Aloïs, à la recherche du film d’horreur ultime – Martyrs

J’ai une manière relativement simple de sélectionner les films que je vais voir, et ce pour n’importe quelle catégorie. Prenons l’exemple d’un soir où je désire me détendre devant un bon film bien marrant des familles, hop, ni une ni deux, j’ouvre mon navigateur internet préféré et je tape habilement ces quelques mots : « meilleurs films drôles lol ». Je tombe en général sur une série de sujets de forums qui demandent une liste des meilleurs films drôles de tous les temps et je sélectionne selon la redondance des titres qui s’y trouvent. C’est aussi grâce à cette technique que l’on se rend vite compte que l’avis général n’est pas forcément le meilleur…

 

Je me suis récemment lancé dans un défi que seuls quelques illuminatis et adolescents émos avaient osé avant moi, et dont peu sont ressortis vivants, à savoir le visionnage d’un bon petit paquet de films d’horreur-épouvante-terreur-qui font peur, ce dernier point n’ayant pour ma part jamais été atteint à mon grand dam. Je suis un public assez difficile en matière d’horreur, et pour moi, le film parfaitement réussi serait celui qui mêlerait à la fois une ambiance particulièrement angoissante à une histoire convaincante (ouais je sais…) et qui fasse sursauter. Un mélange de deux genres donc, entre épouvante et horreur (je vous laisse le soin d’aller chercher les différences qui constituent les deux genres, ce débat ouvert faisant rage depuis des temps immémoriaux, 2007 je crois). Shining est peut-être le long-métrage qui remplit le mieux ces conditions à l’heure actuelle, du moins pour moi, mais il manque ce petit côté vraiment flippant qui fait que je n’arriverai pas à dormir, ce truc que je ne pourrais pas expliquer mais qui va venir te hanter dans ton sommeil.  J’ai un bon nombre d’amis qui ne peuvent pas voir un film d’horreur, se cachent tout le temps les yeux dès qu’ils entendent un truc suspect et font de très énervant bruits de bouche et gémissements quand par malheur ils ont vu le seul moment gore intéressant du film. Cependant, là encore, je me préviens des critiques : horreur/épouvante ne rime pas forcément avec gore, même si la tendance semble se généraliser de plus en plus à l’heure actuelle.

 

Ce genre souffre d’un défaut cruel à mon sens : il vieillit en général extrêmement mal, et ce très rapidement. Quelques films tirent bien entendu leur épingle du jeu, notamment ceux adoptant le style de caméra embarquée, mais l’utilisation d’effets spéciaux dans la plupart les rendent à l’inverse comiques, voire ridicules, alors qu’ils sont censés être la composante principale de l’ensemble.


Bref, comme vous l’aurez je l’espère compris après cette courte vue d’ensemble (je reviendrai plus tard sur la majorité des points abordés pour les développer plus en détails et fournir quelques sources qui étaieront mon argumentation), si je suis assez friand de films d’horreur dans le sens où j’espère un jour tomber sur THE FILM, le genre me déçoit plus souvent qu’il ne me comble. Je me lance donc dans la critique des différents longs-métrages que j’ai pu visionner, et que je continue toujours, étant dans ma phase un peu SM.

 

Pour commencer cette série, j’ai donc opté pour un film franco-canadien. Il faut savoir en premier lieu que s’ils ne sont pas forcément très nombreux, les films français du genre sont plutôt bien réussis. Ils jouent généralement sur l’aspect torture mentale et physique afin de développer une ambiance gênante, voire complètement glauque, comme c’est le cas ici.

 

 

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Martyrs, de Pascal Laugier, sorti en salles le 3 septembre 2008, avec Mylène Jampanoï, Morjana Alaoui, et Catherine Bégin. Pour les petites notes en bas de page, le film a un certain rayonnement international, notamment aux US, et va faire prochainement l’objet d’un remake hollywoodien. Il revient fréquemment dans les listes des films les plus dérangeants et de nombreuses personnes indiquent en commentaire ne pas avoir eu le courage de le regarder jusqu’au bout.

 

Alors, qu’est-ce que ça raconte ? Le film commence par un flashback sur les années 70. Une petite fille disparue, Lucie, est retrouvée, vivante, portant les marques de multiples blessures. Un petit peu beaucoup sous le choc, elle est hospitalisée, et va faire la connaissance d’Anna, une autre petite fille, la seule avec qui elle parviendra à se lier d’amitié au vu de son comportement du à son traumatisme.


Ellipse, quinze  ans plus tard, une famille prenant son petit-déjeuner tranquillement, les parents et les enfants, discussion autour de l’avenir et des projets de chacun, petites tensions, etc… On frappe alors à la porte et le père va ouvrir. Surprise, il tombe sur Lucie, armée d’un sympathique fusil de chasse. Les scènes qui suivent sont assez rapides : Lucie pense qu’elle a retrouvé ses ravisseurs de l’époque et tire. S’ensuit la décimation de la famille, sans autre forme de procès. Là où le scénariste américain va faire survivre la gamine de 10 ans parce que ça se fait pas de tuer des gosses (et c’est mal vu de faire des remix de Sandy Hook), Pascal n’a pas cette morale trop naze, et la même gamine se mange une rafale de plomb en plein bide. Bref, quatre corps plutôt ravagés, on est à 10 minutes de film. Lucie fait alors appel à son amie Anna pour l’aider à se débarrasser de toute cette viande.

 

Anna arrive donc à la maison, découvre le carnage, et n’est pas tip top jouasse, d’autant plus que Lucie semble poursuivie par une espèce de démon qui cherche à tout prix à la tuer pendant la première partie du film (qui se compose de trois parties, la première étant centrée sur Lucie). Pendant cette première demi-heure, les deux femmes font chercher à dissimuler les corps, tandis qu’Anna va vouloir aider la femme, qui n’est pas tout à fait morte, à s’échapper. Son plan va rapidement foirer de toute manière, et madame n’aura pas survécu bien longtemps. Les deux femmes vont découvrir une pièce secrète de la maison, qui nous prouve assez ironiquement qu’il s’agissait bien des ravisseurs de Lucie, et dans laquelle elles trouveront une femme totalement ravagée, aveuglée, à laquelle on a cloué un casque en métal sur la tête et visiblement très affectée par la torture qu’on lui a infligée. En parallèle, Lucie doit fuir un personnage humanoïde qui tente de la tuer. On apprend par d’habiles flashbacks qu’il s’agit d’une femme retenue captive avec elle à l’époque, et qu’elle n’avait pu aider lorsqu’elle s’était échappée. Le souvenir de cette femme la hante donc et réclame vengeance. On découvre assez vite que la pauvre Lucie est légèrement schizophrène sur les bords et que cette femme qu’elle croit voir n’est qu’un reflet de son imagination, et qu’elle se blesse d’elle-même. D’ailleurs, vers la fin de cette première partie (30/40 minutes), elle s’égorgera toute seule, se tuant sous la pluie, et laissant Anna seule au milieu de tout ce bordel.

 

 

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Ce qui fait le « charme » de Martyrs, c’est justement la suite. Manque de pot pour Anna, la famille devait recevoir la visite des membres d’une sorte d’organisation/secte qui sont responsables des enlèvements et tortures, dans un but toujours mystérieux. Anna se fait capturer et là commence la descente en enfer, puisque quasiment tout le reste du film va se concentrer sur les tortures et mauvais traitements qu’elle va recevoir, enfermée dans cette pièce noire, aveuglée et rouée. Je ne dévoile pas la fin, qui sans être grandiloquente demeure assez habile.

 

C’est précisément cette longue, très longue séquence de tortures qui mettra à mal le spectateur. Il semble que la morale ait été complètement mise de côté dans le film, au profit d’un idéal à atteindre de la part de ses protagonistes, qui fait que le tout paraît presque irréel et honteusement fascinant. L’ambiance glauque poussée à l’extrême de la cave sombre qui servira quasiment d’unique décor pendant tout le reste du film, alliée aux séquences de torture, de plus en plus violentes, mettent mal à l’aise et feront se poser la question « pourquoi ? », qui trouvera une réponse qui renforcera cet aspect de malaise dans la mesure où elle apparaît totalement improbable en comparaison de ce que va subir Anna pendant environ une heure. Si vous voulez vous faire une petite idée, le titre est en rapport avec cette réponse.

 

De fait, Martyrs sait parfaitement créer une ambiance propice au théâtre d’horreur, une ambiance sombre, gerbante même pour certains, n’ayons pas peur des mots. Comme je le disais précédemment, je ne pourrais pas qualifier ça de film d’horreur génial de mon point de vue, dans la mesure où l’on ne sursaute pas. J’aime avoir une part de surnaturel dans les films d’horreur que je vois, et Martyrs n’en a pas (ou du moins très peu si on considère le personnage schizophrène), préférant se concentrer sur la cruauté humaine pour réussir.

 

 

En bref, si vous êtes amateurs d’ambiance gênante, Martyrs est le film qu’il vous faut, peut-être plus encore que Shining, qui est plus oppressant que gênant. Et quand je dis gênant, c’est plus du genre à vous faire faire ces bruits de bouche et gémissements pendant le visionnage que simplement vous faire plisser les yeux et vous gratter le nez. Le choix du double rythme, très rapide au début, trèèèèèès long par la suite est perspicace et renforce cet aspect d’horreur qu’il cherche à atteindre, le tout filmé avec assez de talent. Mais si vous êtes assez sensibles aux images, abstenez-vous, au risque de ne pas arriver à le voir en entier.

 

 

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Sous-titres – Frasier S01E04


Frasier – S01E04 – I Hate Frasier Crane FR.srt (clic droit sur l’image => Enregistrer la cible du lien sous) Petite précision : on a peaufiné les sous-titres précédents pour les standardiser un peu plus, et on le fera tout le temps à partir d’aujourd’hui, donc maintenant, c’est bon, vous[…]

Sous-titres – Frasier S01E04

Frasier – S01E04 – I Hate Frasier Crane FR.srt (clic droit sur l’image => Enregistrer la cible du lien sous)

 

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Petite précision : on a peaufiné les sous-titres précédents pour les standardiser un peu plus, et on le fera tout le temps à partir d’aujourd’hui, donc maintenant, c’est bon, vous pouvez vraiment y aller, c’est tellement précis c’est presque nazi comme dirait notre bon Roi Heenok – en tout cas, on ne peut pas faire mieux. Enjoy !

