Les métaux utilisés sur les chantiers attisent les convoitises
LE HAVRE – Le Grand Stade, le tramway, bientôt la rénovation du Volcan, bientôt peut-être la construction du Tetris…la multiplicité des grands chantiers fait craindre, si ce n’est l’augmentation, au moins une fréquence importante des vols sur ces belles aires de convoitise. Car, c’est une certitude, le vol des matériaux a la cote en raison de l’augmentation vertigineuse des cours du marché. Un exemple, le cuivre affiché au 11 janvier 2012, au prix de vente de 6211 euros, la tonne.
En somme, un vrai marché juteux. Les entreprises du Havre et de l’agglomération ne sont pas épargnées par cette situation. En 2008, 28 faits de délinquance étaient constatés sur la circonscription de police. Il en était comptabilisé 73 en 2009, 65 en 2010. L’année 2011 s’achève sur une délinquance de nouveau en hausse, avec 79 faits constatés à la fin novembre.
« Entre 2008 et 2009, l’explosion des vols de métaux a nécessité une évolution rapide de la législation. Les revendeurs ont désormais l’obligation de « tracer » les vendeurs et les ventes contre de l’espèce sont interdites. Ce cadre complique plus les vols à grande échelle », détaille Patrick Percepied, le président de la FFB (Fédération Française du Bâtiment) de la région du Havre. Le vol sur les chantiers, ce peut être effectivement l’affaire de filières organisées, « qui agissent parfois sur commande ». Les matériaux disparaissent alors rapidement à l’étranger.
La lutte contre les vols sur les chantiers devient une priorité. Sur le plan national, évidemment, mais avec des applications concrètes au plus près des territoires. Au Havre, dès 1999, le contrat local de sécurité comportait un volet de sécurisation des chantiers. Mais parce que la multiplicité des chantiers sur la ville est importante, était signée une nouvelle convention en novembre dernier associant de nouveau FFB, Ville, Codah et Etat. Une parfaite occasion de réactualiser le dispositif et de faire le rappel aux nouveaux venus des règles d’usage en vigueur. « Cette convention est très pragmatique. Elle ne comporte pas de grandes décisions d’intentions ».