Discours au banquet des communistes de l’agglomération havraise

banquetpcf2013.jpgChers camarades, chers amis,

Avant toute chose, laissez-moi vous dire tout mon plaisir de vous accueillir ici au banquet du Parti Communiste de la région Havraise. Celui-ci, pour sa 3ème édition, prend de plus en plus d’importance et c’est un moment, je le sais, apprécié par vous tous. C’est aussi un rendez-vous important dans notre bataille contre l’austérité.

Alors oui, il y a urgence à réagir et faire réagir !

Il y a urgence à redonner de la couleur à la gauche !
Et ce qui importe pour nous, c’est de gagner la bataille du changement et porter une alternative à l’austérité.

Et autant le dire, l’enjeu est de taille.

La situation du pays et de l’Europe empire de jour en jour, alors que la bourse se porte toujours aussi bien, voire même très bien.

Et pendant ce temps, les français, eux, vivent de plus en plus mal.
Le chômage explose, la précarité devient la règle dans tous les secteurs de la vie,
la pauvreté s’accroît, le mal logement devient la norme et les problèmes d’accès aux soins se multiplient.

C’est le quotidien d’un bon nombre de Français et les Havrais n’y échappent pas :
je pourrais vous faire un inventaire à la Prévert de toutes celles et ceux que je rencontre dans nos quartiers, salarié, retraité, étudiant, pour qui la fin du mois arrive le 15 et qui n’ont d’autres choix que de se nourrir à l’aide de colis alimentaire et qui tombe dans la spirale du surendettement…
Comme cette femme avec 5 enfants qui cumulait deux emplois jour et nuit pour s’acheter sa maison et est aujourd’hui a la rue alors qu’elle doit encore payer 7 ans de crédit malgré la vente de sa maison, elle est tombée malade, la médecine du travail lui a interdit de reprendre une activité, ses ressources de 700 euros ne lui permettent même plus de survivre…

                                                         ***

Nous payons tous très cher aujourd’hui 10 ans de politique de droite où l’austérité a été le seul objectif du pouvoir.


Et pourtant si la droite a été chassée du pouvoir au printemps dernier et nous, avec le Front de Gauche, y avons largement contribué, les choix actuels du gouvernement socialiste en matière économique et sociale ne vont pas dans le bon sens.


La gauche ne peut avoir comme projet d’imposer l’austérité, sous peine que les conséquences sur la vie des français risquent d’être dramatiques, irréversibles.
La démonstration de ce que nous disons depuis des mois est malheureusement en train d’être faite : l’austérité ne résorbe pas les déficits, mais elle enrichit les riches et appauvrit le peuple. Et les conséquences du choix de l’austérité en Europe se feront sentir à long terme et pourront avoir de graves conséquences nous prédisent des économistes du FMI… Et ils ajoutent même que les pare-feu ne serviront à rien si l’on jette de l’huile sur le feu, ainsi que l’Europe semble vouloir le faire : il n’existe pas d’exemple d’une économie qui ait redémarré suite à la mise en œuvre de politiques d’austérité.


C’est ainsi que le bien le plus précieux d’une société, son capital humain, est gaspillé. Le chômage des jeunes est à un niveau inacceptable.
Dans certains quartiers de notre ville, comme tant d’autres villes, il approche ou dépasse 50% ;
Et non ! les souffrances qui pèsent sur les jeunes, premières victimes de ces politiques-là , et sur tous nos concitoyens ne sont pas nécessaires.


Rajouter des cadeaux aux grandes entreprises en matière de fiscalité ou de compétitivité sans aucune contrepartie, ne sert pas l’emploi. Ils servent seulement les actionnaires.

Il y a donc urgence à changer de cap pour une politique de gauche porteuse de progrès social, d’avancées démocratiques.
C’est le seul objectif qui nous guide car il existe une alternative à l’austérité.


Alors c’est vrai ce n’est pas le sens donné par l’accord minoritaire baptisé abusivement « sécurisation de l’emploi » qui est en réalité une grave récession sociale.
La gauche quand elle se proclame de gauche est attendue sur la défense des opprimés, pour une meilleure protection pour les salariés par le biais du code du travail.


Cet accord, c’est la casse en règle du code du travail et du modèle social français que des femmes et des hommes progressistes, aux côtés des mouvements sociaux, avait réussi à arracher au patronat au cours des décennies.