Challenge séries – Avatar, le dernier maître de l’air / The Comeback

Allez hop, pendant qu’août nous le permet, avançons dans notre Challenge séries ! Les plus attentifs d’entre toi auront remarqué que notre programme de visionnage a largement changé depuis janvier, le changement le plus significatif étant qu’on a splité le truc et pris trois séries à regarder individuellement. Voici notre nouvelle liste (si elle te manque parfois dans tes longues nuits sans sommeil, tu peux la retrouver non stop sur la colonne de gauche, avec évolution EN DIRECT) :

 

En commun 

The Black Adder (20/27)

Doctor Who (78/84)

Fawlty Towers (0/12)

Firefly (0/15)

Friday Night Lights (3/76)

Freaks and Geeks (0/18)

Gilmore Girls (0/153)

Red Dwarf  (0/52)

Six Feet Under (0/63)

 

Lune

Avatar, le dernier maître de l’air (61/61)

Twin Peaks (2/30)

Veronica Mars (0/64)

 

Gibet

Angel (22/110)

The Comeback (13/13)

Old Christine (45/88)

 

Bref, on en a fini deux, et on va t’en parler. OUI, on veut une médaille.

 

 

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Gibet : Lune, tu avais déjà parlé d’Avatar en janvier. Est-ce que tu maintiens tout ce que tu as dit ?

 

Lune : Oui ! Par contre je me rends compte que mon montage avant/après et pas forcément très juste. Enfin dans le cas de Katara et de Sokka c’est plus un déguisement pour passer inaperçu mais ça je pouvais pas le savoir. Ça reste leur costume pendant une bonne partie de la saison 3. La vraie évolution de Katara c’est ça

 

 

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J’avais aussi très peur de mettre un fan art au lieu d’un extrait de la série – ce qui est sûrement le cas du Aang numéro 2… Moralité : ne pas me laisser faire de montage. Cela dit, ça invalide pas mon propos, ils évoluent beaucoup mentalement aussi.

 

Gibet : Oui. Y’a juste les gens qui avaient tout vu qui ont dû nous prendre pour des gros noobs de merde.

 

Lune : Oui mais bon j’ai précisé que j’avais vu que la saison 1 ! J’suis honnête t’as vu.

 

Gibet : On va jamais obtenir nos cartes de presse si on continue à être aussi honnêtes… Est-ce que t’as envie de rajouter quelque chose à ta critique maintenant que tu as vu la série en entier ?

 

Lune : Hmm. Ça me semble trop court comme article. Peut-être juste que c’est vraiment une atmosphère particulière et ça fait partie des séries dont on se rappelle toute sa vie parce qu’elles nous ont montré quelque chose de nouveau et donc nous ont un peu changés. Putain, je me mets à parler comme Dylanesque maintenant. Nan mais je me suis jamais ennuyée devant un épisode d’Avatar, alors qu’il se passe souvent rien. Ils gèrent très bien l’attente et l’inaction. Et puis ça me rappelle quand je regardais les épisodes le soir et que tu me faisais ton super plat de pâtes-steak-beans, mais ça c’est pas très intéressant pour le lecteur non-anglophile et non-fan-de-beans.

 

Gibet : Ça m’a rappelé ça aussi quand j’y ai réfléchi. Mais la nostalgie aussi c’est copyrighté Dylanesque, laisse tomber. Bon, alors tentons de faire un bilan. Déjà, quels sont tes épisodes favoris ?

 

Lune : Alors y’a The Siege of the North, le double épisode final de la saison 1. D’abord parce que ça se passe au Pôle Nord, dans une grande ville toute gelée. C’est là qu’on rencontre Yue, la princesse, qui a un sens du devoir très fort et qui est magnifique. C’est aussi un double-épisode qui me fait plaisir au féminisme. On interdit à Katara de suivre les enseignements du waterbender ultime, parce que les filles sont censées se servir de leur pouvoir pour soigner et pas pour se battre, et qu’elle se rebelle et lui défonce la tronche. Et comme Yue et Sokka sont inluv, ça renverse un peu les rôles : Sokka est en mode goofy et amoureux au lieu d’être goofy et énervé, et c’est Katara qui est la plus énervée dans cet épisode. Et enfin c’est une grosse battle contre la Fire nation. Y’a tout dans ce double épisode, de l’amour, de la poésie, de l’action, des jeux de lumières et de couleurs très classes, et comme d’habitude des gags drôles. Après y’a Tales of Ba Sing Se, où les persos sont séparés et on a un petit court-métrage pour chacun d’eux. Ils sont coincés à Ba Sing Se parce que Appa, leur moyen de transport  / doudou / ami, a été enlevé. Le format est surprenant. J’aime bien aussi The Beach, où on voit les méchants en vacances à la plage, et c’est l’occasion de développer un peu les personnages.

 

Gibet : C’est drôle de faire un épisode sur les méchants à la plage !

 

Lune : Sinon j’aime beaucoup les épisodes qui introduisent de nouveaux personnages, en général, comme ceux de Suki et Toph. Bon j’arrête là parce qu’en fait je les aime tous.

 

Gibet : Ah bin si tu les aimes tous, ça annule un peu toutes mes questions. J’allais demander ensuite si de manière générale la qualité = de mieux en mieux, ou bien tout est égal, ou bien c’est bien puis moins bien, etc.

 

Lune : Je dirais que c’est globalement égal, et que ça s’améliore en fin de saison à chaque fois parce qu’il y a de la tension.

 

Gibet : Mais c’est révélateur que tu aimes aussi les épisodes où il se passe rien. Ça veut dire qu’ils réussissent tout, l’action comme l’étude de perso, le statique comme le dynamique, c’est vraiment pas donné à toutes les séries du genre.

 

Lune : Oui, même si en fait je trouve ça dur de dire qu’il se passe rien, parce que, quand on en apprend beaucoup sur les persos, l’histoire avance autant que quand les persos mettent des raclées à des méchants.


Gibet : Si je te demande de me nommer le pire épisode… 

 
Lune : Je dirai le 2ème. À ce moment de la série, tout est un peu trop manichéen. Zuko est 100% méchant. C’est peut-être un choix qui a été fait pour faciliter l’exposition. Enfin, c’est vraiment pas très important, j’ai rien à reprocher à la série en vrai.

 

Gibet : Je crois que tu as commencé le spin-off, La Légende de Korra. Est-ce est-ce si bon ?

 

Lune : La Légende de Korra c’est le même univers une centaine d’années plus tard. On a des bribes d’information sur la vie de Aang et toute la clique, et seule Katara est encore en vie. Puisque Aang est mort, un nouvel avatar prend le relai, c’est une petite fille puis adolescente qui s’appelle Korra. Pour l’instant ça ne m’a pas vraiment accrochée, j’ai vu trois ou quatre épisodes. Les enjeux sont très différents, c’est une société plus moderne. À la place de grand empire oppresseur on a des dissensions internes avec des gangs dans une grande capitale corrompue. Korra a été élevée à l’écart de tout ça et a zéro notion de diplomatie. Je pense que pour l’instant ça me plaît moins parce que ça tourne autour d’un seul personnage au lieu d’un groupe, et que c’est relativement statique. On change de lieu mais c’est pas un voyage autour du monde avec des pauses forcées. Je laisse encore sa chance à la série.

 

Gibet : Est-ce que tu as hâte de voir l’adaptation en film d’Avatar ? Moi j’ai hâte. Que tu la voies. Car ça va être drôle car tu vas être vénère.

 

Lune : Je redoute un peu. Regarde-le avec moi pour profiter du spectacle !

 

 

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Gibet : Alright ! Parlons maintenant de The Comeback. The Comeback, on a commencé à regarder ensemble, et plus on avançait dans la série, plus c’était difficile de te faire regarder, si bien qu’à la moitié je t’ai libéré de cette obligation. Qu’est-ce qui s’est passé ?

 

Lune : Je passais juste un mauvais moment, et comme les dentistophobes redoutent la prochaine visite, je redoutais le prochain épisode. Ça ne me faisait pas rire et me mettais mal à l’aise. Tu sais ce que je fais dans la vraie vie quand je suis mal à l’aise ? Je méprise la source du malaise et ça va mieux. C’est la sensation que je supporte le moins. C’est pas très malin comme réaction, j’avoue, mais bon. C’est dommage parce que toute la série repose sur le malaise. Parfois ça passe, à petites doses. Je pense même que je pourrais me faire à The Office mais vraiment là ça passait pas, c’est que des mauvais souvenirs.

 

Gibet : Est-ce que pour autant tu dirais, d’après ce que t’as vu, que c’est une mauvaise série ?

 

Lune : Non, je pense que c’est plutôt une bonne série, même. Les mauvaises séries, ça m’ennuie ou me fait rire. C’est juste des mécanismes comiques assez particuliers. Mais jamais je me suis dit que c’était mal foutu ou mal joué.

 

Gibet : Dans ce cas, on est assez d’accord.  Même pour moi qui suis sensible à l’humour malaise, ça n’a pas toujours été très facile. Je trouve que pendant les deux tiers de la série, la cruauté des scénaristes envers les personnages est trop systématique. On dirait qu’ils haïssent Valérie, et ça n’est pas sain comme regard. À chaque fois qu’elle tente un truc, ça tourne mal, à chaque fois qu’elle dit un truc, ça tourne mal, à chaque fois qu’elle rencontre quelqu’un qui pourrait faire office d’allié, en fait il s’avère que c’est soit un hypocrite soit un idiot. Il n’y a aucune nuance. C’est un peu difficile à avaler vers le milieu, donc. Mais je trouve que sur les quatre ou cinq derniers épisodes, ça décolle vraiment. On comprend que Juna aime et estime sincèrement Valérie, que Jan n’est pas cynique, qu’il y a un vrai lien entre Valérie et son mari… Elle se dégote aussi un attaché de presse qui ose lui dire non quand elle a une mauvaise idée, et oui quand elle en a une bonne. Le meilleur épisode de la série, c’est Valerie Shines Under Stress car c’est là qu’est le mieux géré l’équilibre entre ridicule de Valérie et empathie pour Valérie. Dans cet épisode, la séquence finale de I will survive (qui est probablement la meilleure de toute la série en terme d’écriture et de jeu) incarne très bien ça : sa version vénère de la chanson elle est à la fois ridicule car elle se met tout à coup à cabotiner n’importe comment et à la fois très touchante car le sentiment de victoire qui la porte est sincère et juste (PAULIE G EST VRAIMENT UN GROS ENCULÉ, JE N’AIME MÊME PAS LE DÉTESTER, pour reprendre cette tournure merdique de programme tv, souvent employée pour Dr House). Cela dit, ce que je dis là, c’est ma seule réserve à propos de The Comeback.

