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C’est une première en France. Après plusieurs réunions et discussions avec des syndiqués de différents centres d’appels, une intersyndicale a été créée regroupant la CFDT, SUD, la CGT, CFTC ET FO. Celle-ci a appelé les salariés de tous les centres d’appels en France à cesser le travail hier après-midi durant une heure. Ainsi, à Saint-Etienne du Rouvray et à Petit-Couronne, sur les deux sites du groupe Acticall, ce sont plusieurs dizaines de salariés sur les quelques 850 en poste qui ont débrayé mardi de 14 h à 15 h. « Nous sommes mécontents » expliquait Yanis Aubert, le secrétaire adjoint de l’Union départementale FO, venu défendre et médiatiser ce ras le bol des salariés face « la dégradation de leur situation et de leurs conditions de travail ». Nicolas et Julien, tous les deux conseillers client ne pouvaient qu’adhérer à ces revendications. « Il faut que ça bouge ! L’exercice du métier de Téléconseiller exige des compétences de plus en plus poussées, pourtant, celles-ci ne sont pas reconnues puisque es salariés restent encore et toujours au SMIC. De plus, non contents de « sous-payer » leurs salarié, dont la majorité sont des femmes qui travaillent à temps partiel, les patrons du secteur n’hésitent plus, afin d’augmenter les gains de productivité, à mettre en péril les conditions de travail de leurs salariés, et à bafouer le Code du travail et la convention collective. Certains n’hésitent plus à « magouiller » sur les temps de pauses de leurs salariés. Ainsi, alors que la convention collective prévoit « une période de temporisation entre chaque appel » période durant laquelle aucun appel ne peut arriver, et qui permet au salarié de souffler et de se préparer au dossier suivant, les patrons interviennent de façon délibérée sur les systèmes informatiques, afin de supprimer cette temporisation. Ce non-respect de la temporisation permet ainsi de prendre plus d’appels avec moins de salariés, et d’augmenter encore la marge des entreprises, quitte à mettre en péril la santé des téléconseillers ». Dans ses revendications, l’intersyndicale réclame une augmentation immédiate des salaires, l’instauration d’une pause rémunérée de 5 minutes par heure travaillée, le rétablissement immédiat de la temporisation « 10 secondes entre chaque appel », la renégociation de l’accord formation afin de permettre aux salariés d’améliorer leurs compétences, et de pouvoir ainsi prétendre à un déroulement de carrière ainsi que l’ouverture immédiate de la négociation « prévoyance » afin de permettre de garantir les accidents de la vie des salariés des centres d’appels (maladie, invalidité, décès).