Bientôt 11 mois que le chantier de construction d’un immeuble en lieu et place de l’Institution Rey, à proximité de la gare, a fragilisé de manière certaine l’aqueduc souterrain de la source Gaalor, pourtant bien identifié et localisé qui se retrouve avoir été bétonné sur presque une centaine de mètres. Résultat, une source qui se retrouve déviée sans que l’on sache vraiment comment l’eau s’écoule en sous sol, tandis qu’en surface, les riverains constatent jour après jour l’étendue de dégâts que l’on a encore peine à mesurer : fissures plus ou moins profondes, affaissement des chaussées… qui ont conduit à la fermeture de la rue verte, et à l’étayage d’un hôtel bien connu de la place.
Un combat inégal, un peu comme celui du pot de terre contre le pot de fer, puisque l’entreprise de construction ayant pignon sur rue conduisant le chantier ne semble pas avoir bougé, se réfugiant derrière une expertise qui n’a pas été rendue. On imagine déjà la lenteur de la réponse, la dîte société soutraitant à bon nombre d’autres sociétés annexes, les méandres des suites judiciaires, et les appels qui ne manqueront pas d’en découler cherchant à reporter la faute, au grand dam des riverains qui verrons eux leurs immeubles sinistrés, à l’instar de ce qu’il se passe déjà depuis plusieurs années rue de Lemery.
Comme beaucoup de Rouennais, il nous avait semblé que la Crea, responsable de la gestion de l’eau sur l’agglomération, s’était saisie de l’ampleur du problème, et avait décidé d’anticiper les travaux de remise en état, puis de se faire rembourser par la société responsable du sinistre. Quelle n’a pas été notre surprise d’entendre le Maire de Rouen nous dire « qu’à ce jour encore, la source était toujours bouchée », et dans le Paris Normandie de ce jour, de lire que « la Crea, dans l’attente de la procédure judiciaire en cours, n’engagera pas de dépenses alors qu’elle n’est pas sûre d’être remboursée »….
Certes la ville et l’agglomération ne sont pas propriétaires des sous sols des immeubles et donc des « tantièmes » de l’acqueduc de Gaalor, pour autant, la situation risque de s’aggraver encore plus, et cette fois-ci dans des proportions qui dépasseraient celles de la rue de Lemery, que ce soit en nombre d’habitants, de commerces, mais aussi de noeud vital pour notre agglomération de par la proximité de la gare et du traffic qui en découle.
Alors peut-on rester impuissant face à un fait du prince qui voit une résidence se construire, alors qu’autour les désagréments ne font que s’aggraver ?
Par sa gestion des permis de construire, la Ville a un moyen de levier important face aux promoteurs : dans une bien moindre mesure, nous nous souviendrons de l’épisode des innondations répétées au Crédit Municipal causées par la Société Kaufmann et Broad. Un courrier bien placé par le Maire d’alors piqué au vif par un de nos billets l’avait poussé à réagir. Qui sait ce que pourrait répondre la société Bouygues dès lors qu’elle pourrait être là aussi « fortement sollicitée » par la Ville de Rouen et par l’Agglomération?
A ceux qui se réfugieraient derrière une certaine prudence, certes légitime, on rappellera au passage que ce sont d’abord les citoyens qui élisent le maire et dans une moindre mesure le Président de la Crea…