
Gibet, il avait l’air un peu crisprolls quand il m’a ramené cette interview, mais je crois pas que ça ait grand-chose à voir avec Authentik, la web-série en question – la web-série en question, elle est très fraîche, très bien jouée et globalement bien troussée dans le genre screwball comedy[…]
Interview – Halima Slimani, actrice d’Authentik
Gibet, il avait l’air un peu crisprolls quand il m’a ramené cette interview, mais je crois pas que ça ait grand-chose à voir avec Authentik, la web-série en question – la web-série en question, elle est très fraîche, très bien jouée et globalement bien troussée dans le genre screwball comedy sauce NTM – on te la recommande tous, sans exception, c’est le genre de trucs qu’à l’instar de Kaamelott tu peux mater avec papa et vous riez ensemble réconciliés. Halima Slimani, elle y joue le rôle de Nawel, adorable brune, bonus franc-parler et balls grosses comme ça, du genre dont les garçons mous tombent amour – ok c’est bon je sais pourquoi il était crisprolls le Gibet.

Gibet : C’est quoi ta formation ?
Halima : Depuis tout petite, je m’intéresse au cinéma. Je suis allée dans un lycée qui proposait l’option, j’y ai rencontré notamment Eric Deschamps, un réalisateur qui intervenait dans notre cours pour nous aider à préparer notre film du bac, il m’a recontacté après le lycée et j’ai commencé à faire un peu de régie sur des tournages. Un jour, par hasard, j’ai accompagné mon petit frère à un casting de Kechiche. J’ai retrouvé l’ambiance des plateaux de tournage et ça n’a fait que conforter mon envie. Finalement, à part un peu de théâtre plus jeune, je n’ai jamais été réellement formée au métier de comédienne.
Gibet : Ça t’a jamais posé de problème de légitimité ?
Halima : Non, dans le sens où je crois que c’est sur le terrain que t’apprends le plus de choses. Après c’est clair que ça ne te dispense pas de prendre des cours à côté et d’apprendre toujours plus en général parce que sans bosser y’a un moment donné où c’est pas suffisant et où t’avances pas.
Gibet : Pourquoi avoir choisi cette voie plutôt qu’une autre alors que tu semblais t’intéresser à tous les aspects du cinéma ?
Halima : Parce que c’est ce qui s’est présenté à moi disons, et que je me suis rendue compte que je kiffais ça. Je n’ai pas encore touché au reste du coup, je me contente pour le moment de m’y intéresser, mais ça viendra peut-être. Je me suis posé la question de m’orienter vers des études techniques. J’ai réalisé un petit film pour mon épreuve de bac avec une amie mais pas grand-chose de plus encore.
Gibet : Quels sont tes modèles ?
Halima : Disons qu’il y a les comédiens comme Catherine Deneuve que j’avais vue dans les films de Jacques Demy petite, qui te font rêver et qui forcément contribuent certainement à l’envie de faire du cinéma. Sinon j’admire beaucoup Vincent Lindon parce que c’est quelqu’un qui choisit ses films et qui a énormément de talent. Pareil pour Juliette Binoche. Dans les nouvelles têtes du cinéma français, j’aime beaucoup Tahar Rahim ou Sabrina Ouazani : ce sont non seulement de bons comédiens, mais on voit qu’ils font des films où ils s’éclatent et qui leur plaisent vraiment. Maintenant c’est sûr que c’est un luxe et qu’il faut un moment pour en arriver là mais bon, ça n’empêche pas certains, même déjà lancés, de tourner pour tourner… Je pense que c’est le pire dans ce métier : si tu kiffes pas chaque tournage, si tu bosses pas sur des projets qui te tiennent à cœur, je vois pas l’intérêt. J’ai aussi beaucoup de respect pour ceux qui s’essayent à la réalisation, comme Guillaume Canet ou Sara Forestier. Et j’avoue que je suis aussi une groupie qui se respecte depuis mes 8 ans : j’aime beaucoup Julia Roberts parce que même si elle a pas toujours tourné dans des chefs-d’œuvre, elle est toujours au top, ça s’explique pas.
Gibet : Tu rêverais de travailler avec qui ?
Halima : Avec des gens comme Jacques Audiard. Je crois qu’Un prophète fait partie de mes films préférés. J’aime ce genre de cinéma. Après dans un autre genre, j’aimerais bien me retrouver à tourner avec Fred Cavayé par exemple, je le trouve efficace dans son style, là où en général les Français ont du mal. Sinon (la question c’est avec qui je rêverais alors je ne me refuse rien) et sans originalité aucune, les mythes comme Clint Eastwood ou James Gray. Je suis aussi fan – dans un autre registre – des films de Christopher Nolan et Michael Mann dont j’adore la photographie.
Gibet : Est-ce que tu as actuellement des limites, que tu as l’impression de ne pouvoir dépasser qu’avec tel ou tel réalisateur ?
Halima : Je ne pense pas que les comédiens se disent « ça je veux pas le faire » d’avance. La question doit se poser quand c’est du concret. Disons qu’hors contexte, il y a plein de choses qui te bloqueraient et qui finalement se justifient si on t’offre un beau rôle. Du coup oui, ça dépend énormément de qui te dirige, enfin j’imagine, j’ai pas l’expérience pour pouvoir en juger mais c’est l’idée que je m’en fais : si t’as confiance dans le projet que te propose le réal, tu dois certainement te lancer quasi les yeux fermés alors que si d’emblée t’es pas dedans, forcément tes propres limites prendront le dessus. C’est comme dans la vie : tu te confierais pas forcément à un pote que t’apprécie mais qui est juste un pote de soirée alors qu’avec ton équipe tu sais que tu peux y aller.

Gibet : Comment tu as rejoint la série Authentik ?
Halima : J’ai rencontré Anthony par hasard à Paris lors d’un atelier où j’avais rendez-vous avec mon agent. On a sympathisé et il m’a rappelé quelques temps plus tard pour me proposer d’interpréter le personnage de Nawel dans la série.
Gibet : Comment ça se passe un tournage d’Authentik ?
Halima : C’est assez préparé, on ne se détache généralement pas du texte une fois qu’il est bouclé, mais lors des répétitions, Anthony change pas mal de choses en fonction de notre façon de dire telle ou telle réplique. Il est directif, donc, mais à l’écoute de nos propositions. Un épisode en règle générale se tourne en une demi-journée (à raison de 3 ou 4 prises par plan le plus souvent). Parfois il tournait deux épisodes dans la même journée.

Gibet : Tu as d’autres projets en cours ?
Halima : Je vais tourner un teaser de film d’horreur très prochainement (ça va changer de Nawel pour le coup) et un projet de long aussi qui se met en place, en espérant que ce n’est que le début !
Gibet : D’après IMDb, tu serais dans La Vie d’Adèle. Je me suis repassé le film dans la tête six fois en long en large au ralenti x300 je t’ai pas trouvée. Tu y es vraiment ? Comment tu t’y es retrouvée ?
Halima : Oui j’y suis vraiment ! Enfin… À l’origine ! J’ai tourné une vingtaine de jours pour finalement constater à Cannes que je n’apparaissais pas dans le film. Comme je l’ai dit, à la base j’accompagnais mon frère : la directrice de casting m’a dit de passer aussi un essai, et finalement j’en ai passé 5 et me suis retrouvé dans cette aventure. Beaucoup de scènes tournées ne sont pas dans le film mais bon, quand on voit le nombre de rushes qu’il fait, ça paraît assez logique. Je n’étais présente que dans les scènes de lycée et beaucoup de passages n’apparaissent pas. Cela dit Adèle et Léa ont dû tourner encore plus de scènes coupées alors bon… Avec les images qu’il a, il pourrait sortir encore 12 chapitres de La Vie d’Adèle je crois ! C’est sa façon de travailler.
Gibet : Qu’est-ce que tu penses du film finalement ?
Halima : Je ne regrette absolument pas d’avoir participé à ce film parce que j’ai fait de super rencontres, j’ai pu voir en vrai ce que c’était un tournage avec Kechiche, et surtout je trouve le film magnifique, comme tous ses films. Personnellement j’aime beaucoup ce qu’il fait, c’est un artiste à part entière. La Vie d’Adèle est un très beau film qui mérite son succès, tout comme Adèle Exarchopoulos qui est une formidable comédienne. Cela dit mon petit favori de Kechiche reste L’Esquive.
Le premier épisode de la série :
Seul en Mon Royaume

L’illustre Dylanesque – si vous savez plus quoi faire après avoir lu ce pavillon, allez voir et commenter ZIM, ça lui fera des sourires dans son coeur – nous revient avec un plaidoyer pour la branlette. Il avait écrit ça pour le numéro spécial cul du fanzine Klaatu mais le temps qu’il lâche sa[…]
Seul en Mon Royaume
L’illustre Dylanesque – si vous savez plus quoi faire après avoir lu ce pavillon, allez voir et commenter ZIM, ça lui fera des sourires dans son coeur – nous revient avec un plaidoyer pour la branlette. Il avait écrit ça pour le numéro spécial cul du fanzine Klaatu mais le temps qu’il lâche sa teub pour s’emparer de son stylo, le fanzine Klaatu existait déjà plus… Ne pleurons pas pour autant : Klaatu certes est mort, mais c’est pour mieux renaître de ses cendres sous la forme du bel Ithaac – dans lequel Dylanesque parle toujours, mais beaucoup plus de ses voyages que de sa bistouquette, au grand dam des dames – et son plaidoyer, pas de regret, vous pouvez maintenant le lire ici.
Seul en Mon Royaume
Tu me dis sexe, je te dis masturbation, car c’est la seule chose qui vaille dans tout ça. Je dis pas que le sexe à plusieurs, c’est pas bien. Je dis juste que le sexe tout seul, c’est mieux. Je trouve. C’est peut-être une histoire de nostalgie car au départ, au commencement de ma sexualité, je n’avais besoin de personne et je passais tout mon temps avec la personne que je connaissais le mieux et que j’aimais le plus : moi-même.
La première fois, j’avais douze ans et je faisais ça sans les mains, juste en me frottant parce que j’étais curieux de voir ce que ça faisait de frotter ce truc dur contre mon matelas. Au départ, ça donnait franchement pas grand-chose. Ne connaissant pas bien les aboutissants de la manœuvre, j’avais tellement peur de me mettre à pisser au lit que j’osais pas pousser le truc trop loin. Alors je me frottais, nuit après nuit, dans tous les sens. J’attendais d’être certain de pas me faire choper (une peur qui avait sûrement son rôle à jouer dans l’excitation) et je me frottais. Comme mes parents étaient pas du genre à m’expliquer les folies que mon corps en pleine puberté traversait et que l’Education Nationale préfère donner des cours de flûtes que d’apprendre à correctement se servir de la sienne, je progressais dans mon coin, en secret. En parfait autodidacte.
Quand on apprend à se connaître sans aucun regard extérieur, on développe rapidement ses habitudes, bonnes ou mauvaises. Quand le foutre a commencé à être suffisamment épais pour mériter l’appellation de foutre, il a fallu le réceptionner quelque part, plutôt que de laisser dessiner une forme étrange sur les draps, une forme qui aurait mis la puce à l’oreille de ma pauvre mère. Ma technique, c’était les mouchoirs. Mais pas les mouchoirs en papier dont l’on peut se débarrasser habilement en prétextant d’être toujours enrhumé. Non, j’utilisais des mouchoirs en tissu. Que je glissais sous le lit après utilisation. Que je réutilisais parfois, sans aucun sens de l’hygiène (qui vous apprend ça à douze ans, qui vous dit de ne pas nettoyer sa bite avec une telle saloperie ?). Je rassure mes partenaires, j’ai retenu la leçon aujourd’hui et pour ça, je peux remercier mes potes.
Qu’on soit clair, aucun de mes potes n’aura eu l’occasion de me nettoyer la bite. Mais avec eux, dès le collège (et j’ai le souvenir très précis de conversations dans le bus nous ramenant chez nous), on discutait de tout ça. D’abord, timidement. Avec certains dans le groupe qui étaient à la traîne et les autres qui se la racontaient et inventaient d’étranges records. Avec les filles qui trouvaient ça dégueulasse car elles étaient encore à l’époque de petits êtres purs fantasmant sur les yeux, et seulement les yeux, d’Orlando Bloom (à l’époque, c’était lui car Dicaprio était déjà vieux figurez-vous). C’était la belle époque de la découverte, du partage et des branlettes express dans les chiottes. Il suffisait de sentir le parfum de sa voisine de classe ou d’apercevoir le décolleté de la prof d’anglais pour n’avoir qu’une envie : rentrer chez soi et se faire du bien. Franchement, à cet âge-là, il aurait suffi de me dire le mot « Carmen Electra » pour que je me retrouve à frotter mon engin contre un mur et jouir dans mon caleçon Mickey.
Depuis, c’est devenu plus compliqué et ces temps innocents me manquent un peu. Heureusement, le truc bien avec la branlette, c’est que tu as juste besoin d’une bite, d’une main (gauche ou droite et vice et versa pour alterner les plaisirs), d’un poignet en bon état et d’un peu d’imagination (ou une bonne connexion Internet). Et même si on n’égalera jamais une première fois et toute la nostalgie qui va avec, on peut toujours se conforter en se disant que maintenant, on est des pros de la professions, des vieux de la vieille, maintenant on a des bagages et on maîtrise, t’inquiète.
Et maintenant, on est plus des puceaux. Souvent, on se branlait en rêvant du moment crucial où le réceptacle allait être un autre être humain plutôt que notre main. Mais même quand on passe cette étape, l’envie de plaisir solitaire ne disparaît pas. En vérité, elle se renforce car en plus de l’imagination et de l’image, on peut rajouter le souvenir, l’expérience et s’amuser à recréer nos moments de sexualité à plusieurs tout seul. S’amuser à trouver le meilleur substitut à l’organe féminin (il n’existe pas je crois) et surtout, passer des heures à refaire le match. Dans sa tête, à sa façon et souvent avec un happy-end encore plus happy que la réalité. C’est comme avoir la possibilité de repenser un moment de ta vie en mieux. Où tout ton égoïsme, toute ta mégalomanie et toutes tes envies les plus folles n’ont plus de limites. Oh, bien sûr, comme après l’amour, il y a toujours ce moment de culpabilité, qui peut durer une fraction de secondes ou plusieurs minutes (ça dépend de l’état d’esprit avec lequel tu te lances dans l’exercice et mon esprit est toujours plus ou moins dans un sale état) mais ça fait partie des règles du jeu.
On pourrait croire au premier abord que la masturbation est un art limité mais pas du tout. Il y a mille manières d’activer le flux sanguin dans son bout de chair et de le secouer jusqu’à ébullition, plein de moyens ! Que ce soit à travers l’imagination ou grâce à l’offre de Youporn (désolé d’être aussi corporate) qui, en un clic, nous permettent d’apprendre quelques notions d’anglais supplémentaires et de nettoyer son écran. La modernité dans ce qu’elle a de plus noble.
Chère Education Nationale, permets-moi d’ailleurs d’attirer ton attention sur le fait que tout ça, ça fait partie de l’éducation nationale : la découverte de soi, l’ouverture sur le monde, les langues étrangères, l’exercice physique, la créativité, la mémoire, l’orientation… Tout y est. À portée de main. Et sûrement depuis la nuit des temps, sans nous emmerder avec une quelconque réforme. On se branlait dans les cavernes, dans les châteaux forts, dans les tranchées et on se branlera dans les abris nucléaires, c’est certain. Pourtant, ça reste aujourd’hui l’un des trucs les plus tabous qui soit. Avec le bon public (c’est-à-dire pas ses parents qui doivent impérativement rester à l’écart de tout ça), on peut en rire de manière grasse ou subtile, y faire allusion à l’occasion, sans trop entrer dans les détails, en restant dans le général, l’universel. Mais il est rare de pouvoir en parler sérieusement.
Alors je suis, nous sommes, condamnés à nous branler en silence. On naît seul, on se branle seul, on meurt seul. Et quand notre heure viendra, notre machine à foutre retournera à la poussière et aucune chanson ne contera ses exploits, aucun récit ne fera passer à la postérité nos heures de gloire. L’onanisme est voué à l’éphémère, à l’oubli et une fois que t’auras joui dans l’anonymat, seule l’industrie du Kleenex sera satisfaite du résultat. Il faut l’accepter et vivre avec. Je ne dis pas que c’est forcément facile et que, parfois, l’envie de se branler à plusieurs se fait insistante, mais je dis que l’on peut surmonter ça et porter sa croix puisque c’est comme ça.
Je profite néanmoins de la tribune que m’offre ce blog pour laisser une trace ailleurs qu’entre mes doigts collants. Pour témoigner et partager ce qui représente une grande partie de mon quotidien tout comme je l’aurais fait à douze ans dans ce bus scolaire avec mes camarades explorateurs. Dans un exercice de thérapie à peine romancé (mais un peu quand même sinon à quoi bon ?), permettez-moi de vous livrer mes meilleurs souvenirs de masturbation. Mon top 5.
5) Le premier est ancien et se situe à la période où j’étais encore un novice mais pas tout à fait débutant. Je n’avais plus douze ans mais déjà quatorze. À quelques mètres du collège, un centre social distribuait des préservatifs dans l’espoir d’enrayer l’épidémie du Sida et en ne faisant au final que nous rajouter une couche de pensées perverses dans la tête. Avec les potes, on s’amusait à en récupérer à l’occasion, juste histoire d’en trimbaler dans nos poches et de raconter à qui voulait l’entendre qu’on avait perdu notre virginité depuis longtemps. Un jour, j’ai essayé de me branler en enfilant le bout de plastique sur mon jouet sans que ça aboutisse vraiment. Par contre, j’ai alors découvert que le truc visqueux qu’ils foutaient dessus avait des capacités à rendre la glissade encore plus glissante et savoureuse. Ma découverte du lubrifiant se fit donc tout seul, comme un grand et ce fut grandiose.
4) J’ai entretenu pendant longtemps une relation longue distance avec une américaine. L’Océan qui nous séparait nous obligeait à communiquer via Skype et à faire monter la sauce par webcams interposées. Et la sauce, elle montait, elle montait et une fois, elle est arrivée à ébullition au moment où ma connexion Internet a coupé, et je me suis retrouvé à la balancer sur mon écran où l’image de la généreuse poitrine de mon américaine était restée figée dans le temps. Inattendu. Magique. Inoubliable.
3) À moins d’être vieux, la grippe a du bon. Elle permet de manquer les cours, d’avoir des rêves étranges, de tutoyer la mort pour de faux et surtout, elle permet d’avoir un corps bouillant de chaleur, ce qui est parfait pour une bonne branlette. Ce n’est pas comme ça qu’on peut faire descendre la fièvre, mais c’est comme ça qu’on bout jusqu’à l’explosion volcanique. Et même si c’est pas remboursé par la Sécu (alors que c’est génial contre le stress et les maux de têtes et que ça coûte moins cher qu’un Doliprane), ça méritait bien de figurer en 3èmeplace du classement.
2) Se masturber, c’est aussi accepter son statut d’animal, de mammifère, de primate. C’est un plaisir simple, tout à fait naturel et quand on le pratique dans la nature, la communion est encore plus grande. Je l’ai appris à mon plus grand plaisir lors d’une randonnée en direction du Mont Tibidabo, près de Barcelone. Là-bas, dans une forêt sauvage mais pas trop (car des touristes s’y aventurent tous les jours), j’ai décidé de faire une pause dans les fourrés pour faire profiter à ma queue de l’air pur et l’astiquer sous un arbre millénaire. Fortement excité par la potentielle apparition d’une âme qui vive et fortement lubrifié par la sueur, je jouis alors d’une force inédite avec comme seul témoin Mère Nature.
1) On a beau dire du mal des moines, l’abstinence a du bon. Car après l’abstinence, vient la délivrance tant attendu. Un séjour scolaire de longue durée m’avait forcé pendant de longues nuits à laisser ma bite tranquille et j’en étais fort attristé (en plus, à force, ça fait mal). Mais quelle ne fut pas ma surprise quand l’heure du retour fut venue : mon sexe avait retrouvé une nouvelle jeunesse, il s’éleva plus fort, plus dur, plus fier que jamais. Son repos mérité lui avait offert un nouveau visage et une énergie retrouvée. Une endurance insoupçonnée. Ensemble, on s’envoya en l’air toute la nuit et l’orgasme qui s’en suivit fit trembler tout mon corps, me laissant sans souffle. Je m’endormis avec un sourire béat sur les lèvres et je passai la nuit la plus paisible de ma vie. Sans penser une seule seconde à la misère, à mon cœur brisé ou à la mort.
Que mes conquêtes se rassurent : j’ai aussi pris beaucoup de plaisir avec elles (que l’autre sexe se rassure : je ne parle pas ici de masturbation féminine car je suis un homme, mais je suis prêt à en apprendre davantage). Et j’ai alimenté mon plaisir personnel avec beaucoup d’images de vous dans un tas de situations bien dégueulasses. Ouais, rassurez-vous. C’est juste que je suis jamais mieux servi que par moi-même et ça, c’est un cliché qui est vrai.
Toute grande apologie se doit de comporter au moins une citation alors je citerais Louis CK. Un américain qui utilise sa vie comme matière à produire les spectacles et les séries les plus sincères, belles et tristes que j’aie pu voir. La masturbation est présente partout dans sa création et ça lui tient tellement à cœur qu’il défend la branlette dès qu’il en a l’occasion (un peu comme Christine Boutin défend la connerie dès qu’on fout un micro devant sa tronche). Comme Louis s’exporte peu dans nos contrées, je vous propose un extrait traduit à ma façon de ses propos les plus pertinents sur le sujet. Il répond ici (dans une interview tout à fait fictionnelle) à une jolie militante chrétienne anti-branlette. Et il dit ça :
« J’aime bien me branler. C’est facile, c’est fun et ça ne fait de mal à personne. Alors qui êtes-vous pour dire aux gens de ne pas se branler ? Personne ne peut s’en empêcher. Ce serait comme dire aux gens de ne plus respirer. Depuis qu’il existe des gens sur la Terre, chacun d’entre eux s’est branlé. Napoléon se branlait. Gandhi. Joan Jett. Shakespeare. Se branler est très important pour moi. Ca me fait garder l’équilibre. Je suis un bon citoyen, un bon père, je recycle et je me branle. Et j’en suis fier. Alors je déteste les chrétiens comme vous car vous n’avez pas le droit de nous dire ce qu’on doit faire. Et Dieu doit sûrement vous détester aussi. Et Dieu doit sûrement se branler en pensant à vous. »
Amen.
Marilyn Monroe – Interview de Juliette Barry, réalisatrice-actrice de Manège Hollywood