Mais voilà…Parisot a eu 20 milliards et risque d’imposer l’ANI.
Et le salariat lui, n’a pas vu augmenter son salaire, pire son pouvoir d’achat diminue de jour en jour et il est menacé de recul grave du droit du travail.
Il faut affronter et combattre le chantage éhonté a l’emploi de Parisot. C’est simple : il faut augmenter les salaires et les retraites et baisser les dividendes des actionnaires.
Il faut contrôler les licenciements, pas les faciliter.
Il faut donner plus de pouvoirs aux salaries, pas en supprimer. Il faut sécuriser l’emploi et la formation pas les précariser…

Ce texte est très dangereux, il nous faut lutter contre ce projet.
Avec d’autres, nous allons mener une grande campagne de décryptage et d’explications pour aider à la prise de conscience par tous, pour tous !
La mobilisation de mardi dernier est un point d’appui et nous devons travailler à l’amplifier pour que le gouvernement réagisse et affronte enfin la finance, comme promis !

Car enfin les 20 milliards de cadeaux aux entreprises, sans aucune contrepartie, s’ajoutant aux 175 n’a en aucun cas freiné les velléités du patronat de poursuivre la casse de notre industrie.
L’obsession gouvernementale avec comme seul objectif la compétitivité a montré son échec pour le maintien de l’emploi. Florange, PSA, Renault, Petroplus, Fralib, et j’en passe, rien n’a été fait pour contrecarrer les plans des rapaces de la finance.


Au Havre, la situation n’est pas meilleure, le chômage atteint un taux sans précédent : + de 12% (bien plus élevé que la moyenne nationale)
Et pour cause : Total baisse ses capacités de raffinage ; Aircelle veut délocaliser une partie de sa production alors même que l’usine de Gonfreville l’Orcher n’est pas utilisée à son maximum ; quant à Sandouville on ne peut qu’être inquiet pour ce site à l’annonce des 8000 suppressions d’emplois dans ce groupe.
Oui il faut défendre l’industrie havraise !
La grande tromperie du moment, c’est d’affirmer que l’industrie décline à cause de la crise et qu’il faudrait donc faire des sacrifices…jeu auquel . La vérité est exactement l’inverse.
Les causes premières de la crise sont le déclin de l’industrie, le choix de la finance contre l’industrie, les choix des rendements financiers contre la qualification et l’investissement productif.
L’urgence, c’est d’arrêter l’hémorragie d’emplois industriels parce qu’un pays sans usine est un pays sans avenir.

Il faut mettre un coup d’arrêt aux prédateurs financiers et faire le choix de l’humain et non celui de la finance qui nous entraîne inexorablement vers la récession ….

Et permettez-moi en tant que Conseillère générale et conseillère municipale d’évoquer rapidement les conséquences néfastes de l’austérité sur les collectivités territoriales. Etranglées financièrement, celles-ci sont contraintes d’appliquer les politiques d’austérité qui empêchent aujourd’hui d’agir au service du développement de nos territoires et des populations qui y vivent.
On le voit au Conseil Général où le budget de la prévention spécialisée a été réduit de moitié. En cette période de crise, tout le monde voit bien l’importance de maintenir une présence au cœur des quartiers pour accompagner les familles.

Les choix de la municipalité de droite ne sont pas en mesure d’améliorer la vie des havrais, tout simplement parce que son maire et aussi député et dirigeant de l’UMP a initié et demande une politique qui veut toujours plus d’austérité.
Le Havre d’aujourd’hui c’est une ville qui se vide de ses habitants

Le Havre d’aujourd’hui c’est une ville en panne d’emplois pour sa population

Le Havre d’aujourd’hui c’est une ville avec des retards en matière de formation professionnelles ou des formations inadaptées à notre bassin d’emploi qui ont eu pour conséquences que les chantiers et les emplois qui y étaient lies passent sous le nez des havrais.

Le Havre d’aujourd’hui c’est une ville où la vie est chère.

Le Havre aujourd’hui, c’est la politique de l’augmentation du prix du transport qui fait du Havre une des villes où le transport en commun est le plus cher de France, alors que le tramway qui a été programmé tardivement et dont aucune nouvelle étape n’est programmée, et qui, par ailleurs, n’a pas été utilisé pour améliorer le réseau de bus. D’ailleurs, des pétitions d’usagers se multiplient au Havre, comme dans d’autres communes. Même Edouard PHILIPPE est obligé de reconnaître que le réseau bus n’a pas été bien pensé, mais il veut des mois pour réfléchir !!

