Simon Leys, le fléau des idéologues

Le philosophe Jean-Claude Michéa, auteur d’«Impasse Adam Smith», s’exprime pour la première fois après la mort de Simon Leys, survenue le 11 août dernier. A ses yeux, celui-ci restera comme «le plus grand essayiste de langue française des cinquante dernières années», d’une importance intellectuelle et politique égale à celle d’Orwell et Pasolini.

L’œuvre de Simon Leys fut l’une de vos grandes sources d’inspiration. En quelle année et avec quel livre l’avez-vous découvert?

Jean-Claude Michéa J’ai lu «Les Habits neufs du président Mao» en 1975, autrement dit au moment précis où je commençais à m’immerger dans les écrits de Guy Debord et de l’Internationale situationniste.

On oublie trop souvent, en effet, que cet ouvrage iconoclaste a d’abord été publié en 1971 dans le cadre de la Bibliothèque asiatique de René Viénet (ce dernier – l’une des figures les plus fascinantes de l’IS – ayant lui-même été expulsé de Chine maoïste quelques années auparavant). Il se présentait donc surtout, à l’origine, comme une confirmation empirique des remarquables intuitions formulées par Guy Debord, dès 1967, dans «Le Point d’explosion de l’idéologie en Chine».

Simon Leys a, du reste, toujours tenu à reconnaître le rôle décisif que René Viénet avait ainsi joué dans son propre parcours intellectuel. «Sans lui, écrivait-il par exemple dans une lettre de 2003 à Pierre Boncenne, je n’aurais probablement jamais rien publié ; on pourrait dire assez littéralement que c’est Viénet qui m’a inventé.» Notons, au passage, que cette décision de démystifier la «Grande Révolution Culturelle Prolétarienne» – alors même que le culte de Mao battait son plein dans la presse française officielle de l’époque – ne devait absolument rien, chez Simon Leys, aux contraintes universitaires du Publish or Perish.

Elle s’était en réalité imposée à lui, un jour de 1967, lorsqu’il avait découvert avec effroi un journaliste chinois en train d’agoniser devant sa porte (lui-même résidait alors à Hong-Kong) après avoir été atrocement torturé par les nervis de Mao. Depuis lors, je n’ai évidemment jamais cessé de lire avec passion, ouvrage après ouvrage, celui que je considère toujours comme le plus grand essayiste de langue française de ces cinquante dernières années. Par son indépendance d’esprit et son intransigeance morale absolue (sans même parler de sa connaissance inégalée de l’histoire et de la culture chinoises), l’œuvre de Simon Leys se situe clairement, en effet, au même niveau d’importance philosophique et politique que celle d’un Pasolini, d’un Orwell ou d’un Liu Xiaobo.

Le problème, c’est qu’il s’agit là de qualités morales et intellectuelles que le clergé médiatique et universitaire moderne – particulièrement en France – n’est guère enclin à pardonner (et quand, d’aventure, il les pardonne, c’est généralement à titre posthume). De là cette incroyable chasse à l’homme – la même chose était arrivée à Orwell après la publication de son témoignage sur la guerre civile espagnole – dont Simon Leys allait logiquement se retrouver la cible dès la sortie de son livre. Une certaine Michelle Loi – pseudo-sinologue qui enseignait, on s’en serait douté, au «Centre expérimental de Vincennes» – allant même, en 1975, jusqu’à révéler sa véritable identité – Pierre Ryckmans, citoyen belge – à la sinistre Gestapo maoïste. Dans son essai publié en 1984, «Orwell ou l’horreur de la politique»,

qu’est-ce que Simon Leys vous a fait comprendre de spécifiquement important au sujet du penseur anglais?

Rappelons d’abord que ce petit essai (dont on complétera la lecture par celle du chapitre consacré à Orwell dans «Le Studio de l’inutilité») constitue à coup sûr – si on met à part la remarquable biographie de Bernard Crick – le meilleur texte jamais écrit sur l’auteur de 1984.

Ce qui prouve, au passage, que la valeur d’un livre ne dépend pas nécessairement du nombre de pages qu’il contient. Quant à l’influence de cet essai sur ma lecture personnelle d’Orwell elle a, bien sûr, été déterminante.

D’une part, parce qu’il confirmait que la critique par Orwell du totalitarisme soviétique – critique qui lui avait aussitôt valu, dans la presse de gauche de l’époque, l’accusation de «réactionnaire» et d’agent du gouvernement américain – ne pouvait être entièrement comprise qu’une fois replacée dans le cadre de sa critique parallèle du système capitaliste (on ne saurait donc la confondre, de ce point de vue, avec l’antitotalitarisme libéral d’un Bernard-Henri Levy, d’un Jean-François Revel ou d’un Michel Foucault).

De l’autre, parce que cet essai établissait clairement que le socialisme d’Orwell – loin de puiser sa source dans les différentes mythologies positivistes du «sens de l’Histoire» et de l’«Homme nouveau» – trouvait, au contraire, sa véritable originalité dans son appel constant aux vertus morales et intellectuelles présumées des «gens ordinaires». Et, en premier lieu, à leur common sense et à leur common decency («Vous devez faire partie de l’intelligentsia pour écrire des choses pareilles; nul homme ordinaire ne saurait être aussi stupide»: cette réplique d’Orwell enchantait tout particulièrement Simon Leys).

C’est, bien entendu, cette insistance d’Orwell sur les fondements «ordinaires» et quotidiens du socialisme («Le socialisme est si conforme au bon sens le plus élémentaire, disait-il, que je m’étonne parfois qu’il n’ait pas déjà triomphé») qui m’a progressivement conduit à accorder une place décisive au concept de «décence commune» dans ma propre critique de la dynamique aveugle du capitalisme moderne.

Et tout autant, cela va de soi, les encouragements à travailler dans cette direction philosophique que Simon Leys, avec sa générosité coutumière, avait bien voulu me prodiguer dès le départ. Cette sensibilité d’Orwell aux ressources et aux charmes du monde «ordinaire» me semblait d’ailleurs d’autant plus stimulante qu’elle l’avait progressivement conduit à développer une conception de la politique très éloignée de l’idéal puritain et sacrificiel de la plupart des intellectuels de gauche (songeons à leur répulsion fréquente pour le sport et les distractions populaires). « Je pense que c’est en conservant notre amour enfantin pour les arbres, les poissons, les papillons, les crapauds etc., écrivait-il par exemple dans ses « Réflexions sur le crapaud ordinaire » (imaginez la stupeur des lecteurs de gauche découvrant cet article en 1945 !), que l’on rend un peu plus probable la possibilité d’un avenir paisible et décent.» Sentiment philosophique et poétique dont il ne se départira jamais (les dernières années de sa vie, sur l’île de Jura, en témoignent particulièrement) et que Simon Leys résumait admirablement en rappelant que pour Orwell, «dans l’ordre normal des priorités, il faudrait quand même que le frivole et l’éternel passent avant le politique.»

J’ajoute que nous tenons probablement ici l’une des raisons majeures de la méfiance persistante des intellectuels de gauche – voire, pour reprendre l’expression d’Orwell, de leur «rire sarcastique» – dès qu’on s’aventure à célébrer devant eux l’idée de common decency.

Car si rien d’essentiel ne doit s’opposer à ce que l’émancipation concrète des travailleurs puisse être l’œuvre de ces travailleurs eux-mêmes (si, en d’autres termes, les gens ordinaires disposent, en droit, de toutes les ressources morales et intellectuelles nécessaires pour se gouverner eux-mêmes), il est clair que cela revient à lancer une sacrée pierre dans le jardin de tous ces «bienveillants tuteurs» (Kant) qui prétendent que seul leur savoir «scientifique» (que ce soit celui des «économistes», celui des «sociologues», ou même, désormais, celui des généticiens) pourrait guider la pauvre humanité ordinaire sur le chemin de l’Avenir Radieux et de la «mondialisation heureuse».

Quelles sont les ressources de pensée, ou de caractère, qui permirent selon vous à Leys de voir que le roi était nu, qui lui donnèrent la force de résister à l’attraction du maoïsme, alors que la majorité des intellectuels parisiens célébraient la Révolution Culturelle?

La réponse me paraît aller de soi. Simon Leys appartenait à cette espèce intellectuelle, aujourd’hui menacée d’extinction, que Nietzsche appelait les «esprits libres» (ce n’est certainement pas un hasard si le remarquable ouvrage que Jean Bernard-Maugiron a consacré à l’œuvre de Leys porte en sous-titre «Le feu sacré d’un esprit libre»).