 

Sur la forme, c’est vraiment irréprochable. Je trouve qu’à ce jour personne n’a fait mieux dans le genre focumentaire. Il y a un truc qui m’a toujours dérangé, même dans les meilleurs moments de The Office, c’est qu’on ne voit jamais de technique à l’écran. Je comprends ce choix de la part des networks, ils pensent qu’en montrant cet aspect, ça va faire sortir les gens de l’histoire, mais c’est idiot : puisqu’ils choisissent de recourir à une forme inhabituelle, pourquoi quand même préserver cette habitude classique qui consiste à dire que « pour qu’un film / une série soit bonne, il faut qu’on oublie qu’on est devant un film / une série » ? Au contraire, le fait de filmer des caméras, des micros, ça ne ferait que rendre l’univers encore plus crédible, l’immersion encore plus grande. Moi quand je vois dans The Office qu’il y a un champ contrechamp et que la caméra 1 ne filme pas la caméra 2 alors que c’est impossible compte tenu des angles, c’est ÇA qui me fait sortir de la narration. Dans The Comeback, y’a jamais ce problème. Le hors champ technique est tout le temps utilisé comme une ressource scénaristique et c’est génial. Tout ce qui relève des déplacements laborieux de l’équipe technique qui doit suivre la furtive Valérie, des problématiques d’autorisation de droit à l’image, des problématiques de droit d’auteur, tout ça c’est très bien vu. Ils assument à fond ce qu’ils sont en train de faire et moi ça me fait jubiler. Par ailleurs, ils arrivent aussi à remplir une autre charge tacite du documentaire en nous donnant vraiment à voir du réel. J’ai appris ou ré-appris des choses sur la manière dont fonctionne le système sitcom. Quand on sort de The Office, quelle que soit la version, j’ai pas l’impression qu’on en sache davantage sur la vente de ramettes de papier.

 

Pour finir, je trouve ça assez couillu de la part de Lisa Kudrow de s’être écrit Valérie Cherish. D’une part, j’imagine le choc du petit fan de Friends qui se jette dans la série pour voir Phoebe – quand tu regardes ses camarades Courteney Cox ou Matthew Perry, ils ont refait, depuis, toujours plus ou moins la même chose, on ne peut pas être désorienté par leurs choix ; Kudrow, en 2004 Friends s’arrêtait, en 2005 elle faisait The Comeback. C’est hyper réactif en plus ! Elle a dû anticiper les problématiques de retombée de vague pendant Friends pour faire The Comeback aussi vite après. D’autre part, la série est très lucide sur ce que c’est qu’être une actrice moyenne, douée dans ce qu’on fait, mais pas hyper maline, comme une grande partie des acteurs en notre bas monde. Cette fin, avec Valérie qui renonce à se rebeller parce qu’elle se rend compte que son reality show est populaire, je pense que c’est très juste.

 

Lune : Oui c’est osé. Mais en même temps je trouve que c’est plus digne de faire ce genre de série que de vraiment faire de la téléréalité. Qu’elle ait de la distance par rapport à sa propre situation je trouve ça classe et digne.

 

Gibet : Oui oui, bien sûr. En faisant ça, elle conjure le sort un peu.

 

Lune : C’est le même principe que l’auto-clash d’Eminem dans 8 Miles.

 

Gibet : Oui, d’ailleurs, c’est peut-être pour ça qu’elle est excessivement méchante avec son personnage pendant une partie de la série. C’est une forme de complaisance à l’égard de ceux qui attendaient une satire sévère et qui se seraient dit, si Valérie était un perso un poil plus positif, que Lisa Kudrow était en train de se branler le nombril.

 

 

Marilyn Monroe – Le Secret de Rita H. / Les hommes préfèrent les blondes

Par une nuit d’orage où les secousses éclair mimaient pour tous mon tumulte intérieur, je décidai d’élargir Marilyn Monroe. Désormais, je ne parlerai pas systématiquement, dans ladite catégorie, de choses qui exclusivement consacrés à Madame. On va tâcher d’aller plus avant, d’explorer le contexte, l’Amérique, Hollywood, la poubelle de ses toilettes. Ça pourra te paraître parfois tiré par les cheveux, mais je suis déjà bien gentil de me justifier dans mon propre royaume, alors profil bas, ok, cocotte ?

 

Bref, joignons la parole à la parole : je vais te causer d’un bouquin sur une actrice de la génération précédant celle de Marilyn, et qui par là fait partie de ses références, de ces gens qui lui refilèrent l’envie, via écran, d’être une superstar super – cette actrice, un indice s’affiche chez vous, dansait comme un diable espagnol tandis que sur son crâne virevoltait une sublime crinière rousse OUI BRAVO c’est bien Rita Hayworth !

 

Le Secret de Rita H., Stéphanie des Horts, 2013

 

Si tu n’as pas la moindre idée de qui est cette lovely Rita, je te suggère de cliquer sur le play ci-dessous (si tu connais déjà, y’a pas besoin que je suggère, c’est la première chose que t’as fait en arrivant, tout obsédé que tu es désormais par cette magnifique paire d’aisselles) :

 

 

 

 

« Sometimes my brain gets real starved ! » s’attriste faussement Lorelei alors que le type vient de lui faire un exposé tout pourri sur les mœurs africaines. Le déplacement par rapport à l’imagerie pin-up est fin : on ne rit plus de la bêtise de la blonde, on rit du vieux monsieur qui croit si sincèrement en la bêtise de la blonde qu’il prend tout ce qu’elle dit pour argent comptant, et ne se doute pas une seule seconde qu’elle est en train de le manipuler. Bien sûr, Hawks n’hésite pas à rire de Lorelei dès qu’il en a l’occasion, et en particulier de son inculture.

 

Lorelei : Excuse me, but what is the way to Europe, France?

 Dorothy : Honey, France is IN Europe.

Lorelei : Well, who said it wasn’t?

Dorothy : Well… you wouldn’t say you wanted to go to North America, Mexico.

Lorelei : If that’s where I wanted to go, I would.

 

Mais ça ne diminue pas le personnage, au contraire, ça lui donne du relief, de la cohérence (c’est juste une pauvre fille de Little Rock après tout, pourquoi est-ce qu’elle maîtriserait la géographie ? on comprend d’autant mieux pourquoi elle tient tant à s’extraire de son milieu !), d’autant plus que cette inculture est joliment compensée par sa créativité. Lors de la scène du diadème, c’est d’abord elle le dindon de la farce, regardez elle sait pas qu’un diadème ça va sur la tête oh la débiiiiile. Mais finalement c’est elle qui l’emporte, c’est elle qui clôt la phase avec un petit one-liner bien plus drôle que le gag qu’il conclut :

 

You DO wear it on your head. I just LOVE finding new places to wear diamonds.

 

Lorelei Lee est le personnage le plus intéressant du film, le plus drôle, le plus beau, le plus tout. Lorelei Lee est l’âme, vicieuse et bancale, de son film. Marilyn Monroe profite de cette occasion en or pour cambrioler la vedette UN TRUC DE MALADE il faut savoir que Jane Russell était payée dix fois plus qu’elle DIX FOIS PLUS c’est dire à quel point on ne misait pas sur Marilyn BIEN JOUÉ MEUF.

 

Je voulais conclure en expliquant que j’avais découvert pourquoi, en France, alors qu’on saurait tous reconnaître entre mille la tronche de Marilyn Monroe, concrètement, on a généralement vu 0 film la contenant. Et là j’aurais mis un extrait de la VF de Les hommes préfères les blondes. Ça t’aurait bien fait marrer, c’était ridicule, c’était six euros de budget grand max pour le doublage. Malheureusement Dailymotion m’ a supprimé la vidéo ! Tu peux envoyer tes lettres d’insulte. 

 

 

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À bientôt !

Buffy Memories – Mes pires moments


Certains camarades qui se sont livrés à l’exercice des Buffy Memories ont recouru à des détours pour ne pas dire du mal de la série. Je trouve ça un peu dommage car autant ses qualités sont réelles et incontestables, autant il faut aussi admettre qu’elle est loin d’être parfaite. Faire un drama[…]

Buffy Memories – Mes pires moments

Certains camarades qui se sont livrés à l’exercice des Buffy Memories ont recouru à des détours pour ne pas dire du mal de la série. Je trouve ça un peu dommage car autant ses qualités sont réelles et incontestables, autant il faut aussi admettre qu’elle est loin d’être parfaite. Faire un drama fantastique en 22 x 40 minutes, ça demande beaucoup de matos, et on ne peut pas cacher que Whedon et compagnie quelquefois se sont bien ramassés.

 

 

(Regarde comme ils sont chous, ils ont mis la zuzic d’Angel avec les images de Buffy)


 

Ceux qui m’horripilent un max – et je vois que cet avis n’est pas partagé par tous, ça devient amusant – sont ceux qui cultivent les pires artifices du fantastique. Je pète un câble devant Normal Again en saison 6, quand on essaie de nous faire croire que TOUT CECI N’ÉTAIT QU’UN RÊVE. Je me sens pas beaucoup mieux devant The Wish en saison 3 car je HAIS les RÉALITÉS PARALLÈLES quand elles sont vouées à… rien. Qu’est-ce que ça peut me foutre de voir ce qu’aurait été la ville si Buffy n’était pas là ? C’est de la fanfiction, les types ont dû bien s’amuser à l’écrire, mais moi ça me fait pas marrer. Buffy elle est là, racontez-nous ses histoires ! À la rigueur, si c’était comme dans La vie est belle de Capra, qu’on montre le monde sans Buffy à Buffy… Mais là, non, on montre le monde sans Buffy à Cordélia, et même carrément des fois on montre le monde sans Buffy à PERSONNE !

 

Mais je vais plutôt m’attarder sur celui des épisodes qui d’après moi a le plus mal vieilli car… bah car c’est marrant. Et mon propos ne sera pas construit, je vais juste freestyler tout seul au gré du revisionnage de l’épisode. Une sorte de LiveTweet gravé dans la roche.

 

 

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(Illustration by Lune – plus de dessins sur notre Tumblr)


 

S01E08 – I, Robot… You, Jane

 

00:14 Oh man. Je me rappelais pas qu’il y avait une intro kitsch pour nous expliquer qui était la Tueuse dans la saison 1. Tu m’étonnes que les gens trouvent ça idiot comme série.

