»
L’avenir des grands ports se joue aussi à terre » déclarait
Nicolas Sarkozy le 16 juillet 2009 lors de sa visite au Havre.
Comment le port du Havre joue-t-il sa carte sur ce dossier ? Comment assure-t-il
un acheminement fluide des marchandises de et vers Le Havre, autrement que par
la route ?
Quelques éléments de réponse :
Dans son projet stratégique, le Grand Port Maritime du Havre rappelle que «
la compétitivité d’un port sera fonction de sa capacité à traiter dans un temps
court un nombre très élevé de mouvements, […], de la capacité d’évacuation adaptée
à ces grandes quantités et de la connexion avec un hinterland suffisamment vaste.
« .
En un mot, les grands ports de demain seront multimodaux
ou ne seront pas…
Deux
chiffres montrent notre retard dans ce domaine :
- 5%, c’est le pourcentage de conteneurs
évacués du port du Havre par le train. Hambourg est à 34%
! - 15% : c’est la moyenne des parts modales
» massifiées » – le contraire du camion, (du train ou de la barge) – dans
les ports français.
Les ports concurrents sont à 40% !
Il y a urgence à passer à la vitesse supérieure et
à fluidifier les trafics des marchandises portuaires au Havre pour au moins
trois raisons :
La
montée en puissance progressive de Port 2000, qui s’apprête à lancer
sa troisième phase de construction de quais, impose le développement des modes
massifiés. La route, parfois congestionnée, ne suffira plus.- Elargir l’hinterland et fluidifier le trafic
grâce notamment au fer et au fleuve est
la condition sine qua non pour rester dans la course des grands ports européens
: une étude réalisée en 2009 par l’université d’Anvers établit en effet comme
critère déterminant pour le choix d’une escale portuaire, la richesse des
connexions avec l’hinterland. - Enfin, sur le plan environnemental,
le transport massifié propose des solutions dont les nuisances sont moindres
que celles du » tout routier « .
Le Havre lance le plus grand chantier multimodal de
France :
L’un
des leviers choisis par Le Havre pour fluidifier ses trafics portuaires est
de jouer la carte du » multimodal « .
Il s’agit d’associer successivement différents modes de transport :
- les parcours principaux s’effectuent
par modes massifiés : rail, fleuve ou
mer (cabotage), - les parcours initiaux et/ou terminaux
se font par route et sont les plus courts
possible.
L’intérêt est double :
- simplifier les manutentions portuaires donc améliorer la productivité de
la chaîne de transport, tant pour le mode fluvial que ferroviaire ; - encourager les opérateurs à recourir à ces modes de transport massifiés,
respectueux de l’environnement.
Objectifs : 4 fois mieux
Le
Havre a ainsi décidé la construction du plus grand chantier multimodal de France.
Ce projet consiste à implanter sur la zone industrielle portuaire, en marge
du Grand Canal, une vaste plateforme pour trains et
barges fluviales, une sorte de grand centre de collecte-distribution
de conteneurs acheminés depuis ou vers les différents
terminaux par des navettes ferroviaires.
Il y aura dans un premier temps :
- deux postes à quai fluviaux de 200 m
chacun, - une cour ferroviaire avec portiques
desservant huit voies et - un faisceau de soutien permettant l’accès
et le départ direct des trains de ligne.
Le chantier est conçu pour permettre un échange rapide entre les navettes de
collecte et de distribution des conteneurs vers les terminaux maritimes d’une
part, et les barges et trains de ligne d’autre part.
Cet outil permettra d’atteindre les objectifs du Grenelle de l’environnement
: au Havre, cela représenterait 1 million d’EVP acheminés
en 2020 par transport massifié, soit 4 fois plus qu’aujourd’hui.
Les atouts de la plateforme multimodale
Elle
est sans doute le premier étage de la fusée « transports massifiés » : elle offrira
à tous les opérateurs longue distance, fluviaux comme ferroviaires, un accès
performant, fiable et économique.
Elle sera accessible à l’ensemble des terminaux maritimes,
mais également aux activités industrielles de la zone,
y compris pour les deux Normandie. Grâce à ce nouvel outil, les clients chargeurs
bénéficieront de nouveaux services logistiques. L’horizon de l’hinterland s’élargira.
Du côté du GPMH, on estime que l’apport en terme de
trafic maritime supplémentaire directement lié à la réalisation de
ce chantier serait de l’ordre de 100 Kevp en 2013, avec une croissance continue
jusqu’à 200 Kevp en 2018.
Un site retenu
Le chantier mutimodal s’établira sur la zone industrielle
entre l’usine Lafarge et le barreau de l’A29, sur la rive nord du
Grand canal.
La plateforme traitera entre 300 et 500 000 EVP.
A terme, 50% du trafic massifié sera traité
par ce terminal multimodal et l’autre moitié
en transport direct.
Le montage » public-privé » du projet repose sur deux
sociétés :
- une société d’investissement, chargée
de réaliser le chantier et dont les actionnaires seront Projenor, la Caisse
des Dépôts et Consignations, le Crédit Agricole, ainsi que le GPMH. - Une société d’exploitation regroupera
quant à elle les principaux opérateurs de transport multimodaux.
Combien
ça coûte ?
- Investissement estimé sur le chantier : 116,5 M€.
- Aménagements des accès ferroviaires et routiers : 10 M€
- Adaptation du Grand canal et réalisation des murs de quai : 20 M€
- Equipement : 13,5 M€.
- TOTAL estimé : 160 M€
Calendrier prévisionnel de la plateforme multimodale
:
- 20 juin 2008 : le Conseil d’administration du PAH valide l’orientation de
réaliser un chantier multimodal au Havre, ainsi que la démarche d’appel à
projets. - 9 avril 2009 : le Conseil de surveillance du GPMH valide le projet stratégique
qui confirme l’intérêt d’un tel projet. - 26 juin 2009 : informé de l’avancement du dossier au niveau technique et
financier, le Conseil de surveillance confirme l’intérêt du projet du chantier
multimodal. - 2012 : la première phase de la plateforme
pourrait être mise en service.
Conclusion :
Le projet de chantier multimodal constitue l’une des actions fondamentales
que le GPMH doit engager.
En développant ainsi du côté terrestre le trafic de conteneurs par voies fluviales
et ferroviaires, il permettra d’élargir son hinterland
et contribuera à développer sa compétitivité
internationale et profiter pleinement du canal seine
nord (pour des infos concernant le canal seine nord cliquez ici).
Perspective :
Pour simplifier les mouvements fluviaux à l’intérieur de la zone portuaire,
le GPMH poursuit aussi les études autour du projet de prolongement du Grand
Canal vers le canal de Tancarville dont l’échéance de réalisation pourrait être
fixée vers 2013-2014.
Enfin, à un horizon plus lointain, un autre dossier apparaît : la construction
éventuelle de l’écluse fluviale de Port 2000…
Pour des informations sur le canal seine nord cliquez
ici