Le Havre aujourd’hui c’est une politique du logement qui ne correspond pas aux besoins de sa population avec des loyers trop élevés, de l’accession à la propriété qui se transforme en cauchemar plongeant des dizaines de familles dans la difficulté.


Le Havre aujourd’hui, c’est le triste record de fermetures d’écoles par la droite : 17 fermetures en 15 ans, c’est la disparition de la scolarisation a deux ans des enfants, et avec à la clef des usines éducatives….avec 15, 20 classes, dans une même structure pour…. plus de rentabilité….toujours le même leitmotiv à droite…


Le Havre c’est une belle ville ! Oui nous en avons toujours été convaincu mais, avec cette municipalité, sans aucun projet de vie en son cœur pour tous les Havrais !
Non comme l’a rêvé la droite, exclure les classes moyennes et populaires n’est pas sa hauteur.

Alors Il est temps de changer, de rompre avec la politique de droite à la mairie. Il faut une ville qui fait le choix du développement, qui soit un rempart à l’austérité et à la récession. En bref, une ville à vivre.


Le Havre est un atout pour la France ! Il nous faut être à l’offensive pour que notre région havraise prenne toute sa place dans le XXIe siècle, à quelques années du 500ème anniversaire et des formidables atouts qui se sont construits dans les années 70 et 80 grâce à ses travailleurs, à leurs savoir-faire, aux outils industriels dont nous disposons !

Et Le Havre de demain doit placer la démocratie comme préalable à tout projet. Rien ne peut se faire sans les Havrais.

Il faut s’appuyer sur l’intelligence des Havraises et des Havrais, sur leur connaissance des quartiers pour construire avec eux l’avenir de leur ville.

Le Havre de demain, c’est une volonté politique de construire de grands projets industriels et d’activités.
Or, la région havraise a conquis l’assemblage d’éoliennes, on s’en réjouit. En même temps le silence du maire et des députés havrais est inacceptable, face aux 1000 emplois directs supprimés chez Renault, soit 2000 avec les sous-traitants, alors que les profits sont au beau fixe. Il en est de même pour la fermeture prématurée d’une tranche de la centrale thermique EDF sans qu’il y ait la moindre évocation d’un projet alternatif de production d’énergie propre et combien d’autres suppressions d’emplois dans les services, dans les PME.

Le Havre n’a pas besoin de moins d’activité, mais au contraire, de consolidation et de créations d’emplois, utiles au redressement du pays.

Le Havre de demain, c’est des logements accessibles à tous avec une véritable politique de logement adapté aux besoins dans un cadre de vie agréable.

Le Havre de demain, c’est l’accès à la culture et au sport pour tous avec des projets ambitieux.
Le Havre de demain, ce sont des transports adaptés aux besoins, et aux moyens des havraises et des havrais avec une tarification sociale partout sur notre ville et dans l’agglomération.

Le Havre de demain, c’est un développement portuaire accompagné des infrastructures nécessaire au développement de notre cité qui préserve des mauvais coups portés par la construction européenne et la mondialisation de la finance.

Et c’est en travaillant avec les havrais et les havraises que nous rendrons possible ce projet.
Il faut s’appuyer sur le peuple du Havre pour construire avec lui le monde de demain. Nous avons la responsabilité et le devoir de rassembler les havrais autour d’un projet alternatif puissant dans tout ce qui fait la force de notre ville. Le choix des communistes a toujours été celui du rassemblement et de l’union face à toutes les tentatives de divisions. Et cela jusqu’au bout, puisque les communistes, eux, sont d’abord des rassembleurs, ici au Havre, comme dans le tout département, la région et le pays.

Nous avons l’ambition de rassembler l’ensemble du peuple de gauche, le Front de Gauche, toute la gauche havraise, tous les progressistes pour une ville solidaire, ouverte et fraternelle.

Il faut confronter, partager, proposer pour répondre aux attentes de nos concitoyens pour qu’enfin la droite quitte la mairie et que Le Havre devienne une ville à vivre.

Portons l’espoir d’une ville fidèle à elle-même, pour qu’enfin, chacun y trouve sa place.

Que 2013 soit l’année du rassemblement autour d’un vrai projet de Gauche pour Le Havre, les havraises et les Havrais, pour faire du Havre une ville à vivre et à rêver !

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