 

00:45 Ils ont pris des américains pour jouer les dialogues en italien… Je suis sûr que pour les italiens, ce passage, ça sonne pareil que les français de Lost à nos oreilles.

 

02:35 Ils sont tous si jeunes…

 

02:45 Miss Calendar ! Je l’avais oubliée ! MILF MILF MILF

 

03:00 Ah oui, alors, pour ceux qui savent pas, la thématique de l’épisode c’est le virtuel les ordis internet tout ça. Giles préfère ses bons vieux livres, et Miss Calendar dit que c’est trop hasbeen. À QUI JOSS WHEDON VA DONNER RAISON ? Ça devait être une thématique déroutante pour nous autres petits français car tout ça s’est démocratisé avec un temps de décalage chez nous. Ça devait être de la pure SF à nos yeux.

 

Giles : Miss Calendar, I’m sure your computer science class is fascinating. But I happen to believe one can survive in modern society without being enslaved to the idiot box.

Miss Calendar : That’s TV. The idiot box is TV. This is the good box.

 

03:56 Alysson Hannigan n’avait pas encore mué ?


04:28 La musique est… périmée. Le scanner qu’utilise Willow aussi. ET PUIS QUOI ENCORE ? DES DISQUETTES ?

 

04:57 1 point pour la team Giles ! Willow vient de scanner le grimoire où était enfermé Moloch le vilain démon, et il commence à lui parler par tchat. Donc d’une part l’élément perturbateur vient de la technologie, et d’autre part y’a une de ces fameuses métaphores sur ON SAIT JAMAIS VRAIMENT À QUI ON PARLE SUR LES INTERNETS.

 

08:02 Le démon observe Buffy et Willow à leur insu par le biais de la webcam (et il a accès à tous les dossiers des élèves !). Société de la surveillance big bro etc : 2 points pour la team Giles.

 

08:26 Les deux geeks de service sont comme zombifiés par le démon, ils sont aux ordres de l’ordi. Le virtuel crée de l’abrutissement, du mouton : 3 points pour la team Giles.

 

Buffy : What if you guys get really, really intense, and then you find out he has a hairy back ?

 Willow : Well, no, he doesn’t talk like somebody who would have a hairy back.

 

11:32 « I’m jacked in » (Je suis connecté) répètent en boucle les deux geeks. L’homme devient une extension de la machine : 4 points pour la team Giles. Faut-il donner un point à la team Calendar pour le fait que Willow semble vraiment amoureuse et heureuse ? Je ne crois pas car c’est montré comme un excès. D’ailleurs, on en sait plus que les personnages, et on sait que la personne qui lui parle est une menace, donc tous ses petits arguments pro-rencontres virtuelles paraissent dérisoires. La moindre des choses aurait été de laisser planer un doute, et de ne pas dire immédiatement COMPUTER = EVIL.

 

12:49 Willow est aliénée par l’ordi : 5 points pour la team Giles.

 

15:56 C’était vraiment pas ça, la musique, à ce moment de la série… Et Geek 2 arrive à espionner Buffy à distance en piratant une caméra de surveillance. Big bro bis.

 

Miss Calendar : You’re here again ? You kids really dig the library, don’t you ?

Buffy : We’re literary.

Xander : To read makes our speaking English good.

 

18:53 Avec le recul, c’est amusant car Giles, Buffy et Xander sont incapables de gérer le problème de l’épisode justement car ils n’ont aucun savoir informatique. Mais je crois qu’ils les ont écrit comme ça car le spectateur était plutôt dans cette posture aussi. On se demande pourquoi le démon s’emmerde à séduire Willow alors qu’ils se contentent juste d’hypnotiser Geek 2.

 

24:55 Dans les livres, le mal est endormi. Les ordinateurs réveillent le mal. Commentez cette image.

 

27:00 Ce qui ne va pas avec cet épisode, c’est aussi que voir Buffy lutter contre un PC c’est très anti-cinématographique. Elle essaie de supprimer un fichier, ça ne marche pas. Ça serait autre chose si elle bastonnait le démon à la main. Note qu’à chaque fois qu’un message est tapé sur l’ordi il est dit ou lu pour essayer de palier le déficit de choses à voir et entendre. 

 

36:04 Belle preuve de l’anti-cinématographie : la séquence de l’incantation sur l’ordi. Ça n’a absolument aucun intérêt audiovisuel. Du coup, ils font un montage parallèle avec Buffy / Xander qui essaie de trouver Willow – effort inutile puisqu’au final Giles / Mrs Calendar sauve la mise tout seul.

39:90 Kids, si jamais Internet vous attaque, électrocutez-le.

 

Voilà qui a le mot de la fin :

 

Miss Calendar : Honestly, what is it about them that bothers you so much?

Giles : The smell.

Miss Calendar : Computers don’t smell, Rupert.

Giles : I know. Smell is the most powerful trigger to the memory there is. A certain flower, or a-a whiff of smoke can bring up experiences long forgotten. Books smell musty and-and-and rich. The knowledge gained from a computer is a – it, uh, it has no-no texture, no-no context. It’s-it’s there and then it’s gone. If it’s to last, then-then the getting of knowledge should be, uh, tangible, it should be, um, smelly.


Mrs Calendar dit qu’il est trop old school pour casser un peu le moment – et satisfaire le spectateur geek – mais c’est quand même le réac qui a le droit à la tirade émouvante. Moi j’aurais répondu : Giles, mon vieux, c’est pas vrai ce que tu dis. C’est pas comme si nous-mêmes on devenait virtuels. Par exemple, j’adore taper à l’ordi, et je suis très sensible aux différents types de claviers, à leur bruit, à leur grain, au fait que certains demandent légèrement plus d’effort pour enclencher la touche. Ta gueule, donc.

 

Heureusement, ça se finit sur ce dialogue hors sujet mais très drôle :

 

Willow : The one boy that’s really liked me and he’s a demon robot. What does that say about me ?

Buffy : Doesn’t say anything about you. 

Willow : I mean, I thought I was really falling… 

Buffy : Hey, did you forget ? The one boy I’ve had the hots for since I moved here ? Turned out to be a vampire. 

Xander : Right, and the teacher I had a crush on ? Giant preying mantis. 

Willow : That’s true. 

Xander : That’s life on the Hellmouth. 

Buffy : Let’s face it. None of us are ever gonna’ have a happy, normal relationship. 

Xander : We’re doomed ! 

Willow : Yeah ! 

(everyone laughs then everyone goes silent)

 

 

La morale de cette histoire est que, même dans ce très mauvais épisode, aussi raté dans sa forme que dépassé dans son fond, il y a quelques répliques qui valent la peine, quelques instants qui te font smiler – regarder un épisode de Buffy ça n’est jamais une perte de temps. 

 

 

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Allez, je laisse le dernier mot à la Filmosaure herself. La Filmosaure, comme son nom l’indique, est la boss du site Filmosaure où je pige (si tu veux lire mes articles, je les linke tous sur cette page en bas) et elle a bien voulu jouer le jeu, elle aussi, du Buffy Memories version courte :

 
– Comment tu as découvert Buffy ?
Par hasard, sur la chaîne Série Club, avant même que la série passe sur M6. Je suis tombée sur le pilote et j’ai immédiatement accroché. Je devais avoir 12 ou 13 ans. 15 ans plus tard, cette série est restée ma préférée malgré tout ce que j’ai pu découvrir depuis.

– Qu’est-ce qu’il t’en reste aujourd’hui ?
Tu veux dire à part l’intégrale en DVD dans des coffrets de demi-saisons hors de prix à l’époque ? Une foule de souvenirs des contextes dans lesquels j’ai regardé la série, du collège à aujourd’hui. Buffy est ma série de soutien, de moral, le réconfort. Donc beaucoup de samedi soirs lors de la trilogie du samedi, suivis de discussions enflammées avec ma meilleure amie de l’époque. Ainsi que toutes mes ruptures. Ma première année à Paris, pour avoir une présence parce que j’habitais seule pour la première fois. Et de nombreuses soirées juste parce que j’avais envie de regarder Buffy.

– Ton personnage favori ?
Willow ! La voir évoluer de cette demoiselle réservée à la sorcière la plus puissante de tous les temps était un gage d’espoir pour une nerd comme moi. J’étais une Willow quand j’étais ado, et elle est restée une de mes héroïnes préférées. So badass.

– Ton épisode favori ?
C’est une question extrêmement difficile. J’ai un faible pour les saisons 2 et 3, la fin de la saison 5, la deuxième moitié de la saison 6. I only have eyes for you m’a toujours immensément touchée, avec cette déchirante scène de fin entre Buffy et Angel possédés par l’endroit et leurs propres démons.  Amends se détache par son extrême mélancolie. The Prom est un festival de larmes. The Body est un épisode extrêmement marquant par sa nature épurée, un vrai bijou. The Gift… si tu n’as jamais pleuré devant, tu n’as pas de cœur ! Normal again me fascine par l’alternative qu’il propose à l’intégralité de la série… Et si Buffy, simple patiente en asile psychiatrique, était enfermée dans un monde issu de sa propre imagination ? Terrifiant. Dans Vilains et les deux épisodes suivants, Willow est au summum de sa badassitude. Et je dois avouer que cet épisode est probablement mon préféré de tous malgré mon affection pour le début de la série.

– La scène ou la phrase qui t’a le plus marquée ?
« You’re not friends. You’ll never be friends. You’ll be in love till it kills you both. You’ll fight and you’ll shag and you’ll hate each other till it makes you quiver, but you’ll never be friends. Love isn’t brains, children, it’s blood. Blood screaming inside you to work its will. I may be love’s bitch, but at least I’m man enough to admit it. » (Spike, Lovers’ walk, S03E08). Et sinon, chacune de mes ruptures a été ponctuée de cet épisode : « Right now I’m just trying to keep from dying. I can’t breathe Will, I feel like I can’t breathe. » (Buffy, The Prom, S03E20).

– Ton couple favori ?
Buffy et Angel, quand il s’est transformé en Angelus. Les séries ne sont jamais aussi géniales que lorsque ses héros sont torturés.

– Quels sont d’après toi les pires moments de Buffy ?
Je vais partir du principe que ce « pire » fait référence à la qualité de la série. Certains épisodes de la saison 1 sont atrocement kitsch (la marionnette quoi !), mais on va dire que ça fait partie du charme de ses débuts. Je pencherais plutôt pour la majorité de la saison 7, parce qu’elle est quand même globalement ennuyeuse en dépit de son final qui sauve les meubles. Si ce « pire » fait allusion aux moments les plus difficiles à vivre, alors le final de la saison 2 est probablement l’événement le plus traumatisant auquel les petits cœurs des fans de Buffy aient été confrontés.

