A qui profitent les notes?

Le prix Nobel d’économie, l’Américain Paul Krugman, prend la défense de la France, dans une chronique sur son blog « La
conscience d’un libéral » sur le site du quotidien américain New York Times, dont la note a été dégradée de AA+ à AA, vendredi 8 novembre, par l’agence de notation Standard and Poor’s. « Ne prenez
pas cette dégradation [de la note française] comme la démonstration que quelque chose ne va vraiment pas dans l’état de la France. Cela tient davantage de l’idéologie que d’une analyse économique
défendable », estime-t-il

 « Les agences de notation n’ont aucune information particulière sur la solvabilité
nationale — surtout pour de grands pays comme la France », argue Paul Krugman. Le prix Nobel d’économie pointe que Standard and Poor’s n’a pas de connaissance en interne de l’état des finances
françaises. Il note ainsi que les projections faites par le Fonds monétaire international (FMI) pour la France jusqu’en 2018 sont notamment meilleures que celles de la Grande-Bretagne. Selon le
FMI, la France est un peu moins endettée que la Grande-Bretagne et l’écart entre les deux pays devrait se creuser.

 Standard and Poor’s justifie la dégradation de la note française par le fait que
la France n’a pas procédé aux réformes nécessaires pour améliorer ses perspectives à moyen et long terme. Mais, souligne Paul Krugman, « que sait-on vraiment des réformes économiques qui générent
de la croissance et quel pourcentage de croissance sera généré ? La réponse est pas grand chose ! ». « Je suis désolé, poursuit-il, mais quand Standard and Poor’s se plaint du manque de réforme, il
se plaint en fait de ce que Hollande augmente, plutôt que baisse, les impôts sur les plus hauts revenus, et qu’il n’est pas assez favorable, de façon générale, au libre-marché pour satisfaire les
principes de Davos. »

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