J’ouvre l’autre jour ma boîte mail et, parmi les mails de personne, j’en vois un qui se nomme MANÈGE HOLLYWOOD avec des petits trucs comme des smileys tout autour. J’ai cliqué, et c’est comme ça que j’ai fait la connaissance de Juliette Barry, réalisatrice et actrice qui non seulement aime[…]
Marilyn Monroe – Interview de Juliette Barry, réalisatrice-actrice de Manège Hollywood
J’ouvre l’autre jour ma boîte mail et, parmi les mails de personne, j’en vois un qui se nomme MANÈGE HOLLYWOOD avec des petits trucs comme des smileys tout autour. J’ai cliqué, et c’est comme ça que j’ai fait la connaissance de Juliette Barry, réalisatrice et actrice qui non seulement aime Marilyn Monroe mais qui en plus le dit dans ses films.
Photo by Lucie Legros
Gibet : J’ai cru comprendre que tu avais une formation d’architecte. Pourquoi tu fais des films et pas des immeubles ?
Juliette : J’ai fait Maths Sup après le bac parce que j’adorais les maths mais je n’ai pas aimé Maths Sup, ni le métier d’ingénieur. J’avais besoin de quelque chose de plus créatif. J’ai vu une conseillère d’orientation : pour elle, maths + créa = archi. J’ai donc fait archi un peu par hasard, je ne savais même pas qui était Le Corbusier. En première année, il y avait une option art où un des profs m’a fait faire mon premier court-métrage. À ce moment-là, j’ai su que je voulais être réalisatrice. Mais je ne connaissais ni ce métier ni aucune personne qui, de près ou de loin, travaillait dans le cinéma, la télé ou autre. J’ai commencé le théâtre en parallèle de mes études d’archi et j’ai répondu à des concours de court-métrages de la région NPDC et appris sur le tas le métier de réalisatrice et scénariste. Pour finalement reprendre un Master cette année à la Sorbonne en Cinéma et esthétique.
Gibet : En fait, les réals avec une formation d’architecte c’est pas si rare je crois. Aussi le lien entre ciné et architecture est souvent fait par les critiques – en gros ce serait deux arts de l’espace. Est-ce que tu penses que le fait d’avoir ça sous le bras ça te sert ?
Juliette : Pour moi, réalisateur c’est exactement le même métier qu’architecte, en mieux. En tout cas, c’est les mêmes compétences requises. Il faut créer un projet, de l’esquisse à la remise du chantier / projection publique. Pour ça, l’architecte, comme le réal, a besoin de techniciens qui maîtrisent un art particulier que l’archi / le réal maîtrise moins bien que lui (plomberie / électro, maçon / machino…). Ce sont deux métiers de chef d’orchestre.
Gibet : Dans ton CV, c’est marqué que tu as travaillé au théâtre avec un certain Nicolas Barry – tiens donc ! Tu es issue d’une famille d’artistes ?
Juliette : Marrant que tu relèves ça. Nicolas Barry c’est effectivement mon petit frère. Il est metteur en scène / comédien (il joue mon frère dans Bite en bois ). Mais non, nous sommes deux électrons dans une famille d’ouvriers pour les grands-parents, puis médecins pour mes parents, et aucun cousin ni oncle ni quoi que ce soit avec du sang commun qui soit artiste chez nous. Je ne sais pas d’où ça nous vient. Mais ça n’est pas évident d’être seul, du coup on a perdu tous les deux beaucoup de temps…
Gibet : Le fait que dans presque tous tes films tu t’intéresses à des prolos, c’est un geste politique ou c’est purement esthétique ?
Juliette : Je ne sais pas. Je m’inspire des gens que je croise dans ma vie et certains me touchent plus que d’autres… Parfois je fais des choix un peu politiques, parfois esthétiques, je n’ai pas vraiment de méthode. Le principale c’est de parler de tout sans tabous et de dédramatiser toutes les situations et les relations humaines.
Gibet : Tu fais beaucoup de films dans le cadre de concours – une fois la Macif, une fois le CROUS, trois fois Dick Laurent… – tu cherches la contrainte ?
Juliette : Non. Par contre j’aime bien en avoir, ça permet d’avancer plus vite. Comme en archi avant de faire un projet, le client vous donne d’abord les contraintes, ses envies, et après on y va. De toute façon, quand tu fais un film, il y a toujours des contraintes, même hors des concours. Je fais les concours parce que ça permet de produire des choses et de rencontrer des gens.
Gibet : En général tu arrives avec une idée que tu essaies de faire entrer dans les contraintes ou tu pars des contraintes pour construire ton film ?
Juliette : Les deux. Parfois j’ai écrit un dialogue que j’aime bien et j’essaie de le mettre dans un film. Mais je n’ai jamais eu un film entier que j’essaie de faire rentrer dans des contraintes.
Gibet : Tu es frustrée quand tu joues dans les films des autres, par exemple de n’avoir que ça à faire ?
Juliette : Bien au contraire quel plaisir de jouer pour les autres. Dans l’idéal j’aimerais ne jouer que pour les autres et réaliser sans moi dedans.
Gibet : Ça veut dire que tu joues dans tes films par défaut ? Pourquoi ?
Juliette : Parce que pour l’instant on ne me propose pas assez de rôles pour que je demande à d’autres comédiennes de jouer à ma place. En d’autres mots je ne travaille pas encore assez pour ne pas me payer le luxe de me pistonner dans mes propres films. Ce n’est pas vraiment par défaut puisqu’en général j’aime mes personnages. Par contre ça met plus de stress sur un tournage.
Gibet : Est-ce qu’il existe une version longue de Bite en bois? Je trouve le film rigolo sous sa forme actuelle, mais j’ai l’impression qu’il y avait matière à faire plus long, genre un beau road-movie avec le frère et la sœur qui prennent la route pour aller voter, et toute la galerie de personnages.
Juliette : Le scénario est effectivement beaucoup plus long (15 minutes) mais il n’a jamais été réalisé. Au départ l’idée c’était de filmer le dîner en famille le midi d’une élection présidentielle quand les enfants ne sont pas allés au bureau de vote.
Gibet : Pourquoi tu n’as pas réalisé le film entier ?
Juliette : Pour des questions de budget… Chercher de l’argent c’est long et ça n’en ramène pas donc à côté en général je bosse pour gagner ma vie et certains projets restent inachevés. Mais pas pour toujours non plus.
Gibet : Parlons un peu de Marilyn Monroe. D’où te vient ton intérêt pour elle ?
Juliette : La photo de Marilyn en tutu était dans la chambre de la grande sœur d’une amie en primaire. Je ne savais pas qui était dessus, mais je faisais de la danse classique à l’époque et j’étais fan du tutu de cette fille dont je ne savais rien. Vers 15/16 ans, je me suis acheté cette photo et je l’ai fait encadrer, puis j’ai commencé à m’intéresser à Marilyn Monroe en lisant sa biographie sur la plage – La Véritable Marilyn Monroe par Bertrand Meyer-Stabley.
Gibet : Dans quelle mesure tu t’intéresses à elle ? Je sais pas, par exemple tu collectionnes ? Tu vois et revois ses films fréquemment ?
Juliette : Elle me touche, et l’époque où elle vivait me touche aussi. Je ne collectionne pas du tout, avant les gens m’offraient toujours un truc Marilyn Monroe mais je n’ai pas gardé grand-chose. Je pense que j’étais jalouse d’elle, pas physiquement, pas intellectuellement, pas de sa carrière ni de sa vie, mais jalouse de ce que je lisais d’elle, ce que les gens disaient d’elle. Elle me touche physiquement j’aime son corps et sa démarche.
Gibet : Dans ta note d’intention pour Manège Hollywood, le projet que tu cherches actuellement à financer sur Touscoprod, tu parles de ta fascination pour la fameuse photo de Milton Greene, et c’est amusant car quand on regarde tous tes films, cette photo c’est une sorte de motif. Dans Toutes des salopes… surtout ma mère, on voit la photo en arrière-plan dans la chambre de la fille et dans Le syndrome Marilyn sans détour tu fais une reconstitution cauchemardesque de la séance photo. Qu’est-ce qui te parle dans cette photo plutôt qu’une autre ?
Juliette : Je l’ai dit au-dessus : le tutu. Dans Le syndrome Marilyn, c’est une histoire vraie, il était trop petit pour elle le jour de la séance photo. Ce rapport au corps de la femme qui ne rentre pas dans un tutu me touche particulièrement.
Gibet : Qu’est-ce que ça incarne pour toi ? La difficulté de répondre au devoir de féminité ?
Juliette : Entre autres. Aussi une sorte de démystification de l’icône qui redevient normale quand on connaît l’envers du décor… Mais cette démystification des gens arrive aussi dans la vie courante.
Gibet : Moi aussi ma fascination pour Marilyn est partie d’une photo, et je pense que c’est significatif car nous autres français nous avons principalement accès à elle par le biais de ce que font les Don Draper de son image – ses films ne sont pas montrés. Tu trouves pas ça triste ?
Juliette : J’aime beaucoup les films de Marilyn mais ils commencent à vieillir, c’est difficile de sensibiliser les nouvelles générations aux anciens films, il sort déjà rien qu’en France plus de 200 films par an…
Gibet : C’est vrai que c’est un cinéma qui peut être très codifié, et c’est dur de montrer ça sans s’excuser un peu – je vais vous montrer Sept ans de réflexion, faites pas gaffe si le type parle tout seul 50% du temps… C’est quoi ton film favori de Marilyn ?
Juliette : Je pense que c’est Sept ans de réflexion, justement. Mais je ne les ai pas tous vus. Dedans je latrouve très très drôle et assez subtile, malgré des situations un peu clichés.
Gibet : Et en général, tu aimes quel cinéma ?
Juliette : J‘aime rire au cinéma, j’aime beaucoup les dialogues et l’humour des films anglais – Cashback est à ce jour un de mes films préférés. J’aime l’humour noir et les dialogues cinglants du type Blier. J‘accordeune véritable importance aux dialogues. J‘adore le cinéma de Nadine Labaki et des actrices dont elle s’entoure, Lubna Azabal, Morjana Alaoui –et la réalisatrice Cherien Dabis et ses comédiennes Alia Shawkat, Nadine Malouf. J’aime aussi beaucoup les nouveaux réalisateurs français : Antonin Peretjatko, Justine Triet… Enfin, j’adore les blockbusters indiens : New York, Bol Bachchan, Housefull, Ek Tha Tiger… C’est un peu mon péché mignon.
Gibet : Dans Toutes des salopes… la fille naît le jour de la mort de Marilyn. Dans Manège Hollywood, la fille s’appelle Marilyne car sa mère est née le jour de la mort de Marilyn. Tu as conçu le second comme une suite du premier ?
Juliette : Ça fait trois ans que j’essaie de produire Manège Hollywood. Et du coup entre temps j’ai fait d’autres choses, mais toujours nourries de ce projet final.
Gibet : Manège Hollywood est de loin ton projet le plus ambitieux. Ça faisait un moment que tu l’avais sous le coude ?
Juliette : Trois ans de galère ! Diplôme d’archi en poche et une super idée de film dans la tête, je retourne vivre chez ma mère pour écrire. En six mois j’ai écrit un long-métrage : La dernière blonde. Dans la version originale, il y avait des parallèles entre la vie de Marilyne Mamhed, l’héroïne, et celle de Marilyn Monroe. Je n’ai jamais réussi à trouver de producteur. J’ai perdu beaucoup de temps à faire des dossiers de bourses, à démarcher des prods… J’ai présenté mon projet à la région NPDC qui le trouvait très intéressant mais pas assez abouti et moi trop débutante en tant que réalisatrice. Du coup après des semaines de réécriture par ci par là, entre mon taf de comédienne, d’architecte (je ne bosse plus en tant qu’archi depuis un an), de serveuse. Mon long-métrage est devenu un court de 25 minutes : Manège Hollywood. Me voilà dans la dernière ligne droite.
Aimé lecteur, joufflu lecteur, si tu veux aider Juliette à franchir la ligne d’arrivée, c’est pas dur, tu cliques sur la photo juste au-dessus, et tu sors tes p’tits dollarz.
Misères du capitalisme 1 – Le prix du ciel

Ce jour-là, j’ai vraiment cru au grand soir…
The Blade c’est nul

Avant de laisser la parole à l’ami Robin, je voudrais m’adresser à l’adresse de Correct Man, le petit malin qui s’amuse à commenter les fautes, qui prend du plaisir à m’humilier car dans la rue on n’apprend pas le subjonctif : tu peux lire cet article autant de fois que tu veux, en travers, en[…]
The Blade c’est nul
Avant de laisser la parole à l’ami Robin, je voudrais m’adresser à l’adresse de Correct Man, le petit malin qui s’amuse à commenter les fautes, qui prend du plaisir à m’humilier car dans la rue on n’apprend pas le subjonctif : tu peux lire cet article autant de fois que tu veux, en travers, en large, en long, par-dessus la jambe à la loupe, tu peux chercher plus qu’un CNRS, les fautes se sont toutes effacé j’ai relu CINQ FOIS mon gars CINQ je suis même pas sûr que aux Editions de Minuit ils le fassent quatre. Et d’abord, c’est pas un peu paradoxal de jouer le garde-fou du bon usage de la langue en se faisant appeler Correct Man tellement empreint d’impéralisme américain d’abandon de la lutte contre le progrès qui creuse chaque jour un peu plus le fossé entre le littéraire et l’oral ? PS : pourrais-tu me faire un petit rappel sur l’accord du participe passé avec les verbes pronominaux je galère putain ?

Tsui Hark est un réalisateur hongkongais qui jouit d’une belle réputation parmi les amateurs de films de baston et les puristes du cinéma de genre asiatique. Le genre de mec qui suscite une forme de respect convenu dès que son nom est évoqué. Le genre de mec que tu dois connaître si tu veux briller en société (je parle d’une microsociété bien définie et toujours déterminée à fixer les codes du bon et du mauvais goût). Alors avec mon cinéphile de coloc, on s’est dit que ce serait pas mal de se mettre à la page et d’aller jeter un œil à la filmo de Tsui Hark. C’était il y a quoi ? Un an et demi ? Et on a regardé Time and Tide. « Vous allez voir, c’est génial ». Aujourd’hui je ne me souviens quasiment que de flashs, de chinois en costards et de lunettes de soleil mal ajustées. AUTANT VOUS DIRE QUE CELA NE NOUS A PAS VRAIMENT MARQUÉS. Complexe mais spécieux, mouvements de caméra expérimentaux, peut-être un manque de fibre sensible à un certain cinéma, j’en sais rien.
Et puis, allez, poussés par d’autres commentaires dithyrambiques, on a maté The Blade. A priori, ça nous bottait plus, parce que c’est un remake plus ou moins avoué de la trilogie du Sabreur Manchot, Un Seul Bras Les Tua Tous, Le Bras de la Vengeance, La Rage du Tigre, un truc des Shawn Brothers bien fendard qui a notamment inspiré Tarantino pour Kill Bill. Du bon fight à l’ancienne avec plein d’honneur chinois à l’intérieur, des mecs qui volent dans les airs accrochés à des fils, du carton-pâte et des acteurs que tu retrouves dans les différents films avec différents rôles.
The Blade donc. Première chose, j’ai pas vu énormément de nouveautés sur le plan du remake. Globalement, on reste sur une histoire – au regard de mon expérience de ce genre de film – classique. Le schéma est clair, lisible, convenu, ce qui, en soi, n’est pas vraiment un défaut. En gros, au début, le mec est victimisé, estropié, puis vient la phase d’apprentissage qui laisse place au moment où il défonce tout le monde avant de repartir en mode Poor Lonesome Fighter.
Pour ce qui est de la narration, en revanche, il y a un ajustement : on met en place un personnage féminin, témoin et actrice des événements, qui raconte tout le bordel. Cette femme est supposée être au centre d’un trio amoureux-amis avec un autre mec, Tête d’Acier, qui, disons-le sans détour, ne sert strictement à rien (il se fait bananer tout le film). Problème, ce trio n’a aucune dynamique, il ne sert qu’à alimenter les fantasmes de la nana qui a envie que les deux bonhommes se battent pour elle. Ce moment n’arrivant jamais, car l’intrigue principale bouffe tout, on se retrouve avec deux personnages qui, à côté du héros, font plus office de pots de fleurs que de faire-valoir. Le pire, c’est que le film se boucle sur ce trio ectoplasmique, ce qui m’a laissé un peu circonspect car je n’y ai vu aucun intérêt tout au long de l’histoire.

Passons à la réalisation. Il faut bien reconnaître que Tsui Hark s’efforce d’imprimer du mouvement, voire une certaine frénésie à ses scènes d’action là où elles étaient pour les trois films originaux parfois un peu rébarbatives et mollassonnes. Seulement, j’ai été très déçu par le manque de lisibilité des combats. La plupart d’entre eux se déroule la nuit (sauf le dernier qui est de loin le plus réussi), ce qui n’aide effectivement pas. Le montage est tellement épileptique que t’as l’impression de regarder l’action à l’intérieur d’un blender : je pense notamment à une séquence particulière qui se déroule dans des sortes de barrières de bambous enchevêtrés, en mode « vas-y je te ponds une scène hyper originale avec des perspectives différentes » mais qui a pour seul effet de hacher complètement le rythme et la visibilité. T’as un peu envie de chasser de la main ces bambous de merde, comme t’as envie de chasser le mec qui se met devant ton écran quand tu regardes un match de foot.

Ajoutons à cela des effets de lumière et des mouvements de caméra qui m’ont semblé un peu prétentieux par rapport au sujet et qui m’ont plus amené dans le registre du grotesque que de l’héroïque. J’ajouterais enfin que les interventions incessantes de la narratrice qui déballe ses émois sentimentaux ont pour conséquence de casser la dynamique du film, qui ne connaît jamais cette montée en puissance qui sert bien le genre d’habitude.
Bref, The Blade, c’est un peu comme cette expo d’art contemporain qu’on t’a chaudement recommandée. T’y entres, tu regardes tout, t’aimes pas, tu trouves ça sans intérêt, t’es convaincu que c’est de la merde, mais t’as quand même cette sale impression d’être un plouc parce que tout le monde dit que c’est génial.
Petit guide pour s’y retrouver dans nos vidéos

Cher lecteur, ô doux lecteur, nous pardonneras-tu notre inconstance ? T’as dit oui ? Ok ! T’as dit non ? Voilà pourquoi il faut dire oui : Pendant que tu t’éreintes à efcinquer ces belles pages sans que celles-ci ne remuent le moindre frisson de pixel, on n’est pas crois-moi à la playa à[…]
Birds

Hello les petits loups, on a fait une vidéo 😀
Marilyn Monroe – Le secret de la dernière malle de Marilyn, Antoine Robin et Nan, 2014

Antoine Robin et Nan, ils ont essayé de faire un docufiction polar sur Marilyn Monroe. C’est loin d’être une mauvaise idée. Antoine Robin et Nan, ils l’ont écrit par dessus la jambe leur docufiction polar sur Marilyn Monroe. C’est loin d’être un bon film. Le pré-film Avant la diffusion du docu[…]
Marilyn Monroe – Le secret de la dernière malle de Marilyn, Antoine Robin et Nan, 2014
Antoine Robin et Nan, ils ont essayé de faire un docufiction polar sur Marilyn Monroe. C’est loin d’être une mauvaise idée. Antoine Robin et Nan, ils l’ont écrit par dessus la jambe leur docufiction polar sur Marilyn Monroe. C’est loin d’être un bon film.
Le pré-film
Avant la diffusion du docu le 16 janvier au soir, France 5 a fait du teasing plusieurs jours à l’avance sur Twitter. J’ai cru naïvement que ces tweets très « petit clicheton de polar foireux » étaient pas à prendre au sérieux.


En fait si. Le film c’est précisément ça. Du Dan Brown. Du Dan Brown sans intrigue.