Buffy Memories – Mon couple préféré


Le souvenir le plus lointain que j’aie de Friends c’est : je regarde France 2 et POUR UNE FOIS je concède à rester devant l’épisode (à cette époque je croyais que Friends était une série absolument navrante et c’est la faute de la VF y’a aucun doute là-dessus) ; c’est le double épisode final de[…]

Buffy Memories – Mon couple préféré

Le souvenir le plus lointain que j’aie de Friends c’est : je regarde France 2 et POUR UNE FOIS je concède à rester devant l’épisode (à cette époque je croyais que Friends était une série absolument navrante et c’est la faute de la VF y’a aucun doute là-dessus) ; c’est le double épisode final de la saison 5, à Vegas, où Monica et Chandler se lancent dans un délire mariage à l’arrache (pour mieux y renoncer à la fin parce que tu vois Monica c’est pas vraiment ça qu’elle veut :/) et où Ross et Rachel font leur nawak habituel de vont-ils vont-ils pas. Ainsi, quand je me suis décidé un peu plus tard à revoir la série dans son intégralité, eh bin, dans tout ce qui précède ces épisodes, les intrigues de couple n’ont pas trop fonctionné sur moi. J’avais vu le milieu avant d’avoir vu le début et ce genre d’intrigues ne résiste pas trop au spoil. On ne peut pas frémir comme la première fois devant les flirts de Jim et Pam de The Office une fois qu’on les a effectivement vus en couple dans les dernières saisons. Pour Buffy, que, comme je te disais j’ai vu de manière très bordélique jusqu’à 2011, c’est la même chose.

 

 

 

Comme Buffy est mon personnage favori, et même si j’aime beaucoup les couples Willow / Tara et Xander / Anya, ce sont ses histoires de coeur à elle qui m’ont le plus intéressé. Enfin… Disons que j’avais avec elle le même rapport qu’avec la gow que tu luv en secret. J’étais méga-attentif à quiconque s’approchait d’elle mais j’aimais pas trop ceux qui s’approchaient d’elle. Riley ? C’est un non définitif. Dans le genre falot, on peut pas faire mieux. En plus il est au centre d’une des moins bonnes saisons de la série et je crois pas que ce soit hasard. Angel ? Pourquoi pas ? En fait, le perso ne m’a jamais vraiment passionné dans Buffy – dans Angel, par contre, je l’aime beaucoup, et je garde un excellent souvenir de l’épisode où il devient humain et peut enfin baiser sa préférée tranquillos. Dans Buffy, Angel c’est l’archétype du chevalier servant avec un peu de dark side enfoui pour rehausser les couleurs, et ça ne m’intéresse pas beaucoup. En fiction, pour que j’adhère entièrement à un couple, il faut que je sois à la fois un peu amoureux de l’un, un peu amoureux de l’autre (JIM ET PAM C’ÉTAIT PARFAIT SUR CE POINT !). Dans sa période Riley, comme dans sa période Angel, je comprenais en gros ce que vivait Buffy mais n’y participais pas – c’était l’équivalent d’écouter sa BFF chialer à cause d’un type que t’avais dit dès le départ que c’était un gros con.

 

 

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Bon, allez, mon couple préféré, on peut dire que c’est Spike et Buffy. J’ai pas trop shippé sur eux, mais leurs amours sont bien turbulentes comme il faut, et je trouve ça charismatique. Spike est toujours sur le fil, entre brutalité et tendresse, et ça ça peut me rendre un peu amoureux. Cette relation génère aussi un bon paquet de mauvaise foi autant d’un côté que de l’autre, et tu peux pas savoir comme j’aime la mauvaise foi. C’EST MA FIÈVRE, MON DROIT D’Y CROIRE.

 

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Je savais que j’allais un peu être court sur la thématique des couples dans Buffy, alors j’ai demandé à une camarade du site Filmosaure, elle-même grande admiratrice de la série, de faire son Buffy Memories en version courte. Elle s’appelle Betty, et tu peux aller voir son blog perso, My Cinemabook, où elle ne parle jamais de David Lynch car elle l’aime trop.

 

Comment tu as découvert Buffy ?

Je regardais le trilogie du samedi sur M6, mais pas spécialement Buffy. Un samedi, j’ai lu la critique dans le magazine TV et ça parlait des loups garous, tellement kitsch que ça participait à la mise en place de ce qui était en passe de devenir une très bonne série… ça a attisé ma curiosité.
 

Qu’est-ce qu’il t’en reste aujourd’hui ?

Il m’en reste toute une mythologie autour de la magie, des vampires, qui pour moi est fondatrice de tout l’univers développé autour encore aujourd’hui. Au-delà de l’aspect fantastique, c’est un modèle du genre et le personnage féminin le plus intéressant jamais développé à la tv. Je continue à m’identifier à la Tueuse, lorsque je me confronte à des difficultés, parce que dans le fond, elle est comme nous toutes… La cohérence et l’imagination de toute la série est également pour moi une bible, un socle.
 

Ton personnage favori ?

Spike, pour son évolution, sa profondeur, sa complexité. Mais il semble illusoire de parler de personnage favori tellement le génie de la série se retrouve dans l’écriture des « groupes » par Joss Whedon et j’ai le sentiment un peu secret que le personnage central, c’est Xander, le seul qui n’a en apparence aucun pouvoir, mais qui a le plus puissant, celui de réunir tout le monde autour de lui… celui autour de qui tout se passe, il est toujours là, sans lui, plus rien ne serait possible.
 

Ton épisode favori ?

Très dur, il y en a tellement qui sont excellents, j’hésite entre l’épisode chanté, de par son aspect central aussi dans le scénario, c’est là où tout bascule, ou celui de la mort de la mère de Buffy, parce qu’il est profondément choquant. L’épisode muet est aussi un monument du genre.
 

La scène ou la phrase qui t’a le plus marquée ?

Je pense à l’après première fois de Buffy, quand Angel redevient Angelus, mythique ! Il y a aussi quand Buffy fait penser à Spike qu’elle est le Buffybot, elle l’embrasse car elle sait ce qu’il a fait pour elle, la réalité de ses sentiments.
 

Ton couple favori ?

Même si je n’ose pas les appeler un couple, je dirais Spike et Buffy, car ils sombrent, s’attirent, représentent l’un et l’autre la face de l’autre.
 

Quels sont d’après toi les pires moments de Buffy ?

Le serpent géant de la fin de saison 3 (il est trop moche), le « copain » de Buffy appartenant à la milice (il est trop stupide), et si le perso de Dawn est extrêmement bien amené et intéressant, qu’est-ce qu’elle devient chiante !

 

From Sunnydale, with love.

Buffy Memories – Mon moment préféré


Cliché fictionnel numéro 213 : deux personnages fricotent depuis un moment – l’un dit Je t’aime à l’autre – l’autre, pris de court, répond généralement Merci ou n’importe quoi d’un peu ingrat – l’évènement engendre embarras et questionnements (suis-je prêt à m’engager ? est-ce le bon ?) jusqu’à[…]

Buffy Memories – Mon moment préféré

Cliché fictionnel numéro 213 : deux personnages fricotent depuis un moment – l’un dit Je t’aime à l’autre – l’autre, pris de court, répond généralement Merci ou n’importe quoi d’un peu ingrat – l’évènement engendre embarras et questionnements (suis-je prêt à m’engager ? est-ce le bon ?) jusqu’à ce que l’autre finisse par rendre le […]

Pacific Rim c’est mauvais


La team Lunécile n’a pas aimé Pacific Rim. Lune n’a pas aimé, Gibet n’a pas aimé, MÊME ROBIN N’A PAS AIMÉ. ROBIN ! LE TYPE QUI JUBILE DEVANT FAST FIVE N’A PAS AIMÉ ! Ensemble, nous allons essayer de savoir pourquoi le film nous a laissés de marbre, et comment il a pu obtenir autant de suffrages[…]

Pacific Rim c’est mauvais

La team Lunécile n’a pas aimé Pacific Rim. Lune n’a pas aimé, Gibet n’a pas aimé, MÊME ROBIN N’A PAS AIMÉ. ROBIN ! LE TYPE QUI JUBILE DEVANT FAST FIVE N’A PAS AIMÉ ! Ensemble, nous allons essayer de savoir pourquoi le film nous a laissés de marbre, et comment il a pu obtenir autant de suffrages auprès de nos camarades critiques… mais seulement après vous avoir cité la meilleure réplique du film :

 

« La vengeance est une blessure ouverte. »

 

Voilà.

 

 

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Robin : Je m’attendais vraiment à une grosse claque. Et j’ai eu droit à une douche froide. La question qui vient après maturation de Pacific Rim c’est : des scènes d’action et de combat aussi spectaculaires et lisibles peuvent-elles excuser un scénario et des personnages aussi indigents? L’opinion que je me fais de Guillermo Del Toro est suffisamment haute pour que je m’attende à un film autrement mieux écrit, autrement plus mature. On va pouvoir en parler tous les trois, mais pour moi c’est à cause de ce manquement aux principes élémentaires de la construction des personnages et d’une histoire que le film fait naufrage et que les scènes censées nous faire jouir sont totalement désincarnées et pas tripantes.

 

Lune : Moi j’avais pas énormément d’attentes, il est rare qu’un blockbuster m’intéresse mais comme Pacific Rim a engendré des réactions très enthousiastes j’étais plutôt ouverte et curieuse en allant voir le film. L’intro étant plutôt réussie, j’ai débranché le mode critique et je m’apprêtais à passer un bon moment, mais les personnages sont d’une telle pauvreté qu’ils doivent tous être échelons 10 au CROUS, et ça plombe tout le film. Je veux bien que le scénario soit simple s’il n’est qu’une excuse pour amener les scènes de combat, mais c’est pas une raison pour nous servir des dialogues bêtes au point d’en être comiques. On peut faire simple et efficace. Et c’est dommage pour Guillermo Del Toro parce que je me demande ce qu’il restera de son film dans dix ans. Les histoires, même simples, peuvent traverser les époques quand elles sont bien racontées. Un personnage bien écrit reste dans les coeurs. Mais les effets spéciaux vieillissent très mal et on ne le pardonne qu’aux bons films. (Gibet tu m’en voudras pas d’avoir recyclé une de tes théories sur le ciné hihihi).