On comprendra d’ailleurs mieux les conditions morales de cette liberté d’esprit – car il s’agit bien, avant tout, de conditions morales – si on se reporte au célèbre conte d’Andersen, «Les habits neufs de l’Empereur» (c’est, bien sûr, à ce conte – écrit en 1837 – que Simon Leys avait emprunté le titre de son premier livre). J’en rappelle brièvement l’intrigue. Deux artisans tailleurs proposent à l’Empereur de lui confectionner les habits les plus somptueux qui soient – habits qui auraient, de surcroît, le pouvoir miraculeux de demeurer invisibles aux yeux de quiconque se révèlerait être un mauvais sujet (ou, si on préfère une formulation plus moderne, aux yeux de quiconque manifesterait des tendances «réactionnaires» et «politiquement incorrectes»). Comme on s’en doute, ces deux tailleurs sont, en réalité, de simples charlatans et les magnifiques habits qu’ils font semblant d’avoir tissés sont dépourvus de toute existence réelle. On connaît la suite. Lors du défilé destiné à présenter au peuple ces magnifiques habits neufs, tous les sujets de l’Empire vont donc se trouver confrontés à une situation à la fois paradoxale et très délicate pour eux. Chacun peut en effet voir par lui-même que le roi est nu, mais – du fait du dispositif idéologique habilement mis en place par les deux tailleurs – c’est en croyant simultanément qu’il est le seul à le voir. Chacun est donc contraint – si du moins il ne veut pas courir le risque de passer pour un dissident potentiel – de prétendre officiellement qu’il voit autre chose que ce qu’il voit réellement (c’est là, vous le reconnaîtrez, la meilleure définition possible d’un idéologue en mission, qu’il s’agisse pour lui de «démontrer» que le niveau des élèves monte ou que celui de la délinquance baisse). La morale cachée de ce petit conte – dont le rebondissement final nous rappelle qu’on ne saurait «tromper tout le monde tout le temps» – c’est donc que le désir de combattre pour la vérité («le roi est nu», «Dreyfus est innocent», «le Goulag existe» etc.) suppose toujours, chez ceux qu’il anime, au moins deux vertus indissolublement liées.

La première, c’est la capacité psychologique d’accepter la vérité telle qu’elle est chaque fois que nous l’avons effectivement sous les yeux; et cela quand bien même cette vérité serait de nature à déranger nos certitudes les plus confortables, jusqu’à nous conduire à vouloir en organiser le déni («Il ment comme un témoin oculaire» aimaient plaisanter les Soviétiques pour décrire ce principe de fonctionnement de toute pensée idéologique).

La seconde, c’est d’avoir le courage moral (et parfois physique) d’affronter publiquement – alors qu’il serait pourtant si simple de faire comme si de rien n’était et de continuer à vivre tranquillement – la haine envieuse de tous ceux qui, pour une raison ou une autre, ont un intérêt personnel à nier telle ou telle vérité (ne serait-ce, par exemple, que pour continuer à jouir de leurs privilèges médiatiques ou universitaires). Inutile de préciser que Simon Leys – tout comme, avant lui, Pasolini et George Orwell – possédait au plus haut point ces deux vertus fondamentales (ce sont celles, en somme, qui rendent quotidiennement possible ce que Liu Xiaobo appelle la «vie dans la vérité»).

On ne doit pas chercher plus loin les raisons qui ont conduit la police de la pensée de l’époque – elle se renouvelle malheureusement de génération en génération – à lui faire si chèrement payer le prix de cette indomptable liberté d’esprit. Pour autant, la certitude déprimante qu’un esprit libre devra toujours affronter, tôt ou tard, les calomnies et les manœuvres de tous les partisans de «ces petites idéologies malodorantes qui rivalisent maintenant pour le contrôle de notre âme» (Orwell) ne devrait dissuader personne de servir honnêtement la vérité.

Après tout, qui se souvient encore, aujourd’hui, des Alain Bouc ou des Michelle Loi?

Pas même leurs innombrables clones devenus pourtant plus puissants que jamais.

Un pont plus loin

De nombreuses rumeurs ont circulé sur la manifestation de remise en service du pont Mathilde et il semble important de remettre « les pendules à l’heure »

Cette démarche n’a rien coûté. tous les participants étaient « bénévoles »

Il semblait important de mettre l’accent sur l’engagement fort de tous les acteurs de ce chantier, et surtout, comme le soulignait Nicolas Mayer Rossignol, Président de Région, de mettre l’accent sur le respect du calendrier de mise à disposition du pont.

les agents du Département

les agents de la ville de Rouen

les fonctionnaires de l’Etat

les salariés des entreprises

n’ont pas compté leur temps ni leur engagement pour mener à bien leur mission dans les temps les plus contraints au service de la collectivité.

respect pour tous et encore bravo 

 

Quelle est la réalité des 35 heures en France.

 Les 35 heures sont de nouveau sur la place publique. La veille de sa nomination, le nouveau ministre de l’Economie Emmanuel Macron a confié au « Point » qu’il ne serait pas contre autoriser les entreprises et les branches à « déroger » à la durée hebdomadaire légale du travail.

C’est déjà possible pour les entreprises en difficulté. Pourquoi ne pas étendre à toutes les entreprises, à condition qu’il y ait un accord majoritaire avec les salariés ? », a déclaré l’ancien conseiller de François Hollande à l’Elysée, répondant à une demande récurrente des patrons et attisant la crainte des syndicats.

35 heures est une durée théorique. En réalité, la durée de travail habituelle est de 39,4 heures en France (chiffre de 2012), soit bien plus que le seuil légal. Après les lois Aubry du début des années 2000, lors du passage aux 35 heures, « un certain nombre d’entreprises ont choisi de conserver un horaire hebdomadaire d’un niveau supérieur en accordant à leurs salariés des jours de congés supplémentaires : les jours de réduction du temps de travail (RTT) », note la Dares dans un rapport.

En prenant en compte ces RTT, la durée collective du travail moyenne est de 35,6 heures (2012), là encore un peu au-dessus de 35 heures. Les vertus des 35 heures, elles aussi, font débat. Trop rigides pour les petites entreprises. Compensées par trop d’aides publiques pour les grandes. Les 35 heures auraient freiné l’économie française, estiment certains économistes. Elles auraient été vecteur de productivité, jugent d’autres experts.

Aujourd’hui certains plaident pour une augmentation de la quantité de travail en France afin de relancer la croissance et mettent en garde contre le risque de se partager un gâteau plus petit. D’autres comme le politique Pierre Larrouturou, demandent à travailler 32 heures. Récemment, des milliardaires comme Carlos Slim, Larry Page (PDG de Google) et Richard Branson (Virgin) l’ont rejoint, avec parfois des arrière pensées différentes.

Mais Richard Branson estime qu’embaucher deux personnes à mi-temps est préférable à une seule personne à plein temps. La diminution du temps de travail, seule manière de lutter contre le chômage en temps de croissance morne ? « Elle est une caractéristique de tous les pays développés », écrivait la sociologue Dominique Méda dans la revue « Projet » fin 2013. « Non seulement tous les pays occidentaux (mis à part les États-Unis) ont réduit leur temps de travail depuis soixante ans, mais – à rebours des clichés éculés – la France est loin d’être le pays où l’on travaille le moins !

Les Pays-Bas, le Danemark et l’Allemagne présentent des durées hebdomadaires moyennes effectives de travail moins élevées, si l’on prend en considération (ce que ne font généralement pas les commentateurs) les personnes travaillant à temps complet et celles à temps partiel…

Faute d’avoir supprimé les 35 heures, les gouvernements de droite ont fait en sorte d’en assouplir l’application entre 2002 et 2012. Traduisant son slogan « travailler plus pour gagner plus », l’ex-président Nicolas Sarkozy avait préféré défiscaliser les heures supplémentaires, ce qui avait, paradoxalement, compliqué la suppression des 35 heures. François Fillon en propose désormais la suppression. Ce n’est pas la première fois qu’une personnalité de gauche plaide pour un assouplissement, les lois Aubry ayant été jugées trop rigides dès leur entrée en application, notamment pour les petites entreprises. En 2006, Ségolène Royal proposait d’aller plus loin dans l’assouplissement. Et en 2011, pendant la primaire socialiste, un des candidat proposait de les « déverrouiller » : Manuel Valls.
 

