la ville de Rouen, mercredi soir, les communistes se sont abstenus.
En ouverture de la réunion, il avait déjà fustigé « une véritable saignée pour les territoires, (…) ponction qui va contraindre les collectivités à baisser leurs investissements avec des conséquences, notamment sur les entreprises de BTP ». La droite envisage avec inquiétude la réforme territoriale encore en discussion au Parlement. « Les changements importants que notre collectivité va vivre et les moyens que nous pouvons raisonnablement envisager laissent entrevoir une année 2015 difficile » a prévenu, Pascal Martin (UDI), président d’Alternance-76. Interpellé par Nicolas Rouly sur l’absence de propositions, Pascal Martin a assuré qu’elles viendront avec la campagne pour les élections départementales, en mars prochain.
Sur un autre registre, mais en définitive sur un ton virulent, le communiste Sébastien Jumel n’a pas épargné la présidence socialiste sur la question des recettes en l’appelant « à lutter plus fortement contre l’asphyxie financière décidée par l’Etat ». Ce budget porte « parce que le Département la subit, l’austérité qui fait mal, inefficace économiquement et injuste socialement », a expliqué l’élu dieppois, critique sur les recettes, mais favorable sur le volet dépenses, « car il porte mieux l’empreinte des élus communistes ».
Une verve qui passe mal
La gauche départementale a vécu la dernière séance de la mandature, dans une atmosphère troublée. On savait que le conseiller général socialiste du canton de Saint-Valéry-en Caux, Jacky Helloury, avait quitté le groupe PS pour rejoindre celui des communistes, façon de manifester son désaccord avec le gouvernement. Ce “Frondeur“ départemental a été suivi par Bruno Thune, élu socialiste du canton de Cany-Barville. Sébastien Jumel ne boudait pas son plaisir de souligner « la capacité de rassemblement » des élus communistes en ajoutant que « ce mouvement en appelle d’autres ».
L’attaque s’est doublée d’une violente sortie contre la carte des nouvelles zones urbaines de la politique de la ville où la seule présence de Rouen, Petit-Quevilly, Cléon en Seine-Maritime a fait douter M. Jumel de la « République irréprochable. Faut-il avoir sa carte au Parti socialiste pour que les populations fragiles soient reconnues, écoutées, respectées ? » s’est interrogé M. Jumel. Une mise en cause qui a fait réagir la socialiste Nadia Mezrar, élue de l’agglomération d’Elbeuf, rappelant les besoins particuliers de Cléon et refusant les leçons de solidarité des élus communistes.