 

Robin : Effectivement les effets spéciaux vieillissent mal, mais plus ou moins lentement. Par exemple Matrix n’a pas si mal vieilli que ça, est-ce dû à la qualité de la trilogie ? Tout dépend des techniques qu’on utilise. Un film comme 300 était considéré à sa sortie comme un modèle visuel, esthétique, tout ça. Aujourd’hui il est ridicule à côté d’Avatar, du Hobbit, Tintin, et bien d’autres. Ce qui est sûr, c’est que Pacific Rim est aujourd’hui à la pointe des effets spéciaux, mais il ne produit pas, à mon sens, un fossé avec les autres comme on aurait pu le croire. Surtout qu’il n’y a pas un crescendo: le premier bloc et le deuxième bloc de baston sont impressionnants. Le troisième, qui doit clore le film, est loin d’être aussi spectaculaire… Du coup, même sur le plan de l’action, qui est censé être son point fort, Pacific Rim laisse sur sa faim.

 

Gibet : L’engouement quasi-général a créé de l’attente chez moi, et cette attente a été déçue, alors que j’avais bien pris en compte ce qui était dit du film : le scénar est faible mais les bastons sont époustouflantes. Moi je m’attendais à – puisque les types se sont empressés de comparer les deux – un Avatar-like, c’est-à-dire un truc avec un scénar hyper hyper classique mais qui par là justement contient une efficacité, un savoir-faire pour tout ce qui est du RYTHME. Là, le scénar n’est pas hyper hyper classique, il est hyper hyper idiot, et tellement mal branlé qu’il nuit à ses grosses séquences d’action. Quand on me montre des monstres qui détruisent des villes et que ça me fait me dire « ah oui c’est bien fait en effet » au lieu de me faire frissonner (J’ADORE LES SCÈNES DE DESTRUCTION), c’est qu’il y a un gros problème. Je crois que la phase interminable de pur scénario entre le premier et le second bloc d’action m’a tellement engourdi que quand le second bloc est arrivé j’étais extérieur à tout ce qui se passait. C’est pour ça que c’est insatisfaisant. Et en plus, oui, Robin, y’a pas de crescendo, le climax est au milieu. Sinon, je sais pas si je démarre tout de suite sur ma théorie du complot hollywoodien ? Allez si, puisque Lune a lancé la bombinette : moi je pense vraiment que les films à effets spéciaux sans scénar sans personnage sans réelle personnalité sont voués à mourir à court terme si les effets spéciaux sont pas très bons, et à moyen terme s’ils sont excellents. Prenons le Technicolor par exemple. L’autre fois je parlais de Comment épouser un millionnaire de Negulesco – quand le film est sorti, les gens ont trouvé que c’était un bon film, parce qu’en gros les couleurs sont jolies et qu’en plus c’est en cinemascope y’a des grands paysages waouh. Mais aujourd’hui, tu le mates, tu te fais chier, le récit est tout pourri, et on est habitués à toutes les nouveautés techniques qu’il proposait. À côté de ça, Fenêtre sur cour, qui utilise aussi le Technicolor et qui à l’époque a pu lui aussi enchanter pour cette raison, a une vraie personnalité et un scénar en béton armé, et je pense que, pour ça, il va traverser les âges tranquillement. Les histoires, ça repose sur les mêmes ressorts depuis que l’homme est homme. Un effet spécial, ça vieillit irrémédiablement car on peut toujours faire mieux. ET JE CROIS QUE Hollywood en a plus rien à battre de mettre toute la thune sur les effets spéciaux et de rien donner pour le scénar, car ça fait des films à durée de vie extrêmement limitée, et ça permet – de la même manière que l’industrie de la haute technologie bloque la commercialisation de produits telle que la batterie qui dure toujours ou que les collants qui ne se filent jamais ont été interdits à la vente – de faire vivre l’économie sur le long terme car il y aura toujours des films à remaker. Dans cinq ans, on peut refaire un autre kaigu vs jaegers sans souci car Pacific Rim n’a que ses effets spéciaux et on peut facilement le dépasser en écrivant une histoire ne serait-ce qu’un tout petit peu mieux.

 

 

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Lune : Au final quand j’y repense c’est le premier bloc d’action qui m’a le plus plu et c’est probablement à cause du scénario pourri oui. Parce que quand on voit le premier on est encore un peu purs.

 

Gibet : Le premier bloc il fonctionne car il est plein de promesses. Il pose les règles du jeu et tu te frottes les mains, tu te dis « ah ouaiiiis on va bien s’amuseeeer », et finalement le décollage est tellement retardé qu’il est carrément annulé. J’adorais l’idée de « il faut être deux pour piloter les jaegers », ça pouvait produire des situations tellement passionnantes. Finalement là c’est du gadget, il faut se connecter avec l’autre alors tu vois ses souvenirs et sentiments c’est tout – super.

 

Lune : Et comme je disais, c’est idiot parce qu’ils expliquent au spectateur que quand tu dérives, y’a pas besoin de mots, mais c’est que des gens qui dérivent ensemble qui le disent ! Le blond avec l’asiat, le père avec son fils, et ils nous le rabâchent, s’ils dérivent y’a pas besoin de mots donc pourquoi ils le disent ? C’est totalement artificiel, c’est juste pour expliquer au spectateur qu’on prend pour un teubé. Ils auraient pu choisir n’importe quel autre perso. Un type qui a dérivé explique à un type qui n’a jamais dérivé et là ça serait crédible. On a vu un film qui s’appelle Vanishing Waves  qui montrait très intelligemment ce que ça pourrait donner deux personnes qui partagent leur inconscient. C’est changeant, c’est dérangeant, c’est impudique. Ils s’apprivoisent, et plus ils passent de temps ensemble, plus ils se dévoilent.

 

Robin : Je trouve qu’en fait le film n’explique rien, il ne détaille rien, il ne prend jamais le temps se poser deux minutes et d’adopter une démarche un peu plus pédagogique. Je suis loin de demander des heures d’explication à la Inception, mais un minimum ça aurait beaucoup apporté. Et du coup la dérive, le contrôle des machines, le portail, on te dit « juste accepte le principe ». Et ce parti-pris de pas expliquer il ne se fait pas en faveur de plus d’action, ce que j’aurais pu comprendre, mais en faveur d’un blabla aussi inutile que pénible. Surtout que le principe de la dérive aurait pu apporter beaucoup. Il est sous-exploité. La première dérive test de Mako et Raleigh se passe mal, mais à Hong Kong, deux heures plus tard, tout fonctionne parfaitement. Je pense que ça aurait ajouté du piment, de l’enjeu à l’action, et de creuser un peu plus ces personnages ectoplasmiques.

 

Lune : Ben oui y’avait plein de trucs à exploiter. C’est quand même un truc de ouf de rentrer dans la tête de quelqu’un, y’a plein d’enjeux, mais puisque les persos sont pauvres ils auraient eu du mal à leur donner des relations complexes et intéressantes.

 

Gibet : En fait ce qui ne va pas, c’est que le film a le cul entre deux chaises. En même temps c’est très superficiel comme vous l’avez dit et en même temps y’a quand même la moitié du film qui est au consacré au « développement des personnages » – moi j’aurais aimé que ce soit ce que les fans disent, c’est-à-dire un scénar mininal et de la baston – mais c’est pas du tout ça, c’est envahissant, c’est pesant. Soit on raconte une histoire, soit on s’en branle, l’entre-deux ça ne donne rien. Ils n’ont pas dû définir correctement à qui le film s’adressait : ils ont bricolé un scénar familial alors que Del Toro avait certainement envie de faire un film d’initiés, pour les fans d’actioners, de monstres, de culture asiat, etc. C’est un peu ce que tu me disais après la séance, Lune, on sait pas à qui le film veut parler : aux enfants ? aux ados ? à toute la famille ? au papa qui fait sa crise des 40s ? Je sais que ça fait un peu publicitaire ce que je dis, mais y’a que comme ça que les blockbusters arrivent à avoir une cohérence dans la multiplicité des voix qui les constituent. On se moque de Transformers mais c’est assumé comme un teen-movie d’action, c’est vendu comme tel, et ça fonctionne si on le regarde comme ça.

 

 

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Robin : C’est clair que le sujet de la main de Del Toro sur un certain nombre de trucs, comme le scénario, est à questionner. Il nous avait habitués à plus de cohérence, et plus de profondeur. Là tu as quand même des gros trous d’air à des moments clés : lorsque le héros fait le choix de revenir dans la machine, quand on décide de qui sera son partenaire. Les personnages apparaissent comme étant très influençables, sans caractère, sans force mentale. Ces moments importants sont totalement bâclés, et aggravent le peu de charisme des protagonistes.

 

Lune : En fait je connais pas Del Toro mais le film a pas l’air de porter une marque de réalisateur, il a pas d’âme pour dire un truc bien laid et cheesy. Après je répète que je connais pas le style de Del Toro mais, quand même, je devrais pouvoir le percevoir.

 

Gibet : Justement, je me suis posé une question pendant le film à partir du second bloc d’action : est-ce que toi qui connais Guillermo Del Toro mieux que nous, Robin, tu as vraiment senti sa patte quelque part ? Moi j’ai eu l’impression au bout d’un moment qu’ils auraient pu prendre n’importe quel faiseur d’images talentueux – Sam Raimi, Peter Jackson, ce genre de types que tu kiffes – et que ça aurait donné un résultat similaire.

 

Robin : Bah tu vois Hellboy par exemple c’est plus comme les passages avec Charlie Day mais tout le temps, donc c’est fun et mieux écrit.

 

Gibet : Qu’est-ce qu’il s’est passé pour que la majeure partie de la critique pardonne ce scénar tout pourri ? (Tiens, j’ai oublié de dire un truc qui me semble important : vous avez noté qu’en fait le film n’a pas lieu d’être ? Pendant l’intro je me suis dit « ah oui ils combattent les monstres plutôt que de refermer la brèche, ça doit donc être impossible de la refermer, ils vont devoir trouver autre chose » – et finalement ils referment la brèche sans budget, avec les derniers bouts de robots restants, et deux scientifiques teubés ??? Qu’est-ce qu’ils ont foutu pendant toutes ces années les types ?)