L’image catastrophique des partis politiques

 Selon un sondage IFOP publié dans le « Journal du dimanche », les trois quarts des Français ont une mauvaise opinion du PS, pratiquement autant du FN, tandis que plus des deux tiers jugent sévèrement l’UMP.

Pas « utiles », pas « capables de se réformer », pas « adaptés à la situation actuelle du pays »… Un sondage IFOP publié dans le Journal du dimanche du 31 août révèle une image désastreuse des partis politiques, tous bords confondus.

Selon cette étude, les trois quarts des Français (75 %) ont une mauvaise opinion du PS, pratiquement autant du FN (74 %), mais avec une plus forte proportion de très mauvaises opinions, et plus des deux tiers (67 %) jugent sévèrement l’UMP.

◾Le Parti socialiste recueille 27 % de « très mauvaises opinions » et 48 % « d’assez mauvaises », contre 2 % de « très bonnes » et 22 % de « plutôt bonnes » (1 % sans opinion). Trois Français sur quatre (76 %) estiment par ailleurs que le PS peut éclater entre plusieurs formations ou courants d’ici à 2017 (64 % chez les sympathisants socialistes).

◾Pour l’UMP, les « très mauvaises opinions » s’élèvent à 23 %, les « plutôt mauvaises » à 44 %, les « très bonnes » à 2 % et les « plutôt bonnes » à 29 % (2 % sans opinion).

◾Le FN rassemble 48 % de « très mauvaises opinions », 26 % de « plutôt mauvaises », 5 % de « très bonnes » et 20 % de « plutôt bonnes » (1 % sans opinion).

Plus généralement, 62 % des personnes interrogées pensent « plutôt » que les partis politiques ne sont pas « utiles » (contre 37 % qui considèrent qu’ils le sont), 75 % qu’ils ne sont pas « capables de se réformer » (contre 24 %), 82 % qu’ils ne sont pas « adaptés à la situation actuelle du pays » (contre 17 %) et 85 % qu’ils ne sont pas « proches des réalités quotidiennes des Français » (contre 14 %). A chaque fois, 1 % ne se prononcent pas.

C’est édifiant!

426,8 milliards

 C’est, en dollars (soit environ 321 milliards d’euros), le montant des dividendes versés par les entreprises cotées dans le monde au deuxième trimestre. La France est championne d’Europe en la matière, avec 40,7 milliards de dollars distribués aux actionnaires (30,6 milliards d’euros, + 30,3 % par rapport à 2013).

Les entreprises sont effectivement essentielles pour la vitalité de notre pays, mais elles ne peuvent pas s’abstraire des difficultés que notre société traverse. Si les entrepreneurs de ce pays ne prennent pas conscience de leurs responsabilités sociales et sociétales, la société ne leur doit rien!

La sortie de crise ne peut passer que par une prise de conscience que chacun a des responsabilités et doit les assumer.

nous sommes dans le même train. S’il déraille, nous allons tous au fossé….

Implosion?

76% des Français estiment que le PS peut éclater d’ici à 2017 Pire, même chez les sympathisants socialistes, 64% des personnes interrogées pensent que leur parti peut éclater avant la prochaine présidentielle.

Trois français sur quatre (76%) estiment que le Parti socialiste peut éclater entre plusieurs formations ou courants d’ici à 2017, selon un sondage IFOP publié dans le « Journal du Dimanche ».

A la question « selon vous, le Parti socialiste court-il le risque d’ici à 2017 d’éclater entre plusieurs formations ou courants », 76% des personnes interrogées répondent « oui ». 22% répondent « non ».

Chez les sympathisants socialistes, ils sont 64% a estimer que leur parti peut éclater d’ici à 2017, contre 35% qui pensent le contraire. « Le PS d’Epinay est en voie d’implosion. Jamais le risque d’éclatement n’a été aussi grand dans un parti qui a connu de nombreuses secousses depuis les tensions Mitterrand/Rocard, le choc de 2002 après l’élimination de Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle et la fraude au congrès de Reims »,

Manuel Valls déclarait en clôture de l’université d’été de la Rochelle que le succès était basé sur le respect des idées de chacun. Banco!

Le travail, valeur essentielle pour les français?

Les Français veulent vivre plus intensément Les Français aspirent de plus en plus à réussir toutes les facettes de leur vie: famille, travail, relations amicales, loisirs…comme montre une étude du Crédoc. Ces aspirations sont communes à d’autres pays, mais la France se distingue par la place centrale qu’elle accorde à la vie professionnelle

~~http://www.credoc.fr/pdf/4p/268.pdf

Crise de régime?

 On n’est ni dans une crise de régime, ni dans une crise politique. On est dans une crise de nature différente, une crise de sens. La situation actuelle en est le révélateur mais elle offre également des opportunités pour dessiner plus clairement la situation de la France. 

A la veille du Conseil européen, ce remaniement est l’occasion pour dire aux partenaires européens, et essentiellement à la chancelière allemande, que la France ne renonce pas à faire des réformes structurelles. Qu’elle n’utilise pas non plus l’Europe pour justifier un immobilisme mais que l’Allemagne doit être consciente qu’on ne peut mener à bien des réformes au travers d’une politique de l’offre au plan national que si il y a une politique européenne de relance.

La faisabilité des réformes, avec le risque de déflation, est en cause. De ce point de vue là, l’interview d’Arnaud Montebourg pose des questions réelles. Le remaniement est lié davantage à la méthode choisie : Arnaud Montebourg devait participer à un gouvernement de combat et il en faisait un gouvernement de débat. Il n’y avait pas d’autres solutions que cette démission du gouvernement

Si les mots ont un sens, si l’éthique de responsabilité a un sens, il ne pouvait pas en être autrement. Arnaud Montebourg est suffisamment fin politique pour s’être douté de la réplique que ses déclarations appelleraient. 

Cela peut profiter à François Hollande et à Manuel Valls, si ce remaniement est l’occasion de faire le récit aux Français de l’articulation entre le redressement français et la réorientation européenne. C’est le moment pour le président de la République d’utiliser, tel un judoka, ce remaniement pour faire bouger la chancelière allemande. 

L’imaginaire allemand juge les gouvernants quant à leur capacité à prendre en charge un effort salvateur. Ils regardent donc en France à travers un seul critère : est-ce que le pouvoir actuel en France est en capacité de faire des réformes structurelles. Cet imaginaire allemand empêche l’Allemagne de voir que la somme des efforts demandés à chacun des pays européens entraîne une déflation. Ce qui ne permet pas à l’Europe de déployer son génie et la conduit au déclin depuis 15 ans. 

L’Europe et même le monde n’ont pas beaucoup d’autres choix que de convaincre Angela Merkel que l’orientation qu’elle choisi nous emmène collectivement dans le mur.

La classe politico médiatique et le parti socialiste font comme si il y avait d’une part une gauche de la redistribution et de la politique de la demande, et de l’autre une gauche avec une politique de l’offre et de la compétitivité des entreprises. Ce n’est plus la vraie ligne de partage du pays. Tous les Français souhaiteraient que notre modèle social et républicain puisse perdurer.

Ce qui distingue la gauche de la droite ce n’est pas le souhaitable, c’est le possible. La gauche pense que c’est possible au risque du conservatisme social et d’un long déclin. La droite pense que ce n’est plus possible.

Si François Hollande l’a emporté en 2012 c’est que sa posture, son projet et sa phrase « la France n’est pas le problème, la France est la solution », semblait dire qu’il était possible de nous réformer sans remettre en cause notre modèle.

Marine Le Pen émerge parce qu’elle dit que la solution est la France dans la France. Il n’y a pas deux gauches, il y a une lecture ancienne de ce que sont les clivages à gauche et il y a les vrais sujets du pays. Les dernières élections n’ont par exemple pas profité à la gauche de la gauche. 

Stéphane Rozès

3,5 millions

C’est le nombre de personnes qui, en 2012, travaillaient de nuit en France (soit entre minuit et cinq heures du matin), selon une étude de la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques du ministère de l’emploi, publiée jeudi. En 1991, à titre de comparaison, elles n’étaient que 2,4 millions.

La face cachée

Après bien des hésitations, les Américains ont finalement accentué leur soutien à la lutte contre l’Etat Islamique en Irak. Une aide qui intervient au moment où les djihadistes commençaient à progresser dangereusement vers le Kurdistan dans le Nord du pays.

Plusieurs raisons viennent expliquer la décision américaine d’intervenir militairement en Irak depuis quelques jours. La question était plutôt de savoir quand il serait nécessaire d’intervenir et comment plutôt que de savoir si oui ou non les Américains allaient intervenir.