Pré-générique : « Marilyn Monroe a été inhumée le 8 août 62 à Los Angeles. Et pourtant, elle est encore tellement vivante. Ce jour-là, elle a emmené avec elle bien des secrets. Et moi, j’en ai découvert un récemment, dans une malle, une très vieille malle. Je m’appelle Ho Chi Hai. Je suis japonais. Une malle. Marilyn. Le Japon. Les premiers indices d’une énigme que seule la grande Marilyn a été capable d’écrire. » Le petit japonais parle avec une grosse voix très grave très virile (et monocorde) alors qu’il a la carrure de Christian Clavier.
02:16 : « Tout a commencé à Tokyo. Ce matin-là je me souviens du silence. »
04:18 : Le petit japo bosse pour « la princesse », qui collectionne des trucs, et elle veut revoir la plus belle pièce de sa collecti LA MALLE EST VIDE ?! MAIS PUTAIN
04:50 : Bon du coup l’enjeu ça va être « d’où vient cette malle ? est-ce que c’est une vraie ? »
05:15 : Première étape, le petit japo va voir le type qui a organisé la vente de la malle en… 2005. Attends, ça veut dire que la princesse a attendu sept ans pour lancer mollement le processus de vérification ? Elle a pas un prince pour lui coller une mandale quand elle balance 10 000 dollarz à la flotte sans vérifier ce qu’elle achète, cette bouffonne ?
10:57 : La plus nulle énumération de l’histoire des énumérations, « Ils sont nombreux à avoir suivi les cours de Lee et Paula Strasberg : Brando. James Dean. Et tant d’autres. »
12:05 : Petit Japo s’est totalement paumé là. Il s’est mis à nous expliquer qui étaient les Strasberg, pour justifier que c’est eux qui ont hérité de la malle, et du coup il est allé voir Lois Banner, historienne, et il s’est mis à nous expliquer sa méthode, et du coup elle est en train de montrer une carte de Noël envoyé par Montand et Signoret à Marilyn LA MALLE PUTAIN
12:20 : Je viens d’avoir une idée de blague. Comment ça s’appelle quand tu fais Noël avec Montand ? The Christmas Yves.
13:57 : Après avoir lu le testament de Marilyn, Petit Japo dit « Ce 14 janvier 1961, Marilyn pensait-t-elle déjà à la mort. » (je me suis pas trompé dans la ponctuation, il fait vraiment ça comme intonation).
14:50 : Donc à peu près 6 minutes pour nous expliquer qui étaient les Strasberg. La prochaine fois, Petit Japo, tu peux dire ça : « Lee et Paula Strasberg étaient ses professeurs de théâtre ; comme ils lui étaient très précieux, elle leur légua une part importante de ses biens. » 20 secondes montre en main, et encore c’est en parlant posay.
15:00 : Le commissaire-priseur confirme que la malle a bel et bien appartenu à Marilyn.
15:15 : « Voilà donc où j’en suis. Nulle part. »
15:34 : Lois Banner n’a pas de trace de l’achat de la malle par Marilyn.
20:40 : Petit Japo a eu l’idée de demander de l’aide à la team Louis Vuitton, car c’est une malle Louis Vuitton. Cette malle a été achetée par Cornelius Vanderbilt le 16 juin 1909.
21:51 : « Vanderbilt. Monroe. Franchement, je ne vois pas bien le rapport entre les deux. À voir. » Putain il aurait tapé ça sur Google, le film aurait pu s’arrêter.
25:00 : Le biographe des Vanderbilt explique que c’est l’actrice et amie de Marilyn Gloria Vanderbilt qui aurait donné la malle. Petit Japo : « J’ai l’impression qu’il dit ça pour me faire plaisir. » ÇA SUFFIT POUR INVALIDER L’HYPOTHÈSE APPAREMMENT
25:46 : Petit Japo est allé voir l’hôtel Vanderbilt dans lequel Marilyn a logé… et vu qu’il n’y a pas de malle dans l’ex-chambre de Marilyn, ça confirme son intuition.
26:30 : « Tu sais quand Marilyn et Joe DiMaggio se sont mariés, ils sont venus ici au Japon pour leur voyage de noces. C’est peut-être lui qui le lui a offerte » propose la princesse après le rapport de Petit Japo. Et Petit Japo trouve ça recevable comme hypothèse. Avoir fait ton voyage de noces au Japon ça prouve qu’à un autre moment de ta vie tu as racheté une malle Louis Vuitton à Cornelius Vanderbilt pour l’offrir à ta gow.
26:44 : Ah ouf, j’ai cru que c’était totalement irrationnel, mais en fait c’est un prétexte scénaristique pour faire une digression indispensable sur Marilyn et Joe.
29:31 : Petit Japo décide d’aller parler avec un intime de Marilyn. MAIS PUTAIN LA PISTE DES VANDERBILT
30:33 : Nouvelle digression, sur la relation entre Marilyn et Jim machin truc son pote.
31:54 : « Le début d’une amitié qui continue encore aujourd’hui. » MAIS ELLE EST MORTE PUTAIN ARRÊTE DE DIRE N’IMPORTE QUOI
33:03 : Nouvelle digression dans la digression, sur la relation avec Miller. LA MALLE PUTAIN
37:00 : Comme prévu, Jim avoue ne rien savoir sur la malle… « Jim ne voulait pas me laisser comme ça, reprend Petit Japo le coeur en fête, alors il m’a orienté vers un type qui possède une malle. » OH PUTAIN MAIS PAYE TA PISTE POURRIE
37:15 : « J’y suis allé, franchement. Au point où j’en suis. » La piste des Vanderbilt ? Toujours pas ?
40:16 : Le type à la malle était un collectionneur aussi, et il a servi à rien. Maintenant, Petit Japo parle avec Anthony Summers, un des premiers biographes de Marilyn. Quand je dis il parle, crois pas qu’il se renseigne sur la malle, ils discutent de sa mort, de son psy…
42:26 : Summers dit qu’en 1961 Marilyn est allée acheter des trucs au Mexique. Petit Japo : « C’est ma dernière chance. Je dois aller au Mexique. »
44:51 : Digression de deux minutes pour causer avec le photographe qui a saisi furtivement la chatte de Marilyn Monroe à son arrivée à Mexico. Petit Japo : « Bon évidemment, il ne sait rien sur ma malle. » …
46:24 : La caméra vacille. Un mexicain qui a écrit un bouquin sur le séjour mexicain de Marilyn révèle qu’elle a côtoyé un Vanderbilt pendant son séjour.
47:08 : « J’ai beau cherché, je ne vois toujours pas le lien avec Marilyn. Et ma malle. » PUTAIN PETIT JAPO TU ME SAOULES
49:53 : Anthony Summers révèle tout, Frederick Vanderbilt Field, un gros bourge coco réfugié au Mexique, a eu une liaison avec Marilyn, et c’est lui qui a lui a envoyé les trucs qu’elle a achetés à Mexico aux States… dans une malle Vuitton. Le pire c’est que Summers dit ça kilou comme s’il avait tout pigé depuis le début.
51:10 : « Voilà. C’est la fin de mon histoire. Enfin pas complètement. Car je n’ai pas tout dit à ma princesse. » Va crever.

Le post-film
Merde, ça partira jamais. C’est la plus grosse connerie de ma vie, elle va m’engueuler pendant un an, peut-être si je frotte OH NON MERDE C’EST PIRE C’EST PIRE MERDE ohlala
– HO CHI HAI, TU VIENS ICI TOUT DE SUITE
Oh noooon.
– Je suis très en colère, Ho Chi Hai.
J’ai pas fait exprès je jure.
– Je suis humiliée.
Je me doute bien Votre Altesse pardonnez-moi oh oui pardonnez-moi.
– JE SUIS LA RISÉE DE TOUS !
Ohlalalalala.
– Ma malle, elle est fausse.
– Euh ?
– Hier soir, lors de mon gala annuel, j’ai organisé un concours avec mes comparses. Chaque invité devait apporter la plus belle pièce de sa collection.
– Je sais, Votre Altesse, c’est moi qui ai fait les invitations
– NE SOIS PAS INSOLENT !
Oula non plus jamais.
– Philippe m’a ridiculisée devant l’assemblée. Ma malle Louis Vuitton n’a jamais appartenu à Marilyn Monroe. Pourquoi tu n’as pas procédé aux vérifications nécessaires lors de l’achat ?
– Oh mais j’y ai procédé, Votre Altesse. Quels sont les arguments de Sa Majesté Philippe de Belgique ?
– Il n’y a pas de preuve qu’elle lui ait appartenu.
– Nous avons un certificat, Votre Altesse.
– Un certificat, tu te moques de moi ? Qu’est-ce que ça prouve un certificat ? Il me faut quelque chose de concret.
– Euh. J’avais discuté avec Monsieur le Commissaire-Priseur, Votre Altesse. La malle a été mise en vente par les Strasberg, on peut voir leur signature sur les papiers.
– C’est NUL ! Tu es NUL !
– C’est concret une signature, Votre Altesse !
– C’est concret s’il s’agit de prouver que la malle a appartenu aux Strasberg, oui ! Pour le reste, ça ne vaut RIEN. Il me faudrait, je sais pas, une photographie.
– Monsieur m’a expliqué qu’il n’existait pas de photo de Madame avec la malle, et que c’est même pour cela que vous l’avez eue à un prix si raisonnable. Il faut voir le bon côté des choses, Votre Altesse
– TAIS-TOI !
…
– Il faut que tu cherches dans les livres.
– Dans les livres, Votre Altesse ?
– OUI. Si cette malle a appartenu à Marilyn, elle est forcément mentionnée dans une de ses biographies.
– Ah bin justement euh. Monsieur m’avait dit que non.
Là elle lâche un hurlement que je ne saurais pas retranscrire. Peut-être : iiiiiiiiiiiiraaaaaaaaaaaaahggrrlllhhhhrrr, en majuscules et quelques points d’exclamation très aigus.
– Votre Altesse ?
– Venge-moi, Ho Chi Hai. Lave la souillure. Biographe-moi cette malle. Elle a appartenu à Marilyn ? Je veux savoir quand. On lui a offerte ? Je veux savoir qui, où, pourquoi, et tout le reste. VENGE-MOI.
– Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir, Votre Altesse.
– NON. Tu feras plus !
Comment je vais me démerder moi ? Bon, d’abord je pourrais AH AU FAIT
– Votre Altesse, j’ai renversé de la cire sur votre robe favorite.
Elle refait le cri.
– Allô Mme Banner ?
– Qui est-ce ?
– Euh c’est Ho Chi Hai.
– Connais pas.
– Je travaille pour Son Altesse la princesse Tenko.
– Ça me dit rien.
– Euh, c’est la fille de Sa Majesté impériale Akihito. Du Japon.
– Vous voulez quoi ?
– Je vous envoie par mail les photos d’une malle qui aurait appartenu à Miss Monroe. Faudrait que vous me disiez si vous avez des infos dessus.
– Mais pourquoi moi ?
– Euh. Vous êtes une spécialiste ?
– Mouais.
– Attendez, c’est pas vous qui travaillez sur Miss Monroe à partir de ses factures et autres documents privés ?
– Si.
– Bin alors du coup, si, vous êtes un peu spécialiste. Non ?
– Je sais pas.
– …
– Ma fille m’a dit de me méfier des étrangers qui envoient des mails pour demander des trucs. C’est des arnaques, il paraît.
– Oh non là non, c’est pas une arnaque !
– Facile à dire.
– Je vous demande rien !
– Bin si, carrément.
– Oui non, mais pas de l’argent.
– Ah ouais. Mais vous voulez quoi du coup ?
– Juste des infos.
– MES COORDONNÉES BANCAIRES ?
– Pas du tout. Des infos sur la malle.
– J’ai cliqué sur Emails. C’est pas un virus j’espère ?
– Non non.
– Je vois pas de photo.
– C’est en pièce jointe.
– Hein ?
– En pièce jointe. C’est pas intégré au corps du mail.
– Je comprends rien.
– Il doit y avoir un bouton pièce jointe.
– Euh.
– Ça doit être en haut à peu près.
– Ah oui… Ça marche pas.
– C’est normal, j’ai entendu, vous avez double-cliqué. Faut faire un seul clic.
– Comme ça ?
– Non, c’est double aussi, j’ai entendu clic clic.
– Et là ?
– Toujours pas.
– Là ?
– NON J’ENTENDS CLIC CLIC MADAME
– J’Y ARRIVE PAAAS
– MAIS C’EST PAS DUR, FAUT JUSTE SE RETENIR DE CLIQUER UNE DEUXIÈME FOIS
– …
– Vous pleurez ?
– Je voulais pas d’ordi, vous savez. C’est ma fille qui
– Oh pardon. Pardon Mme Banner.
– Snif. Vous me trouvez nulle ?
– Oh non, Mme Banner.
– Vous me trouvez comment ?
– Euh.
– Géniale ?
– Sympa.
– Et géniale ?
– Oui d’accord oui.
– Merci. Snif. On va s’occuper de votre malle, M. Tenko, vous en faites pas. Vous avez les numéros de série ?
Aucune trace de la malle dans les achats de Miss Monroe. Son Altesse avait donc vu juste : la malle lui a été offerte.
– Patrick-Louis Vuitton, j’écoute.
– Bonjour, je vous appelle de la part de Son Altesse la princesse Tenko.
– Ah le Japon ! Ça me rappelle cette fois où Grand-père a dîné avec Kurosawa ! Vous le connaissez ?
– Non…
– Ça n’était pas franchement un bout-en-train haha.
– Je vous appelle concernant une de vos malles. J’ai le numéro de série et tout, je voudrais savoir qui l’a achetée.
– La princesse Tenko.
– De quoi ?
– C’est la princesse Tenko qui l’a achetée, d’après ce que vous me dites. D’ailleurs, elle serait pas en famille avec la branche Ozu ? Je crois qu’il y a des Tenko dans les cousins.
– Non mais elle l’a achetée d’occasion, c’est une malle qui aurait appartenu à Marilyn Monroe.
– Marilyn Monroe.
– Oui, Marilyn Monroe.
– D’après ce que vous me dites, c’est Marilyn Monroe qui l’a achetée. Ça me rappelle d’ailleurs nos vacances dans le Kentucky. Père avait fait un golf avec Arthur Miller. Je vous laisse deviner qui avait gagné hahaha.
– C’est pas Marilyn Monroe qui l’a achetée non, justement, c’est ça le souci.
– Ah d’accord ! Hm. Faudrait qu’on ailler fouiller dans les registres, du coup.
– C’est ça.
– Pfff.
– Ça pose problème ?
– Non mais. Pfff. Va falloir aller à la réserve, chercher la bonne clef, chercher le bon tiroir, chercher la bonne ligne sur la bonne page… Pfff.
– Ah mais euh, j’en ai vraiment besoin, M. Vuitton.
– Vraiment combien ?
– Euh.
– Sur une échelle de 1 à 10.
– 9 ?
– Oh, le ton est hésitant, ça sent le 6 ça.
– Non non 9, c’est sûr, c’est 9.
– 5 ?
– 9.
– J’avais compris 4.
– 9.
– Pfff. Bon bah on se rejoint demain, à 15h, à l’adresse que je vous transmettrai.
– Euh mais je suis à Tokyo là.
Il a raccroché. Coup d’œil rapide au prix des billets d’avion pour la France : je peux pas m’en payer la moitié d’un.
– Votre Altesse, j’ai besoin d’aller en France pour votre malle ; pourriez-vous me payer le billet ?
– Tu trouves que je ne te paie pas assez, c’est ça ?
– Pas du tout, Votre Altesse. C’est juste que, concrètement, en l’état, je n’ai pas assez pour le voyage.
– Tu n’économises donc pas ?
– Je n’en ai pas les moyens, Votre Altesse.
– Arrête de te plaindre, ça me fatigue.
– …
– Allô, je suis bien au standard de Philippe ?
– De Son Altesse Philippe de Belgique, oui, à qui ai-je l’honneur ?
– Ici Ho Chi H euh non ici le mari de la princesse Tenko – le prince euh Tenki. J’ai un message super urgent, vous avez de quoi noter ?
– Oui, Monsieur, allez-y.
– Je dicte. Les… belges… sont… les belges sont… des… petits… zizis… C’est noté ?
Deux heures plus tard, le hurlement maintenant régulier de la princesse retentit à nouveau.
– Votre Altesse ?
– Paris Match ! Ils viennent de parler de moi sur leur site ! Ils se moquent ouvertement de moi, et de ma malle ! L’affront est désormais public ! Ho Chi Hai, tu as, à partir d’aujourd’hui, et jusqu’à ce que tu découvres le fin mot de l’histoire, un accès illimité aux comptes. Va où tu dois aller, peu importe le prix. Mon honneur est en jeu.
M. Vuitton arrive au rendez-vous à 17h49. Il explique qu’il avait mis son réveil à 14h, mais qu’il s’est rendormi. Il me fait mettre une blouse, des gants, des trucs en plastique sur les cheveux et les chaussures. Il me dit que ça lui rappelle quand Grand-père avait la leucémie, qu’ils allaient lui rendre visite avec Martin Heidegger. À 23h05, on avance enfin : cette malle a initialement été achetée par Cornelius Vanderbilt le 16 juin 1909.
J’ai déjà entendu le nom des Vanderbilt lié à celui de Miss Monroe… Gloria Vanderbilt, je crois, actrice elle aussi, et petite-fille de Cornelius. C’est donc elle qui aurait offert la malle à Miss Monroe.
Anthony Summers m’avait beaucoup aidé lorsque j’avais dû déjouer les astuces d’un commerçant libanais qui prétendait vendre la sueur été 53 de Miss Monroe. Je l’appelle pour qu’il valide.
– Ça fonctionne pas comme hypothèse. Elles fréquentaient les mêmes cercles, mais elles n’étaient pas amies. Les Vanderbilt sont pas du genre à offrir des cadeaux à des connaissances vagues, navré. Je pencherais plutôt pour un truc en rapport avec Frederick Vanderbilt Field. Je sais de source sûre qu’elle a beaucoup fricoté avec lui, et en particulier lors de son séjour à Mexico. Si tu veux j’ai l’adresse d’un journaliste de là-bas qui a écrit un bouquin sur le voyage. Il devrait pouvoir t’en dire plus.
– Je peux pas l’appeler ?
– Non. Il capte jamais.
– Ah bon.
– Euh par contre, fais gaffe, il est obsédé. À la moindre occasion, il essaiera de te parler de
– La chatte de Marilyn ! J’ai les photos, j’ai les flacons de décolorant qu’elle se foutait sur les poils pour assortir le tapis aux rideaux, j’ai même quelques uns de ces poils, et certaines de ses serviettes hygiéniques usagées – oh douloureuses ses règles hein, pas tous les jours faciles d’être une femme.
– Vous vous égarez, Señor Carbot. Je vous demandais des infos sur Frederick Vanderbilt Field.
– Bah c’est pas hors sujet, paraît qu’il adorait sa chatte ! Comme quoi, on peut être coco et avoir une sexualité normale !
– Il était communiste ?
– Un peu ouais ! C’est pour ça qu’il était exilé ici.
– D’accord… Et est-ce que ça pourrait être lui qui a offert la malle à Miss Monroe ?
– Mais carrément ! Son prétexte pour partir en voyage, à la Marilyn, c’était la redéco de son salon. Elle a fait les marchés avec Frédo, et quand elle est repartie, Frédo lui a envoyé ses emplettes à New York – c’était à coup sûr dans cette malle.
– Cette malle a été originellement achetée par un Cornelius Vanderbilt. Y’a un lien ?
– Ouaip. C’est son arrière-grand-père. Pas étonnant qu’il l’ait récupérée. Par contre, tout ce que je dis s’est passé en 62, et si on se fie aux dates, c’est tout à fait possible que Marilyn ait été morte avant que la malle atteigne New York.
– Ok… Bon bin je vous remercie. Ça règle mes problèmes.
– Vous allez pas partir sans jeter un œil à ma collec ?
Un frisson me parcourt l’échine, mon souffle se coupe : j’ai une révélation. Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ? À qui en parler ? Señor Carbot ? Il ne saura pas m’écouter. Son Altesse ? Encore pire. Je sors. Il me faut du réseau, vite, pour rappeler Anthony.
– Allô ?
– Ho Chi Hai ! Tu t’en sors ?
– Je crois pouvoir prouver que Marilyn Monroe a été assassinée.
– Calme-toi, Ho Chi Hai, assieds-toi.
– Non, Anthony, je vais pas m’asseoir, j’ai déjà dû me contenir pendant tout le voyage !
– Désolé, mais c’est grave ce que tu dis, on allait pas avoir cette discussion au téléphone.
– Oui bon bah me voilà : tu vas m’écouter ou pas ?
– Je te préviens, t’es pas le premier à te poser la question, et personne n’a jamais su aller plus loin que ça : on peut pas savoir, on saura jamais, c’est vrai que c’est douteux mais c’est tout ce qu’on peut dire.
– C’EST PAS PAREIL, ANTHONY, je tiens quelque chose – et avec ton aide, ton savoir, tes tuyaux, je pense qu’on peut éluder le mystère à jamais.
– … Je t’écoute.
– Marilyn Monroe était secrètement communiste.
– Woooh.
– LAISSE-MOI FINIR ! Elle était secrètement communiste, et elle s’est mise à coucher avec les Kennedy pour leur soutirer des informations. Sauf qu’à force de coucher avec eux, elle s’est prise d’affection. Vanderbilt l’a fait venir à Mexico pour la rappeler à l’ordre. Mais ça n’a servi à rien, ça n’a fait que renforcer son dilemme. Jusqu’au jour où les Kennedy ont rompu. Elle s’est démasquée et les a menacés de tout dire à ses chefs. Ils l’ont tuée.
– C’est absurde, ça repose sur rien.
– Mais si, si on étaye avec les thèses de Don Wolfe, ça tient debout, j’en suis sûr.
– Laisse tomber s’il te plaît, tu vas te ridiculiser.
– MAIS PUTAIN
Anthony tape du poing sur son bureau. Je l’ai jamais vu dans cet état.
– Bon d’accord, j’avoue, tu as tout compris, c’est comme ça que ça s’est passé. Il faut que tu me promettes de ne jamais rien dire à qui que ce soit.
– Quoi ?
– Il faut que cette information reste SECRÈTE.
– Mais non, c’est
– Promets, PUTAIN.
– Je peux pas te promettre ça, désolé
PAN !
On m’a tiré dans le dos. Je me retourne.
Patrick-Louis Vuitton.
– Je t’ai suivi, je me doutais que tu finirais par découvrir le pot-aux-roses. Mais les Kennedy étaient des amis de Grand-père, et je ne laisserai personne souiller leur mémoire.
– Vous pouvez rien faire, il est trop tard, Son Altesse la princesse Tenko m’attend. Elle enverra d’autres gens sur ma piste.
– Eh non. Je viens de lui envoyer un mémo de ta part. Tu lui expliques que tu démissionnes, et que tu as décidé de refaire ta vie en Europe.
– ET ANTHONY ? IL PARLERA À MA PLACE !
– Anthony ? Hahaha ! Il est avec moi !
Non…
– Désolé, Ho Chi Hai. J’ai réussi à faire en sorte qu’il ne te tue pas immédiatement en m’engageant à obtenir ton silence, mais j’ai échoué…
Non !
Vuitton me tire une balle dans la tête.