 

Lune : Je sais pas j’ai failli poser cette question plusieurs fois puis j’ai effacé parce que j’ai pas de réponse. Je comprends pas sérieux. J’ai encore lu que Mako était un personnage super bien écrit…

 

Robin : Je pense que Pacific Rim incarne une simplicité décomplexée qui a plu non seulement aux amateurs du genre mais aussi aux critiques en général qui aiment ce qui s’assume et ce qui est décomplexé. Je pense que pour les critiques, Pacific Rim s’oppose totalement aux blockbusters spécieusement intelligents, nourris aux détails, avec des personnages bourrés de tourments, de complication etc… Je parle là de Batman, de Skyfall, de Prometheus et plus récemment de Man of Steel, qui s’efforcent de développer des scénarios complexes alors qu’on ne souhaite pas nécessairement ça, et que surtout les gens qui le font ne savent pas le faire. Pacific Rim s’efforce (et ne réussit pas) de rester à sa promesse la plus basique de blockbuster : nous en mettre plein la gueule.

 

Gibet : Mais pour moi décomplexé = fun ou au moins détaché, nonchalant, léger – Pacific Rim c’est lourdingue.

 

Lune : Oui c’est pénible, on a rigolé mais on a aussi beaucoup soupiré.

 

Gibet : J’ai envie de faire une autre hypothèse, mais c’est certainement un mélange des deux : est-ce que l’aura de Del Toro n’y est pas pour quelque chose aussi ? Il me semble aussi que le teasing a été plutôt bien foutu… La critique y est allée conquise d’avance non ? Autrement dit, pour synthétiser nos deux idées : est-ce que la critique n’adhère pas au film PAR PRINCIPE, simplement parce que ça s’oppose à cette vague de blockbusters surécrits et moroses et que c’est porté par une figure assez charismatique, un type qui aime filmer des monstres ?

 

Robin : C’est sûr que le film était déjà adoré avant sa sortie, comme j’ai rarement vu d’ailleurs. Moi-même j’adorais le film avant de le voir.

 

Gibet : Bon, du coup, c’est assez triste, non ? Si pour les gens qui ont aimé Pacific Rim, le film est un modèle de simplicité décomplexée, alors ils doivent passer d’horribles heures au cinéma. Je suis content de pas aller voir beaucoup de blockbusters.

 

Robin : Moi je crois que le soi-disant meilleur film de l’année ne sera même pas le meilleur blockbuster de l’année.

 

 

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Gibet : Vous avez vu ce qu’a dit Télérama ? « Qui, à part Guillermo del Toro, pouvait ainsi fusionner blockbuster et film d’auteur et célébrer les noces monstrueuses de Freud et Godzilla ? »

 

Lune : Bon ils ont clairement fumé. C’est pas défendable comme point de vue.

 

Gibet : Y’a pas plus de Freud dans Pacific Rim que dans Inception

 

Lune : Nan mais ils collent Freud partout de toute, dès que ça parle de cerveau. Comme j’ai déjà dit, regardez Vanishing Waves, ça c’est de la vraie et bonne SF à base de Freud. 

Buffy Memories – Mon épisode préféré


Si tu aimes Buffy contre les vampires et assumes cette inclination au grand jour, tu as déjà dû subir moult quolibets et autres smileys tiret haut tiret bas tiret haut. J’ai une contre-attaque imparable. Anti-Buffy sauvage apparaît. Il lance : « T’aimes Buffy contre les vampires ? -_- C’est[…]

Buffy Memories – Mon épisode préféré

Si tu aimes Buffy contre les vampires et assumes cette inclination au grand jour, tu as déjà dû subir moult quolibets et autres smileys tiret haut tiret bas tiret haut. J’ai une contre-attaque imparable.

 

 

   Le meilleur gag de la série ?

 


Les Anti-Buffy étant enfin convertis, on peut causer entre nous. Tout ça c’était pour dire (oui j’avoue c’était pas évident) : si je ne devais en choisir qu’un, ce serait Once More, With Feeling. Je l’expliquais déjà un peu maladroitement en terminale dans mon dossier pour l’option ciné sur La comédie musicale (c’est bien la preuve, comme j’ai dit mardi, que Buffy m’a toujours fait beaucoup écrire !) :

 

« on peut voir que la télévision anglo-saxonne a su reprendre les codes de la comédie musicale à son bénéfice. Parfois, c’est ponctuel : les scénaristes et producteurs, sentant un peu de mollesse dans leur série télé, décident d’intégrer un épisode comédie musicale. Il s’agit souvent de repopulariser un show qui ne fonctionne plus en s’appuyant sur la popularité liée aux musicals aux États-Unis. C’est ce qu’ont fait les scénaristes d’Ally Mc Beal lors de la saison 3 ou ceux de Scrubs lors de la saison 6. Cela dit, certains auteurs télévisuels savent utiliser le genre avec tact et parviennent à intégrer leur épisode musical dans une continuité parfaite, développant comme il se doit les enjeux de l’intrigue à l’oeuvre au moment où l’épisode en question apparaît ; on peut parler du Once More, With Feeling de la série Buffy contre les Vampires de Joss Whedon. L’auteur se sert de la comédie musicale comme un outil inédit pour donner accès aux sentiments et contradictions de ses personnages : l’héroïne chante à propos de la monotonie de sa nouvelle vie, les jeunes mariés expriment leurs doutes quant à la perfection de leur couple, le mentor de Buffy expose sa difficulté à remplir son rôle de père de substitution, le couple lesbien fredonne son amour et le début de la divergence… Tout cela sans occulter la partie « comédie » du musical, en se jouant d’ailleurs au maximum de la convention : en fait, un démon groovy a pris la ville sous son emprise et depuis les gens, de manière incontrôlée, se mettent à chanter et à danser lorsqu’ils ont quelque chose à exprimer. Ainsi, lors d’un délicieux travelling latéral dans la rue, on découvre, alors que les balayeurs transforment leur besogne quotidienne en un petit pas de danse, une automobiliste qui se lamente en chanson à un policier qui la verbalise : « It isn’t right, it isn’t fair / There was no parking anywhere » ; de même, un homme qui sort de la laverie vocalise triomphalement « They got the mustard ! ». »


C’est ça : là où beaucoup de séries utilisent le musical comme un gadget, Whedon le prend à bras le corps, et non seulement en use génialement pour faire avancer ses personnages, mais en plus en fait un petit modèle du genre avec une maîtrise des codes bluffante et des chansons très inspirées. Le script, de surcroît, est d’une précision totalement tarée. Ça fait partie des oeuvres que je peux revoir des dizaines de fois en découvrant des nouvelles choses à chaque fois Y’A UN CAMION DE POMPIER QUI PASSE DERRIÈRE LE GANG QUAND ILS REPRENNENT EN COEUR LE REFRAIN DE WALK THROUGH THE FIRE !!! ÇA SERT À RIEN MAIS C’EST GÉNIAL !!! Si tu lis souvent le blog, tu as dû remarquer que je peux être très nouvelle vague, très on s’en branle du scénar va improviser dans ta rue – eh bien ça ne me définit pas entièrement. J’aime aussi les histoires classiques racontées classiquement à condition que le scénar soit précis et dense. Once More, With Feeling ça fait partie de ces rares bijoux de scripts.

 


 

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(Illustration by Lune – plus de dessins sur Tumblr)

Buffy Memories – Mon personnage préféré


Dans la vie, je suis Xander. Si je vivais à Sunnydale, je voudrais pas faire partie des tocards de figurants, alors j’essaierais de m’incruster dans le Gang, mais j’aurais rien à proposer de plus que ma relative motivation (je ne veux pas être passif, mais c’est pas tout à fait pareil que[…]

Buffy Memories – Mon personnage préféré

Dans la vie, je suis Xander. Si je vivais à Sunnydale, je voudrais pas faire partie des tocards de figurants, alors j’essaierais de m’incruster dans le Gang, mais j’aurais rien à proposer de plus que ma relative motivation (je ne veux pas être passif, mais c’est pas tout à fait pareil que vouloir être actif) – j’ai pas les skills geek de Willow et Giles, j’ai pas les conditions physiques de Buffy, j’ai même pas de déficience potentiellement dangereuse donc charismatique (je suis ni un loup-garou ni un démon vengeur, navré). En outre, comme Xander je serais probablement amoureux de Buffy…

 

Dans la vie, je suis même moins que Xander. Y’a des épisodes où il se bagarre et il s’en sort pas mal. C’est toujours moins bien que Buffy, mais il arrive à enchaîner deux trois droites, et à en encaisser autant. Moi, je me suis plus battu depuis le collège donc pour valider ce que je vais dire, faudrait que t’attaques par surprise et en tires les conclusions appropriées, mais je pense que je me roulerais en boule à partir du moment où ça piquera un peu. À la limite, s’il y a un gros enjeu (ma vie), je m’y jetterais à corps perdu mais ça ressemblera plus au combat – ridiculement épique, chargé d’un étonnant désespoir érotique – de Dan dans la saison 3 de Deadwood qu’aux virevoltantes cabrioles de la Tueuse et, aussi, pour en revenir au sujet, qu’aux petits mais solides boxages de Xander. En somme, je suis un Xander réaliste. J’ai mal au poing quand je donne un coup de poing. Il y a du sang sur le visage de mon adversaire, mais c’est parce que mes phalanges ont éclaté.

 

Dans la vie, je suis Xander, alors, naturellement, ce n’est pas lui mon personnage préféré.

 

 

(je pense à un truc : pendant une bonne partie de ma vie, je ne comprenais pas qui c’était quand on me parlait de Xander puisque dans la VF, ils lui ont choisi « Alex » comme diminutif)

 

 

Mon personnage préféré dans Buffy, c’est Buffy. Bah oui. Ça me plaît le processus d’identification hein, j’aime me retrouver dans une oeuvre, il m’arrive d’adorer des films simplement parce qu’ils incarnent parfaitement un truc que j’ai vécu (au pif : Les amours imaginaires de Xavier Dolan, ça m’a retourné car on aurait dit une adaptation rigoureuse de ma vie à une certaine époque MERCI LUNE D’ÊTRE UN AMOUR CONCRET) mais j’ai toujours tendance à préférer les oeuvres et persos un peu lointains, un peu grands, bigger-than-life comme ils disent. C’est parce que, très vite, j’ai compris que la fiction était le parfait moyen d’expérimenter les plus rocambolesques aventures dans le plus confortable des conforts. Pourquoi m’attarder sur ma propre vie quand je peux explorer les 10 milliards d’autres vies potentielles que j’aurais pu avoir ? À quoi bon regarder ce nombril velu que je connais par coeur alors qu’il y a dans ces contrées des nombrils inconnus et éclatants ? Voilà, généralement, mon personnage préféré, c’est bêtement le héros. Dans Le Visiteur du Futur j’aime le Visiteur du Futur, dans Veronica Mars Veronica Mars, et dans Kaamelott Arthur. Leurs dilemmes, leurs motivations, leurs rages et leurs découragements me passionnent d’autant plus qu’ils me sont étrangers.