Tout d’abord les Etats-Unis ont pris soin de s’appuyer sur une déclaration du Conseil de sécurité qui condamnait les attaques de l’Etat islamique (EI) afin de donner un aspect multilatéral à leur intervention.

Ensuite, les Etats-Unis ont mis en avant la mise en danger de personnels américains au Consulat d’Erbil pour justifier ces frappes. Notez que les Américains ont également des bases militaires et des experts militaires dans la région. Il n’était donc pas possible de rester les bras croisés.

Enfin, les Américains ont mis en avant la question de la minorité Yazidi pour donner un aspect éthique à tout ça. Le Congrès, poussé par le lobby kurde très actif, est sur le dos d’Obama.

Le président, qui marche sur des œufs, ne souhaitait pas vraiment s’engager et c’est pour cela que les frappes ont eu lieu avec prudence, plus pour remonter le moral des peshmergas qu’autre chose. Obama, ne souhaitant pas voir l’action américaine interprétée comme un soutien au Premier ministre Maliki s’est d’ailleurs assuré que ce dernier serait rapidement poussé vers la sortie, ce qui est chose faite depuis lundi.

Les Américains ont besoin des Kurdes. Les Kurdes sont des alliés fiables dans la région depuis des années. C’est d’ailleurs à leur demande que les Etats-Unis ont refusé de livrer des avions au gouvernement central à Bagdad, les empêchant d’une part de réagir efficacement contre l’EI mais encourageant aussi ce dernier à se tourner vers Moscou ?

Les Kurdes ne cachent pas leur volonté de créer un Etat indépendant. Ils sont allés jusqu’à mettre en service un oléoduc qui relie directement les gisements du Kurdistan irakien à la Turquie afin d’exporter leur pétrole en contournant les autorités irakiennes.

Il y a un mois, le président du gouvernement régional du Kurdistan irakien Barzani ne voulait pas attaquer l’EI. L’avance des djihadistes a affaibli les forces du gouvernement central, les poussant à abandonner Kirkouk et Mossoul… au profit des Kurdes. Les peshmergas ont donc profité de la déroute de l’armée pour s’emparer de nouveaux territoires, agrandissant leur région de 40%. Ce sont ces territoires qui sont aujourd’hui disputés.

Avec le soutien des Etats-Unis, ce système, qui a favorisé les chiites et les Kurdes contre les sunnites, doit être réformé. Il faut à nouveau associer les sunnites au pouvoir et aider le gouvernement central. Le département d’Etat américain a annoncé lundi que les Etats-Unis avaient commencé à livrer des armes aux peshmergas. Cela donne l’impression que les Etats-Unis jouent une communauté contre une autre alors que le pays a justement besoin de voir ses institutions renforcées.

L’administration américaine est loin d’être sensible à la cause des Yézidis ou même à celle des chrétiens d’Irak, même si ces derniers trouvent du soutien dans la communauté chrétienne américaine. En revanche, l’administration américaine n’hésite pas à l’utiliser comme une couverture pour son intervention.

Comme souvent en Irak, l’intervention américaine en Irak a soulevé la question du pétrole. Les Kurdes, qui ont donc agrandi leur territoire ces dernières années, et encore, dernièrement, à la faveur de l’offensive djihadiste, cherchent à élargir bien sûr leur mainmise sur les champs pétroliers dans la région. Mais, les investissements et la masse pétrolière du Sud et de l’Est de l’Irak sont plus importants que ce que concentre le Kurdistan. Le Kurdistan irakien, c’est vrai, a des potentialités, mais elles ne sont pas de nature à concurrencer celle de l’Irak, surtout dans ces champs du sud.

Pont Mathilde : réouverture le 26 août à partir de 17h

La réouverture à la circulation du pont Mathilde aura lieu le 26 août 2014 à partir de 17h, après son inauguration en présence du public. Le 29 octobre 2012, un incendie, généré par un accident de circulation, entrainait la fermeture à la circulation du pont Mathilde à Rouen, qui était alors emprunté quotidiennement par 80 000 véhicules. Compte tenu de l’importance de la remise en état du pont Mathilde pour tout le territoire et ses habitants, le Département faisait le choix, pour engager au plus vite les travaux, de les préfinancer. En parallèle, le Département engageait un référé expertise afin d’obtenir le plus rapidement possible réparation du préjudice subi. Ces choix du Département ont permis de préserver au mieux les intérêts de la collectivité et des Seinomarins, usagers soucieux de voir la circulation sur le pont rétablie dans les meilleurs délais, contribuables attentifs au financement des travaux de remise en état. Chacun a par exemple en mémoire le bon déroulement des manoeuvres impressionnantes de dépose et repose de la travée sud. Le Département de Seine-Maritime finalise donc un chantier exceptionnel, en rétablissant la circulation dans les délais annoncés. Le calendrier des travaux, lancés à l’été 2013, a été tenu, permettant une réouverture du pont avant la rentrée 2014. La journée de réouverture du pont Mathilde, accessible au public, aura lieu le mardi 26 août 2014 à partir de 11h. Lors de cette journée, l’accès au pont sera possible pour les piétons par la rampe rive gauche, depuis le quai Jacques Anquetil. Déroulé de la journée : 11h > Inauguration par Nicolas Rouly, Président du Département de Seine-Maritime. 11h-15h > Le pont Mathilde sera ouvert aux piétons depuis le quai Jacques Anquetil. Exposition de voitures de collection et animations. A partir de 17h > Réouverture à la circulation du pont Mathilde. Rouen, mercredi 20 août 2014

Un pape combattant

En Corée, le pape déplore « la tristesse intérieure » des sociétés prospères Au deuxième jour de son voyage en Corée du Sud, le pape François a prononcé un virulent discours contre les affres de la société de consommation lors de la messe de l’Assomption, qu’il célébrait à Daejeon, au centre du pays. Devant 45 000 fidèles réunis dans le « World Cup Stadium » de Daejeon, il a clamé que « l’espérance offerte par l’Evangile est l’antidote à l’esprit de désespoir qui semble croître, tel un cancer dans la société qui extérieurement est nantie mais qui souvent fait l’expérience de la tristesse intérieure et du vide ». « A combien de nos jeunes ce désespoir a fait payer son tribut ! », a-t-il lancé dans une allusion aux addictions et aux suicides des adolescents, un fléau en Corée du Sud. Dans une critique forte du modèle de société compétitif qui se répand de plus en plus en Asie, du Japon à Singapour, de Taïwan à la Corée et même à la Chine continentale, le chef de l’Eglise catholique, a brocardé « la culture de la mort qui dévalue l’image de Dieu, le Dieu de la vie, et viole la dignité de chaque homme, femme et enfant ». Jeudi, déjà, le pape avait invité les 35 évêques sud-coréens à retrouver l’esprit missionnaire plutôt que d’être des « managers » et de bons gestionnaires.

Déflation, mythe ou malédiction?

La peur de la déflation sert de justification théorique à toute action inflationniste entreprise par la Réserve Fédérale et les banques centrales à travers le monde. C’est pourquoi la Réserve Fédérale vise un objectif taux d’inflation de 2%, et non de 0%

C’est en grande partie pourquoi la Réserve Fédérale a plus que quadruplé l’offre de monnaie depuis août 2008. Est c’est, remarquablement, un grand mythe, parce qu’il n’y a aucun danger ni dommage inhérent à la déflation. La déflation est crainte non seulement par les partisans de Milton Friedman (ceux de la ainsi nommée école d’économie de Chicago), mais aussi par les économistes keynésiens. Le chef de file keynésien Paul Krugman, dans un article du New York Times en 2010 intitulé « Pourquoi la déflation est mauvaise« , cita la déflation comme la cause de la chute de la demande agrégée puisque « quand les gens s’attendent à des prix en baisse, ils deviennent moins désireux de dépenser, et en particulier moins désireux d’emprunter. »

Sans doute pense-t-il que le report des dépenses dure indéfiniment. Mais nous savons d’expérience que, même face à des prix en chute, les individus et les entreprises continuent, à un certain point, d’acheter les biens et services en question. La consommation ne peut pas être éternellement repoussée. Nous voyons cela chaque jour dans l’industrie de l’informatique et de l’électronique : la valeur d’usage d’un iPhone durant les six prochains mois vaut plus que l’épargne rendue possible en retardant cet achat.