Chez Troma – Man Vs Dead

Hop, je te ressors la rubrique Chez Troma du fond des tirois, et c’est cette fois-ci encore pour la trahir (promis, je me remets au Chez Troma classique dès que j’ai un peu de temps, je sais pas si t’en as très envie mais moi oui). L’autre jour, je suis tombé sur une web-série, Man Vs Dead, qui[…]
Chez Troma – Man Vs Dead
Hop, je te ressors la rubrique Chez Troma du fond des tirois, et c’est cette fois-ci encore pour la trahir (promis, je me remets au Chez Troma classique dès que j’ai un peu de temps, je sais pas si t’en as très envie mais moi oui). L’autre jour, je suis tombé sur une web-série, Man Vs Dead, qui m’a fait pas mal fait penser à Troma et, après avoir découvert qu’effectivement les types avaient Troma en tête lors de la conception de la série, j’ai décidé de parler avec le réalisateur et co-scénariste, Arthur Leblanc. Attention, cette interview contient des spoilers !
Gibet : Quel est ton Troma préféré ?
Arthur Leblanc : Ça va peut-être faire newbie pour les gros fans hardcore, mais je dirais Poultrygeist ! Tout simplement car c’est le premier film Troma (et de Lloyd Kaufman) que j’aie vu, et il m’avait vraiment foutu une grosse baffe. C’est un film extrêmement drôle et intelligent. My God, quand j’ai vu ce film, j’étais juste aux anges, le mec qui baise les poulets, se fait croquer la bite, se fait rentrer un balai dans le cul, puis y’a son gland au bout du balai… Je me rappelle que je montrais ce film partout autour de moi aux espèces de prétentieux du cinéma en leur disant « Mais putain, tu veux voir un cinéma vraiment contestataire, lâche ta merde cannoise et regarde ça ! ». Et je l’ai aussi vu plus tard en salle de cinéma à l’Absurde Séance de Montpellier pour laquelle Lloyd Kaufman avait tourné une petite intro qui était juste hilarante ! Oui vraiment, j’adore l’énergie et la satire de ce film ! Pour l’effet qu’il m’a fait, les scènes gore, l’humour et tout le reste, c’est mon préféré !
Gibet : Vous avez déjà envisagé de montrer votre série à Troma ?
Arthur Leblanc : En fait, ça fait déjà plusieurs années que j’ai envie de contacter Troma, pour voir si c’est possible de faire des stages ou juste faire mon gros lèche-anus par mail ! Mais je me dis que j’ai pas trop envie de les embêter… Sinon, montrer ma série à Troma, oui j’y ai réfléchi mais à chaque fois je me dis « Nan, c’est pas assez bon, ils vont se foutre de ma gueule ». Si jamais j’ai Lloyd himself qui me dit « Ta série c’est de la merde fils de pute », je crois que je me suicide ! J’ai donc beaucoup d’appréhension là-dessus mais peut-être qu’un jour, je le ferais ! Depuis que j’ai 15 ans, mon plus grand rêve ça serait de faire des séries B aux États-Unis, je gagnerais pas ma vie ou quoi, mais rien que de voir les jaquettes de DVD de mes films dans les rayons douteux des magasins, lire les mauvaises critiques et tout, putain mais j’aimerais tellement ! C’est vraiment mon plus grand rêve ! Alors t’imagines, si Lloyd Kaufman himself me dit que ma web-série c’est de la merde ! Et bien sûr, mon rêve absolu qui ferait de moi l’homme le plus heureux du monde, ça serait de tourner un film chez Troma avec comme acteur principal BRUCE CAMPBELL ! Hm… Il faut que j’arrête de me torturer l’esprit avec mes fantasmes infaisables.
Infaisables ? C’est à toi d’en décider, cher lecteur. Si tu cliques sur l’image ci-dessus, tu tomberas sur la page Ulule de la saison 2 de Man Vs Dead, et tu auras l’occasion d’aider un homme à s’approcher doucement de son rêve. File ta thune vazy.
Cloud Atlas : nul ou génial ?

L’autre jour, Nébulon – celui-là même qui joua le policier et le propriétaire dans KDO , tu sais, cette bonne vieille série des années 2013 – s’insurge : « Eh oh eh, j’ai vu le top ciné de Robin, et il a mis Cloud Atlasen premier, il est zinzin ou quoi ?! » Nous avons décidé de les mettre dans[…]
Cloud Atlas : nul ou génial ?
L’autre jour, Nébulon – celui-là même qui joua le policier et le propriétaire dans KDO , tu sais, cette bonne vieille série des années 2013 – s’insurge : « Eh oh eh, j’ai vu le top ciné de Robin, et il a mis Cloud Atlasen premier, il est zinzin ou quoi ?! » Nous avons décidé de les mettre dans une arène, avec pour seuls armes leur esprit affûté et leur clavier AZERTY. Ceux qui vont mourir te saluent.

Nébulon : La première chose que j’ai envie de dire, c’est que ce film n’est pas un navet. Il n’est pas dénué de qualité, mais il est raté. On sent bien ce que les frères Wachowski (pardon, les frère et soeur Wachowski) essaient de faire. Mais c’est raté. J’ai apprécié le début du film ; en fait, mon ennui a commencé après la première demi heure. Le crescendo est ensuite incessant, j’ai rompu 20 minutes avant la fin pendant mon revisionnage. Pour tenter de répondre à ta critique initiale, Robin, je commencerai par te rejoindre sur un point précis : effectivement, je suis d’accord avec toi, la complexité accolée aux frères Wachowski est spécieuse. C’est tout le problème, en fait.
Globalement il y a de très bonnes choses dans ce film, j’ai adoré par exemple l’intrigue de l’éditeur, à mon sens le personnage le plus réussi de ce gigantesque fourre-tout. Il y aurait eu de quoi faire un film simplement sur ce personnage. Acceptable aussi celle du compositeur. Mais enfin les autres sont tout simplement à jeter par la fenêtre. Surtout que je ne vois tout simplement pas le but de ce film. Les passerelles entre les différentes histoires sont artificielles au possible. On passe de l’esclave noir clandestin qui se bat pour sa vie en pleine mer aux fugitifs de Neo Seoul par le biais du montage et d’un mouvement de caméra. L’esclave court sur le mat de misaine pour ouvrir la grand voile là où les fugitifs passent d’un gratte-ciel à un autre sur une passerelle nano-télescopique. D’ailleurs on sent presque l’invention technologique créée pour justifier la… passerelle (lol) scénaristique, c’est une évasion ridicule et capillotractée. Une façon un peu moisie, je trouve, de faire un bon gros focus bien subtil pour faire comprendre au spectateur que c’est fou comme leurs situations sont identiques. Sauf qu’en fait, non, les enjeux des personnages, à cet instant, ne sont pas du tout les mêmes. Donc c’est raté, ça tombe à plat.
Difficile en regardant ce film de ne pas penser à Magnoliade Paul thomas Anderson. C’est également une réflexion sur des destins étrangers qui s’entrecroisent. Mais ce que j’avais aimé dans Magnoliaest précisément ce qui m’a agacé dans Cloud Atlas. Dans le premier, le spectateur est laissé libre. Je me souviens, en sortant du cinéma à l’époque, avoir trouvé bouleversante cette histoire où le hasard bouscule les uns contre les autres, sans ménagement, des gens à la vie déjà bien marquée. Là où l’on pouvait voir aussi la Main Invisible du Destin. Dans Cloud Atlas, on s’aperçoit bien vite que l’on a pas le choix. Le Destin est là, partout. Était-il nécessaire de marquer d’une tâche de naissance en forme de comète (de comète, putain, sans déconner !!) les protagonistes pour bien montrer qu’ils sont choisis par le Destin ? Les réalisateurs ne perdent pourtant pas une occasion de nous le faire sentir, de façon rarement correcte : les personnages se croisent réellement dans plusieurs trames temporelles, comme le Physicien Sixmith de 1936 qui croise la journaliste en 1973 dans l’ascenceur, et de manière souvent chelou – pourquoi confier à Hugo Weaving tous les rôles de Super Vilain ? et d’ailleurs pourquoi montrer des personnages différents avec les mêmes acteurs ? ils sont les ancêtres/descendants les uns des autres ? et qu’est-ce supposé montrer ? une sorte de grande roue karmique ? est-ce ainsi que les Wachowski tiennent à montrer les conséquences/similitudes des actions présentes sur un futur lointain ? C’est un effet papillon de rouleau de PQ, ce truc, franchement.
L’élément clef du film, le fameux sextet Cloud Altas est une vraie clef, qui montre à quel point le film repose sur que dalle. Le compositeur compose un morceau en 1936. Ce morceau sert de fil rouge au film jusqu’à ce monde post-apo bien après Neo Seoul. Sauf que ce morceau a été composé grâce à un rêve, dans lequel le compositeur écossais a une vision de Neo Seoul où cette musique interpelle nos fameux fugitifs. C’est un chrono trigger digne de Bernard Werber. Autrement dit, c’est un film qui nous montre la toute-puissance du Destin, qui par la grâce concomitante tatoue une comète sur ses victimes (comme il le faisait chez les sorcières du temps où on cramait les rousses), et où le Destin tout-puissant n’a aucun plan, aucun sens, aucun but et ne nous raconte rien.
Bref, Cloud Atlasest un film très améwicain (à prononcer avec le chapeau texan en mâchant un bon vieux chicle), où les thèmes de l’Élu, de la prédestination, du sacrifice, sont exaltés mais ne servent aucun propos. Et ça c’est un truc qui m’énerve vraiment chez les ricains. J’en ai marre de l’omniprésence de ces thèmes anti-humanistes de merde, surtout quand c’est fait comme ça.
Je termine par quelques citations tirées du film, en VF (mais elles sont toutes aussi ridicules en VO, j’ai regardé les deux versions du film) qui illustrent pour moi le problème Wachowski : ils savent faire des films, ils ont des idées, mais ça ne suffit pas pour écrire un film.
« Ma seule certitude, Sixmith, est que les mêmes rouages invisibles qui font tourner notre monde, sont ceux qui étreignent nos cœurs. »
« Notre survie nous dicte souvent notre courage. »
« Ce que vous devez faire, c’est ce que vous ne pouvez pas ne pas faire. »
Robin : J’ai revu le film en VO Bluray (je signale au passage que le Bluray est l’un des plus beaux que j’ai vus). Plus encore que lorsque j’avais vu Cloud Atlasau cinéma, j’ai pris beaucoup de plaisir.
Pour moi, Cloud Atlas, c’est avant tout l’histoire d’un film qui n’aurait pas du sortir au cinéma. Le livre dont il est adapté ne semblait pas, a priori, se prêter au grand écran. Trop d’histoires, trop de passerelles, trop de métaphysique, etc. Et, aussi, dans sa construction (les différentes timelines n’étaient pas aussi entremêlées), l’histoire n’aurait jamais réussi à accrocher le public. Rappelons tout de même que Cloud Atlas, dans sa réalisation, son financement, est un film « indépendant » (le plus cher de l’histoire) et qu’il a été horriblement distribué.
Alors, c’est là qu’interviennent les Wachowski et Tykwer (que je connais moins bien, donc difficile pour moi de me prononcer dessus). L’univers leur colle magnifiquement à la peau. Mais au-delà de ça, ils ont une science du montage qui, dans ce style de cinéma, est absolument inégalée. Si un jour ça vous botte, je vous conseille de regarder Speed Racer, qui, à lui tout seul, est un abrégé de tout ce qu’on peut montrer, faire ressentir, rien qu’en utilisant ce que tu appelles, Nébulon, un artifice, mais qui, de mon point de vue, est un peu un pacemaker de film d’action, d’aventures, ou grand public.
Tu as cité ce passage sur le mat, qui est effectivement le plus marquant peut-être de tous, mais en fait c’est tout le film qui est pensé sur cette logique de construction-déconstruction-reconstruction des différentes intrigues par le biais du montage. La notion de rythme me semble à cet égard prépondérante : Cloud Atlas fait avancer ses intrigues et sa morale à des tempos différents, nous permettant tour à tour de vivre le film, puis d’y réfléchir. Dans l’enchaînement entre les différentes époques, le montage choisi par les réalisateurs est une dinguerie qui synchronise à merveille les mini-films et qui aplanit leurs différences de tons pour faire resurgir une unité de sens.
Je reviens sur un des points que tu soulèves : pour toi, à de nombreux moments, les enjeux entre les personnages ne sont pas les mêmes selon qu’ils évoluent en 1850, 2014 ou 2150. Dans quelle mesure, en effet, l’évasion d’une maison de retraite pourrait-elle être comparable à une révolution dans une société hyper capitaliste et déshumanisée ? Pour ma part, je suis très sensible à ce jeu d’échelles auquel se livrent les réalisateurs. Nous avons en effet 6 timelines, et 6 tonalités différentes (1. film d’époque/historique, 2. drame, 3. Un polar, 4. une comédie, 5. une SF, 6. une fantasy post-apocalypse) et, évidemment, la grandeur des enjeux évolue selon ces structures. Mais, au final, tous les personnages sont confrontés à une situation d’oppression et sont, en quelque sorte, mis en minorité par des personnes et/ou des emprises : l’esclavagisme, le poids des conventions sociales, l’entreprise toute-puissante, la société totalitaire, le chantage, l’idolâtrie, etc. Et même la tyrannie d’une gouvernante ! L’idée, c’est qu’à chaque échelle, il y a des combats à mener, que notre liberté est menacée sur toutes les portions qu’elle occupe.
Un autre point dont j’aimerais parler et que tu évoques : les thèmes « anti-humanistes du film ». J’avoue ne pas tout à fait avoir compris ce moment-là ? À mon sens, tout y est humaniste. Là-dessus, beaucoup reprocheraient à Cloud Atlas d’être par moments trop naïf, et à d’autres moments trop idéaliste. Pour ce qui est du catastrophisme, particulièrement sur la timeline Neo Seoul, je trouve en fait le film plutôt lucide dans son traitement d’une société liberticide, organisée en castes et totalement désincarnée. Il suffit de voir le documentaire Samsarapour voir qu’en fait, on y vit déjà. En revanche, Cloud Atlas s’efforce toujours d’insuffler des moments d’espoir quand la seule chose qui nous viendrait à l’esprit, c’est de nous faire hara-kiri. Et, je dois dire, quand je vois le nombre de films qui s’efforcent de nous montrer à quel point non seulement notre monde est odieux, mais aussi et surtout à quel point nous-mêmes sommes des monstres dénués de tout intérêt, j’ai bien envie de me laisser bercer par cette douce mélodie. L’idée que nous sommes maîtres de notre destin, libres de nous débarrasser de nos chaînes, oui ça me plaît. Je réclame à cet égard un droit à l’idéalisme, un droit à la naïveté. Et si c’est pas au cinéma qu’on peut nous faire rêver avec ce genre de thèmes, alors, je vois pas où…
Je finis sur la question du casting. Déjà, j’apprécie l’idée de voir les personnages dans toutes les timelines. Déjà que la structure du film invite au jeu de piste, le fait d’y impliquer le casting me paraît encore plus ludique. Quand j’essaye d’imaginer les six histoires de Cloud Atlasavec des acteurs différents pour chacune, je suis pas convaincu, je pense que ça aurait desservi le message au final. Je ne pense pas qu’on puisse l’interpréter, en revanche, comme une sorte de descendance plus ou moins directe. Je le vois simplement comme un délire de transformisme, avec des personnages qui incarnent plus ou moins les mêmes valeurs que ceux qui apparaissent dans d’autres époques. À mon sens c’est pour ajouter de la cohérence et moins synchroniser les mini-films. En effet, Hugo Weaving n’a que des rôles de méchants, comme Grant d’ailleurs, alors que pour Tom Hanks c’est équilibré. Mais bon, faut dire quand même qu’il a sacrément la gueule de l’emploi, l’agent Smith, non ?

Nébulon : Ouais mais moi, ça m’agace viscéralement. Retrouver les intentions qu’avaient les Wachowski en utilisant ce procédé est une piste de réflexion intéressante pour le film, mais en ce qui me concerne ça me donne juste le sentiment qu’on me prend pour un gros con. Non content de mettre en balance la similitude ou au contraire l’opposition entre les destins des personnages, on pousse le vice jusqu’à une dimension de personnification con-con, notamment concernant Weaving (mais oui, ça lui va bien – il prend en plus un plaisir manifeste à incarner ces rôles dans ce film, et ça se ressent clairement). Je t’accorde qu’ils ont eu le mérite d’assumer pleinement le truc, on sent bien que c’est une volonté réelle et pas une maladresse épouvantable. Seulement je trouve que c’est souligner au fluo ce qui est déjà présent dans le film, ça n’apporte au final rien, si ce n’est , comme je te le disais, l’impression vague que quelque part on doute de la capacité à bien saisir les ressorts de l’histoire.
Je ne savais pas que le film avait été distribué selon le schéma des films indépendants. Je crois Robin, que j’arrive à comprendre plutôt bien les raisons qui te font aimer ce film . Il semble en tous cas être tout à fait évocateur du travail des Wachowski. Le fait que tu mentionnes Speed Racer me fait réaliser que c’est sans doute cela qui te plaît, ce qui est de ton point de vue un très bon film venant enrichir l’œuvre de réalisateurs que tu apprécies. Pour ma part, des Wachowski, je n’ai vu que la trilogie Matrixet V pour Vendetta, dont ils ont écrit l’adaptation, ce qui fait tout de même quatre films. Et hormis le premier Matrix, ainsi que dans une moindre mesure V pour Vendetta, je n’ai pas aimé ces films. Les deux derniers Matrixsont souvent corrects à regarder, mais ils sont très mal dialogués, et le syncrétisme kitsch de leurs innombrables références culturelles assénées avec un manque total de finesse m’ a profondément énervé. J’ai retrouvé beaucoup de ça dans ce film.
Je n’ai pas lu ce roman dont est adapté le film, mais peut-être aurait-il été préférable de ne pas vaille que vaille entremêler ces différentes histoires. De mon point de vue, un triptyque, un quadriptyque ou n’importe quel « polyptyque » aurait été préférable, en choisissant le thème de l’oppression et en faisant un métrage sur chaque ; un peu comme le réal coréen Park Chon-wook et sa trilogie sur le thème de la Vengeance.
Je pense que c’est ainsi que j’aime voir les choses prendre du relief sur plusieurs histoires, je préfère saisir un écho que d’entendre une symphonie explosive. C’est en somme tout à fait personnel. Je reste convaincu que le thème abordé dans le film est totalement desservi par la façon dont il est traité. Concernant Neo Seoul, je n’ai tout simplement pas aimé. C’est trop kitsch pour moi. Et pourtant j’avoue que d’emblée j’ai failli trouver excellente l’idée des Wachowski. Faire d’une simple chaîne de fast-food une culture quasi-autonome qui s’intègre dans un système de caste, oui, pas mal du tout ! Mais le fast-food dégueule de couleurs et de mauvais goût, c’est too much, trop appuyé. Et le surintendant , le boss de ces lieux, me fait pour le coup penser à un Willy Wonka qui aurait vraiment eu une enfance terrifiante. C’est tellement appuyé qu’encore une fois je me demande à regarder ça si on ne me prend pas tout simplement pour un imbécile. Et faire une resucée de Soleil Vertavec le parallèle Savon/Solyient, où l’esclave découvre qu’ils sont nourris à leur insu avec les cadavres des leurs, FRANCHEMENT BOF. Qu’est-ce que ça apporte à l’histoire ? Était-il nécessaire, à ce point du récit, de rajouter une couche supplémentaire pour montrer au spectateur à quel point cette société post-moderne se cannibalise ? D’autant plus qu’un des parallèles avec l’histoire de l’éditeur a désamorcé chez moi l’intention des réas. Lors de sa première tentative pour s’enfuir de la maison de retraite (une des meilleures scènes du film), le héros fait un pied de nez très drôle à l’histoire en citant un extrait de Soleil Vert. Et du coup, plusieurs dizaines de minutes plus tard, j’ai explosé de rire en découvrant l’ultime Destin des esclaves de Papa Song, alors que ce moment est clairement pensé pour être dramatique. Mais bon, je suis peut être un connard cynique et sans cœur. Pour être honnête, j’ai tout de même aimé les moments d’Interrogatoire avec l’Archiviste, dans la désincarnation des rapports humains et de la coercition elle-même. Là, l’espace de quelques minutes, j’ai vraiment senti la tyrannie représentée à son paroxysme, où le déséquilibre des forces en jeu est tel que l’interrogatoire se fait avec un détachement clinique, où il m’a même semblé voire transparaître, chez l’Archiviste une certaine forme de douceur institutionnelle. Là on est dans le vrai totalitarisme. À mon sens, c’est sur les storylines du XIX et XX siècles qu’ils s’en sortent le mieux.
Le film n’est pas anti-humaniste, au contraire, je te rejoins là-dessus, il tend à valoriser la persévérance et érige l’espoir comme vertu cardinale. Je me suis mal exprimé. Je souhaitais faire part en fait de mon agacement lorsqu’un film ou une série américaine nous balance la grande sauce puritaine. Lostm’a définitivement écœuré de tout ça (Dieu, le Destin avec un grand D, la prédestination du leader, le sens du sacrifice, blabla bla prrrout). Et CloudAtlastombe en plein là-dedans. Moi ça suffit à me gaver car en ce moment je suis dans cette phase-là. Peut-être cela me dérangera-t-il moins dans quelques années ?

