Une décision sera prise en janvier : Le pont Mathilde pourrait être réparé d’ici 18 mois

(fil-fax 18/12/12)

La réparation du pont Mathilde à Rouen, rendu impraticable par l’incendie d’un camion d’essence le 29 octobre dernier, pourrait prendre plus de 18 mois avant une remise en circulation, en prenant en compte les études et procédures, la réparation proprement dite devant durer entre 52 et 55 semaines. La facture du seul chantier est pour l’instant évaluée entre 7,5 M€ et 15 M€, selon les options que choisira le Département de la Seine-Maritime, propriétaire de l’ouvrage ouvert en 1979 après trois ans de chantier, alors sous la conduite de l’Etat. Une décision devrait intervenir d’ici la fin janvier 2013 qui sera jointe à la possibilité de rouvrir le pont provisoirement et partiellement à la circulation de véhicules légers de moins de 3,5 tonnes en attendant la phase finale du chantier de reconstruction.

Le président du conseil général, Didier Marie (PS) a ainsi brossé lundi devant la presse le tableau d’une opération qui s’avère extrêmement complexe en raison de la violence de l’incendie et des caractéristiques de l’ouvrage. Le pont Mathilde a bien été « proche de la rupture » en cette fin de matinée du 29 octobre alors que la chaleur au cœur du sinistre atteignait les 700 à 1.000 °C, explique Jean-Pierre Lucas, directeur général adjoint des services du Département. En cause, la poutre aval de la travée métallique qui a subit des déformations de 4 cm là où la norme est de 3 mm. Le tablier est déformé sur 35 mètres sur la partie amont et de 80 mètres sur la partie aval. Le tablier n’est pas seulement posé sur les piles de béton. De la rive droite à la rive gauche en passant par l’île Lacroix, le pont Mathilde est « une succession d’ouvrages complexes » qui sont assemblés les uns aux autres. « Si nous retirons une pièce, quelles seront les conséquences sur l’ensemble » interroge Jean-Pierre Lucas alors qu’il va falloir choisir une des trois options de remise en état : reconstruire intégralement une travée neuve, démonter la travée endommagée et la réparer, ou encore réparer sur place la travée sans la déplacer. « La cinématique de réparation doit tenir compte de la cinématique de construction », explique Jean-Pierre Lucas qui, dès le lendemain de l’incendie, est parti à la recherche des documents, des concepteurs, des ingénieurs qui ont participé à la construction du pont. Car en presque quarante ans, depuis les premières études jusqu’à aujourd’hui, les techniques de construction ont évolué. Même si le pont Mathilde était exceptionnel pour l’époque. C’est en effet la première fois que les éléments étaient assemblés au moyen de soudure pour des portées de plus de 100 mètres. Auparavant, l’assemblage se faisait par rivetage. Les photos personnelles d’ingénieurs aujourd’hui à la retraite, ont été ressorties. Les 700 pages de notes de calcul alors manuscrites ont été totalement reprises sur un programme informatique.

Le comité d’experts présidé par une ingénieure générale mise à disposition par l’Etat devrait donner son avis à la fin janvier. Restera alors au département maître d’ouvrage à prendre une décision sur l’option choisie pour la reconstruction, à lancer les appels d’offres et à constituer un tour de table financier auquel devraient participer la CREA, la région de Haute-Normandie.

Etienne Banzet

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