 

« Ce type, Norman, qui fait des vidéos assez drôles, je regardais et je me demandais : mais pourquoi ça me déprime ? Parce qu’en fait, c’est un truc de honte. Tout à coup, ça nous rend honteux. L’art mauvais est celui qui nous fait faire : on se ressemble tous. Le grand art me montre un truc que je connais comme beau, et il me dit : cela t’appartient aussi car tu participes de ce monde. » (Louis Garrel)

 

Buffy ! C’est bon quand, dans la saison 5, on la fait ressusciter, mais qu’elle ne sait pas comment dire à ses proches qu’elle était heureuse telle qu’elle était. C’est bon quand, dans la saison 7, elle doit assumer son nouveau rôle de leadeuse. C’est bon quand, dans la saison 2, elle doit sacrifier son amour, quand, dans la saison 3, ses camarades de lycée manifestent enfin de la reconnaissance après qu’elle a passé trois ans de sa vie à leur sauver la vie à – du moins c’est ce qu’on croyait – leur insu. Toutes ces belles situations nous seraient inaccessibles sans la fiction. Merci la fiction. Merci Buffy. Grâce à toi, je sais ce que ça fait de buter un vampire.


 

http://24.media.tumblr.com/658aead21d323bd84009aa89ec459032/tumblr_mqekwtC0o31s2p0soo1_500.jpg(Illustration by Lune – plus de dessins sur notre Tumblr)

Buffy Memories – Ce qu’il m’en reste


Je pense sincèrement que sans Buffy contre les vampires, je n’aurais pas tout à fait été le même Gibet. Comme je le disais hier, quand la série a débuté en France, j’étais un enfant, et quand ses plus belles saisons ont été diffusées, j’étais un ado. À ces âges-là, la cervelle est une éponge,[…]

Buffy Memories – Ce qu’il m’en reste

Je pense sincèrement que sans Buffy contre les vampires, je n’aurais pas tout à fait été le même Gibet. Comme je le disais hier, quand la série a débuté en France, j’étais un enfant, et quand ses plus belles saisons ont été diffusées, j’étais un ado. À ces âges-là, la cervelle est une éponge, c’est là que se concrétisent nos goûts, notre sensibilité, et que se précise notre personnalité. Et je crois que le fait que j’ai été exposé si jeune et si durablement à Buffy m’a largement influencé. Je vais tâcher de t’expliquer en quoi, dans ce billet-inventaire sérieusement puant de la structure (eh, vous trouvez pas que « Ce qu’il m’en reste » ça pourrait être un titre de Marc Lévy ?) :

 

 

 

 

Buffy filtre également dans mes petites créations. J’ai déjà évoqué ça quand je parlais de la genèse de ma web-série Haché Menu, et j’ai carrément publié une nouvelle qui parle de Buffy ici. J’irais plus loin en disant que ce qui m’a poussé à écrire mes premières histoires, c’était cette série. Y’avait du Buffy dans les BDs que je dessinais au stylo-feutre dans des blocs notes étant enfant et y’en avait aussi dans mes RPG sur tchat Caramail d’adolescent.  

 

Pour en finir avec ce qu’il me reste de la série aujourd’hui, et cette chose va peut-être te surprendre, toi qui considères que Buffy s’est bel et bien arrêté il y a 10 ans, je suis vraiment très heureux de pouvoir lire la suite de ses aventures et le prolongement de l’univers (car il y a des spin-offs, des machins et des trucs dans tous les sens) en BD ! La saison 8 en comics n’a pas à rougir face à ses sœurs télévisées. Le troisième quart de l’affaire est totalement WTF (Buffy apprend à voler, le grand méchant sous le masque est en fait *SPOIL*, tout le monde se fait poutrer par des déesses géantes méga-vénères et multicolores), mais les deux premiers sont cools (j’adore comment Whedon rebondit sur le fait que toutes les Slayers soient toutes désormais révélées) et le dernier carrément classe (*SPOIL*). Je n’ai pas encore lu la saison 9, qui est en cours de publication française, mais sache que putain j’attends que ça d’avoir assez de deniers pour me la permettre. D’après les couvertures, on dirait que Spike ressuscite !!!!!!!!

  

La série est arrêtée depuis dix ans, mais elle n’a jamais cessé de vivre en moi. Du moins je sens que ça bouge alors c’est soit ça, soit j’ai encore des vers. 

 

 

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(Illustration by Lune – plus de dessins mimis sur notre Tumblr)

Buffy Memories – Comment je l’ai découverte

Si tu n’aimes pas trop la série Buffy contre les vampires, tu risques de passer une mauvaise semaine sur Lunécile. A fortiori, si tu la hais et méprises, je te propose carrément de ne plus jamais foutre les pieds ici, au risque de paraître un peu nazi. Comme disait mon arrière-grand-père en tapotant l’épaule de Goebbels : « Il vaut mieux paraître un peu nazi que l’être beaucoup ».

 

La semaine Buffy Memories est concoctée par les camarades Knight et Hellody (oui, Hellody, celle-là même qui nous a fait signer pour ce satané Challenge Séries qu’on échouera forcément SAUF si on se la joue Howard Hugues dans un cloître hermétique pendant ce qu’il nous reste à vivre d’année 2013 – et autant te dire que ça n’est pas tellement envisagé et d’ailleurs pas vraiment envisageable), voici leur note d’intention :

 

« en ce moment, si vous étiez passés à côté de l’info, sachez que nous célébrons les 10 ans de la diffusion de “Chosen”, le dernier épisode de la série Buffy, the Vampire-Slayer. Hellody a très envie d’écrire un article sur la série, mais pourquoi ne pas tous nous y associer, et faire de l’occasion un véritable évènement, vu que beaucoup d’entre nous ont découvert la série, et l’ont aimé, parfois plus que de raison d’ailleurs ? Du coup, pourrait être lancée la semaine spéciale ”Buffy Memories”, pendant laquelle chacun, sur nos blogs respectifs, publierait une ou plusieurs notes sur la série, afin de lui rendre hommage. »

 

En vrai, je te la joue en décalé, c’était la semaine dernière cette fameuse semaine, mais tu m’en voudras pas d’avoir raté le coche car je suis sympa. Assez tergiversé, parlons Buffy.

 

 

 

 

Malheureusement, je n’ai pas eu de coup de foudre bien précis et daté pour la série. Je ne peux pas écrire, comme ont pu le faire certains de mes petits camarades : « Le 14 août 1999, j’ai vu un zode et je suis tombé de ma chaise, C’ÉTAIT LA RÉVÉLATION, je savais désormais quelle serait ma série, parmi toutes les autres séries. » (Anecdote un peu annexe mais néanmoins savoureuse : mon arrière-grand-père, justement, dans son journal, écrit au 14 août 1944 : « j’ai vu que le boucher qui fait des ristournes pas croyables sur les steaks aux allemands était dispensé de leur donner ses meubles, C’EST LA RÉVÉLATION, je sais désormais quelle sera ma voie »). Quand M6 a commencé à diffuser la série le vendredi soir, j’avais 7 ans. Quand M6 a intégré la série à la Trilogie du Samedi, j’en avais 8. Tout cela est un peu flou pour moi. À vrai dire, malgré une fascination réelle pour la série, je n’ai jamais réussi à voir une saison entière jusqu’à ce qu’on m’offre le coffret intégral en janvier 2011. Enfant, j’avais du mal à négocier pour voir ces épisodes qui passaient tard. Ado, j’avais entamé la collec ATLAS de Buffy, mais n’avais même pas pu finir la saison 1 car c’était grave cheros. Je n’ai donc que picoré Buffy pendant un long moment. MAIS AVEC QUELLE FIÈVRE !

 

À l’époque, j’étais très attiré par tout ce qui était horrifique, surnaturel et monstrueux. Je commençais à pouvoir aller tout seul, le samedi, à la médiathèque de la ville, et j’y prenais les K7 aux jaquettes les plus creepy – Carrie, Alien, La Planète des Singes et ses suites, Orange mécanique (aïe aïe aïe), Elephant Man – en priant pour ne pas me faire disputer par la meuf de l’accueil, qui en fait s’en foutait pas mal. Je dévorais les romans Chair de Poule et matais la série dans Planète Donkey Kong (ça c’était fastoche, c’était le matin !). Je prenais toujours mon oreiller sur mes genoux pour m’y enfouir le visage au cas où l’épisode serait trop effrayant, mais je ne m’en servais jamais. C’était sûrement parce que – je le suppose avec le recul – c’était très cheap et donc assez inefficace. J’adorais aussi la série Beetleborg qui passait sur TF1 – et c’était pas par amour pour ces ados à la con qui sortaient des armures rutilantes de nulle part pour bastonner les Forces du Mal, mais plutôt parce qu’ils étaient dotés d’une troupe de sidekicks pleine de créatures emblématiques (un vampire, une momie, un loup-garou, un clown taré, une créature de Frankenstein etc) qui vivaient dans une maison hantée toute aussi emblématique. Ainsi, la première chose qui m’a accroché, dans Buffy, c’est les monstres, et la variété des monstres. Je me souviens que je tirais sur la corde un max pour en voir le plus possible mais qu’il m’arrivait de concéder à aller me coucher prématurément si j’avais déjà vu mon lot de gueules dégueulasses et d’évènements trop chelous. Autrement dit, ma première entrée dans l’univers de Buffy était très très très premier degré. 

 

C’est ça qui est puissant dans Buffy, comme dans tous les univers un peu denses, les portes d’entrée sont tellement nombreuses qu’on peut y retourner à tous les temps et y trouver son compte. À 8 ans, je matais Buffy pour les bêbêtes. À 13, je matais Buffy pour les bagarres nimbées de punchlines insolentes (pour la même raison, je suivais Spider-man). À 20, je matais Buffy parce qu’elle nous offre une très bonne histoire très bien racontée. Et à 25 ? Et à 75 ? Que sera sera

 

 

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(Illustration by Lune – plus de dessins mimis sur notre Tumblr)

Chez Troma – The Taint / Father’s Day


Tu n’es pas sans ignorer que la démarche de mes Chez Troma est de débroussailler l’épais Youtube Tromamovies, d’y faire le tri entre le navet, le nanar et le bon film authentique. Une fois n’est pas coutume, je vais aujourd’hui te parler de deux Troma qui ne sont pas (pas encore) disponibles en[…]

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