Robin : Je pense qu’on en arrive à un point où s’expriment vraiment les affinités de chacun, ce qui explique vraisemblablement ton ire et mes éloges. Effectivement, j’apprécie les Wachowski, bien que j’y sois venu un peu tard par rapport aux gens de ma génération (ils avaient déjà vu Matrixquand moi j’étais encore au stade Star Wars pour la faire courte). J’accorde beaucoup d’importance à l’univers certes, mais plus encore je crois à la mise en scène, aux artifices que peuvent être les effets de caméra, de montage ou de post-production. Et, de ce point de vue, je pense que le duo amène au genre une touche d’originalité, moins de conformisme que ce qu’on a l’habitude de voir. Tout blockbusters qu’ils sont, les Matrixsont des films exigeants, dont l’accès est prohibitif pour ceux qui sont justement habitués à un certain schéma, un certain conformisme, une certaine facilité. Et, si on voulait faire un petit débat dans le débat, je pense que Matrix Reloaded est le sommet de la trilogie, mais aussi et surtout un des meilleurs films d’action et SF jamais fait. Mais je crois en effet que son héritage ne va pas au-delà de cette sphère relativement fermée de cinéma. Je crois que les Wachowski ont poussé l’exigence du genre à son paroxysme, et c’est en ce sens que je les respecte. Alors, après, je te l’accorde, les dialogues ne sont pas d’une très grande finesse, mais je crois que leurs histoires ont le mérite d’ériger un pont – peut-être fragile – qui permet à un certain public de passer de la simple bastonnade décérébrée vers quelque chose de plus métaphysique et philosophique, des prémices d’une autre culture, plus mature.
J’ai aussi envie de revenir sur l’univers kitsch des réalisateurs, qui nécessairement, transpire dans Cloud Atlas. Encore que, à part pour Neo Seoul, il est bien moins présent que dans Speed Racer par exemple. Ça n’est pas quelque chose qui me gène, car j’ai la sensation que c’est parfaitement maîtrisé. Alors oui, certains maquillages sont un peu limites, certaines couleurs bavent un peu mais j’aimerais aussi rappeler que pour un film de cette envergure, avec de tels acteurs, le budget de 100 millions est un poil serré. Ce qui est sûr, c’est que les premières timelines, celles du XIXème et du XXème, n’en pâtissent pas. Dans Neo Seoul, ça passe encore car pour moi cette histoire est une caricature, un portrait au vitriol (dans lesquels on trouve quelques bonnes vérités à entendre), et que par conséquent le récit rejoint le visuel. Et puis, n’est-ce pas le propre de la SF de se complaire dans cet univers? Je pense à plein de films : Terminator, tous les Star Wars, Retour vers le Futur, voire même Avatar. Là encore, nous ne sommes pas sensibles aux mêmes choses : toi tu retiens les ficelles un peu grosses et les références un peu lourdingues que tu cites et sur lesquelles je ne te contredis pas, mais pour ma part j’ai adoré Neo Seoul pour les impressionnants plans et séquences qui donnent une esthétique incroyable à une métropole tombée dans une monstruosité absolue.
J’en arrive au dernier point de ma réponse. Je ne suis pas d’accord avec toi quand tu dis que le film aurait été plus convaincant s’il avait aligné les unes après les autres les différentes histoires. Car pour moi, la magie de ce film réside justement dans ce jeu de pistes hyper ludique proposé par ce montage dynamique. Et, en plus, je ne suis pas sûr que le fil directeur que les Wachowski et Tykwer ont choisi de suivre aurait été aussi visible et aussi marquant. Pour moi, cette recomposition permet subtilement d’alterner temps forts et temps faibles, d’harmoniser les histoires autour d’un même thème et surtout d’éviter certaines redondances. Je suis pas fan des films dans les films. Même si je suis admirateur du réalisateur, j’aime pas le chapitrage qu’impose Tarantino à ses oeuvres. Pour prendre un exemple un peu tiré par les cheveux, je trouve que Les Infidèles s’est un peu perdu à cause de ça. Je te rejoins néanmoins sur ton appréciation de l’histoire de l’éditeur qui est aussi ma préférée. Cette comédie un peu british dans l’esprit fonctionne à merveille et la scène du pub m’a beaucoup fait rire.
David : Je ne voulais pas dire qu’il fallait construire un film basé sur ces histoires en les racontant les unes après les autres. Enfin, pas exactement. En faisant ça, on aurait limite versé dans l’expérimental, non ? Et en plus oui, le fil rouge des Wachowski aurait été totalement impossible à maintenir, là où un certain sens du montage, comme tu le dis, leur permets de tenir certains spectateurs en haleine (je dis certains, car moi je me suis quand même très vite fait chier). Non, ce que je voulais précisément dire c’est qu’il aurait peut-être été plus intéressant de choisir une histoire, une seule, et de la raconter en un métrage. Et puis plus tard, pourquoi pas, d’en raconter une autre, ou en tous cas de voir comment elles auraient pu se faire écho naturellement sans avoir à jouer du yo yo avec la caméra pour indiquer au spectateur qu’il faut bien regarder la lune et non le doigt. Ce fameux fil rouge dont tu parles, il est pour moi un constat d’échec, parce que faut quand même pas déconner, on n’est pas dans Matrix, le propos développé n’a absolument rien d’innovant. Qu’on me raconte une histoire là-dessus, oui, avec plaisir, mais l’intention des Wachowski n’apporte selon moi absolument aucune plus-value. Et donc l’écriture du film est raté.
Je constate quand même qu’en élargissant sur la filmo des Wachowski qu’on tombe d’accord sur deux trois trucs. Tout d’abord tu ne m’entendras jamais dire que leurs films sont au rez-de-chaussée niveau scénario pour un blockbuster. Des films comme ça, il y en a à la pelle, et même des plutôt bons, pour peu qu’on ait envie d’en regarder, on passe un bon moment. Je ne crois pas qu’ils aient jamais eu l’intention de faire ce genre de choses, ne serait-ce que parce qu’ils n’ont pas fait tant de films que ça non plus en dix ans. Seulement avoir des idées c’est une chose, et savoir comment les écrire c’en est une autre ; et c’est très compliqué de savoir faire les deux, même si on adapte un roman ou une BD. Ce ne sont pas, loin s’en faut, les seuls réalisateurs à oublier ce truc, et y’en a pas mal qui se plantent magistralement et avec constance. Je pense très fort à Roland Emmerich, mon poto, dont le talent manifeste chez moi un grand éclat de rire, Emmerich, donc, qui est un peu à l’industrie hollywoodienne ce que le surimi est au poisson , ou Bernard Werber à la publication française. Il va sans dire qu’un film peut être très bon sans scénar. Seulement moi je trouve que celui de Cloud Atlasest mauvais, et qu’en plus privé de cela, il ne reste pas forcément grand chose. Alors non, il ne faut pas clouer les Wachowski au pilori, et je comprends qu’on puisse aimer. Je trouve ça dommage, mais je comprends. En ce qui me concerne la direction artistique m’a un peu laissé de glace, c’est dommage parce qu’effectivement la photographie est loin d’être dégueu, mais là oui on est dans le subjectif. Moi ça ne m’a pas fait grand chose.
Gibet : Si je puis me permettre, en relisant vos trucs, je m’aperçois – sans avoir vu le film – qu’il semble y avoir une contradiction philosophique assez énorme entre le fond et la forme dans Cloud Atlas. Robin, tu dis que le film est humaniste. Mais réduire sept situations très différentes et les je-ne-sais-pas combien de personnages qui vont avec à un schéma manichéen oppresseur / oppressé, même si c’est pour exalter l’espoir le désir de libération je sais pas quoi, c’est tout sauf humaniste. Un vrai film humaniste, ce serait par exemple Orange Mécanique, où Kubrick teste en gros la pulsion d’ordre et la pulsion de désordre, pour montrer dans chacune d’elle ce qu’il peut y avoir de jouissif et de malsain, avec un axe bien / mal très fluctuant – et libre à toi de penser ce que tu veux quand tu sors du ciné, c’est un questionnement, pas une affirmation. Là les Wachowski arrivent avec leur petit Descartes illustré et expliquent ce qu’est la vie au spectateur. Un film humaniste, comme le sous-entendait Nébulon avec l’exemple de Magnolia, ça ne devrait pas emprisonner ses persos dans un schéma plaqué et a fortiori son spectateur dans une vision du monde cadenassée.
Robin : Je sais pas trop quoi te répondre, Gibet. Mon opinion est sans doute très contestable, mais je pense qu’il y a de nombreuses situations pour lesquelles la frontière entre bien et mal n’est pas fluctuante. Le manichéisme, sorte de point Godwin de la critique cinématographique, n’est pas un problème en soi pour moi, tout dépend de la lourdeur ou de la légèreté avec laquelle il est mis en scène, car il est présent de 80% des œuvres, qu’il s’agisse de romans ou de films. Je reste sur ma position que Cloud Atlas est profondément humaniste. Mais ça n’est pas un film sur l’humanisme. C’est un film sur la notion de révolte à différentes échelles.
Gibet : Robin, le manichéisme dans un film soi-disant humaniste, c’est contradictoire. Sinon je m’en fiche, j’adore le ciné classique américain, dans le genre manichéen on peut difficilement faire pire – mais le manichéisme, et l’éventuelle naïveté qui va avec, y sont assumés, ils essaient pas de faire style ils vont dire des trucs profonds sur l’homme. Pour ce qui est des situations « pour lesquelles la frontière entre bien et mal n’est pas fluctuante », je vois ce que tu veux dire, mais je reprends mon exemple d’Orange Mécanique: la pulsion de désordre y est à la fois jouissive (parce que la première moitié est pleine d’une frénésie très violente mais aussi extrêmement joyeuse) et malsaine (parce qu’Alex est incontrôlable, nihiliste, parce qu’il va beaucoup trop loin), et pareil pour la pulsion d’ordre – la rééducation d’Alex est montrée comme un supplice et Alex comme un martyr, mais en même temps la mise en scène et l’écriture de Kubrick, qui travaillent ici plus que jamais la symétrie, sont puissantes justement parce qu’elles sont obsédées par l’ordre… En gros, c’est complexe, c’est même volontiers paradoxal, et je pense pas qu’on puisse se targuer d’être humaniste dans notre monde moderne sans rendre justice à la complexité de toute situation. C’est bien de dire qu’il y a d’un côte des oppresseurs méchants et des oppressées gentils et courageux, mais c’est encore mieux de par exemple prendre en compte les nuances qu’apportent une réflexion comme la dialectique du maître et de l’esclave. Après c’est peut-être présent dans le film. Mais ça ne se sent pas de vos propos, et j’avais besoin de dire ça, car sinon je me serai senti mal toute ma vie TOUTE MA VIE
Lune : Bon ça y est, j’me fais chier.

Fantastic ! – 3 lectures SF

Au sommaire – Dune et Le Messie de Dune, Frank Herbert, 1965 et 1969 – « L’homme et l’androïde », Philip K. Dick, 1976 – Béni soit l’atome et autres nouvelles, René Barjavel, 1974 Aujourd’hui, puisque ça fait un moment que je me suis pas bougé le cul pour pondre un article correct, je me remets[…]
Fantastic ! – 3 lectures SF
Au sommaire
– Dune et Le Messie de Dune, Frank Herbert, 1965 et 1969
– « L’homme et l’androïde », Philip K. Dick, 1976
– Béni soit l’atome et autres nouvelles, René Barjavel, 1974
Aujourd’hui, puisque ça fait un moment que je me suis pas bougé le cul pour pondre un article correct, je me remets au boulot pour terminer un article commencé il y a trois mois. J’me dis, j’ai déjà fait les deux tiers, ça va être fastoche. Je me suis vite heurtée à un problème de taille genre grande, la taille : la moitié de ce que je disais était pas justifié, et je me rappelais pas ce que j’avais en tête à ce moment-là. Pas folle la guêpe, je trouve un truc pour résoudre ce problème : j’ai décidé de créer une autre timeline, et d’aller demander des comptes à la Lune d’il y a trois mois. Pour simplifier la retranscription de notre dialogue, je m’appellerai Lune de maintenant et Lune d’il y a trois mois s’appellera Truquette.

Dune et Le Messie de Dune, Frank Herbert, 1965 et 1969
Truquette : J’ai lu les 800 pages en trois jours, ce qui est anormalement lent pour moi.
Lune de maintenant : Euh dis ça va le show-off là ?
Truquette : J’ai lu Ulysse en quatorze minutes trois suck on dat.
Lune de maintenant : Non.
Truquette : Si j’ai mis aussi longtemps à lire Dune, c’est que c’est complexe. C’est pas un de ces livres de SF que tu peux lire par dessus la jambe à dix pages la minute parce que l’auteur brasse du vide (coucou Maxime Chattam).
Lune de maintenant : Ben justement en parlant de Chattam, j’ai lu le dernier Autre Monde et c’était moins mal écrit qu’avant.
Truquette : Bon, Dune. L’univers est dense, cohérent et concentré sur la planète Arrakis, ce qui donne à ces deux tomes en quatre parties (si j’ai bien compris le découpage… pourquoi est-ce que toutes les grandes sagas SF et cie sont découpées en tomes découpés en volumes découpés en parties découpées en saucisses ?) une unité très agréable. L’intrigue ne s’éparpille pas, et pourtant on évoque des planètes, des civilisations, des époques dont le lecteur ne sait rien, et qui seront probablement développées par la suite. C’est difficile pour moi d’analyser ce qui m’a tellement plu dans Dune parce que c’est si bien foutu qu’on voit pas l’auteur tirer les ficelles (du coup j’ai choisi une métaphore bateau). Les personnages, très bien caractérisés, et du coup charismatiques, se battent contre leur destin – tout en eux, jusqu’à leur nom, faisant écho aux grandes tragédies (Atréide → Atride), et ça ne les empêche pas de remporter des victoires, d’être joyeux. Subtils, captivants, ces deux tomes qui suivent Paul Atréide m’ont montré quelque chose de nouveau et ont transformé, enrichi ma vision de la littérature.
Lune de maintenant : Woh. Attends woh. C’est une affirmation un peu forte ça, tu peux développer ?
Truquette : Non. J’ai beaucoup d’amour pour Dune, c’est une œuvre mature aux enjeux politiques et philosophiques poussés. D’ailleurs j’en profite pour râler, j’ai lu un article il n’y a pas longtemps, une journaliste se plaignait que les enfants, de nos jours, lisaient mal, qu’ils lisaient de la litté fantastique et de la fantasy et au lieu de lire ce que la génération de l’auteur lisait naturellement, Mérimée, Zola, etc. Elle accuse les lectures de ces enfants d’êtres bêtifiantes, de les retenir dans l’enfance. Déjà, c’est de très mauvaise foi, puisque les genres fantastiques ne sont pas des genres nouveaux du tout, et qu’elle ne cite pour ses propres lectures d’enfance que les œuvres que lui a imposées l’Éducation Nationale (où sont ses lectures hors sentier ?). En outre, je trouve ça très malsain de questionner puis faire poser des enfants avec les livres qu’ils aiment le plus, en sachant que c’est pour les mépriser ensuite. Lire, même un mauvais livre, a des conséquences bénéfiques : amélioration de l’orthographe, du vocabulaire, habituation au geste de la lecture, développement de l’imagination, sentiment d’appartenance à une communauté. Tout ça ne concerne pas Dune, l’auteure laisse entendre que la SF futuriste vaut mieux que la fantasy, cette dernière ayant souvent une civilisation médiévale pour toile de fond, donc ça serait un retour en arrière, mais voilà, j’avais envie de râler.
Lune de maintenant : Tu dupes personne avec ta diversion-digression.
Lune du futur : Je viens du futur, Lune de maintenant, et personne non plus n’a été dupé par ta petite mise en scène. Si tu ne fais pas quelque chose immédiatement, ta crédibilité sera à jamais affectée par ces assertions sans argument.
Steven Moffat : Pas mal ce deus ex machina !
Lune de maintenant : Que dois-je faire, Lune du futur ?
Lune du futur : Be true.
Lune de maintenant : Euh ok. Bon bin je pense que j’ai dit que ça avait enrichi ma vision de la littérature tout simplement car j’étais émue et subjuguée mais j’étais incapable d’argumenter car c’est pas vrai.
Truquette : Mais si putain, c’est quand même le truc de SF le plus abouti qu’on ait jamais lu !
Lune du futur : Haha.
Truquette : Quoi ? T’as lu mieux ?
Lune de futur : Je peux pas te répondre sans créer un paradoxe temporel qui pourrait détruire le cosmos.
Steven Moffat : Allez accouche, on s’en branle des paradoxes temporels.
Truquette : Ah au fait, il est bien l’épisode des 50 ans de Doctor Who ?
Steven Moffat : Génial.
Lune de maintenant : Pas mal.
Lune du futur : À chier.

« L’homme et l’androïde », Philip K. Dick, 1976
Truquette : C’est une nouvelle extraite du recueil Le Grand O. C’est le 3ème recueil de nouvelle de K. Dick que je lis et celle-ci est vraiment différente. Elle ouvre le recueil, et les indices qu’il s’agit d’une fiction sont très rares. Elle se rapproche plutôt d’un essai, le message est direct et plus complexe que d’habitude. Dans la SF, et surtout chez K. Dick, il y a toujours quelque chose qui est dit sur notre société, de manière détournée. Ici, je n’arrive pas à me décider, je ne sais pas si tout est fiction, si c’est un essai mêlé de fiction, ou un essai sincère que K. Dick a écrit pendant une de ses crises de zinzin. J’ai bien aimé ce passage :
« La société totalitaire imaginée par Orwell dans 1984 devrait avoir fait son apparition. Nous avons des gadgets électroniques. Nous avons des gouvernements prêts à faire ce qu’Orwell avait anticipé. Le pouvoir existe, les motifs, ainsi que le matériel électronique. Mais cela ne veut rien dire car au fur et à mesure les gens écoutent de moins en moins. La nouvelle jeunesse que j’observe […] est trop agitée et s’ennuie trop vite pour regarder, enfin elle est trop préoccupée pour apprendre. Et c’est en vain que s’acharne sur elle la voix collective de l’autorité, le jeune se révolte. Il ne révolte non pas au nom de théories ou d’idéologies quelconques mais uniquement en raison de ce qu’on appellera son pur égoïsme. Et aussi son mépris total des conséquences fâcheuses que l’autorité lui promet s’il ne se soumet pas. »
Lune de maintenant : Ok pour ça, ça se tient.