Un autre argument contre la déflation concerne les profits. Avec des prix en baisse, comment les entreprises pourront-elles en faire si les marges sont resserrées ? Mais la marge, par définition, résulte à la fois des prix et des coûts. Si les coûts – qui sont après tout des prix eux-mêmes – connaissent une chute de la même amplitude (et il n’y a aucune raison qu’ils ne le feraient pas), les profits ne sont pas affectés.

Si la déflation n’impacte ni la demande agrégée ni les profits, comment peut-elle causer des récessions ? Elle ne le fait pas. Examiner chaque période de récession depuis la Grande Dépression mènerait à cette conclusion. Deux fois, tandis qu’elle connaissait une croissance économique soutenue et significative, l’économie américaine « endurait » des périodes de déflation de 50%.

Si la déflation ne cause pas de récessions (ou de dépressions comme on les connaissait avant la deuxième guerre mondiale), qu’est-ce qui le fait ? Et pourquoi était-elle si marquée durant la Grande Récession ? Selon les économistes de l’école autrichienne d’économie, les récessions partagent les mêmes sources : une inflation artificielle de l’offre de monnaie. Le « malinvestissement » qui s’ensuit, causé par des taux d’intérêt baissés artificiellement est révélé quand les taux d’intérêt repartent vers leur taux naturel déterminé par l’offre et la demande d’épargne.

Mais les banquiers centraux d’aujourd’hui ne partagent pas cet avis. En 2002, Ben Bernanke avait comme opinion qu’une « déflation soutenue peut être hautement destructive pour une économie moderne et devrait être fortement combattue ». Aujourd’hui sans la contrainte de l’étalon or et plombés par une dette gouvernementale massive, dans tous les scenarii possibles opposant le spectre de la déflation aux ravages de l’inflation, les préjugés et les phobies des banquiers centraux les guideront vers cette dernière.

Ce choix est aussi inévitable qu’il sera dévastateur.

Pourquoi réorienter les politiques économiques européennes

Mieux vaut assumer ce qui est, plutôt que d’espérer ce qui ne sera pas. Regardons les chiffres en face avec lucidité, et derrière ces chiffres les réalités de la situation économique de la France et de l’Europe.

La vérité est indispensable pour prendre la mesure des faits, la volonté est nécessaire pour faire bouger les lignes et redresser le pays. La vérité donc, c’est que, contrairement à toutes les prévisions du Fonds monétaire international (FMI), de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ou de la Commission européenne, la croissance est en panne, en France comme en Europe. Avec une croissance zéro au deuxième trimestre, prolongeant ainsi la stagnation du premier trimestre, notre pays est au ralenti et n’atteindra donc pas le 1 % de croissance du produit intérieur brut (PIB) Cette année, la croissance du PIB devrait être de l’ordre de 0,5 %, et rien ne nous permet, à l’heure actuelle, de prévoir, pour 2015, une croissance très supérieure à 1 %. Ce phénomène de trop faible croissance n’est pas propre à la France. Au deuxième trimestre de cette année, l’Italie est en récession, l’Allemagne est en stagnation. C’est donc l’Europe et par conséquent la France qui sont atteintes par cette langueur qui ne permet pas de reconstruire le tissu des entreprises abîmé par la crise et de faire reculer durablement le chômage.

La vérité, ensuite, c’est que l’inflation est beaucoup plus faible que prévue. Elle est de 0,5 % sur un an en France, 0,4 % en Europe. Ce qui parait comme une bonne nouvelle pour le consommateur et se traduit en France, pour la première fois depuis trois ans, par une hausse du pouvoir d’achat, est aussi le signe d’un déficit d’activité et une mauvaise nouvelle pour le désendettement. La trop faible inflation est le reflet de la trop faible croissance.

La vérité c’est que, conséquence directe d’une croissance en berne et d’une inflation insuffisante, la France n’atteindra pas cette année son objectif en termes de déficit de ses finances publiques, malgré la totale maîtrise de nos dépenses. Moins de croissance, moins d’inflation entraînent mécaniquement moins de recettes, et donc plus de déficit que prévu, malgré la réalité des efforts pour le réduire. Le déficit des administrations publiques (Etat, Sécurité sociale et collectivités locales) sera donc supérieur à 4 % du PIB en 2014. Nombre de nos voisins européens n’atteindront pas eux aussi les objectifs qu’ils s’étaient fixés. La vérité, enfin, c’est que cette situation de trop faible croissance, de trop faible inflation, de réduction plus lente des déficits trouve son origine dans des causes proprement françaises, mais aussi dans des situations auxquelles seule une réaction européenne globale peut apporter réponse.

Face à la vérité des faits, c’est la décision politique qui doit prévaloir, face aux difficultés du moment, c’est à la volonté de l’emporter. La volonté c’est, en France, de continuer à un rythme approprié la diminution des déficits publics, sans faire appel à des hausses d’impôts comme ce fut le cas au cours des années 2010 à 2013, avec les effets désormais connus en terme de pouvoir d’achat des ménages et de réduction des capacités d’investissement des entreprises.

La volonté c’est, en France encore, de mener à bien et jusqu’au bout, un vaste plan d’économie sur les dépenses publiques sans sacrifier ni la qualité de nos services publics, ni l’efficacité de notre protection sociale, ni les dépenses d’avenir – éducation, recherche et investissements. Le gouvernement a programmé, de 2015 à 2017, 50 milliards d’économies dont 21 milliards seront mis en œuvre dès 2015. Nous l’avons décidé, nous le faisons sans faiblesse. C’est un effort considérable ! La volonté c’est encore, en France, de mener à bien des réformes négociées et profondes, pour simplifier la marche des entreprises et faciliter l’embauche, en adaptant les statuts des professions réglementées.

Mais la volonté, c’est aussi, en Europe, de mettre en œuvre une politique monétaire adaptée à la situation exceptionnelle de faible croissance et de faible inflation que la zone euro toute entière connaît. La Banque centrale européenne (BCE) a pris de bonnes décisions. Elle doit aller jusqu’au bout de ses possibilités, conformément à son mandat, pour que le risque de déflation disparaisse et que l’euro retrouve un niveau plus favorable à la compétitivité de nos économies.

La volonté, c’est également, en Europe, de promouvoir une politique en faveur de l’investissement privé et public par la mobilisation des outils existants et par la mise en œuvre de moyens nouveaux. La volonté, c’est aussi, parce que la politique monétaire ne peut pas tout et parce que la politique d’investissement produira l’essentiel de ses effets à moyen terme, de réorienter les politiques européennes en adaptant le rythme de la réduction des déficits publics à la situation économique actuelle.

L’Europe doit agir fermement, clairement, en adaptant profondément ses décisions à la situation particulière et exceptionnelle que connaît notre continent. La France pèsera en ce sens. C’est l’enjeu de la nouvelle Commission, c’est l’objet de la réorientation des politiques européennes, c’est la clé de notre réussite commune.

155

C’est le nombre d’humanitaires tués dans des attaques en 2013, un niveau record, selon Humanitarian Outcomes. L’Afghanistan a été le pays le plus dangereux (81 morts), et les trois quarts des violences se sont produites dans cinq pays (Afghanistan, Syrie, Soudan du Sud, Pakistan et Soudan), précise le centre de recherches.

A peine rentrée, la droite retombe en enfer

Même depuis son lieu de vacances, Nadine Morano trouve le moyen de lancer une polémique. Ce lundi 18 août, l’eurodéputée UMP a publié une photo qu’elle a prise elle-même d’une femme voilée « sur une plage de France, il y a quelques jours ». L’ex-ministre y voit « une atteinte à notre culture ».

Jean Baubérot, historien et sociologue spécialiste de la laïcité, est l’auteur de « La laïcité falsifiée » (La découverte). Il lui répond.

Peut-on, comme Nadine Morano, être choqué quand on croise une femme voilée sur une plage ?

– Cette sortie de Nadine Morano est une perversion de la laïcité à laquelle a beaucoup contribué Nicolas Sarkozy quand il était président. La loi de 1905 [loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, NDLR] permet tout à fait la diversité des comportements culturels. La laïcité n’est pas la répression des religions. La laïcité a deux finalités : la liberté de conscience pour tous les individus et la non-discrimination en matière de religion et de conviction. La droite ne cesse de détourner les termes de cette loi, et à force de répéter des mensonges, elle fait croire à l’opinion publique que la laïcité n’a plus rien à voir avec ce qu’elle était à l’origine. Ainsi, il ne faut pas s’étonner que la laïcité glisse de gauche à droite, voir à l’extrême droite. C’est du Nadine Morano tout crachée, Marine Le Pen aurait pu dire la même chose.

