Rouen. “Ma voiture a servi à l’attaque du fourgon blindé”

Deux convoyeurs de fonds de la société Loomis ont été blessés, lundi 18 février, alors qu'ils se rendaient à la Banque de France, située en centre-ville de Rouen.

Deux convoyeurs de fonds de la société Loomis ont été blessés, lundi 18 février, alors qu'ils se rendaient à la Banque de France, située en centre-ville de Rouen.


Où en est l’enquête menée depuis le braquage du fourgon blindé Loomis, lundi 18 février 2013, à Bois-Guillaume, aux portes de Rouen ? Depuis l’appel à témoins lancé jeudi 21 février dans la soirée par le Service régional de police judiciaire (SRPJ), aucune information ne filtre.
Une semaine après les faits, les enquêteurs du SRPJ, aidés de l’Office central de lutte contre la criminalité organisée (OCLCO) sont retournés sur les lieux pour refaire une enquête de voisinage. Ils ont interrogé un à un les automobilistes qui empruntent le secteur.
Ce jour-là, plusieurs millions d’euros allaient être déposés à la Banque de France de Rouen. Les malfaiteurs, qui n’ont pas hésité à utiliser des armes lourdes (des dizaines de douilles ont été retrouvées), sont finalement repartis sans un centime. Quant aux deux convoyeurs de fonds, blessés au cours du braquage, ils sont sortis de l’hôpital.

Une attaque minutieusement préparée

Le commando, composé de cinq membres, selon nos informations, n’avait visiblement pas imaginé que les convoyeurs feraient usage de leurs armes.
Ils avaient pourtant minutieusement préparé l’attaque, lundi 18 février, à 14h25 précisément, chemin de Clères, à Bois-Guillaume. Le camion plateau – qui avait été « aménagé » afin de pouvoir perforer le fourgon – avait été dérobé quelques semaines auparavant. Déguisés en policiers, ils ont mis en place des déviations, en amont, pour « coincer » le fourgon. Sur 76actu, une voisine, elle, affirme avoir vu des individus suspects, en repérage, la veille.
À proximité des lieux de l’attaque, dans une forêt, trois véhicules volés ont été retrouvés calcinés, dont une Renault Scenic. Elle appartenait à Pierre, 41 ans. Il témoigne, pour 76actu.

« Quand ma femme m’a appelé le vendredi 1er février en fin de journée pour me dire qu’elle ne retrouvait pas notre voiture – une Renault Grand Scenic 2 litres DCI gris métallisé – qu’elle avait garée boulevard du Général de Gaulle, à Dieppe, en face de son lieu de travail, je lui ai demandé si elle en était bien certaine. Elle a cherché sur les parkings alentours, là où il lui arrive de se garer, mais rien… Alors, elle est rentrée à pied.
Nous avons déposé plainte pour vol le lendemain au commissariat de Dieppe. Lundi 4 février, quand nous avons appris par les médias que Xavier Dupont de Ligonnes avait été reconnu durant le week-end à Dieppe, on s’est dit en plaisantant : “Si ça se trouve, c’est lui !”

« J’ai eu droit à un prélèvement ADN »

Plus tard, quand le journal local Les Informations dieppoises a écrit que deux Citroën volées à Dieppe durant l’été 2012 avaient participé à l’attaque, on s’est à nouveau fait la même réflexion : “Si ça se trouve…” Et, effectivement, le 28 février, dix jours tout de même après les faits, un lieutenant du SRPJ de Rouen a appelé ma femme pour lui dire que notre voiture avait participé à “une grosse infraction près de Rouen et qu’elle avait été retrouvée en partie calcinée”.  Le policier lui a aimablement demandé de détailler ce qu’il y avait dans la voiture : GPS, sièges pour enfants, lunettes, etc. et lui a dit qu’il reprendrait contact.
Cette semaine, un enquêteur de la PJ de Rouen m’a auditionné au commissariat de Dieppe. Il m’a fait un prélèvement ADN par test salivaire. Probablement pour le comparer avec d’éventuels échantillons prélevés dans la voiture dont l’intérieur n’a été que partiellement calciné. Apparemment, la police est arrivée suffisamment rapidement sur place pour éteindre le feu.

« Un grand sac plastique et des clous »

Il y avait aussi divers objets qui ne m’appartenaient pas : un grand sac plastique et des clous tripodes notamment (Ndlr : après l’attaque, les malfaiteurs avaient dispersé des clous sur la route). Le policier m’a dit que ma voiture était arrivée sur le lieu du braquage, en était repartie, mais sans préciser à quoi elle avait servi exactement. Mais il a ajouté qu’un Grand Scenic de 150 chevaux, avec un grand coffre, n’avait certainement pas été choisi par hasard… Il faut dire aussi que pour se fondre dans la circulation, avec plusieurs millions d’euros, il n’y a rien de tel.
Pour nous, cette histoire n’est toujours pas terminée puisque Direct Assurance, qui est parfaitement au courant de l’histoire et qui nous a d’ailleurs indemnisés depuis, continue de nous prélever le montant mensuel de notre assurance au prétexte que leur expert n’a pas pu voir la voiture ! Et pour cause, elle est sous scellés… »

Articles créés 11333

Articles similaires

Commencez à saisir votre recherche ci-dessus et pressez Entrée pour rechercher. ESC pour annuler.

Retour en haut