Billet. “J’ai testé les poils à la piscine, au Havre” !

« Toutes ces bourgeoises qui s'épilent, Ça m'rase ça m'barbe ça m'horripile, Dans un monde aseptisé, j'suis poilitiquement incorrect. » Paroles de Java.

« Toutes ces bourgeoises qui s'épilent, Ça m'rase ça m'barbe ça m'horripile, Dans un monde aseptisé, j'suis poilitiquement incorrect. » Paroles de Java. (Illustration : Fotolia)


Patatras, la vérité éclate. Pour moi, ça s’est passé à la piscine, au Havre. C’était un de ces matins où rien n’est impossible. En parfaite mère de famille, responsable et dévouée, en ce premier jour de week-end, je décrète : « Fiston,  habille-toi. On va à la piscine ! » Parce que, je suis comme ça moi, spontanée ! Trop spontanée parfois…
Arrivée à la piscine, dans les vestiaires, je dévoile la Muriel Hermine qui est en moi en revêtant ma tenue de sirène aquatique. C’est au moment de me rendre à la douche que je réalise avec horreur que c’est plutôt un Demis Roussos qui sommeille en moi à cet instant précis ! Diantre ! Ce ne sont pas des poils que je vois là, sur mes guibolles diaphanes, ce ne sont ni plus ni moins que des dreadlocks !
Enfer et damnation, j’ai zappé la donnée pileuse, qui, en période hivernale, me taraude moins que l’été. Et me voilà livrée, quasi nue, à la faune humaine parfaite qui fréquente les piscines du week-end et qui ne pourra pas omettre de remarquer cette toison disgracieuse qui jalonne les piliers de ma personne.
Que faire ? Retourner aux vestiaires pour annuler le bal des brasses ? Impossible sous peine de voir la descendance se jeter tête la première, de désespoir, dans le premier bassin venu. Non, voilà, il faut assumer, tenter de masquer l’imposture, l’imperfection qui est la mienne. Bref, gérer la situation.

La serviette orange…

Idée me prend d’avoir recours à un léger subterfuge… Je retourne fissa à mon vestiaire et attrape la longue serviette orange fluo (histoire de rester discrète…) et la porte autour de moi, comme un pagne. Attitude très naturelle au demeurant, d’autant que j’ai les deux bras vissés au corps, puisque, il faut que je le précise, ma négligence pileuse va jusque sous les aisselles….
Arrivée au bord du bassin, tandis que la descendance barbote déjà joyeusement, je m’apprête à me glisser dans un mouvement d’ores et déjà étudié, consistant à lever la serviette orange au fur et à mesure que mes crayons poilus entrent dans le bassin, quand, comble de la « loose », on me hèle quelque part. Double enfer et damnation, ce couple d’amis parfaits – dont l’homme ne cherche pas à cacher sa pilosité – , qui a choisi lui aussi d’aller à la piscine ce matin-là… Je décolle mon avant-bras droit du corps pour un « coucou » poli (et poilu). J’entre enfin dans l’eau comme prévu en jouant de la serviette fluo et passerai cette séance de piscine avec uniquement la tête hors de l’eau, telle la femme tronc d’un remake de Freaks.
Décidément, être une femme, est une affaire de chaque instant. Je le remarquais plus précisément ce matin-là.

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