A côté de la photographie de la femme voilée, Nadine Morano a collé celle d’une une du « Figaro Magazine », où pose Brigitte Bardot, jeune, en maillot de bain. Ce parallèle vous paraît-il pertinent ?

– Dans les années 50-60, on reprochait souvent aux femmes de ne pas être assez vêtues, or maintenant on leur reproche d’être trop habillées. Qu’on les laisse tranquilles ! L’UMP a beau mettre en avant l’égalité hommes-femmes, dans le même temps elle s’apprête à déposer plusieurs listes concurrentes aux élections sénatoriales pour éviter la loi sur la parité. De même, le parti – pourtant endetté jusqu’au cou – paye 4 millions d’euros de pénalités car il n’a pas respecté la loi sur la parité lors des dernières élections législatives. C’est d’une hypocrisie sans nom !

Pourquoi assiste-t-on à une dérive autour de l’usage du mot « laïcité » ?

– La droite va continuer de surfer sur cette thématique. C’est à la gauche de reconquérir l’hégémonie intellectuelle sur la laïcité. Aujourd’hui, la gauche a beaucoup de mal à répondre à cette perversion car elle-même n’est pas au clair sur la laïcité, et bien qu’elle invoque souvent la loi de 1905, elle ne la connait pas vraiment. Il y a un combat à mener. Je regrette d’ailleurs que l’on ne soit pas suffisamment nombreux à le mener à gauche. Après les propos de Nadine Morano, la gauche devrait se sentir interpellée car la laïcité lui échappe – ce qui est de sa faute.

Que peut faire la gauche, justement ?

– Elle doit rappeler que la laïcité est une règle politique et pas du tout un conformisme culturel. Tant que la gauche fera preuve de paresse intellectuelle, il ne faudra pas s’étonner que la laïcité soit prise en otage par des gens comme Nadine Morano – qui pourtant n’est pas très brillante sur plan intellectuel. C’est à la gauche de réagir.

Propos recueillis par Guillaume Stoll, lundi 18 août – Le Nouvel Observateur

8,7 millions

 C’est le nombre de personnes qui vivent dans la pauvreté en France, selon les derniers chiffres de l’Insee. Parmi les plus touchés, les enfants. Près de 20 % d’entre eux se trouveraient en dessous du seuil de pauvreté (qui se trouve cette année à moins de 977 euros par mois). Depuis la crise de 2008, l’Insee évoque une « forte persistance de la pauvreté ».

La solitude, ça n’existe pas…

Un Français sur huit est seul: en 2014, la solitude touche désormais 5 millions de personnes, un phénomène qui s’est surtout aggravé chez les plus âgés, même s’il n’épargne plus les jeunes, révèle lundi 7 juillet une enquête de la Fondation de France.

Les Français sont un million de plus qu’en 2010 à ne pas avoir de relations sociales au sein des cinq réseaux de sociabilité (familial, professionnel, amical, affinitaire ou de voisinage), souligne cette étude.

Si un Français sur huit est aujourd’hui seul, un sur trois risque de le devenir, poursuit l’enquête. De toutes les générations, les plus de 75 ans ont subi de plein fouet cette montée de la solitude depuis quatre ans : en effet, une personne âgée sur quatre est désormais seule (27% en 2014 contre 16% en 2010). Selon l’enquête, tous leurs réseaux de sociabilité se sont affaiblis et le phénomène s’est notamment amplifié dans les grandes villes. Ainsi, 33% des personnes âgées résidant dans une ville de plus de 100.000 habitants sont en situation d’isolement, contre 21% de celles résidant au sein d’une commune rurale.

Sans surprise, la perte d’autonomie et la maladie « jouent de manière très négative sur le maintien ou le développement de la vie sociale ». En parallèle, la solitude s’est également aggravée chez les plus jeunes, puisque le phénomène touche désormais les 18-29 ans, « jusque là préservés », et chez les moins de 40 ans, la solitude a doublé en quatre ans (7% en 2014 contre 3% en 2010). La pauvreté et l’accès à l’emploi semblent déterminants pour l’intégration sociale, souligne l’étude.

L’incidence du chômage est particulièrement forte entre 50 et 59 ans puisque, selon l’étude, 29% des demandeurs d’emploi de plus de 50 ans sont seuls (contre 12% en moyenne sur l’ensemble de la population). En 2014, près d’un Français sur trois ne dispose que d’un seul réseau (familial, professionnel ou amical), notamment les inactifs, les bas revenus et les moins de 40 ans. Or « un seul réseau ne semble plus suffire à assurer la pérennité et la densité des liens sociaux ». L’étude 2014 témoigne aussi de « l’affaiblissement des grands réseaux de proximité ». En effet, quatre Français sur dix n’ont pas de contact avec leur famille au-delà de quelques rencontres annuelles (39% en 2014 contre 33% en 2010). Un Français sur quatre n’a pas de relations amicales soutenues (25% en 2014 contre 21% en 2010), et près de quatre sur dix n’ont pas ou peu de contacts avec leurs voisins (36% contre 31%). Selon l’étude, les réseaux sociaux virtuels ne sont pas une compensation au manque de liens sociaux: 80% en situation d’isolement objective ne les fréquentent pas. .

tout sauf Sarko !

Pour une majorité de Français, Nicolas Sarkozy, mis en examen pour « trafic d’influence », « corruption active » et « recel de violation du secret professionnel », est traité comme n’importe quel justiciable. Un sondage BVA-Opinion paru jeudi 3 juillet dans Le Parisien, et réalisé avant la mise en examen de l’ex-président, rapporte que 63 % des personnes interrogées ont le sentiment que l’ex-président de la République est « traité comme n’importe quel justiciable »

Pour les français,M. Sarkozy est nettement devancé (20 %) par Alain Juppé (35 %) à la question de savoir quel est le candidat préféré pour représenter l’UMP à la présidentielle de 2017, toutes sensibilités politiques confondues. Viennent ensuite François Fillon (14 %), Bruno Le Maire (9 %), Nathalie Kosciusko-Morizet (7 %), Xavier Bertrand (4 %) et Jean-François Copé (1 %).

Les magistrates, qui mènent leurs investigations dans la plus grande discrétion, enquêtent sur un réseau d’informateurs susceptible d’avoir renseigné les proches de M. Sarkozy, voire l’ancien président de la République lui-même, dans les procédures judiciaires pouvant le menacer, en particulier le dossier Bettencourt. C’est à la faveur de l’enquête sur un possible financement libyen de la campagne présidentielle victorieuse de M. Sarkozy, en 2007, que des interceptions téléphoniques opérées en janvier et février 2014, ont révélé des faits troublants : l’ex-président et son avocat semblaient ainsi très renseignés sur l’avancée des travaux de la Cour de cassation, alors saisie de la procédure Bettencourt. Par ailleurs, il apparaît aussi que les deux hommes se savent placés sur écoute, au point d’acheter en toute discrétion, sous un nom d’emprunt, des téléphones portables. D’où l’incrimination de « violation du secret de l’instruction ».

Gilbert Azibert, premier avocat général près la Cour de cassation, où il est affecté à une chambre civile, et son collègue Patrick Sassoust, avocat général à la chambre criminelle de la haute juridiction, sont donc suspectés d’avoir fait bénéficier M. Sarkozy, via son avocat, d’informations confidentielles. Puni de cinq ans d’emprisonnement et d’une amende de 500 000 euros, le trafic d’influence vise, selon l’article 433-2 du code pénal, le fait « de solliciter ou d’agréer, à tout moment, directement ou indirectement, des offres, des promesses, des dons, des présents ou des avantages quelconques, pour lui-même ou pour autrui, pour abuser ou avoir abusé de son influence réelle ou supposée en vue de faire obtenir d’une autorité ou d’une administration publique des distinctions, des emplois, des marchés ou toute autre décision favorable ».

En l’occurrence, M. Azibert – les échanges téléphoniques captés entre MM. Sarkozy et Herzog en attestent – souhaitait obtenir un appui de l’ancien président de la République afin de décrocher un poste en principauté de Monaco. Si le contenu des écoutes téléphoniques entre M. Sarkozy et Me Herzog est extrêmement embarrassant pour les deux hommes, leur implication n’est pas la même. L’ancien président apparaît comme le « donneur d’ordres », bénéficiaire final des informations obtenues, son avocat jouant davantage les intermédiaires. En effet, c’est Me Herzog qui est en liaison régulière avec M. Azibert. Les deux hommes se connaissent depuis de longues années. L’avocat rendant compte ensuite à M. Sarkozy. De fait, M. Sarkozy, lorsqu’il évoque M. Azibert, parle de « notre ami », suggérant une grande proximité avec le haut magistrat.

