Un convoyeur de fonds a été blessé par arme à feu, lundi 18 février, près de Rouen. (Photo : Briac Trébert)
Le quartier a retrouvé, mardi 19 février, une certaine tranquillité. Apparente…
Les riverains du chemin de Clères, à Bois-Guillaume, ne sont en effet pas prêts d’oublier l’attaque d’un fourgon blindé de la société de transports de fonds Loomis survenue lundi 18 février en début d’après-midi (les faits, en direct). Les véhicules incriminés, incendiés, ont été dégagés en fin de journée, lundi. La circulation, elle, n’a été rouverte que dans la nuit.
« J’ai été me cacher dans la chambre et j’ai appelé la police »
« Vers 14h15, mon mari est sorti à l’extérieur de la maison. ll a vu un camion stationné (Ndlr : sur un parking de l’allée Clair Vallon), raconte une habitante. Il y avait deux personnes à bord. L’une d’elles a essayé de se cacher ».
Quinze minutes plus tard, les braqueurs attaquaient le fourgon blindé, dévié volontairement chemin de Clères.
« J’étais au dernier étage de la maison. Je regardais la télévision, raconte cette trentenaire. J’ai entendu un choc, comme un accident de voiture. Je suis sorti sur le balcon et j’ai vu deux hommes, déguisés en policiers, avec des carabines (Ndlr : des fusils d’assaut). Je n’ai pas compris ce qu’il se passait. J’étais toute seule. Ma fille dormait. J’ai été me cacher dans ma chambre, et j’ai appelé la police.»
« Il y a eu 20 ou 30 coups de feu »
Elle n’est sortie de son appartement que plus tard, seulement lorsque la zone fut sécurisée par les forces de l’ordre. « Il y a eu un quart d’heure de tirs. C’était violent, poursuit-elle, encore sous le choc. Nous sommes sidérés ! Tout le monde est terrorisé. »
Les policiers du Service régional de la police judiciaire de Rouen sont chargés de l'enquête et interrogent les riverains, depuis lundi après-midi.
Sur 76actu, Pascal évoquait dès lundi « cette fusillade ». « J’habite juste à coté. Elle a duré plusieurs minutes. 20 à 30 coups de feux ont été tirés », écrivait-il.
« Je me suis même couché par terre après la déflagration. La fusillade à duré longtemps, en deux temps, vraiment impressionnant, comme un acte de guerre », poursuit un autre témoin.
Cette septuagénaire, aussi, a vu et entendu toute la scène. Mais elle n’a pas la force de témoigner, simplement de nous indiquer qu’elle a cru qu’un film d’action se tournait dans le secteur :
« Vous savez, on a connu la guerre à la rue du Gros-Horloge, à Rouen. Alors, la peur…»
Yvon, lui, a eu « la frousse de sa vie ». Encore en pyjama ce mardi matin, il raconte, lui aussi : « On a entendu un gros boum, répète-t-il. C’était assez puissant. Nous sommes montés à l’étage. J’ai vu de la fumée. Puis des policiers armés de boucliers sont arrivés. Les braqueurs ont pris la fuite en voiture. Si ça anime le quartier, il ne faudrait pas que ça se reproduise trop souvent ! », ironise-t-il.
« J’ai vu quatre hommes, dès dimanche, et j’ai appelé la police »
Une habitante pense avoir remarqué la présence d’individus suspects, dimanche, la veille de l’attaque : « Je rentrais chez moi en voiture. Il y avait quatre hommes devant le portail de mon habitation. Ils avaient des bonnets et une écharpe qui masquaient leur visage. Ils portaient un blouson noir. Vers 17 heures, un peu après, j’ai alerté la police pour leur signifier ce comportement étrange. J’avais pensé à des cambrioleurs en repérage ». On lui a répondu qu’il était « trop tard » pour se déplacer, car les individus devaient déjà être loin…
Écoutez le témoignage recueilli par Julien Sureau :