Grand-Couronne – Visite des repreneurs Pétroplus.

Les quatre mousquetaires n’étaient que trois.

Le syndicat de la raffinerie Pétroplus l’avait promis, elle a réuni hier matin des hommes politiques du Front de gauche ainsi que trois des quatre prétendants à la reprise du site. Manquait à l’appel Mabrouck Jomode Elie Getty représentant Murzuk Oil, rentré dès cette nuit en Lybie pour rassembler de nouvelles preuves de son crédit suite à une lettre reçue de la part du liquidateur judiciaire estimant que son dossier n’est pas complet. En outre, suite au communiqué de « mise au point » du préfet Pierre-Henry Maccioni (notre édition d’hier), le libyen a fait savoir par message  « qu’il était sidéré par cette communication et qu’il était temps de « briser le mur du silence ». Le porte-parole de la CGT Yvon Scornet a lui aussi dénoncé les propos du préfet, « qui ne sont pas le reflet de ce qui s’est dit lors de notre rencontre de jeudi après-midi. Lors de celle-ci, il ne nous a jamais signifié qu’il fallait arrêter de rêver et qu’il n’y avait aucun repreneur. La preuve, ils sont là aujourd’hui! ». De fait, autour de la table où s’est tenue une réunion de travail et une conférence de presse, chacun des trois représentants présents a pu exposer son projet. « Si nous n’avons pas renouvelé notre offre de février, c’est parce qu’à l’époque il fallait aligner une très grosse somme que nous n’avions pas à disposition » a affirmé Nicolas Jéquier pour Terrae international, « nous sommes en fin de tour de table et nous pourrions être fixés dès dimanche prochain ».  Xavier Houzel, mandataire français du groupe Iranien de producteurs iraniens et irakiens a pour sa part réaffirmé son intérêt pour la reprise de la raffinerie. « Ce site est capable de traiter un certain type de produit en provenance d’Iran, chose qui n’est pas faisable ailleurs. Petit-Couronne est stratégique. C’est un acquis qui va être détruit, c’est un crime et une faute graves. Le problème vient du fait qu’il n’y a aucun spécialiste sur le pétrole dans le gouvernement Français qui s’en est toujours remis aux majors compagnies. Néanmoins nous ne ferons pas de nouvelles offres. Si la France veut sauver cette usine, Laurent Fabius ou François Hollande ont tout loisir de s’en entretenir avec le président iranien Hassan Rohani ». Le troisième candidat à la reprise, Nzita Nlandu, représentant une riche banquière portugaise investie dans le circuit du pétrole, affirme quant à lui que celle-ci est prête à mettre 5 milliards d’euros sur la table et a présenté un calendrier détaillé. Mais pour l’instant il n’a toujours pas eu accès au site. Invités à assister à cette réunion et à l’assemblée générale qui a suivi, Pierre Laurent, secrétaire national du parti communiste, Thierry Foucauld sénateur maire d’Oissel ainsi que Patrice Dupray adjoint au maire de Grand-Couronne, Céline Brulin conseillère régionale et Gérard Letailleur conseiller municipal « Vivre ensemble à Petit-Couronne » ont eux aussi « déploré la casse de l’outil industriel en France ». Pierre Laurent a même posé la question « qui préside à la stratégie industrielle en France. Le gouvernement ou les majors compagnies? ».
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