Béni soit l’atome et autres nouvelles, René Barjavel, 1974
Truquette : Six nouvelles à la fois mignonnes et cruelles, à la manière des contes de Tim Burton. À part dans « Béni soit l’atome », les personnages principaux ont tous en commun la candeur et la naïveté. Avec les meilleures intentions du monde ils provoquent un tas de catastrophes. Parfois ces persos finissent seuls, haïs, morts ou s’en sortent – par contre dans « La Fée et le soldat », Barja finit sur une blague qui cisaille la poésie à la racine : pour simplifier ils meurent tous les deux pendant qu’ils font l’amour après s’être teasés longuement – la fée devient mortelle en faisant ça, et c’est beau, et comme Barjavel a eu envie d’un happy-end c’est pas grave, ils vont au paradis : on a le droit à une référence au « septième ciel » qui tombe comme un cheveu sur la soupe ce qui est con vu que c’est la dernière phrase.
Lune de maintenant : Ouais, même que j’ai eu l’impression que Barja me disait ça à la face à l’époque mais en y repensant c’est pas non plus hyper vulgaire, c’est juste un peu triste de passer d’un truc poétique à un truc plus prosaïque qui sonne comme un commentaire un peu bas sur de la performance sexuelle.
Truquette : Bon du coup, je vais citer le début de la première nouvelle, « Les enfants de l’ombre », car c’est poétique et ça donne bien le ton doux-amer :
« En ce temps-là, une douce rivière coulait des monts d’Auvergne vers les plaines du Bourbonnais. Elle commençait en un torrent maigrelet, prenait de la taille et de l’aisance jusqu’à ressembler à un fleuve moyen de région tempérée. On la nommait l’Allier. Les gens instruits, qui possédaient leur certificat d’études encadré au-dessus de la tête de leur lit, lui attribuait le genre masculin, mais les simples ne se trompaient pas, et parlaient d’elle comme une fille. L’été quand elle reflétait le ciel bleu pâle, elle avait l’air d’une bergère couchée parmi les fleurs et les herbes. Elle aimait les adolescents vierges, imprudents, qui ont les membres graciles et le ventre à peine fleuri. Chaque année elle en ravissait quelques-uns, elle les gardait longtemps dans son lit. Elle ne les rendait qu’après avoir tout tiré d’eux, elle les déposait doucement sur une berge de sable, nus, les yeux ouverts, les mains abandonnées, la bouche close. »
Barjavel invente essentiellement des sociétés futuristes pauvres, sales et épuisées par la guerre. Les hommes sont pour la plupart responsables de ça et les gentils s’en prennent plein la tronche, alors on peut se demander où il veut en venir, le Barja, qu’est-ce qu’il pense de l’homme ? Et bien comme il est sympa mais qu’il sait ménager ses effets, il répond à la toute fin de la dernière nouvelle, où le personnage principal attend de savoir si toute la galaxie va se faire maraver la tronche parce que les humains s’ennuyaient de trop de confort et se sont déclarés une petite guerre civile : « C’est l’homme qui l’aura voulu. J’ai peur. Je suis fier d’être un homme. ». Ce que j’en retiens, c’est que toi, être humain, peut faire toutes les saloperies et débilités possibles, il reste des moments de poésie et d’accalmie et donc c’est quand même chouettos d’être un homme.
Du coup, voici votre petite dose d’accalmie et de poésie :
« Il ouvrit les mains offertes : l’eau roula en perles sur leurs genoux. Le petit cœur d’Anicette se mit à battre. Elle n’entendit plus le chant des oiseaux ; ses oreilles bourdonnaient. Elle ne voyait plus les arbres : ses yeux étaient plein de l’étrange, du troublant visage de Ferdinand, des trous agrandis de ses narines, de son front rouge, de ses yeux durs qui se rapprochaient. Elle poussa un grand soupir et s’allongea sur l’herbe.
Quand elle rouvrit les yeux, loin au-dessus d’elle, un dôme de branches se balançait dans le soleil, le ciel se balançait comme la mer. Elle balança doucement sa tête dans l’oreiller de ses cheveux dénoués. La mer et le ciel se balançaient en elle. »
Lune de maintenant : Oui bon, tu t’es pas foulée, c’est juste une liste de citations ton truc.
Truquette : Oui bon ça va y’a des choses plus graves hein.
Lune de maintenant : Dieudonné ?
Truquette : La guerre en Syrie.
Lune de maintenant : Ah bon ? Mais j’en entends plus parler, c’est pas fini ça ?
Lune du futur : Tu rigoles ? C’est devenu incontrôlable, c’est la troisième guerre mondiale aujourd’hui !
Truquette : Hein ?
Lune de maintenant : Quoi ?
Lune du futur : Euh rien, je vous laisse. Je dois aller remettre de l’essence dans le groupe électrogène du bunker.
2014

Coucou toi ! C’est le début de la nouvelle année, alors meilleurs vœux pour toi et ta lignée ! On t’espère la joie, la santé, et des burgers ! Bienvenue en 2014, avec ce bilan teasing un peu trop hypertextuel : – On a totalement raté le Challenge Séries 2013. Déjà techniquement c’était[…]
Marilyn Monroe – La cicatrice, Claude Delay, 2013

Madame Delay, Je comprends ce besoin que vous avez d’écrire des livres car, je le concède, c’est beaucoup plus marrant que d’organiser des garden parties. D’ailleurs, qu’iriez-vous foutre à organiser des garden parties quand il est évident que vous n’avez pas d’ami ? Gilaine Depis, votre[…]
Marilyn Monroe – La cicatrice, Claude Delay, 2013
Madame Delay,
Je comprends ce besoin que vous avez d’écrire des livres car, je le concède, c’est beaucoup plus marrant que d’organiser des garden parties. D’ailleurs, qu’iriez-vous foutre à organiser des garden parties quand il est évident que vous n’avez pas d’ami ? Gilaine Depis, votre potesse attachée de presse, même si ça ressemble à balle à un service rendu tout ce qu’elle fait pour votre promo, faut pas s’y méprendre : c’est pas dans votre intérêt qu’un paquet de feuillasses aussi limite, signé explicitement de votre main, soit si largement diffusé. Vos petits copains qui égrènent, pour louer la bête, les formules rondelettes en mode Mad Men touretteux – ô on ne sort pas intact de cette lecture ô non – ils le font avec si peu d’ardeur qu’on a du mal à savoir s’ils avaient les yeux ouverts lorsqu’ils l’ont lue. Quant à votre complice principal, Monsieur Fayard, n’a-t-il pas agi comme votre pire ennemi en publiant directos sans relecture votre premier jet ?
Je vous offre donc, Madame, mon amitié la plus pure.
Cordialement,
Gibet.

On a toujours besoin d’un plus middle-class que soi
Le 07/11/2013, Lune me dit : « Y’a un nouveau bouquin sur Marilyn qu’est dans toutes les librairies. Ça a l’air nul. » Moi : « Ah bon, c’est quoi ? » Lune : « Euh, ça s’appelle La cicatrice. » Moi : « Haha ! Je suis sûr en couv y’a une photo de Stern où on voit la cicatrice de Marilyn sur son ventre, et en 4ème de la bullshit psychanalytique. »
Voici la couverture :

Voici la quatrième de couverture :
« On croyait tout savoir du destin tragique de la petite Norma Jeane, née illégitime le 1er juin 1926 dans la « Cité des Anges », fille non désirée d’une Gladys déchue dont on la sépare dès la naissance. Et pourtant…
Norma à l’orphelinat et Gladys à l’asile : voilà le programme d’une vie. Voilà le cœur de ce livre. Cette béance inaugurale, cette blessure fondatrice, Marilyn Monroe s’épuisera en vain à les combler. Scène primitive d’une enfance jamais exorcisée qu’elle ne cessera de rejouer au long de sa trop courte existence.
Elle appellera ses trois maris « Papa », comme du reste tous les hommes de sa vie –à l’exception de son dernier amant, son « Prez », John Fitzgerald Kennedy. Ses maîtres à penser ? Rilke et Lee Strasberg. Ses maîtres à jouer ? John Huston, Billy Wilder, Mankiewicz, Cukor, Logan, Nunnally Johnson. Ses maîtres à mourir ? La petite fille de trente-six ans emporte avec elle son énigme.
Claude Delay s’attache ici à élucider, pas à pas, la généalogie des chocs affectifs de Marilyn, tel un sismographe qui enregistre les lignes de faille d’un terrain que n’auront cessé de menacer, dès le premier jour, les « tremblement de père et tremblement de mère » dévastateurs. »
Bingo ! Hélas, contrairement au cas des moines habillés en lanternes, le contenu est ici en adéquation avec la devanture : présomptueux, pédant, de mauvais goût. Eh ouais, fat tatanne dans ta tronche, pop sagesse : on peut juger un livre à sa couv.
Tout ceci ne serait pas tip top grave – après tout, on la droit d’être con et laid, je me suis jusqu’alors pas particulièrement fait arrêter – si le machin cumulait pas en surplus toutes les marques de l’objet Marilyn conçu pour faire du flouze facile :
1) on joue sur la Marilyn sexy – même s’ils ont choisi une ratée bien laideronne, la nudité de Monroe est bel et bien là pour accrocher l’oeil, surtout avec ses roses roses immondes qui renvoient gentiment à un imaginaire girly suave soft porn où les bitches ont des règles douloureuses ;
2) on promet du scoop, « On croyait tout savoir… Et pourtant… » – comme d’hab cette promesse débouchera (sorry je te spoile dès l’entrée) sur que dalle, Delay n’apportant rien de nouveau en terme de fait ou d’analyse ;
3) on sort le bouquin à une occaz particulièrement opportune, en l’occurrence les fêtes de fin d’année – cinéphiles de France, vous laissez pas faire, si on vous a foutu ce truc entre les mains à Noël, écrivez-moi, y’a moyen de se faire pas mal de thunes avec un procès groupé.

Je sais pas toi mais ce film m’a fait prendre tragiquement conscience de mon corps : y’a Julia Roberts qui dit vazy si t’as des gros eins le cosmos va te bouffer dans la main – moi je dis sérieux je vais à la station ESSO je réclame trois centimes de bonbecs gratos pour le bon prétexte que j’ai des gros eins – je marchais j’étais l’orgueil j’étais l’ambition j’étais le lion guedin dans les rues de l’existence – j’arrive à la station je dis eh grognasse tu me files trois centimes de – j’avais pas de eins en fait. Je suis rien, je suis un mec avec des couilles qui servent à rien.
À ce stade de la toise, la question lancinante n’arrive plus à se taire : mais qui est cette foutue Claude Delay ? Hypothèse 1 : pour s’appeler Claude, il faut que ce soit une vieille. Hypothèse 2 : pour faire un projet pareil, il faut que ce soit une vieille psychanalyste. Les deux hypothèses se confirment en un saut sur la page Wiki – mais ce n’est pas tout. On y apprend d’abord à la respecter puisqu’apparemment elle a obtenu, pour un de ses romans, le prix littéraire Trente Millions d’amis.

On y apprend en outre que Madame Delay est, à l’instar de Stéphanie des Horts, une spécialiste de la biographie meurtrie pour lectorat ridé, dans la mesure où elle a à son actif pas moins de quatre ou cinq autres textes à tendance hagiographique. Là où ça devient un peu craignos, c’est qu’on se rend compte très rapidement que tout ça entre dans une pratique mondaine et courtisane a priori assez malsaine : Claude Delay écrit sur sa caste et pour sa caste. Dans les 70s, Madame pond Roger la grenouille sur Roger Spinhirny, le boss d’un des restos les plus fameux de la ville ampoule et c’est vendu comme un « portrait-souvenir », sous-entendu un volume qui scande à chaque page « qu’est-ce qu’il était sympa olala, qu’est-ce qu’on était copains ouloulou ». Dans les 70s encore, Madame conçoit Chanel solitaire, biographie sur tu-sais-qui, parce que Madame était très copine avec Coco. Le ton à nouveau se borne à des « qu’est-ce qu’elle était bien brave pfiou ». En 1998, Madame laisse imprimer ses bavardages avec le peintre Zao Wou-Ki (encore un pote). En 2007, Madame signe Giacometti, Alberto et Diego, L’histoire cachée, parce que Madame était – ça s’arrête jamais – très copine avec Diego (savoureux extrait de la page Wiki de Madame : « À l’occasion du mariage de Raoul Tubiana et de Claude Delay, en 1972, Diego leur offrit « un couple en bronze se tenant par la main ». De son côté, Raoul Tubiana possédait une main sculptée par Alberto ; Diego sculpta alors une main de Claude Delay. « C’est ainsi que nous avons des mains en bronze des deux frères », indique Raoul Tubiana. »). Là tu vas me dire : ok mais comment tu fais rentrer le bouquin sur Marilyn dans cette liste ? Pendant 300 pages, j’ai cru que c’était peine perdue, que j’allais devoir me tortiller la mauvaise foi pour relier le tout. Et là je tombe sur la Postface de Madame :
« Je tiens à remercier mon ami Jacques Polge, le créateur des parfums Chanel, de m’avoir adressé l’original d’un poème de René Char, dont il était l’intime (…) »
Vlam. Dans le genre petit copinage aristocratique, ça y va sec et fort. Est-ce qu’on doit voir un lien entre la relance marketing Chanel n°5 fin 2013 carrément axée Marilyn – style on retourne aux vieilles recettes après le bide de la campagne Brad Pitt poilu – et la publication de ce bouquin au même moment ?
Ah au fait : Madame a reçu trois prix de l’Académie française.
Ah au fait : son père et sa sœur font partie de l’Académie française.

Quand je vois des trucs comme ça, cher lecteur, je suis plus sûr que les franc maçons ce soye que dans la tête de Dan Brown.
C’est mimi de s’écrire des gros pavés d’amour pour entretenir le lien social, Claude ; chez nous les pauvres on fait un peu pareil, on prend des vieilles photos, on allume Movie Maker (ça plante beaucoup mais on fait avec), on se met notre préférée de Calogero et des fondus sympas, et voilà, on pleure on rit. T’avais jamais entendu parler de ça, Claude ? C’EST NORMAL CAR NOUS ON LES PUBLIE PAS NOS MERDIERS PRIVÉS
Le plus triste dans tout ça, c’est que comme je disais en intro, y’a personne parmi toute cette bande de joyeux petits camarades qui est sorti du rang pour dire : « euh dis, Claude, faudrait que tu retravailles ton tapuscrit parce qu’en l’état y’a quelque chose mais ça tient pas debout ». Car oui, revenons-en enfin à notre bien-aimée Marilyn : La cicatrice, ça tient pas debout.
Le livre, avant même qu’on ait atteint les premières phrases de l’auteure, se place sous le signe du raccourci et de la malhonnêteté intellectuelle. Mise en exergue, on a la citation suivante : « I wanna be loved by you… ». Traduction : « Je veux être aimée de vous… ». On voit venir Delay : ah cette soif insatiable d’attention et d’amour qu’ont les stars ! Marilyn veut conquérir le cœur de tous, veut brûler d’être regardée par tous les yeux ! Mais la traduction proposée par Delay est bidon. Traduire le you par la deuxième personne du pluriel crée une ambiguïté qui n’a pas lieu d’être. Delay a volontairement éludé la suite de la chanson, qui est tout le contraire d’un geste d’offrande à un groupe :
« I wanna be loved by you
Just you
Nobody else but you
I wanna love by you
Alone »
On peut pas faire plus explicitement exclusif comme déclaration ! Plus clairement, il faudrait traduire : « Je veux être aimée de toi ». C’est pas du tout pareil, t’es d’accord ? Après, pour la défense de Delay, c’est vrai que, comme dans les premières chansons des Beatles, le « you » n’est pas caractérisé, et qu’il vise insidieusement l’intégralité du groupe public puisqu’il vise indifféremment chaque individu du groupe public (la chanson TE parle, mais elle parle en même temps à chacun). BREF : si on veut s’attarder sur le I wanna be loved by you, y’a certainement autre chose à en foutre qu’une citation modelée à l’arrache pour glisser peinard dans une thèse qui enfonce fièrement les portes ouvertes – Marilyn était très triste car elle n’avait pas du tout de papa et presque pas de maman.
Le premier chapitre est pas beaucoup moins accablant. Delay se barre sur des terres totalement stériles. Je crois que l’enjeu pour elle à ce stade est de montrer qu’elle va procéder à une approche littéraire et psychanalytique de la vie de Marilyn Monroe. Comment ça se traduit concrètement ? Tu connais Comment rendre un texte incompréhensible de Pierre Bayard ? Tiens voilà un lien, va lire si t’as deux minutes, Bayard est un mec franchement rusé, avec qui tu trouveras toujours matière à te marrer sans perdre en cervelet. Dans ce petit article, Bayard distingue six procédés qui contribuent à l’opacité d’un texte : notions non définies, syntaxe complexe, allusions obscures, excès de densité, défauts d’articulation et finalité incertaine. Delay obtient avec ce premier chapitre un joli score de 5/6.
– Syntaxe complexe :
« Le mot anglais, encore plus inexpugnable, désigne le désir et la poursuite des criminels, le même, et l’écriteau accusant sa proie. » (p.11)
– Allusions obscures :
« L’inconscient, on le sait, ne connaît pas le temps. »
« La folie, l’hérédité, l’abandon, la peur aimantent le parcours de sa glorieuse féminité, dont nous chercherons les « moments biographiques », autant de fils rouges capables de nous donner la direction, pour comprendre sa trajectoire. » (p.10)
– Excès de densité :
« Elle excite et émeut, sa grâce pétille, effervescente comme du champagne. « Idole, elle doit se dorer pour être adorée », dit Baudelaire de la femme. C’est Marilyn qui inspirera au président John Fitzgerald Kennedy ces mots dans son carnet intime : « Je suis dans la blonde. » Alerte rouge et stupeur pharmaceutique n’y changeront rien : elle fait rêver. » (p.11)
– Défauts d’articulation :
« Sa mère va glisser dans la folie et engendrer la terreur : sombrer dans sa malédiction. « La vie est un chevreuil blessé, écrivait Gongora. Les flèches lui donnent des ailes. » » (p.9)
– Finalité incertaine : bon pour ça je devrais citer tout le chapitre, tu me crois sur parole allez ?
Mais pourquoi Claudette se fout-elle ainsi de nos trognes ? On n’est pas dupes : cette sophistication – qui je le crains rentre encore dans une démarche aristocratique ; c’est une obscurité de connivence, Delay dit « on le sait » alors que je le sais pas, c’est donc qu’elle s’adresse à sa team et souhaite exclure les autres – c’est un trompe-l’œil pour donner l’illusion de profondeur. Si on dépouille le propos de ses cinq effets pourris, on se retrouve avec deux pauvres bouts de banalités psychanalytiques. Moi je crois que Delay veut qu’on fasse le boulot à sa place. Elle a pas trouvé grand-chose à dire sur Marilyn, alors elle a calé des zones d’ombre pour que les plus courageux fassent la lumière. Si tu comprends quelque chose, elle dira que t’as compris. Si tu comprends rien, elle dira que chacun doit se faire son avis.
Moi je crois que Delay, elle en a rien à battre de Marilyn Monroe. Ce serait – je peux pas le prouver mais j’en suis persuadé – une sorte de livre de commande. Et si c’est pas un livre de commande, c’est encore pire : Delay méprise Monroe. Elle la réifie pour se faire mousser, notre chère Norma n’est rien de plus qu’un prétexte pour noircir 300 pages et quelques. Car la suite du bouquin – je te rassure : ça reviendra jamais aussi pire que dans le premier chapitre – elle est structurée par trois grands traits caractéristiques qui trahissent le fait que Delay a écrit ça par dessus la jambe en freestylant à partir de machins choses versés en vrac dans la marmite.
1) Le manque absolu de rigueur
a) Le travail de datation est chaotique. On n’a rarement plus d’une date toutes les dix pages. Ainsi la chronologie est hyper floue, d’autant plus que Delay peut faire passer six mois importants dans une ellipse entre deux phrases, comme elle peut choisir de se concentrer sur une heure anodine.
b) Le travail de hiérarchisation des informations est absent. L’exemple le plus aberrant : page 136, tu as, après une courte évocation du tournage de Sept ans de réflexion, ce paragraphe
« Billy Wilder a échappé de peu aux chambres à gaz, et en a subi de dures dans son existence. « Moi, je suis ici, parce que je ne voulais pas être dans un four crématoire. » Son odyssée, il la met dans le gouffre aux chimères. Izzy Diamond, son scénariste, dit de son œuvre qu’elle est une combinaison aigre-douce, comme la vie. Il a décelé le génie comique de Marilyn, cette spontanéité particulière dont il tirera des trésors. »
Comment est-ce qu’on peut dire un truc aussi ouf et passer immédiatement à autre chose ? Hier j’ai failli mourir.
c) Le travail sur les sources est nullissime. Tu as grand maximum trois informations qui sont sourcées. Le reste du temps, Madame sort le matos de son pouce. Et significativement, elle prend à côté de ça bien soin de noter d’où vient son interminable diarrhée de citations hors sujet. Page 66, Marilyn couche avec Chaplin Junior, tombe enceinte et avorte. Source ? Aucune. Page 75 : « [Marilyn] mentira beaucoup au sujet de ses orgasmes. » Source ? AUCUNE. Page 19 : « À l’église, dans le tonnerre des orgues, Norma Jeane grisée par les choeurs et les encens s’imaginait nue. Un désir fou de quitter ses vêtements la traversait. Sans vêtements, elle serait la plus belle. Frémissante de désir et sans aucun sentiment de péché, « Je voulais que les gens me voient nue, parce que j’avais honte des habits que je portais ». Peut-être que, dans son inconscient d’enfant, elle veut renaître. On naît nue, et elle aurait ainsi un père, comme les autres. En petite fille fascinée par la sexualité, elle se voyait aussi passer par-dessus les fidèles agenouillés, sans culotte sous la robe… Le fantasme est d’autant plus comique que Marilyn le réalisera : elle fut la seule actrice peut-être à ne jamais porter de dessous. » Sources ? AUCUNE !!!! Je ne doute pas que pour la majeure partie de ces faits, Delay a pioché dans les ouvrages cités en bibliographie mais si tu mates la bibliographie, tu peux voir qu’elle s’est basé sur, entre autres, Enquête sur un assassinat de Don Wolfe et Marilyn Monroe d’Anne Plantagenet (dont je parlerai une autre fois) : c’est bien, sauf que ces deux bouquins souffrent aussi du problème de sources. Delay, de toute façon, cherche le gossip, pas la vérité.
d) Le contresens volontaire. Parfois ça l’arrange, alors Delay trafique. On a déjà parlé de la citation en ouverture. Y’a quelques autres occurrences de cette mauvaise foi. Par exemple, Delay nous explique page 54 que Zanuck était cynique car sa devise était : « faites de la bonne merde ». Alors déjà j’ai cherché et j’ai trouvé nulle part que c’était sa devise. Et puis surtout ma cocotte, tu m’as l’air d’avoir traduit littéralement une tournure argotique. « Faites de la bonne merde », ça fait comme s’il disait « Faites un film nul mais efficace » – alors qu’il a probablement dit, s’il a dit quelque chose, « Make some good shit » et ça veut dire au contraire « Faites un bon film ». Peut-être que t’aurais besoin de quelques petits resserrages de boulons en anglais, Claudette ?
2) Le délire psychanalytique, alimenté par des jeux sur les mots et des citations. Là, je ne peux rien faire d’autre que montrer des exemples :
« Sa candeur cosmique et sa voix d’enfant vaincront ses réticences : il tombe amoureux. « C’est cela qui s’appelle destin : être en face », écrivait Rilke. » (p.48)
« Il lui montre dans un livre d’enluminures un double MM et le lui fait épeler : « Memento Mori », « souviens-toi que tu es mortel ». Ces deux M auront leur importance dans sa vie. » (p.48)
« Ben Lyon propose en prénom Marilyn… C’était celui d’une danseuse des Ziegfield’s Follies, Marilyn Miller, à laquelle elle ressemblait et pour laquelle il avait eu un faible. Les fatalités sont tenaces. » (p. 56)
« Miss Mmmm devenue Monroe garde sa relation démesurée avec le M : M résonne aussi comme « aime » en français ! Le m de Maman, le maternel omniprésent, le « Memento Mori » du livre saint de Turio, sinistre augure, et murmure… » (p. 56)
« « Il faut avoir du chaos en soi pour accoucher d’une étoile qui danse », soutenait Nietzsche. Elle sait, depuis toute petite, dans le dortoir de l’orphelinat que les étoiles ne tombent pas. Mais que les femmes pleurent. » (p.58)
« Marilyn a toujours eu une sensibilité particulière aux hommes porteurs de lunettes. Est-ce que parce que son père ne l’a jamais regardée ? » (p. 73)
« Jean Genet a écrit : « On n’est pas artiste sans qu’un grand malheur s’en soit mêlé. » Lui ne connut jamais sa mère, cette Gabrielle dont il rêva toute sa vie, et ne reçut à sa venue au monde que son nom – Jean Genet, « je nais » ou « je n’ai ». Toute sa vie, il fleurirait de genêts, cette fleur sauvage, sa génitrice inconnue, avec ses lèvres, des Genet. » (p. 78)
Et c’est encore pire quand Claude lâche la bride et intègre des citations populaires à son texte…
« Le cinéma s’est bâti sur bien des genoux féminins. Les belles s’agenouillent pour les menus services de table, si l’on peut ainsi nommer les douceurs dont elles gratifient la sexualité défaillante de leur partenaire. La recette est éternelle, une chanson française de chambrée l’immortalise :
« Si tu veux faire mon bonheur,
Marguerite, Marguerite,
Si tu veux faire mon bonheur,
Suce ma bite avec ardeur. » » (p.59/60)
« Ben Lyon a repéré Marilyn. « Cette fille, elle est extra pour les pipes. » Gageons qu’il parlait d’expérience, lui qui lui mit le pied à l’étrier. « À cheval sur mon papa, au pas, au pas, au pas… » Les dadas et les daddies resteront inséparables pour Marilyn. Giocare, jouer, n’a jamais été aussi proche de joculare, éjaculer, et gaudere de jouir. » (p.60)
3) L’absence de relecture. Deux beaux exemples :
« Marilyn flâne à Doheny, va constamment ouvrir sa porte aux enfants costumés pour Halloween lorsqu’ils sonnent, les comble de pommes et de petits gâteaux que confectionne la sœur de Joe. » (p.124)
À Doheny, Marilyn, elle y a vécu au moins plusieurs mois. Tu vas pas me dire que pendant plusieurs mois les enfants sont venus toquer pour Halloween ? Ou alors tout ce que je pensais s’effondre : Marilyn est une authentique gourdasse, encore pire que les cruches tarées qu’elle incarne ; il suffit – les gosses du quartier se sont passés le mot – que tu sonnes à sa porte avec une citrouille taillée sur la tête, et elle croit qu’on est le 31 octobre. Quoi qu’il en soit, cette phrase est incorrecte grammaticalement : Delay utilise du présent d’habitude là où il ne peut logiquement pas y avoir d’habitude.
« Elle aimait plus que tout les nuages et dormir en avion. On croit entendre Faulkner dans Tandis que j’agonise : » (longue citation) (p. 139)
Delay dit une phrase, puis dit que cette phrase c’est quasi-du Faulkner. En vrai, elle a simplement mis « On croit entendre » pour faire une transition jolie avec ce qui précédait, sauf qu’elle a oublié de restituer ce qui apparemment seraient des paroles de Marilyn au discours direct, du coup ça donne juste l’impression qu’elle est en train de louer sa propre phrase. D’ailleurs, si on joue le jeu de la psychanalyse, cette négligence n’est pas un hasard…
Conclusion : je sais pas qu’il y a un public pour ça, alors si tu as envie de voir une vieille se branler, fonce ; par contre si tu aimes Marilyn Monroe, le cinéma ou lire des livres, je te conseille de regarder un film avec Marilyn Monroe, un film ou de lire un livre.
Parlons de choses un peu plus cools. Devine qui c’est qu’a débarqué dans la boîte mail Lunécile l’autre jour ! Un indice : l’image au-dessus c’est un indice. Ouais, Christian de Metter, l’auteur de De l’autre côté du miroir, est passé faire coucou ! Voici son mail, qui contient un mimi mea culpa :
Bonjour,
Je réalise actuellement quelques peintures sur Marilyn et je tombe par hasard sur votre blog. Vous avez entièrement raison à propos des bulles de ma bande-dessinée mais je suis seul responsable. Je n’ai jamais lu de BD ni appris à en faire et je continue d’apprendre. J’avais choisi ce style pensant restructurer mes dessins qui sont perçus comme flous et bringuebalants et… c’était raté. Si elle devait ressortir je retravaillerais cela.
Mais merci pour votre critique, cela fait chaud au coeur de lire quelqu’un qui a compris ce que vous avez essayé de faire contrairement à pas mal de journalistes qui sont passés à côté. Je pensais que c’était de ma faute mais en vous lisant je me dis que je n’ai pas tout raté. Merci encore.
Christian.
Les tops et flops ciné 2013 de Robin et Aloïs !