Reste que les écoutes téléphoniques opérées par les juges Serge Tournaire et René Grouman dans le dossier libyen n’ont pas seulement révélé cette affaire de trafic d’influence. Elles ont surtout mis en lumière l’existence d’un réseau d’informateurs, au sein de l’appareil d’Etat, notamment dans les institutions policières et judiciaires, dévoué à Nicolas Sarkozy, mais elles révèlent aussi « l’entrisme » pratiqué par l’ancien président ou ses proches pour obtenir des informations sur les procédures susceptibles de le menacer. Au mois de mars, le patron du contre-espionnage français, Patrick Calvar, avait confirmé aux juges que M. Sarkozy lui avait ainsi personnellement téléphoné, en juin 2013, pour se renseigner sur les avancées de l’enquête liée à l’éventuel financement libyen de sa campagne présidentielle, en 2007. Plaçant de fait ce haut fonctionnaire dans une situation intenable.

C’est peut-être encore possible…

Le 5 juillet dernier, devant un parterre de grands patrons et de distingués économistes réunis aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, Michel Sapin a voulu la jouer tout en finesse.

Notre amie, c’est la finance : la bonne finance ! », a lancé le ministre, ravi de son effet. Gloussements dans la salle. La référence au célébrissime discours du Bourget prononcé par François Hollande, le 22 janvier 2012 – « Mon adversaire, c’est la finance ! » – n’a échappé à personne. Mais l’ironie complice a aussi créé un malaise.

Comblés, les patrons et les banquiers y ont vu une figure inédite de la danse des sept voiles à laquelle se livre le gouvernement pour dégeler l’investissement. Amers, les tenants la gauche pure et dure ont aussitôt dénoncé une énième trahison.

Une fourberie de Sapin ? La petite phrase a au moins eu le mérite de résumer le drame de François Hollande. Le président qui voulait rompre avec l’ère Sarkozy, réussir le « redressement dans la justice », apparaît désormais en situation d’échec. Sur tous les tableaux !

Toujours encalminée, l’économie française est sortie de la récession mais sans pour autant entrer dans la croissance. « L’inversion de la courbe du chômage » tourne au fiasco, l’investissement est au point mort, le bâtiment ne va pas et la consommation s’étiole. Tandis que perdurent les déficits… Dans la majorité, une question envahit les esprits : et si Hollande avait tout faux ?

Excès d’optimisme, impréparation et improvisation… En dépit de ses appels au retour de la « confiance » sans laquelle aucun sursaut n’est envisageable, le chef de l’Etat porte une lourde responsabilité dans le désarroi qui saisit le pays tout entier.

Il faut aujourd’hui que les élus, les haut fonctionnaires, les experts socialistes et les dirigeants du parti redescendent dans la vraie vie avec les vrais problèmes des petits salaires, des retraités bloqués à 1200 €, des commerçants qui ne se versent plus de salaires et des étudiants qui doivent exercer un petit boulot pour survivre…..

Quand François Hollande a choisi comme slogan, le changement, c’est maintenant, il aurait du plutôt dire « le changement commence maintenant » et commencer par les grandes réformes de société, les réformes fiscale, territoriale, sociale et du système de santé…

Il n’est peut-être pas encore trop tard…..

Façon puzzle

hier, c’était la saint Raoul. Comment ne pas avoir une pensée particulière pour Bernard Blier…

Les blocages qui paralysent la conférence sociale au niveau national ne reflètent pas la multitude d’accords qui se signent chaque jour dans les entreprises, même les plus grandes

Les responsables des grandes organisations syndicales, salariés comme employeur se comportent comme des potaches boudeurs alors que leur base négocie avec pragmatisme la modernisation sociale dans chaque entreprise avec succès et dans la transparence.

Peut-être que François Hollande devrait adopter la méthode Lino Ventura…

Engela Merckel avait en son temps « enfermé » les partenaires sociaux jusqu’à la signature d’un accord!

Conférence sociale

La FNSEA, l’UDES et l’UNAPL dénoncent le risque d’une conférence sociale à deux vitesses

Depuis la loi du 5 mars 2014 sur la formation professionnelle et la démocratie sociale, la FNSEA, l’UDES et l’UNAPL sont désormais reconnues représentatives au niveau multiprofessionnel et national.

Le gouvernement choisit pourtant de les écarter de la conférence introductive qui se tient en présence des organisations interprofessionnelles (Medef, CGPME UPA) le lundi 7 juillet à 14h.

La FNSEA, l’UDES, l’UNAPL, qui rassemblent plus de 30% de l’emploi en France, dénoncent ce traitement inéquitable et le risque d’avoir une conférence sociale à deux vitesses, à l’heure même où les crispations économiques et sociales autour du Pacte de responsabilité nécessitent un rassemblement des forces vives le plus large possible.

Ces organisations agissent pourtant au plus proche des territoires et sont au coeur de l’économie de proximité. Elles sont, à ce titre, des acteurs de premier plan de la relance économique de notre pays.

Les 3 organisations demandent donc solennellement au gouvernement de procéder à l’élargissement de la représentation patronale qu’il a lui-même décidé. En outre, elles demandent qu’une grande attention soit portée aux propositions qu’elles formulent à l’occasion de cette conférence et notamment à leurs 50 propositions pour l’emploi.

Pour Xavier Beulin, Président de la FNSEA, Alain Cordesse, Président de l’UDES et Michel Chassang, Président de l’UNAPL « Le dialogue social ne peut pas se faire sans nous. Il ne peut y avoir deux poids, deux mesures. Les partenaires sociaux doivent être traités à égalité. Nous regrettons de ne pas être associés à la conférence introductive des partenaires sociaux avec le Président de la République. Nous aurions pu présenter des propositions innovantes, fédératrices et constructives, qui méritent d’être entendues

Présidence

L’assemblée plénière de la Conférence régionale de la santé et de l’autonomie qui compte 93 membres, m’a élu jeudi matin président. C’est un grand honneur et la reconnaissance de 35 années d’engagement au service des professions de santé libérales, puis dans les instances des hôpitaux publics, dans les associations médico-sociales et enfin comme élu socialiste.

Notre région qui cumule les mauvais indicateurs en matière de santé, de démographie des professions de santé est aussi pénalisée par des baisses de crédits incompréhensibles.

Dés fin aout, le bureau, puis la commission permanente et enfin les commissions spécialisées vont se mettre en ordre de marche

Réactions

« L’indépendance des juges est une condition essentielle de la démocratie. »Dans un rare communiqué diffusé hier, la présidente du tribunal de grande instance de Paris, Chantal Arens, s’est élevée contre les propos de Nicolas Sarkozy, en défendant l’indépendance des juges, dont « les décisions sont soumises au contrôle des juridictions supérieures ». Plusieurs représentants des magistrats et de la majorité socialiste ont rejeté jeudi les accusations de l’ancien chef de l’Etat, qui se dit victime d’un acharnement judiciaire et d’une instrumentalisation politique de l’affaire des écoutes. Il a été mis en examen pour trafic d’influence, corruption active et violation du secret professionnel, ce qui n’est pas rien !

Alain Juppé s’est élevé lui aussi contre les attaques injustifiées à l’encontre des magistrats..

La Cour européenne des droits de l’homme, c’est quoi ?

  Des droits des transsexuels aux verdicts d’assises, la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH), plus haute instance judiciaire chargée de veiller au respect des droits fondamentaux de 800 millions de citoyens en Europe et qui siège à Strasbourg, a souvent contraint les Etats à modifier leurs lois.

Son outil : la Convention européenne des droits de l’Homme, une charte contraignante signée par les 47 pays membres du Conseil de l’Europe, de la Russie à la Grande-Bretagne, en passant par la Turquie et l’Azerbaïdjan.

Cette convention aborde des droits aussi fondamentaux que la liberté de la presse, les droits parentaux, le droit au respect de la vie privée ou le droit à la vie. Ce qui peut amener la CEDH à se pencher sur des questions éthiques comme les droits parentaux des homosexuels, l’euthanasie ou le suicide assisté.

La CEDH ne peut statuer qu’en dernier ressort, une fois qu’un citoyen a épuisé tous les recours juridiques dans son propre pays. Ses arrêts sont susceptibles d’être renvoyés devant la Grande chambre de la CEDH, dont les décisions, définitives, s’imposent alors au pays concerné.

Celui-ci est ainsi contraint d’adapter sa législation à la jurisprudence de la CEDH ou d’offrir un nouveau procès au requérant. « La grande majorité des requêtes introduites à la Cour sont déclarées irrecevables », prévient la CEDH qui précise que « les décisions d’irrecevabilité sont définitives et ne peuvent pas être contestées ».

A partir de ce moment-là, la requête peut prendre plusieurs chemins différents : •Si l’affaire est clairement irrecevable « car elle ne remplit pas les conditions de recevabilité nécessaires pour saisir la Cour », elle sera examinée par un juge unique. « La décision d’irrecevabilité qu’il rend est définitive », explique la CEDH. •

Si l’affaire est considérée comme répétitive, « c’est-à-dire qu’elle soulève un point que la Cour a déjà jugé dans un certain nombre d’affaires concernant cet Etat », la requête sera examinée par un comité de 3 juges. •

Si l’affaire n’est pas considérée comme répétitive, elle sera examinée par une chambre de 7 juges. « Celle-ci peut toujours rendre une décision d’irrecevabilité qui sera définitive, mais si elle estime l’affaire recevable, elle se prononcera également sur les faits que vous dénoncez », assure la CEDH.

« La Cour peut constater qu’il n’y a pas eu de violation de la Convention, ou conclure au contraire que les droits des requérants ont été violés ». Dans ce dernier cas, elle pourra allouer une indemnité, destinée à réparer le préjudice subi. « Il est important de préciser qu’en aucun cas la Cour n’annulera une décision de justice nationale ».

Le jugement de la CEDH se traduit dans la forme d’un arrêt. Si l’arrêt est rendu par un comité, il est définitif et ne peut faire l’objet d’aucun recours. Un arrêt de chambre devient définitif à l’issue d’un délai de 3 mois durant lequel le requérant ou le gouvernement défendeur peut demander le renvoi de l’affaire devant la Grande Chambre en vue d’un nouvel examen de la requête.

Si la CEDH juge que les autorités françaises ont violé la Convention, « alors la France sera condamnée »i. « La France sera obligé de respecter la décision de la CEDH. Comme la Cour n’annule pas une décision de justice, c’est une autre instance administrative, comme un tribunal administratif, qui devra faire en sorte que l’arrêt de la CEDH soit respecté ».

Si la CEDH estime que la France n’a pas violé la Convention, « alors c’est la décision du Conseil d’Etat qui prévaudra ».

A qui la faute ?

extraits d’un dialogue entre Marcel Gauchet et Frédéric Lordon.

Remarquable analyse sur la situation actuelle de notre démocratie

Le déficit de confiance à l’égard de la gauche ne s’arrange pas. Qui est responsable ? «La faute à personne» et «tous coupables»: les deux sont vrais. Il est vain de chercher un responsable à qui tout faire endosser. La crise est générale et elle est très profonde ; elle n’a pas été suffisamment reconnue et mesurée. C’est là que se situe la vraie responsabilité.

Mais il est vrai que l’arrivée de la gauche au pouvoir, dans une impréparation complète, n’a rien arrangé. L’effet de l’alternance est épuisé. Le jugement de l’opinion est sans appel: tous les mêmes dans l’impuissance; rien à attendre du changement de personnel dirigeant.

Du point de vue du moral des troupes, ce n’est pas idéal. Le président finit par se résoudre à faire, au bout d’un an et demi, ce dont il avait commencé par nier la nécessité. C’est encore pire que s’il avait annoncé la couleur d’entrée. Et si au moins on avait le sentiment que cela va servir à quelque chose et qu’un vrai redressement est au bout ! Mais c’est sur ce point qu’il y a doute.

Les gens voient leur société se déglinguer de partout, en plus de l’extension inexorable du chômage: retraites, système de santé, système scolaire, et pas la moindre explication à la hauteur, pas la moindre perspective convaincante de la part de gouvernants qui ne pensent qu’à leur réélection, à leurs postes, à leurs nominations. On serait révolté à moins!

L’indifférenciation des politiques de la droite et de la gauche, notamment économiques, est le péril démocratique majuscule. Et la vie politique est empoisonnée de ces fausses alternances qui ont perdu tout pouvoir d’alternative. « L’occasion Hollande » cependant restera comme un moment d’une radicalité marquante, jusqu’à laisser passablement déboussolés les demi-habiles qui, sous couleur de profondeur historique, ânonnaient gravement «Bad Godesberg»

Le problème étant que nous sommes maintenant beaucoup plus près de Chicago que de Bad Godesberg. La droite est aussi nulle que la gauche, c’est entendu, mais est-ce une consolation? Il n’y a plus beaucoup de sens à continuer de se renvoyer la balle d’un camp à l’autre, sous les yeux d’un public pour lequel il est majoritairement acquis que c’est «du pareil au même». La responsabilité de la gauche est plus grande à cet égard que celle de la droite, parce que c’est elle, de fait, qui est en charge d’amener les idées dans le champ politique, là où la droite se contente de gérer de manière plus ou moins pragmatique.

Or sur ce chapitre elle a été dramatiquement défaillante. Nous avons changé de monde, et elle n’a rien à dire sur ce qui s’y passe. Elle s’y est ralliée honteusement, en se cachant derrière quelques incantations morales. Mais il y a aussi l’effet d’un climat général de la «pensée», si le mot est vraiment adéquat, où les idéologues réactionnaires ont tribune, micro et Académie ouverts, climat auquel certains médias auront pris plus que leur part.

Il y a des couvertures à répétition à base de minarets et d’«Islam sans gêne» qui font bien davantage pour le FN que tous les porte-à-porte, et notamment dans ces zones où, quoiqu’on n’y ait jamais vu le moindre immigré, l’extrême droite cartonne avec pour merveilleux atout des «images» d’immigrés bien plus «payantes» que tous les immigrés réels.

L’Europe est à la fois le vecteur et le miroir grossissant de ce qu’il y a de plus problématique dans le nouveau monde où nous avons basculé. Ses effets ne se résument pas aux résultats économiques peu probants de cette mécanique dont on nous annonçait monts et merveilles. Il y aurait beaucoup à dire là-dessus, mais il faut éviter l’enfermement dans l’économie qui est l’un des pièges intellectuels les plus dangereux du moment.

L’Europe est aussi une construction politique et c’est sur ce point que le bât blesse le plus. En fait de construction politique, il faut dire que c’est la construction la plus antipolitique qui soit. Car les peuples ont des besoins politiques, comme la fréquentation des économistes n’apprend pas à le comprendre. De ce point de vue, le monstre que nous avons bâti peu à peu est une machine à frustrer leurs attentes les plus profondes.

L’idée est juste, les moyens sont déplorables. L’édifice ne tient plus que par la peur d’en sortir et du saut dans l’inconnu que cela représenterait. Ce pourquoi il va durer, mais en ne nous laissant pour tout horizon qu’un marasme général. Il n’est que temps de siffler la fin de la récréation et de passer à la phase d’organisation qu’exige une «mondialisation durable». C’est ce qui aurait pu être la mission de l’Europe, en théorie…La montée de l’extrême droite est alors la pathologie réactionnelle qui suit immanquablement ce genre d’attentat au principe, quasi existentiel, de souveraineté démocratique. La grande réconciliation identitaire n’a donc vocation à se faire que dans la consécration d’un ordre social dominé par les mêmes puissants qu’aujourd’hui. Et le FN n’a jamais eu d’autre intention que de renouer avec le capital un compromis de classe, peut-être légèrement teinté de démondialisation, mais qui en préserverait fondamentalement les intérêts hégémoniques et la position directrice dans la société – et les classes ouvrières ne peuvent être davantage abusées.

où va-t-on?

ce soir, nous avons assisté sur TF1, dont le propriétaire, martin Bouyghe est le parrain du fils de l’ex président, a une pure opération de com, habile, mais scandaleuse. Notre république est un Etat de droit où il est possible à un justiciable de contester la validité d’un juge, où il est légitime de contester une procédure et où tout citoyen peut saisir la « justice » pour abus de droit.

Nous avons assisté ce soir à un show médiatique mené sur l’affectif et l’émotion, par un redoutable stratège qui veut entrainer l’opinion publique au delà du droit.Et celà ne remet en aucune manière en cause la présomption d’innocence. C’est l’attitude du prévenu qui la remet en cause!

où va donc notre démocratie? 

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