Je vais la faire court pour l’intro parce que ces deux-là, depuis qu’on les a fait jouer dans KDO, ils me fatiguent, ils se croient tout permis. Sache que ce truc, ils devaient te le faire pour le 21 – regarde-moi ça on est en plein 2014, et je dois encore leur arracher le biscuit de la bouche.[…]
Les tops et flops ciné 2013 de Robin et Aloïs !
Je vais la faire court pour l’intro parce que ces deux-là, depuis qu’on les a fait jouer dans KDO, ils me fatiguent, ils se croient tout permis. Sache que ce truc, ils devaient te le faire pour le 21 – regarde-moi ça on est en plein 2014, et je dois encore leur arracher le biscuit de la bouche. Bon, je te laisse, je vais me laver les mains.

LE TOP 10 CINÉ 2013 DE ROBIN
10 – La Vie d’Adèle : Chapitres 1 et 2, Abdellatif Kechiche
9 – Conjuring : Les Dossiers Warren, James Wan
8 – Mud : Sur les rives du Mississippi, Jeff Nichols
7 – Lone Ranger, naissance d’un héros, Gore Verbinski
6 – Gravity, Alfonso Cuarón
5 – Zero Dark Thirty, Kathryn Bigelow
4 – Samsara, Ron Fricke
3 – Django Unchained, Quentin Tarantino
2 – Le Hobbit : La Désolation de Smaug, Peter Jackson
1 – Cloud Atlas, Andy et Lana Wachowski et Tom Tykwer
LE TOP 9 CINÉ 2013 D’ALOÏS (un top 9 ?! je mentais pas quand je disais que les gars se prenaient maintenant pour Jupiter – en plus il a même pas voulu hiérarchiser !)
– Le Hobbit : La Désolation de Smaug, Peter Jackson
– Django Unchained, Quentin Tarantino
– Kick-Ass 2, Jeff Wadlow
– Monstres Academy, Dan Scanlon
– 7 Psychopathes, Martin McDonagh
– Pacific Rim, Guillermo Del Toro
– Le Dernier Pub avant la fin du monde, Edgard Wright
– Riddick, David Twohy
– Thor : Le Monde des ténèbres, Alan Taylor
LE FLOP 5 CINÉ 2013 DE ROBIN (l’année prochaine, tu vas voir qu’ils nous feront des flops 1, et l’année suivante que c’est moi qui devrais le faire à leur place, en déduisant leurs préférences du contenu de leurs poubelles)
5 – Spring Breakers, Harmony Korine
4 – Insidious : Chapitre 2, James Wan
3 – Kick-Ass 2, Jeff Wadlow
2 – The Mortal Instruments : La Cité des ténèbres, Harald Zwart
1 – Man of Steel, Zack Snyder
LE FLOP 5 CINÉ 2013 D’ALOÏS
– Carrie, la vengeance, Kimberly Peirce
– Mamà, Andres Muschietti
– Evil Dead, Fede Alvarez
– World War Z, Marc Forster
– Wolverine : le combat de l’immortel, James Mangold
ROBIN ET ALOÏS ARGUMENTENT
La Vie d’Adèle, Abdellatif Kechiche (clique pour voir notre critique collective)

Robin : Dans La Vie d’Adèle, j’ai adoré la façon dont Kechiche a abordé ses personnages. On a là un film sans filtre, brut, et qui du coup devient très intime, ce qui est renforcé par l’utilisation systématique du gros plan. L’œuvre doit une grande part de sa réussite à l’alchimie entre Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos qui forment un duo tout en complicité et sensualité. Le regard posé par Kechiche sur le visage et le corps des deux femmes est particulièrement puissant et évocateur. Même si l’ensemble est assez inégal, les quelques scènes hyper sensitives, esthétiques, sobres et colorées ont le souffle suffisant pour emporter l’adhésion.
Conjuring : Les Dossiers Warren, James Wan

Robin : Ce sacré filou de James Wan réussit l’exploit, dans une même année, d’être dans mon top et dans mon flop. On pourrait presque croire qu’il l’a fait exprès. Pour Conjuring, il a récupéré Patrick Wilson (déjà dans Insidious), et l’excellente Vera Farmiga. Il est allé fouiner dans les vieux dossiers des Warren, couple chasseur de phénomènes paranormaux, pour nous ressortir une vieille histoire d’exorcisme à la sauce Salem. Rien de bien original me direz-vous. Sauf que Wan, sorte de prodige de cirque du cinéma d’horreur et gore, s’amuse des codes du genre et met ses spectateurs dans des moments de confort pour mieux les effrayer. J’aime pas trop les films qui font peur, mais je crois que c’est le meilleur que j’aie vu. C’est malsain à souhait, et il y a deux-trois jump scares à vous faire péter votre plafond. Et en plus, on y trouve de vraies idées de cinoche qu’on voit pas dans d’autres films d’horreur.
Aloïs : Conjuring n’est pas bon. « Rien de bien original me direz-vous ». Voilà, tout est dit. Le film n’est pas gore pour commencer, préférant se diriger vers un style horreur où l’ambiance va servir son projet : mise en place des différents éléments, tension croissante, angoisse. Le début y parvient avec brio, j’ai été très surpris, m’attendant à voir là un bon film d’horreur. Mais ça s’arrête là, au moment même au final où les héros se mêlent à l’histoire. Dès lors, le scène fait intervenir des personnages inutiles dont on ne connait ni le but ni le nom, les cumulant avec des scènes qui le sont tout autant (parlons de ce fameux moment où monsieur Warren décide entre deux examens du lieu le plus hanté du monde d’aller réparer la voiture qui traine là au fond du jardin). Le reste, c’est du vu et revu, avec en prime d’autres moments wtf qui ne servent toujours à rien : les autres fantômes tombent comme un cheveu sur la soupe, ne servent pas, n’ont AUCUN intérêt. Le fantôme boss final qui semblait être totalement badass, parvenant même à menacer directement les héros en s’en prenant à leur fille se fait finalement rétamer par le pouvoir de l’amour. Comme quoi, vive les photos de famille. D’ailleurs la fin est juste expédiée : « Oh non, ma femme est soudainement contrôlée par l’esprit malin, allons l’exorciser, ça y est, fin ». Et puis la mention : « inspiré d’une histoire vraie », c’est tellement cliché… Et puis bonjour la tête des Warren, comme quoi le cinéma ça te permet de rendre tout le monde carrément beau gosse. Paye ta crédibilité d’histoire vraie. Et puis de toute manière, l’actrice qui joue la mère, c’est celle dans Six Feet Under qui joue la femme de Nat trop pénible.
Robin : 1) J’ai pas dit que le film était gore. 2) C’est quoi ton délire avec le participe présent ?
Aloïs : Nan mais si on en vient à la grammaire comme seul argument de contre… Avoue AVOUE : les scènes useless, les personnages useless, le fantôme useless.
Robin : Non j’avoue rien, je trouve que tu es un personnage méprisable. Il y a des jump scares de malade mental, une ambiance hyper travaillée, et dans la mesure où la reprise des codes et des clichés (dont fait partie la gratuité, tous les films d’horreur sont par essence gratuits) est assumée et qu’on joue avec ça me pose aucun problème. T’as dû oublier de mettre tes lunettes 3D pendant le film.
Aloïs : Je l’ai regardé sur le support qui lui convenait le mieux, un ordinateur sur une plateforme de téléchargement lambda, et même en 720p, c’était toujours nul. À partir du moment où tu colles « inspiré d’une histoire vraie » sur ton film d’horreur, tu sais que ça va être daubesque.
Gibet : À partir du moment où tu colles « inspiré d’une histoire vraie » sur ton film, tu sais que ça va être daubesque.
Robin : Hitler n’aurait pas dit mieux. C’est tellement facile de vomir sur des clichés en pensant que ça te rend plus original.
Aloïs : En attendant ça rend ton argument caduque.
Robin : Il ne suffit pas de dire que mon argument est caduque pour qu’il le soit
Aloïs : À l’occasion je te fournirais une longue liste d’au moins deux bons films d’horreur, histoire que tu vois ce qui est bon.
Robin : Mais oui, ça sera sûrement très instructif, enseigne-moi.
Aloïs : Le début de Conjuring est bien, l’heure et demid suivante non. Dommage pour un film de 1h33.
Robin : Vous avez tort M. Top 9
Aloïs : Excusez-moi de ne pas trouver qu’un fantôme qui pour plus grosse attaque tire les pieds de fillettes endormies soit très effrayant…
Mud : Sur les rives du Mississippi, Jeff Nichols (clique pour voir la critique de Robin)

Robin : Je vous conseille fortement de passer sur Amazon et d’ajouter à votre panier Mud, un film très chaleureux et franchement bien foutu. C’est pour une fois très plaisant de voir une œuvre qui évoque l’adolescence sans aller chercher les clichés les plus faciles et dégoûtants. Cette histoire d’initiation, quelque part entre Tom Sawyer et L’Ombre du Vent, reprend les codes romanesques du genre avec une grande poésie et se concrétise en l’un des films les plus charmants vus cette année.
Lone Ranger, naissance d’un héros, Gore Verbinski

Robin : C’est très à reculons que je suis allé voir ce blockbuster qui me semblait être un revival de Pirates des Caraïbes dans le far-west, mais force est de constater que j’ai été cueilli par un film extrêmement fun et bien ficelé. Verbinski a repris des ingrédients de ses pirateries, mais les bons : une reconstitution et des décors qui invitent à une gigantesque fête foraine, un duo d’acteurs très complice avec des gags parfois un peu réchauffés mais pas déplaisants, et de l’action hyper dynamique montée sur du Rossini comme on en a rarement vu en 2013 (pas même chez Pacific Rim). Ajoutons que le film, qui remémore l’essor des États-Unis aux débuts du chemin de fer et de l’exploitation des mines d’argent, sort des sentiers battus du blockbuster en rappelant que ce développement yankee s’est appuyé sur des violences faites aux populations amérindiennes. C’est peut-être ce ton légèrement polémique qui a causé le vautrage de Lone Ranger au box-office.
Gravity, Alfonso Cuarón

Robin : James Cameron, qui n’est pas une bille en effets spéciaux, avait dit à Cuarón qu’il serait incapable de réaliser son projet avant plusieurs années. Mais le metteur en scène mexicain a finalement tenu son pari avec Gravity, film qui réussit le tour de force de présenter un huis-clos dans un espace infini. Les pérégrinations de Sandra Bullock sont angoissantes et rythmées, si bien qu’on en regretterait presque de n’y passer qu’une heure et demi. Loin des réalisateurs prétentieux et pompiers qui s’imposent et nous imposent des effets de style grotesques pour impressionner, Cuarón, en diminuant au maximum le nombre de plans pour gagner en fluidité, nous fait perdre nos repères. C’est quand on se surprend à se dire « c’est vachement réaliste » alors que nous, commun des mortels, ne sommes jamais allés dans l’espace, qu’on se dit qu’il est sacrément fort, ce mexicain.
Zero Dark Thirty, Kathryn Bigelow

Robin : En s’appuyant sur un académisme extrêmement poussé (plans et photographie impeccables), Kathryn Bigelow s’attaque aux obsessions américaines des dix dernières années : la traque de son bourreau, Oussama Ben Laden. Le regard posé sur l’administration américaine prête à employer les moyens les plus coûteux et les plus douteux pour abattre le dahu est sans concession. Que d’hommes, que de cerveaux, que de dollars ont été employés dans cette frénésie pour chasser l’ennemi public numéro 1 ! Jessica Chastain incarne brillamment ce cerveau, cette vie meurtrie, cette schizophrénie jusqu’au bout de ses ongles rongés. Et, jusqu’à l’emballement final (l’assaut contre Ben Laden mis en scène en temps réel), Zero Dark Thirty devient cet impitoyable et efficace thriller tamisé.
Samsara, Ron Fricke

Robin : Avec sa caméra 70mm, Ron Fricke a parcouru pendant plusieurs années 25 pays du globe pour son film Samsara, œuvre hybride entre le zapping de Canal + et un documentaire de la chaîne Planète. Les images, sans commentaires, et enchaînées les unes aux autres dans un ordre logique, nous révèlent notre monde, les merveilles réalisées par la nature et celles réalisées par le génie technique et artistique de l’homme. Il nous montre également, sans pudeur et sans lourdeur, l’exploitation destructrice, sauvage et incontrôlable que nous en faisons. Visionner ce film, c’est subir une expérience existentielle unique : être balloté entre le ravissement et la culpabilité vous laisse à la fin une drôle d’impression dans le bide.
Django Unchained, Quentin Tarantino (clique pour voir la critique de Robin)

Robin : En assumant sa volonté de jouer avec les instincts les plus bas, Tarantino réussit pleinement son deuxième volume de la vengeance (qui est souvent fondée sur les instincts les plus bas). Tous les ingrédients du bon Tarantino sont là : le goût prononcé pour le cliché, le soin pris à l’élaboration de dialogues savoureux et jubilatoires, etc. Le monologue de DiCaprio dans une séquence très théâtrale dans la mise en scène est pour moi l’une des meilleures vues en 2013. Mais pour prendre son pied dans cette nouvelle épopée, il faut adhérer aux ressorts un poil vulgaire de l’œuvre et apprécier la jouissance décomplexée. Un peu comme pour l’échangisme.
Aloïs : Après un Unglourious Basterds que je n’avais pas du tout apprécié malgré mon engouement pour la filmographie de Tarantino, le réalisateur revient sur le thème de la vengeance avec ce qui se veut être dans la droite lignée des westerns spaghetti, et qui y parvient avec succès. Django Unchained offre un spectacle tout à fait jouissif en reprenant des codes chers au réalisateur, entre violence gratuite et démesurée, stéréotypes, exagérations, personnages emblématiques et surtout dialogues de haute volée. La performance de DiCaprio est excellente, tout comme celle de son collègue Christoph Waltz, rencontre qui trouve son apogée lors de leur confrontation finale. Même si les scènes de fin alourdissent un peu l’ensemble selon moi (fusillades et explosions à tout va), l’ensemble n’en demeure pas moins jouissif et me fait renouer avec Tarantino après ce petit écart sur la seconde guerre mondiale.
Le Hobbit : La Désolation de Smaug, Peter Jackson

Robin : Un an seulement après Un voyage inattendu la joyeuse troupe de nains en quête de leur royaume perdu reviennent avec La Désolation de Smaug. Et la trilogie semble avec ce deuxième volet monter en puissance. Cet épisode de transition introduit de nouveaux personnages et se révèle plus spectaculaire et plus épique que son prédécesseur, dans une ambiance toujours féérique mais aussi beaucoup plus sombre. L’expérience est à vivre en HFR, qui permet de suivre les différents combats avec une fluidité sans précédent. Le bijou du film est Smaug, le dragon XXXL (qui ruine définitivement les arguments des antis performance capture), et qui laisse Jackson recourir à son génie de la mise en scène, jouant sur le gigantisme de la bête et le minimalisme des nains. Sur le plan du divertissement et du spectaculaire, Jackson place sa trilogie bien au-dessus de tout le reste aujourd’hui.
Aloïs : Si les Inrocks et quelques détracteurs soulèveront des critiques négatives quant à ce deuxième volet de la trilogie, passez outre et profitez que la populace soit en train de se servir dans les magasins pour profiter du spectacle. Avec une 3D qui réussit au film, la magie, les décors, l’intrigue même vous offre un nouveau voyage au cœur de l’univers de Tolkien revisité par le réalisateur avec brio. Si quelques points sont effectivement sujets à discussion (notamment le personnage de Tauriel), l’immersion reste toujours aussi plaisante, et il tarde d’attendre une année de plus pour visionner le dénouement de la quête de cette joyeuse compagnie de petits hommes.
Cloud Atlas, Andy et Lana Wachowski et Tom Tykwer (clique pour voir la critique de Robin)

Robin : Les trois réalisateurs de ce sublime film protéiforme construit comme une poupée russe se muent en faiseurs de rêves, conteurs subtiles du monde passé, présent et futur. Œuvre cinématographique inédite et sacrément culottée, Cloud Atlas n’est pas un film que se comprend mais qui se saisit. À travers six tableaux (un film d’époque, un drame, un polar, une comédie, une science-fiction et une fantasy d’anticipation) chronologiquement éparpillés mais intimement reliés par un chassé-croisé constant, le film questionne intimement son spectateur sur sa capacité à exercer son libre-arbitre, sur le sens de sa vie, sur les liens qu’il tisse avec les autres.
Aloïs : Cloud Atlas c’est cool.
Kick-Ass 2, Jeff Wadlow

Robin : Après un premier opus somme toute sympathique, Kick-Ass remet le couvert avec un deuxième film sous acide. L’effet cartoon est toujours là, mais la première surprise de son prédécesseur est passée. On a voulu ici forcer encore un peu plus le trait et il s’en dégage un visuel d’une grande laideur, sauf éventuellement pour les épileptiques et les daltoniens. Sous couvert de fun, de sauvagerie décomplexée et d’un ton soi-disant « différent » se cachent finalement les mêmes valeurs conservatrices et réactionnaires qui dégoulinent dans toutes les pires saloperies hollywoodiennes. Pour ceux qui aiment le style et l’esthétisme du film, on ne saurait que trop leur conseiller d’aller jeter un coup d’œil à Scott Pilgrim vs The World, autrement plus intelligent, ou d’aller voir un ophtalmo.
Aloïs : Kick-Ass 2 se retrouve dans mon top et ne démérite pas sa place. Le film en a fait tiquer plus d’un, mais j’ai véritablement passé un excellent moment en allant le voir. Entre action et répliques cultes, on ne décroche pas. La critique la plus récurrente revient sur ce changement d’ambiance par rapport au premier, sa vulgarisation et sa violence. Mais cette ambiance colle aussi beaucoup plus à celle du comics d’origine et ne nuit absolument pas au film si on se prête au jeu. Et puis il y a Chloë Moretz, et ça, ça excuse (presque) tout.
Robin : L’argument de la vulgarisation et de la violence, pour moi, c’est juste une posture un peu niaise : j’aurais préféré davantage de gratuité dans la sauvagerie, comme, il me semble, c’est le cas dans le comics. Mais SURTOUT, cette pseudo-violence est rendue stérile par les bons sentiments qui dégueulent autant que la photographie du film. Et puis, Chloë Moretz, j’ai du mal à la voir autrement qu’une Emma Watson du pauvre.
Aloïs : Bons sentiments ? Justement ce qu’il y a de bien sympa avec ce film c’est qu’il n’est à aucun moment moralisateur ou plein de bons sentiments. La touche kiss/girly finale est limite « obligatoire » par convention de ce type de ciné, comme elle l’était dans le 1, en bien plus présente au final. Et puis sérieusement, comparer Chloë Moretz à Emma Watson, c’est comme donner de la confiture de caviar à un mouton.
Robin : La relation père adoptif-fille trop chouki c’est pas plein de bons sentiments ? Enfin merde y a 12 000 exemples comme ça dans le film.
Aloïs : Ce personnage mineur qui apparaît en tout et pour tout 12 secondes pour faire une morale qui sera brisée dans la scène qui suit ?
Robin : Le père adoptif n’apparaît pas 12 secondes dans le film, arrête de déconner.
Aloïs : 15.
Robin : Pfff c’est le fil conducteur de la gonzesse arrête de divaguer.
Aloïs : Il apparaît en disant « pas bien fille que tu sortes tuer des lascars ». Il lui fait une soupe, et essaie de la tracer pour la prendre sur le fait qu’elle est pas malade. Elle en a rien à battre la gamine. À la fin elle se casse sans pression, sans dire merci.
Robin : T’es fou. Toutes les relations entre les personnages sont fondées sur une forme de bien-pensance un peu douteuse. Tu oublies aussi que la gamine essaie de se la jouer meuf populaire du lycée, mais au final il faut que tu sois toi-même blablabla.
Aloïs : Quand elle est elle-même, elle taz des meufs au bâton à vomi. D’où c’est de la bien-pensance?
Monstres Academy, Dan Scanlon

Aloïs : Petite surprise de cette année 2013, j’ai été voir ce film un peu à reculons, m’attendant à ce que cette préquelle d’un de mes Pixar préférés nuise à ce dernier. Finalement, je n’ai absolument pas été déçu, et ce retour en enfance m’a au contraire offert de sympathiques retrouvailles avec Bob et Sully. L’univers est là, les personnages sont là, l’ambiance est là, bref, tout y est. Si bien sûr le trait est un peu forcé sur certains points (stéréotypes de personnages de la fac, entre les faiblards au grand cœur et les brutes de la confrérie avec un nom latin lambda), ce faux teen movie réussit à convaincre dès les premières minutes et jusqu’au générique de fin.
7 Psychopathes, Martin McDonagh

Aloïs : Après le très bon Bon Baisers de Bruges, Martin McDonagh revient avec un second film totalement barré. Sans être particulièrement fan des acteurs qui figurent à l’affiche de ce film, on doit reconnaître qu’ils s’en sortent avec brio dans leur rôle de détraqués. Parler du film est assez compliqué puisqu’il prend des tournants assez brusques très rapidement sans qu’on s’y attende le moins du monde mais au final il nous offre un spectacle complètement fou et surprenant. Et Sam Rockwell constitue à lui seul une raison de voir ce film tant il est bon dans son rôle.
Pacific Rim, Guillermo Del Toro (clique pour voir notre critique collective)

Aloïs : J’ai kiffé voir des robots géants taper sur des monstres en images de synthèse. Car oui, j’ai kiffé ma race de voir Optimus Prime tatanner Godzilla, et que de toute manière j’allais voir le film pour cela, et rien de plus. Je ne reviendrai pas sur la critique émise par mes collègues du blog quant au film, à laquelle je m’oppose farouchement : dire qu’un blockbuster est mauvais parce que la psychologie des personnages n’est pas assez aboutie… Non, j’ai dit que je ne reviendrai pas dessus. Au final le film offre un spectacle des plus impressionnants qui remplit son contrat quant à ce que j’attendais de lui.
Robin : Moi je vais revenir sur la critique de tes collègues parce qu’elle a du sens. Et d’ailleurs, tu n’as sans doute pas bien lu. On ne dit pas que la psychologie des personnages n’est pas assez aboutie, on dit qu’elle est carrément inexistante. On savait bien qu’on n’allait pas voir du Polanski, mais ce niveau d’indigence passerait à peine pour Tfou. Donc, au final, oui, on a un Godzilla, un Transformers, mais rien de mieux. Pour voir de la belle action et du fun, autant regarder Lone Ranger.
Gibet : Oh le relou. Tu as déjà fait cette attaque, Aloïs, et j’ai déjà répondu à cette attaque. Relis notre critique, comme Robin dit, ce n’est pas du tout ce qu’on dit. Qu’un blockbuster s’en branle de la psychologie des persos, ça me dérange pas, c’est même bien. Mais là Pacific Rim, c’est UNE HEURE AU MOINS sans baston et avec juste du développement de personnage. Alors soit on le fait bien, soit on le fait pas, mais faut que t’arrêtes avec cet argument de “c’est juste des robots qui se battent avec des dinos arrêtez de prendre ça trop au sérieux” – le film c’est pas ça concrètement. Comme je disais déjà dans la critique collective, je trouve du coup Transformers beaucoup plus abouti dans le genre blockbuster bourrin : Michael Bay sait tout à fait à qui il s’adresse (l’ado américain moyen), et il sort jamais du cahier des charges (baston, virilité à prouver, bagnole, meuf bonne). Par ailleurs, il est pas du tout exclu, mon cher, de faire un truc qui concilie le bourrin et – bon on va pas aller jusqu’à parler de subtilité – et un minimum de logique narrative et de rythme.
Aloïs : Ok, bah dans ce cas je contre-argumente en disant que ça ne m’a absolument pas ennuyé d’avoir cette heure de plus entre deux scènes de combat pour s’arrêter sur ce genre d’éléments. C’est donc une simple question de points de vue. J’ai trouvé intéressant de voir ce qui y était développé, même si ce n’est pas le point fort du film. Ça ne l’alourdit pas à mon sens.
Gibet : C’est pas un argument ça, c’est un ressenti.
Le Dernier Pub avant la fin du monde, Edgard Wright

Aloïs : Dernier volet de la trilogie Cornetto, le film aborde le genre de la science-fiction après les zombies et les policiers. Un peu moins drôle que ses ainés, il est cependant de loin le plus décalé des trois. Je n’avais pas vu la bande-annonce ni lu le résumé, aussi j’ai été très surpris arrivé à la moitié du film lorsque les évènements s’accélèrent. Simon Pegg porte le film à lui seul avec son personnage du King, et nous offre une prestation assez impressionnante, prouvant qu’il peut encore aller très loin en tant qu’acteur. Bref, une comédie à l’anglaise loufoque.
Riddick, David Twohy

Aloïs : Troisième volet des aventures de Riddick, les retrouvailles avec le criminel de l’espace sont pour le moins rudes : trahi par ses anciens ennemis dont il était devenu le seigneur dans l’opus précédent, Riddick se retrouve seul sur une planète désertique de laquelle il va chercher à s’échapper. Tourné avec un budget 3 fois moins élevé que celui des deux précédents épisodes, le film n’en est pas moins une réussite, ne serait-ce que pour l’ambiance qu’il dégage. On ne voit que peu le tueur dans le film, qui se focalise sur les chasseurs de prime venus le capturer, devant faire face à un ennemi des plus retors et malins. Ce focus ambitieux réussit à séduire et offre une très bonne parenthèse aux aventures de Vin Diesel.
Thor : Le Monde des ténèbres, Alan Taylor

Aloïs : Autant je n’avais pas beaucoup apprécié le premier film, autant cette suite m’a véritablement surprise. Assumant un côté bien plus décalé qui semble se légitimer de plus en plus dans les productions Marvel, le film gagne en légèreté et en efficacité. Alliant action et répliques excellentes, on pourrait même le classer comme comédie fantastique, le combat final étant lui-même un gros n’importe quoi. Mais finalement, ce choix convient bien plus à ce grand blond barraqué de Chris Hemsworth dont le personnage gagne en charisme autrement qu’en s’affichant torse nu devant la caméra.
Gibet : Dis-moi, Aloïs, tu emmerdais pas Robin l’année dernière car il foutait que des blockbusters américains dans son top ? TU AS MIS UN FILM ANGLICHE, et encore c’est foutu par des types totalement hollywoodiens, dans la mesure où ils ont le gros swag à LA. À LA BARRE !
Aloïs : T’as le seum avoue.
Spring Breakers, Harmony Korine

Robin : Quand tu es sur le point de voir ce film, tu t’attends à quelque chose fun, ou, au moins, de sexy. Tu te dis le marketing te l’a vendu comme ça, et que c’est ton droit d’obtenir CE QUE LE MARKETING T’A VENDU. Au final t’es autant déçu que quand tu ouvres la boite de ton Big Tasty et qu’il n’est pas aussi beau que sur l’affiche. Ce film, on dirait un Very Bad Trip réalisé par le mec le plus stone et le plus déprimé du monde. Au final, l’idée de montrer une jeunesse décadente se révèle aussi convaincante que LOL ou qu’un livre de Michel Onfray dans un film pompeux, bavard, laid et long comme un jour sans pain.
Gibet : Je l’ai pas vu mais c’est pas le but justement la malhonnêteté ? Piéger les midinettes et les branleurs ? Est-ce que du coup ton témoignage impulsif d’onaniste frustré ne serait pas en train de manifester la réussite du film ?
Aloïs : Lol. A part Selena Gomez à walpé, je suis d’accord avec Robin. Le but du film de vouloir contrer le feu par le feu ne prend à aucun moment et le parodie même.
Gibet : Je t’ai pas causé, Aloïs.
Insidious : Chapitre 2, James Wan

Robin : Sacré James Wan. Quelques semaines après Conjuring sort la suite d’Insidious, pourtant excellent, mais qui aurait dû rester ce one-shot plein de bonnes trouvailles et d’hommages. Loin du bon feeling laissé par le premier volet, cette suite directe, écrite sur du papier brouillon, développe un scénario presque poli et sans idées où les jump scares, un poil convenus, viennent nous rappeler qu’on est bien devant un film d’horreur. Pendant une heure et demi, le tout ronronne gentiment si bien qu’on se demande quel investissement James Wan y a mis, lui qui a annoncé qu’Insidious 2 serait son dernier film d’horreur.
Aloïs : Conjuring n’est absolument pas bon.
The Mortal Instruments : La Cité des ténèbres, Harald Zwart

Robin : Cette espèce de fusion démoniaque entre Twilight et Resident Evil compile absolument tous les défauts de ses « modèles » : une reconstitution d’un monde fantastique passée dans un Blender, une action lobotomisée par une photographie sombre et moisie pour masquer les très nombreuses imperfections, des décors Play-Doh, des monstres faits sur Paint et un triangle amoureux aromatisé à l’eau de rose pas très fraîche.
Man of Steel, Zack Snyder

Robin : Le reboot du superhéros à la cape (plus de 2h30 de souffrance !) est le pire film que j’ai vu cette année. Toute la mythologie du personnage est salopée par une construction grotesque accumulant des flash-backs très mal placés et des situations aberrantes censées élever Clark Kent au rang de quasi-divinité. Seulement, les dialogues d’une pauvreté éthiopienne et le manque de charisme des bons et des mauvais donnent l’impression que le film essaie désespérément de rentrer dans le moule insignifiant du nolanisme stérile. Le reste n’est qu’un amas de vomi numérique grisonnant dans lequel l’action est plus digne de Dragon Ball Z que d’une œuvre cinématographique spectaculaire.
Carrie, la vengeance, Kimberly Peirce

Aloïs : Bon, quand je disais que la présence de Chloë Moretz pouvait presque tout excuser, le presque servait justement à anticiper ce film. Carrie, la vengeance : le titre parle de lui-même. Non content de vous spoiler l’intégralité dans la bande-annonce (si si, je vous jure), sachez que le film est un remake de celui de De Palma, qui porte le même titre, la vengeance en moins. Un teen movie qui se prétend film d’épouvante horreur mais dont les feuilles du navet qu’il incarne ne parviennent même pas à sortir de terre. La fin pitoyable est à l’image du reste. Chloë, je t’aime, mais je t’en prie, plus jamais ça.
Mamà, Andres Muschietti

Aloïs : Mamà, ou le pire film de 2013 selon Aloïs. Je suis allé le voir sur les conseils d’un ami qui aujourd’hui est mort. Je me pencherai en plus en détails prochainement dessus, ce « film » méritant un article à lui seul, mais sache que tu ne dois pas le voir. C’est minable du début à la fin. Pas crédible, pas flippant, des effets spéciaux réalisés sous Paint, des scènes d’angoisse qui font marrer (oui, ça me fait marrer une perruque qui glisse sur le plancher pour faire genre que le fantôme marche vers toi sous le sol), une histoire digne d’un film d’horreur par contre, et qui tient par conséquent sur deux post-it, une fin inéluctablement médiocre après un début nul et un milieu moisi. Du grand talent.
Evil Dead, Fede Alvarez

Aloïs : Reprise du film de Sam Raimi sorti en 1981, l’affiche nous promet l’expérience la plus terrifiante. J’attends encore. Là aussi je reviendrai sur ce film au cours d’un article (quasiment tapé à 90% depuis six mois…) qui mérite une demi-étoile sur Allociné. Tout n’est que clichés nuls de films d’horreurs, les personnages sont teubés, l’esprit méchant est teubé, le héros a le charisme du gnou qui a tué Mufasa, le film veut faire peur en foutant du gore exagéré, ce qui est la première règle à éviter pour tout bon film d’horreur : si 100 litres d’hémoglobines sont nécessaires pour faire peur, au détriment de trucs un peu désuets comme l’ambiance, la psychologie, la tension, c’est que ça va être pas terrible. Là en l’occurrence c’est tout naze.
World War Z, Marc Forster

Aloïs : J’en attendais peut-être un peu trop de ce film qui m’avait intrigué de par une bande-annonce qui ne divulguait pas grand-chose mais promettait un spectacle assez saisissant. Sans être fan de Brad Pitt, le bonhomme a tout de même un certain charisme et j’étais curieux de le voir dans ce genre de film. Finalement je n’ai rien eu, du moins rien de bon. Entre scènes ridicules, longueurs interminables, inutilité flagrante des seconds rôles, aussi crédible qu’un adolescent emo qui ne se scarifie pas… Bref, rien à garder ici aussi… Le film est apparemment tiré d’un roman, mais aux quelques critiques que j’ai pu lire, ne le suis absolument pas, au grand dam des fans de l’œuvre.
Wolverine : le combat de l’immortel, James Mangold

Aloïs : Autant je ne m’ennuie pas forcément devant des films nuls, autant Wolverine m’a franchement fait bailler, hésitant même à quitter la salle pendant le visionnage. En laissant de côté cet aspect tout à fait déplaisant, tout est à revoir également, des scènes d’action mal foutues auxquelles on ne voit rien, à la narration nulle, aux décors approximatifs, clichés pathétiques, effets spéciaux risibles… et c’est looooong. Même s’il vous est arrivé de mouiller un peu vos sous-vêtements devant Hugh Jackman, évitez ce film. Pour votre bien, et celui de vos voisins (cette phrase n’a aucun sens).
Robin : Même si je suis d’accord avec quelques unes des faiblesses que tu pointes du doigt, je dois pourtant dire que ce nouveau Wolverine efface le douloureux souvenir du film Origins de 2009. Hugh Jackman y est plus charismatique que jamais et l’ambiance Japon est plutôt agréable. Pour ce qui est de l’action, la scène sur le toit du TGV est franchement bien baisée.
KDO bonus

Quelques dernières petites choses pour clore l’affaire KDO : – Notre super jeu concours se poursuit comme prévu jusqu’au 8 janvier. Je rappelle la règle du jeu : « Nous avons casé quelque part dans la série un portrait de Marilyn Monroe : ta mission est de le trouver et de nous envoyer sa[…]
KDO 25

WOOOOH ! Ca y est, KDO c’est terminé ! Merci de nous avoir suivi jusqu’au bout (si c’est ce que t’as fait – si c’est ta première ici, go au premier épisode) ! On est ravis que vous ayez réussi à passer outre les imperfections techniques pour vraiment recevoir le récit, les persos, l’énergie des[…]
KDO 24

IT’S REALLY BEGINNING TO LOOK LIKE CHRISTMAS, OU ALORS JE M’APPELLE PAS ROBESPIERRE ! J’espère que cet épisode met de l’espoir dans vos coeurs (et vous incite à chercher Marilyn Monroe). Allez hop, des photos de tournage super sur notre Tumblr :
KDO 23

Plus que deux épisodes ! T’as trouvé Marilyn Monroe ? Ma mère a trouvé Marilyn Monroe, alors pourquoi pas toi ? Sinon sur le Tumblr y’a des photos cools, tels que cette photo qu’on dirait une vraie photo promo américaine :
KDO 22

blabla Woh putain, Noël approche grave ! Il serait peut-être temps de trouver Marilyn Monroe pour choper des KDO non ? Des photos de tournage tip top sont sur notre Tumblr :
KDO 21

Y’a pas Marilyn dans cet épisode, mais y’a des photos de tournage sur notre Tumblr :


